François Alfonsi menarà la lista Regions e Pòbles solidaris dins lo Sud-Èst per las eleccions europèas. Anna-Maria hautant es en segonda posicion sus la tièra.

 

O c c i t à n i a : Votre mandat d’eurodéputé touche àsa fin. Après cinq années passées à Bruxelles, quel bilan tirez-vous ?

François Alfonsi : Cinq ans c’est très court ! Il a d’abord fallu presque un an pour se familiariser avec l’institution, mettre en place l’équipe de collaborateurs et comprendre tous les rouages de l’Europe. S’il est clair que le pouvoir des États reste majeur à travers le Conseil ou la Commission, celui du Parlement a été considérablement renforcé grâce au traité de Lisbonne. L’Europe fonctionne sur la base d’un trilogue. Et les députés européens ont désormais une responsabilité importante dans la définition des politiques communautaires. On l’a vu au moment des discussions sur l’élaborat ion du cadre budgétaire pluriannuel. Le Parlement avait le pouvoir de s’opposer au budget d’austérité que les États voulaient imposer…

 

O c c i t à n i a : Mais au final, la majorité des eurodéputés a voté la proposition de la Commission

François Alfonsi : C’est vrai et c’est une erreur. Comment renforcer la cohésion européenne et lutter contre la crise avec un budget qui baisse ? Notre groupe qui se compose d’écologistes et de régionalistes a voté contre. Ce sont les eurodéputés du Parti Populaire Européen (UMP en France) et du Parti Socialiste qui ont fait pencher le vote. Pourtant, le président UMP de la Commission Budget du Parlement, Alain Lamassoure, avait juré de ne jamais voter un budget en régres sion. En désapprouvant le budget de la période 2014-2020 qui est pour la première fois de l’histoire de la construction européenne en recul, l’Europe aurait été obligée de conserver celui de la période précédente. On aurait donc évité ce coup de rabot historique. Il faudra faire plus et mieux avec moins de moyens

 

Occitània : On constate qu’en période de crise les élus de droite comme de gauche font des économies en coupant les budgets de la culture. Quid du soutien de l’Europe aux langues régionales ?

François Alfonsi : La période 2014-2020 sera meilleure que celle qui s’achève. Quand je suis arrivé à Bruxelles, j’ai découvert que tous les crédits octroyés spécifiquement à la défense des langues régionales avaient été supprimés. Le Bureau Européen pour les Langues Moins Répandues a vu ses subventions de l’Europe s’évanouir. Il faut savoir que la Culture n’est pas une compétence obligatoire de l’Europe. Pour les euro-sceptiques, tout ce qui n’est pas obligatoire doit donc disparaître. Revendiquer une Directive pour la défense des langues régionales est un leurre. L’Europe n’a pas le pouvoir d’imposer aux États la mise en place de politiques de défense et de promotion des langues régionales.

 

O c c i t à n i a : Quelle est donc la portée du rapport que vous avez fai t adopter le 11 septembre à Strasbourg ?

François Alfonsi : Elle est à la fois politique et budgétaire. Elle est politique car elle invite les États de l’Union Européenne à se mettre à niveau en matière de polit ique linguist ique c’est -à-dire à ratifier la Charte Eur opéenne des Langues Régionales et Minoritaires. En janvier dernier, lors du débat sur la la ratification de charte, le Député Urvoas président de la Commission des Lois a cité le rapport du Parlement Eur opéen en référence. Mais la portée est auss i budgétaire. En approuvant à plus de 90% le rapport, le Parlement Européen engage l’UE à oeuvrer concrètement à la préservation de la diversité linguistique et à venir en aide aux langues menacées. Avant ce rapport, il existait une véritable discrimination linguistique au sein de l’UE. Seules celles qui disposaient d’un statut const itutionnel pouvaient obtenir des dotations de l’Europe. Un éditeur de Barcelone d’expression catalane recevait des sous pour traduire Shakespeare alors qu’un éditeur catalan de Perpignan, parce que le catalan ne jouit d’aucun statut en France ne pouvaitprétendre à rien !

 

Occitània : Et maintenant ?

François Alfonsi : La Commission Européenne m’a écrit fin janvier pour m’informer qu’elle avait retrans crit les voeux du rapport dans les politiques européennes en particulier à travers Erasmus + qui finance les projets d’éducation et de formation. La discrimination entre langues régionales est abolie. Il faut désormais que les Régions s’emparent de la question et inscrivent l’apprentissage de l’occitan dans leurs programmes.

 

Occitània : L’Europe actuelle est essentiellement la somme des intérêts particuliers des États. Avez-vous réussi à faire avancer l’Europe des Régions et des Peuples Solidaires ?

François Alfonsi : Avec 325 milliards d’euros sur s ept ans pour la période 2 01 4-20 20 ( contre 3 54 milliards pour la période précédente), l’aide au développement régional est le premier poste de dépenses de l’UE. Elle se compose de deux catégories : les régions les plus pauvres, celles qui ont un PIB inférieur à 75% de la moyenne européenne et les régions les plus riches, celles qui ont un PIB supérieur à 75% de la moyenne européenne. Or, parmi les régions plus riches, l’écart de PIB est énorme. Entre le Languedoc- Roussillon (PIB de 84% de la moyenne européenne) et l’Île de France (180%) le calcul de l’aide par l’Europe est le même. C’est une vraie injustice ! C’est pourquoi j’ai plaidé dès les premiers mois de mon mandat pour la créat ion de régions intermédiaires pour celles qui ont un PIB compris entre 75% et 90% de la moyenne européenne. Là aussi, j’ai été entendu. La Commission Européenne a décidé de créer des régions de transition. En France, 10 régions sont concernées. Trois s ont occitanes : le Limousin, l’Auvergne et le Languedoc-Roussillon. Pour la période 2014-2020, leurs dotations vont augmenter. Grâce à ce nouvel outil, l’Europe va contribuer à harmoniser et niveler par le haut la situa tion éc onomique des régions européennes.

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