Hôpital, aïe, aïe, aïe!

Avr 20, 2017

Voici deux témoignages très différents sur la vie en milieu hospitalier ou en EHPAD. Nous vous les livrons tels quel, sans commentaires, bruts de décoffrage !

Tout d’abord le témoignage de Gilabert, abonné à Occitania, qui nous a écrit une longue lettre, en occitan, 6 pages !  Voici un extrait de son courrier :

Cal plan veire que lo meu testimoniatge s’apieja sus la vida a l’espital « Pelegrin » de Bordèu, l’espital de Lengon, l’espital de Cadilhac, e a l’espital de Pont del casse en Olt e Garona. Quand vèsi vòstre article « urgence à l’hôpital », sabi pas se vosautres jornalistas, avetz fach vertadièrament lo torn dels espitals, o si avetz sonque ausit los sindicalistas ! ieu i soi dempuèi quinze annadas e vesi plan çò que se pòt passar. Lo matin 6 oras trenta, arriban dins lo servici e alavetz la primièra causa que fan totes los fonccionaris es d’agafar un cafè ont las parladissas van plan. Parlan de lors problemes, cadun de sa vida, puèi van legir e ausir tot çò que s’es passat dins la nuèit. A 7 oras trenta cal balhar los remèdis als malauts, e ensajar de far los relevats. Uèch oras, cal balhar de que minjar al monde embarrats aicí. Puèi a 9 oras lor cal far la pausa sindicala, prevista dins los textes per 20 minutas. Mas eles, infirmièrs, ajuda suenhants, agent de susfacia demòran a taula fins a 10 oras. E òc son ja fatigats d’aver pas fach grand causa ! A detz oras trenta, mai d’un còp, van s’assetar dabans un fenestron e seguisson çò que se pòt passar aicí e non pas dins lo servici. I a un moment ont lor cal esser revelhat es quand lo metge passa, mas aquò dura pas pro de temps…[] Cal plan veire tanben, lo temps passat a fumar o a legir e consultar lo siá telefonet o la siá tableta pendent lo temps de trabalh. Tot aquò o cal vertadièrament veire per poder testimoniar. Avetz marcat « Aqueste jornal es vòstre » ! E ben vaquí lo meu testimoniatge sus çò que se pòt passar a l’espital. Al plaser de vos legir, al plaser de testimoniar la vertat e non pas los planhs e lo clam de qualques unes !

 

Voici maintenant le témoignage de Laetitia aide soignante dans l’Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) de St Sulpice (Tarn). C’est au cours d’une manifestation organisée le mardi 7 mars à l’appel des syndicats que notre reportrice Sophie a pu interviewer Laetitia.

Occitania : Pouvez vous nous décrire dans quelles conditions vous travaillez ?

Laetitia : Il s’agit d’un EHPAD qui accueille 82 résidents qui ne sont pas autonomes. Environ 70 personnes y travaillent : des infirmières, aides soignantes, psychologue, médecin, etc…

Occitania : Comment s’organisent vos journées de travail ?

Laetitia : Il existe des postes différents, parfois nous travaillons la journée continue, mais à d’autres moments j’ai un poste en coupé. C’est-à-dire que je commence le matin de 8h à 13h, puis je reviens le soir de 17h30 à 20h30. Ce sont des horaires particuliers qui ne facilitent pas la vie de famille !

Occitania : Mais pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Laetitia : Par vocation ! J’aime ce métier, j’aime m’occuper des personnes âgées, notamment celles atteintes de la maladie d’Alzheimer. Mais aujourd’hui il y a un décalage entre la réalité de mon travail et ce que j’imaginais. On est obligé de faire vite, c’est épuisant moralement et physiquement. Parfois les résidents ne sont pas pris en compte dans leurs besoins fondamentaux.

Occitania : C’est pour cette raison que vous manifestez aujourd’hui ?

Laetitia : oui ! Et en plus c’est la première fois que je fais grève ! A St Sulpice les conditions de travail se sont dégradées depuis que la direction a privilégié l’agrandissement de l’établissement plutôt que le personnel. Le soir nous sommes seulement trois pour s’occuper de tous les résidents, ça fait en théorie 4 minutes pour chacun ! Mais nous n’y arrivons pas, c’est impossible ! Il faut savoir qu’au coucher les résidents ressentent beaucoup d’angoisses, on n’a pas le temps de bien les accompagner. Et puis franchement j’ai souvent peur : comment faire s’il y a une urgence vitale ? Et quand je rentre chez moi ça continue à me tarauder : j’ai peur d’avoir oublié un résident !

Ne saber mai / En savoir +

Magazine Occitania – Janv/Fev 2017

Mar 23, 2017

Au sommaire de ce numéro :

* Recompausicion a l’esquerra (oc).

* Une campagne étonnante et détonante (économie, fr).

* Urgencias a l’espital (oc).

* Le mythe du mot république (fr).

* Lo bigal : arma de destruccuion massiva (oc)

Et comme toujours : nouvelles d’Europe, édito de David Grosclaude, l’articlòt par Bernard Vernhières, gastronomia ambe Mirelha Braç, etc…

Ne saber mai / En savoir +

Urgences à l’hôpital

Fév 24, 2017

Plusieurs conflits ont concerné le domaine de la santé ces derniers mois. C’est tout d’abord la clinique de l’Ormeau à Tarbes où les conditions de travail et les rémunérations furent au centre d’un conflit particulièrement long. La grève a duré plus de deux mois ! Le personnel se plaignait notamment de ses conditions de travail et d’une « marchandisation des soins », avec les salaires les plus bas du groupe Médipôle partenaires qui possède l’établissement.

Après des négociations entre la direction et les syndicats, le personnel a obtenu une augmentation de 2,63 % des salaires et une prime annuelle pour tous de 700 euros bruts.

Sur les conditions de travail, « c’est une grande victoire, nous avons obtenu la totalité de nos revendications », s’est réjouie Aurélie Chuburu, infirmière, évoquant notamment le temps de travail de nuit, l’intégration des agents de service aux équipes soignantes, ou encore les temps de pause.

Autre situation particulièrement délicate : la maternité de Decazeville. Au mois d’octobre 2016 un dramatique accident s’est produit dans cet établissement entrainant la mort d’une femme et de son bébé. L’ARS a lancé une enquête, et a pris la décision de fermer le service dans l’attente des conclusions. Le rapport définitif a été remis, le mercredi 7 décembre au directeur de l’hôpital de Decazeville Jean-Pierre Pavone qui a ensuite informé le maire de Decazeville François Marty, également président du conseil de surveillance de l’hôpital. Il semble que de sérieux disfonctionnements ont été identifiés. Mais depuis tout ce temps la maternité est encore fermée contraignant les femmes enceintes à de longs trajets vers d’autres maternités !

Du coup, face aux menaces pesant sur l’avenir, et face à l’insécurité menaçant les futures mamans obligées de rejoindre une maternité à plus de 45 mn (depuis le 6 octobre, deux bébés sont nés aux urgences de Decazeville et quatre parturientes ont été conduites en urgence absolue par les secours jusqu’à Rodez), le collectif « Tous Ensemble » a décidé d’agir, en organisant par exemple une manifestation le 28 janvier.

C’est dans un contexte tendu que le gouvernement vient de mettre en place des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT). Selon la communication ministérielle : « c’est l’une des mesures les plus structurantes et les plus ambitieuses […] pour garantir l’accès aux soins de tous. »

En théorie chaque GHT devait être mis en place dans un territoire de santé avec des distances acceptables pour les patients et les professionnels. Dans la réalité on peut dire qu’il en va bien autrement : Albi est par exemple relié à … St Pons de Thomières (soit 95km et une bonne heure et demie de route) !!

L’idée du gouvernement est d’élaborer un projet de territoire avec des complémentarités entre hôpitaux. Les craintes du personnel sont bien évidemment les mutualisations de services.  Explication : imaginons qu’un service de l’hôpital d’Albi ne fasse pas assez d’actes (d’autant plus qu’à Albi se trouvent 2 grosses cliniques concurrentes!) et que cette même spécialité fonctionne bien à l’hôpital de Castres, conséquence : on ferme le service d’Albi ! Le personnel sera recasé  à Castres, et si un patient d’Albi veut aller dans le public pour cette spécialité il faudra qu’il aille à Castres! Bonjour le progrès! On nous dira que la qualité du soin sera meilleure car le service faisant beaucoup d’actes est plus compétent. Mais est ce bien certain ? Il ne faudrait pas confondre quantité et qualité ! La relation humaine compte aussi dans les processus de guérison, il ne faudrait pas l’oublier ! Avec cette réforme le devenir des petits établissements n’est pas rose, on va plutôt assister à une concentration au profit des grosses structures jugées plus rentables. Est-ce la mission première d’un hôpital d’être rentable? Les soins de qualité pour tous deviennent de plus en plus compromis par cette politique comptable.

Une fois de plus avec ces GHT, c’est la ruralité qui risque d’y laisser des plumes. Comment feront les personnes âgées qui ne conduisent pas ? Comment feront les personnes qui ne pourront pas payer les dépassements d’honoraires pratiqués dans les cliniques ?

Toutes ces questions restent hélas sans réponses. Les politiques de santé menées depuis Paris ont démontré leur inefficacité. Il serait temps de régionaliser ce secteur pour répondre enfin aux besoins de la population.

Jordil.

Ne saber mai / En savoir +

L’espace occitan dans l’histoire.

Fév 3, 2017

Les neuf chapitres du présent ouvrage retracent succinctement l’évolution de l’espace occitan dans un cadre européen. On découvre avec surprise, siècle après siècle, carte après carte, une permanence occitane, résistante à toute sorte d’oppression !

Georges Labouysse : Professeur d’Histoire et Géographie, il participe depuis 1969 à des recherches et des fouilles archéologiques. Collaborateur régulier de la presse culturelle occitane, il est aussi l’auteur de plusieurs livres et brochures évoquant les migrations, les échanges et la vie des peuples du Paléolithique aux Temps Modernes.

Description : Plusieurs dizaines de cartes et photographies : très richement illustré. Livre format A5, 116 pages, tout en couleur !

Ne saber mai / En savoir +
Le site utilise des cookies pour son bon fonctionnement. En poursuivant l'utilisation du site, vous acceptez cette utilisation des cookies.
Accepter