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Magazine Occitania – Janv/Fev 2017

Mar 23, 2017

Coberta–208  Au sommaire de ce numéro :

* Recompausicion a l’esquerra (oc).

* Une campagne étonnante et détonante (économie, fr).

* Urgencias a l’espital (oc).

* Le mythe du mot république (fr).

* Lo bigal : arma de destruccuion massiva (oc)

Et comme toujours : nouvelles d’Europe, édito de David Grosclaude, l’articlòt par Bernard Vernhières, gastronomia ambe Mirelha Braç, etc…

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Urgences à l’hôpital

Fév 24, 2017

Plusieurs conflits ont concerné le domaine de la santé ces derniers mois. C’est tout d’abord la clinique de l’Ormeau à Tarbes où les conditions de travail et les rémunérations furent au centre d’un conflit particulièrement long. La grève a duré plus de deux mois ! Le personnel se plaignait notamment de ses conditions de travail et d’une « marchandisation des soins », avec les salaires les plus bas du groupe Médipôle partenaires qui possède l’établissement.

Après des négociations entre la direction et les syndicats, le personnel a obtenu une augmentation de 2,63 % des salaires et une prime annuelle pour tous de 700 euros bruts.

Sur les conditions de travail, « c’est une grande victoire, nous avons obtenu la totalité de nos revendications », s’est réjouie Aurélie Chuburu, infirmière, évoquant notamment le temps de travail de nuit, l’intégration des agents de service aux équipes soignantes, ou encore les temps de pause.

Autre situation particulièrement délicate : la maternité de Decazeville. Au mois d’octobre 2016 un dramatique accident s’est produit dans cet établissement entrainant la mort d’une femme et de son bébé. L’ARS a lancé une enquête, et a pris la décision de fermer le service dans l’attente des conclusions. Le rapport définitif a été remis, le mercredi 7 décembre au directeur de l’hôpital de Decazeville Jean-Pierre Pavone qui a ensuite informé le maire de Decazeville François Marty, également président du conseil de surveillance de l’hôpital. Il semble que de sérieux disfonctionnements ont été identifiés. Mais depuis tout ce temps la maternité est encore fermée contraignant les femmes enceintes à de longs trajets vers d’autres maternités !

Du coup, face aux menaces pesant sur l’avenir, et face à l’insécurité menaçant les futures mamans obligées de rejoindre une maternité à plus de 45 mn (depuis le 6 octobre, deux bébés sont nés aux urgences de Decazeville et quatre parturientes ont été conduites en urgence absolue par les secours jusqu’à Rodez), le collectif « Tous Ensemble » a décidé d’agir, en organisant par exemple une manifestation le 28 janvier.

C’est dans un contexte tendu que le gouvernement vient de mettre en place des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT). Selon la communication ministérielle : « c’est l’une des mesures les plus structurantes et les plus ambitieuses […] pour garantir l’accès aux soins de tous. »

En théorie chaque GHT devait être mis en place dans un territoire de santé avec des distances acceptables pour les patients et les professionnels. Dans la réalité on peut dire qu’il en va bien autrement : Albi est par exemple relié à … St Pons de Thomières (soit 95km et une bonne heure et demie de route) !!

L’idée du gouvernement est d’élaborer un projet de territoire avec des complémentarités entre hôpitaux. Les craintes du personnel sont bien évidemment les mutualisations de services.  Explication : imaginons qu’un service de l’hôpital d’Albi ne fasse pas assez d’actes (d’autant plus qu’à Albi se trouvent 2 grosses cliniques concurrentes!) et que cette même spécialité fonctionne bien à l’hôpital de Castres, conséquence : on ferme le service d’Albi ! Le personnel sera recasé  à Castres, et si un patient d’Albi veut aller dans le public pour cette spécialité il faudra qu’il aille à Castres! Bonjour le progrès! On nous dira que la qualité du soin sera meilleure car le service faisant beaucoup d’actes est plus compétent. Mais est ce bien certain ? Il ne faudrait pas confondre quantité et qualité ! La relation humaine compte aussi dans les processus de guérison, il ne faudrait pas l’oublier ! Avec cette réforme le devenir des petits établissements n’est pas rose, on va plutôt assister à une concentration au profit des grosses structures jugées plus rentables. Est-ce la mission première d’un hôpital d’être rentable? Les soins de qualité pour tous deviennent de plus en plus compromis par cette politique comptable.

Une fois de plus avec ces GHT, c’est la ruralité qui risque d’y laisser des plumes. Comment feront les personnes âgées qui ne conduisent pas ? Comment feront les personnes qui ne pourront pas payer les dépassements d’honoraires pratiqués dans les cliniques ?

Toutes ces questions restent hélas sans réponses. Les politiques de santé menées depuis Paris ont démontré leur inefficacité. Il serait temps de régionaliser ce secteur pour répondre enfin aux besoins de la population.

Jordil.

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L’espace occitan dans l’histoire.

Fév 3, 2017

Les neuf chapitres du présent ouvrage retracent succinctement l’évolution de l’espace occitan dans un cadre européen. On découvre avec surprise, siècle après siècle, carte après carte, une permanence occitane, résistante à toute sorte d’oppression !

Georges Labouysse : Professeur d’Histoire et Géographie, il participe depuis 1969 à des recherches et des fouilles archéologiques. Collaborateur régulier de la presse culturelle occitane, il est aussi l’auteur de plusieurs livres et brochures évoquant les migrations, les échanges et la vie des peuples du Paléolithique aux Temps Modernes.

Description : Plusieurs dizaines de cartes et photographies : très richement illustré. Livre format A5, 116 pages, tout en couleur !

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Magazine Occitania – Nov/Dec 2016

Fév 3, 2017

Au sommaire plusieurs articles en occitan et aussi quelques uns en français :

  • Un ivern jos nauta tension
  • Puissance et « cygne noir »
  • Antibioresistencia
  • Nous sommes tous des émigrés-immigrés
  • Suspresa presidenciala

Et toutes les rubriques habituelles : gastronomie, langue occitane avec « l’articlòt », l’édito de david grosclaude, etc…

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Un ivern jos nauta tension.

Jan 13, 2017

L’ivern se sarra e la question del calfatge animarà plan de discutidas dins las setmanas a venir. Se trapa que França es lo sol país al monde d’aver tan desvolopat lo calfatge electric (veser la comparason França 33% de calfatge electric, mentre qu’Alemanha es a 5%). Se pendent longtemps calfatge electric voliá dire convector, es mens vertadier dempuèi qualquas annadas. Mercés a la reglementacion novela « RT2012 » totas las construccions nòvas devon consomir pas mai de 50kwh per m². Del còp se son devolopadas las pompas a calor e la geotermia que fonccionan a l’electricitat mas d’un biais plan mai economic. Aquela evolucion recenta empacha pas que 8,2 millions de lotjaments dependon de l’electrecitat per se calfar (dos còps mai que fa vint ans). Vos presentam aici un grafic que montra lo consum d’electricitat en França sus una annada : clarament los meses ivernals veson una pujada de las belas !

E alara me diretz ? E ben justament i a quicòm que truca ! Sabiam ja que la tina del reactor EPR de Flamanville presentava de decas que porián far empacha a son utilisacion : concentracions tròp nautas en carbon dins lo beton que porián menar a una rompedura de la tina en cas de tust termic. Aqueste probleme es per ara estudiat per l’Autoritat de Seguretat Nuclearia (ASN), que  balharà lo seu diagnostic al mes de març.

Mas venem d’aprener qu’aquel probleme tocava en realitat 18 reactors actualament en servici !!  L’ASN a doncas demandat d’arrestar aqueles reactors per estudiar la causa e cercar de solucions. Es l’entrepresa Areva qu’es responsable d’aquelas decas e benleu tanben una entrepresa japonesa…

Una situacion calamitosa

Gaireben un terç del pargue nucleari francés es arrestat a la pòrta de l’ivern. Cossí alimentar totas las familhas que se calfan a l’electricitat ? Una penuria es realament possible se jamai las temperaturas baissan tròp.

D’autra part la societat Areva, autrescòps « fleuron » de l’industria francesa es en plena quicanela. L’arogancia dels decideires franceses los butèt a s’engajar sus de tecnologias tròp complexas e pas pro mestrejadas. En mai de documents qu’atestan de la qualitat de material fabricat al Creusot son estadas falsificats per amagar las decas : bonjorn la seguretat!

Las òbras entamenadas un pauc pertot son totas empetegadas dins de complicacions sens fin :

  • Finlanda : Areva es en conflicte ambe son « partenari » finés. La centrala venduda 3,5 milliards ne costarà fin finala 8 milliards !
  • França : l’EPR de Flamanville deviá fonccionar dempuèi 2012… mas es totjorn en construccion ! Còst de despart 3 milliards, mas en realitat ne sem ara a 10,5 milliards !
  • Inglaterra : a Inkley Point engajament d’EDF de bastir 2 reactors… malgrat las crentas dels sindicats e d’unes observators. Consequéncia : lo director financier d’EDF demissionèt ongan…

Un tal tableu deuriá menar a una seriosa remesa en causa de la gestion d’aquesta industria. Avetz ausit parlar de tot aquò ? Coneissetz de monde que pòdon perdre milliards sens la mendra sanccion ? Francament ieu ne coneissi pas! Per salvar sa filièra nucleara l’estat decidiguèt enfin qu’EDF crompariá l’activitat reactor d’Areva. E l’estat, de metre encara 5 milliards d’euròs suplementaris de sa pòcha … de la pòcha nòstra ! Seriá ora d’arrestar tot aquel degalhatge !

Jordil

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Nous sommes tous des émigrés-immigrés !

Jan 13, 2017

Depuis le démantèlement de la « jungle de Calais », une polémique traverse tous les partis et pollue les réseaux sociaux. C’est à qui sortira les arguments les plus saugrenus pour s’opposer à l’accueil de migrants et de réfugiés, et pour surpasser le FN qui n’est plus le seul à porter le « bonnet d’âne » dans ce domaine… Et pourtant, depuis que l’espèce humaine existe, elle n’a cessé de bouger et de parcourir tous les continents (sans frontières!) de la planète, pour des motifs économiques, climatiques ou de guerres.

Migrations de la guerre

En ce qui nous concerne directement, les régions occitanes de Provence et de Languedoc par exemple, qui comptent le plus fort pourcentage d’électeurs frontistes ou de la droite extrême en général, sont celles qui ont vu déferler sur nos côtes en 1962 environ 800 000 « migrants » (Pieds Noirs, Juifs, Arabes, Berbères), après l’indépendance de l’Algérie et surtout après les actions terroristes meurtrières de l’OAS tant en Algérie qu’en France (« Nuits bleues » de Toulouse et de Paris). Si certains se sont dispersés dans l’hexagone, la majorité s’est installée en Occitanie.

Mais ce XXe siècle, le plus meurtrier de l’Histoire, a connu des migrations encore plus importantes avec les deux guerres mondiales. Quand les Etats-majors ont imaginé massacrer des civils pour faire plier l’ennemi plus vite, les exodes se sont multipliés: pour le seul grand exode de mai-juin 1940, on compte de huit à dix millions de réfugiés du nord et de l’est (dont deux millions de Belges et Hollandais)) qui ont fui l’avancée de l’armée allemande et se sont réfugiés au sud du Massif auvergnat. Et comme le font certains aujourd’hui à l’égard des réfugiés syriens qui fuient les bombes de Poutine, Pétain culpabilisa en 1941 les réfugiés lorrains, belges ou alsaciens: « Souvenez-vous de ces colonnes de fuyards (!), comprenant des femmes, des enfants, des vieillards, juchés sur des véhicules… » De même certains maires, craignant un manque de nourriture pour leur propre population, venaient demander aux réfugiés de partir ailleurs… tandis que d’autres furent plus courageux, comme ce préfet qui resta à son poste et s’improvisa boulanger pour aider les victimes de cette guerre: il s’appelait Jean Moulin, natif de Béziers…

Petit rappel des migrations dans l’Histoire.

Dès le Paléolithique, nos ancêtres quittèrent l’Afrique pour peupler progressivement l’Asie, l’Europe et les territoires riverains de la Méditerranée. Voici plus de 400 000 ans, les hommes de Neandertal (homo sapiens) sont en Occitanie. Les dernières recherches en génétique montrent que nos propres génomes sont porteurs d’un certain pourcentage de gènes néandertaliens!

Ils seront rejoints vers 40 000 ans avant J-C par les « homo sapiens sapiens » originaires d’Orient, que l’on connaît mieux ici sous le nom de « Cro-Magnon »: ce sont les premiers Européens modernes, nos ancêtres directs. Ces nouveaux immigrés vont cohabiter durant quelque temps avec les premiers, auxquels ils transmettront des techniques nouvelles, ainsi que les premières manifestations de l’art: sculptures de la Vénus de Lespugue en Comminges et de la « Dame de Brassempouy » dans les Landes gasconnes, sans oublier les magnifiques peintures pariétales de Lascaux en Dordogne, de Niaux en Ariège ou de la grotte Chauvet en Ardèche.

Avec le radoucissement du climat vers 10.000 ans avant J-C, apparaît au Moyen Orient l’agriculture et l’élevage. C’est le début de la grande révolution agricole du Néolithique: les sociétés humaines vont passer d’une économie prédatrice de subsistance à une économie de production. Les migrations de peuples néolithiques du « croissant fertile » d’Orient (Syrie, Turquie, Irak, Iran) vers l’Occident vont transformer au 5e millénaire avant J-C les modes de vie jusque chez nous, avec de nombreuses innovations, sur le plan économique (domestication des animaux et pratique de l’agriculture), sur le plan technologique (instruments agricoles et poteries), sur le plan sociologique (regroupement en communautés paysannes). Mais d’autre part, c’est à ces peuples en voie de sédentarisation que nous devons deux « inventions » capitales pour l’avenir de l’humanité: la propriété … et la guerre!

Avant la colonisation romaine, des peuples très différents vivent sur nos territoires depuis des siècles.

Vers 600 avant notre ère, des Grecs-Ioniens venus de Phocée dans l’actuelle Turquie accostent en Camargue et fondent Marseille, puis de nombreux comptoirs pour leur commerce de Nice à Ampurias en Catalogne. Ils vont côtoyer des Ligures qui passent pour le plus ancien peuple autochtone de Provence. Plus à l’ouest, voici les Ibères, dont l’oppidum d’Ensérune près de Béziers raconte une partie de leur histoire et dont la langue sera écrite jusqu’à Toulouse: l’écriture ibère de « Tolosa » conservera cette même orthographe jusqu’à aujourd’hui en occitan!

Quant aux Aquitains de la Protohistoire, ils s’étalent des Pyrénées à la Garonne, descendants d’anciennes populations magdaléniennes, émigrées probablement de l’est caucasien. Battus par le Romain Crassus en 56 avant J-C, une partie d’entre eux se réfugiera au sud de l’Adour en conservant leur culture et leur langue que l’on retrouve chez les Basques d’aujourd’hui, l’autre partie fusionnera avec les nouveaux venus romains et constituera les Gascons.

A cette même époque, des populations celtiques venues d’Europe centrale s’implantent dans nos régions et laisseront leur nom sur nos terroirs, comme les Cadurques (Cahors), les Ruthènes (Rodez), les lemovices (Limousin), les Arvernes (Auvergne)… César écrira au 1er siècle avant J-C: « Tous ces peuples diffèrent entre eux par le langage, les coutumes, les lois« .

A partir du 2e siècle avant J-C, Rome colonise systématiquement toutes nos régions, qui seront bientôt intégrées à un vaste empire romain s’étendant de la Mer Noire à l’Atlantique. Au Ve siècle, un peuple originaire de la Baltique fondera le plus vaste royaume dans cet empire: ce sont les Wisigoths dont le territoire s’étendra à son apogée de la Loire à Gibraltar avec Toulouse pour capitale. Après la défaite d’Alaric II devant Clovis, les Francs tenteront de dominer les régions occitanes. Plus tard d’autres populations diverses traverseront l’Occitanie et s’y implanteront parfois: juifs, Maures, Berbères…

Avant la seconde guerre mondiale, les migrations les plus importantes seront dues aux Italiens dès 1920 pour des raisons économiques puis politiques sous le régime fasciste de Mussolini, et aussi aux républicains espagnols, basques et catalans poursuivis par les armées franquistes en 1936.

Les migrations n’ont jamais cessé jusqu’à nos jours sur ce vaste territoire que constitue l’Occitanie culturelle, au carrefour des chemins européens, traversée à l’ouest par l’arc atlantique, au sud-est par l’arc méditerranéen, et reliée au monde rhénan vers l’Europe du nord par l’arc Rhône-Rhin.

Ainsi nous pouvons dire que nous sommes toutes et tous des descendants de toutes ces générations de migrants, qui ont fait la richesse de la terre où nous vivons. Nous sommes bien des immigrés, émigrés de contrées plus ou moins lointaines… d’Afrique et d’Orient pour la plupart.

Georges LABOUYSSE

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Valls , Fillon : quina victòria?

Jan 6, 2017

Los comentators de la premsa parisenca non dèishan pas de díser que las primàrias son ua grana victòria de la democracia. Los responsables politics, plan disciplinats e complicis que tornan díser la medisha causa a longor d’antena.

Que seré donc la fin de la dictatura deus partits çò disen, pr’amor los candidats que serén causits peus ciutadans. Lo poder seré tornat au pòble. Quina ipocrisia quan sabem que los candidats a las primàrias deven passar per règlas impausadas peus partits, que sia lo nombre de signaturas d’elegits o autes mejans entà empachar los qui son hòra nòrma de’s presentar.

Las primàrias que son tanben lo mejan de har partir la campanha mei de d’òra e donc los mèdias qu’an lo temps de seleccionar e de’s familiarizar dab un grop de personas de qui espravan la popularitat gràcias a sondatges multiples e repetitius. Totun se los mèdias an ua part de responsabilitat los partits que son plan consents.

Las primàrias que limitan la possibilitat de candidatura aus professionaus de la politica. Quin voletz estar candidat a ua primària shens estar un professionau com un elegit, un ancian ministre, enfin quauqu’un qui a la possibilitat de har ua campanha de las longas ?

Que consacran las primàrias la dominacion d’un nombre hòrt limitat de mèdias e de jornalistas en l’organizacion deus debats. La premsa regionau qu’ei hòra jòc desempuish quauques annadas ; n’a pas mei nat ròtle.

La primària de la dreta qu’a plan illustrat aquera reduccion deu debat. Un ancian president de la Republica, dus ancians prumèrs ministres e ancians ministres. Un sol èra simple deputat. Quin renovelament ? E que serà parièr a l’esquèrra. La màger part son monde qui an dejà governat, qui an ua responsabilitat en lo bilanç deus cinc ans passats.

E quan pensi qu’entenem comentaris suu hèit que Fillon e seré un òmi nau, mau aimat deu sistèma…e perqué pas un rebèlle ? E tot aqueth monde qu’explican au pòble qu’ei eth qui causeish LO capdau, l’òmi providenciau.

L’abséncia de vertadèr debat politic, ubèrt, pluralista que pòt sonque alimentar l’amarum deus qui creden que, un còp la taula destornada, de camas a capsús, tot qu’anarà miélher. Tot aquò que pòt profieitar sonque a l’extrema dreta.

Qu’avem besonh un vertadèr debat democratic. Qu’avem besonh auta causa qu’ua comedia qui entertien l’illusion que l’Estat Nacion dab un president (o ua presidenta) ei lo sol esquèma possible.

Que sostienem la candidatura de Christian Troadec, non pas pr’amor que pensam que sia l’òmi providenciau mes sonque entà perméter de har entrar d’autas ideas en lo debat politic. E puish que seguiràn las legislativas on deveram estar presents.

Qu’avem ideas a defénder : ua auta faiçon de tribalhar, de consumir, de repartir las riquesas ; que devem promòver ua vertadèra politica de luta contra lo cambiament climatic, ua politica de respècte de la diversitat lingüistica.

Qu’avem a parlar d’Euròpa, a ns’acarar seriosament a la politica europèa necessària entà respóner de faiçon umana e intelligenta a las populacions qui demandan a viéner a noste…

Las questions non mancan pas. N’esperem que sia passat l’auratge entà qu’arribe lo bèth temps. Que deverem apréner a léger lo bulletin meteorologic !

David Grosclaude

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Puissance et cygne noir.

Jan 6, 2017

Tous les décideurs essaient de prévoir. Mais ils sont souvent pris en défaut.  Les événements rares et catastrophiques –tremblements de terre, inondations, accidents nucléaires, krachs boursiers, etc.–, dominent  régulièrement l’actualité et fascinent notre imaginaire par leur caractère imprévisible et surtout par leurs conséquences. Les mathématiques permettent de comprendre un certain nombre de choses.

Voici un premier graphique réalisé par mes soins qui illustre la croissance du PIB et de la population mondiale.

Les lois exponentielles sont tout simplement impossibles au delà d’un certain temps dans un monde fini. 

Tout le monde connait l’échiquier de Sissa (nombre de grain multiplié par deux qui au final font une valeur astronomique) ou l’équation du Nénuphar d’Albert Jacquard que je rappelle rapidement.  On plante un nénuphar dans un grand lac. Ce nénuphar a la propriété héréditaire de donner un autre nénuphar chaque jour. Au bout de 30 jours il a recouvert la totalité du lac et la population meurt asphyxiée et privée de nourriture. Au bout de combien de temps recouvrait-il la moitié du Lac ? (réponse à la fin de l’article)

Nous savons depuis les travaux de Gaël Giraud et Zeynep Kahraman que le PIB dépend à 60 % environ de l’énergie disponible et, de plus, il semblerait que le potentiel de découvertes scientifiques soit aussi limité.

Les questions essentielles que nous devrions nous poser sont les suivantes:

  • Comment évaluer les limites de notre éco-système ?
  • Quelle est la taille de la population mondiale qui en résultera ?
  • Quel sera le niveau de confort et de bien-être que nous pourrons avoir ?
  • Allons-nous subir un état stationnaire ou une chute rapide à cause de l’utilisation massive de ressources finies ?
  • la coopération l’emportera-t-elle sur le conflit entre les divers groupes humains ?

Risques et incertitude

Frank Knight,  théoricien du risque et économiste –personne n’est parfait–, distingua le risque calculable, correspondant à des événements dont on peut évaluer la probabilité, et l’incertitude, qui recouvre des événements dont on ignore les probabilités d’occurrence et les conséquences. Cela est essentiel, notamment dans le domaine de l’assurance.

Lorsqu’on s’éloigne des systèmes physiques pour aller vers des domaines où les facteurs humains sont plus importants, la part de l’incertitude augmente.

Et il peut y avoir des « cygnes noirs » –événement important qui bouleverse tout– aux conséquences importantes. Le monde est généralement présenté de manière artificielle et trompeuse. Le travers des économistes et des scientifiques est de prétendre toujours prévoir les événements avec la certitude des lois de la probabilité. Or le monde n’est pas prévisible. L’histoire est plutôt déterminée par des événements extraordinaires et imprévus. Au moindre imprévu on parle de « cygnes noir » –les conséquences étaient imprévisibles– mais c’est souvent biaisé car des signes auraient du nous mettre en garde.

Bienvenue chez SOC

La criticalité auto-organisée –Théorisée par Per Bak, désigne un certains nombre de systèmes qui s’auto-organisent comme par exemple lorsque la glace ou les flocons se forment. On observe aussi cela sur les villes-champignons, les groupes sociaux, etc.

En simplifiant à l’extrême on peut dire qu’il s’agit d’un phénomène de mise en ordre croissant par dissipation d’énergie. Le phénomène peut être progressif ou brusque mais on peut l’évaluer. Cela donne de belles représentations qui permettent d’anticiper, en partie, ce qui va se passer. Ici il s’agit de fourmis mais les humains fonctionnent pareil. Or par nature, un système de ce type est instable.  Il peut connaître des bifurcations.

Bifurcations or not bifurcations ?

Les bifurcations se produisent sur les systèmes métastables ou instables pour les ramener à un était plus stable. Par exemple entre une zone froide et une zone chaude des vents se forment pour rétablir l’équilibre.

On a l’habitude des systèmes instables mais on est surpris par les systèmes métastables –on les croit stables– car on se s’attend pas à ce qu’une petite variation ait de si grandes conséquences.

Dans les systèmes métastables, une perturbation même faible peut déclencher une instabilité, jusqu’au retour à un autre équilibre.

Imaginons maintenant que nous versions du sable sur une table. Celui-ci forme un tas, dont la pente augmente de plus en plus jusqu’à être trop importante. A ce point critique des avalanches se forment. Elles sont, la plupart du temps, petites et exceptionnellement très fortes. La répartition du phénomène se fait selon une loi de puissance et l’amplitude est inversement proportionnelle à la fréquence : plus c’est rare plus c’est grave.  Les marchés financiers et le climat ou d’autres phénomènes réagissent de la sorte. Pour la population cela peut signifier une forte correction. Dans un autre registre, le climat, le risque de bifurcation et d’emballement est important. Même le GIEC pense qu’à partir de 1,5 °C de réchauffement on entre dans une évolution non linéaire (dangereuse). Et ces 1,5 °C, sont déjà inévitables. Songeons au +20 °c par rapport à la moyenne habituelle au pôle Nord en ce moment !

Un dernier petit coup de Bar-Yam sur la tête

Le monde est devenu très complexe. Probablement trop.  Le processus de complexification croissante de la société est un processus « naturel ». C’est la réponse du système à son environnement. Au départ, l’augmentation des échanges et la diversité est précieuse. Un village qui souffrirait d’une mauvaise récolte peut aller la chercher dans le village voisin. Mais si le monde est trop interconnecté, les doublons disparaissent et seul le plus efficace survit. Si par exemple il y avait un boulanger dans les deux villages, il risque de n’en rester qu’un. A ce moment là, l’impact des défaillances se propage. Dépendant l’un de l’autre, les deux villages souffriront si l’un rencontre un problème.  Du coup, la complexité conduit à une plus grande vulnérabilité.  On le voit, par exemple, pendant les épidémies quand on étudie leur propagation. Cet aspect est assez peu compris. Il montre que lorsque les réseaux deviennent toujours plus couplés, ils commencent à transmettre les chocs plutôt que de les absorber.

Utilisant le même mécanisme de puissance, le pouvoir se concentre. Il est absurde de penser que la concentration du pouvoir entre les mains d’un ou de plusieurs individus (cas de nos démocraties qui sont organisées de manière hiérarchique) est susceptible de mener à des décisions politiques optimales, dans la mesure où ces décisions interviennent au sein d’un tissu d’enjeux complexes, interconnectés de plus en plus grand. Dans ces conditions, toute décision politique aura toujours des conséquences importantes, possiblement dramatiques, et non anticipées. Le moindre cygne noir d’un sous-système quelconque risque de mettre le tout par terre par effet domino… or la société mondiale d’aujourd’hui est un immense réseau interconnecté. On connaît la suite : le baril monte à 145$, le système de prêts immobiliers américains se met en défaut, les subprimes explosent et l’ensemble de la planète finance bascule en renversant la table où tout le monde mangeait.

Les bonnes résolutions pour 2017 :

  • Il est nécessaire quantifier les phénomènes mais il faut rester modeste sur la prédictibilité des systèmes. Quelques règles de bon sens permettent d’éviter le pire : principe de précaution. Par exemple, si je n’ai rien contre le nucléaire, on ne construit pas des centrales nucléaires sur une zone sismique –comme en Californie– qui a une probabilité de 70 % de connaitre un événement majeur aux conséquences potentiellement désastreuses d’ici 20 ans.
  • On ne perturbe pas le climat au risque de créer une bifurcation et un emballement. On y est probablement.
  • On ne dépasse la capacité porteuse d’une ressource renouvelable sous peine de correction forte.
  • On essaie de construire des systèmes robustes qui ne sont pas sensibles à l’aléatoire. On préfère  l’anti-fragile, c’est à dire tous les systèmes qui tirent profit de l’aléatoire.
  • On essaie de réduire les conséquences en appliquant certains principes de précaution –mais pas de manière excessive.
  • On corrige les phénomènes de concentration des lois de puissance car la concentration augmente le hasard sauvage. On lutte contre les inégalités en aménageant le territoire pour lutter contre la concentration naturelle sur les métropoles. VIVE LES REGIONS !
  • S’il faut accepter un part d’inconnu,  ce n’est pas non plus la peine de prendre des risques insensés notamment avec le climat. En effet lorsqu’un système sort de son état méta-stable, il peut s’emballer.
  • On crée des systèmes plus anti-fragiles car plus résilients. Généralement, ils sont moins complexes et plus petits. VIVE LES REGIONS ET LES CAMPAGNES !

La réponse était 29 jours car la taille double tous les jours. Sommes nous le 29ème jour ?

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Face à la lame de fond réactionnaire, les forces de la démocratie inclusive

Déc 14, 2016

Replis nationalistes, xénophobie d’Etat, guerre contre le terrorisme et les migrations de masse….. autant d’ingrédients pour les organisations dominantes, au motif de la « sécurité ».  En ces temps de crise systémique, certains pays en sont à la phase des réactions en chaine, le Brexit en Grande Bretagne, le vote Trump aux USA, celui de Fillon-Le Pen en France. L’Autriche a échappé de justesse à une présidence d’extrême-droite. Les coups de force institutionnels  au Brésil, en Turquie, en Côte d’Ivoire -ce dernier soutenu par M Valls qui peaufine sa stature de présidentiable sur le dos des peuples africains- …. parachèvent ce sombre panorama.

                  Face à cette lame de fond  réactionnaire ou d’un populisme confusionniste, il reste à opposer les armes de l’autonomie régionale et de la « démocratie inclusive ».

                            Centralisme autoritaire vs revendications territoriales

        L’échec de la présidence Hollande tient fondamentalement à son acceptation des règles du jeu  centralistes-autoritaires qui régissent la 5e République. Le système, qui est fait pour les partis de la bourgeoisie nationale, se retourne contre ses gérants de l’autre camp, considérés comme des intrus. Avec ce mandat complaisant, le PS, qui avait gagné le pouvoir ou la majorité à tous les échelons, a beaucoup perdu, dont ses boucliers, les collectivités locales : les régions, le Sénat dirigé alors par Jean-Pierre Bel, la majorité des mairies…..

             Une démarche affirmée de rénovation urbaine et de décentralisation aurait renforcé l’exécutif, sur la base d’un partenariat plus équitable avec les quartiers populaires et les collectivités locales. Il aurait fallu opérer un remembrement régional en phase avec les aspirations culturelles et l’accompagner d’une politique d’aide aux langues régionales. A défaut de quoi, les macro-régions en restent à une gestion plutôt technocratique, anonyme (sans personnalité propre) et éloignée des populations. Avec la loi MAPTAM (loi de modernisation de l’action publique et de l’affirmation des métropoles)[1], la réforme territoriale  met en concurrence les régions au niveau européen, selon le dogme néo-libéral. Si le tourisme est développé comme valeur marchande,  les cultures ne sont pas encore considérées comme des richesses  immatérielles à partager.

       Qu’adviendra t’il du projet de loi sur « la promotion des langues régionales dans l’Education nationale, les médias et les territoires (la signalétique) », présenté bien tardivement (le 30 novembre) [2]? Un nouveau coup d’épée dans l’eau ? La négociation par la FLAREP (Fédération pour les Langues Régionales dans l’Enseignement Public) d’une agrégation en langues régionales sur l’exemple du corse aboutira t’elle avant la fin du mandat ?[3]

        Ce clivage entre pouvoirs locaux et centraux s’enregistre à l’intérieur des partis, comme cela s’est manifesté pour les primaires des Républicains. A Juppé maire de Bordeaux, soutenu par F Bayrou et adepte de la diversité, s’est défini comme un « Girondin », à la différence de F Fillon député de Paris et prônant une identité nationale fermée. Signe de la force de la réaction : A Juppé, qui avait été plébiscité à droite pendant deux ans,  a disparu de la circulation aussi rapidement qu’H Clinton aux USA.

                                   Violences sociétales et lepénisation des esprits

             Un autre dossier aurait pu être traité -gratuitement, sans coût budgétaire-, celui de la mise au pas de la haute administration qui a freiné la refondation de l’Ecole par son autoritarisme.  Le « Hollande bashing » est la réplique au sommet de l’Etat des agressions subies par personnels et publics, dans une incurie assez générale. Le meurtre d’un lycéen à Marseille a eu lieu le jour du renoncement de F Hollande à briguer un nouveau mandat.

        Il reste à mettre au pas une administration dont de nombreux éléments ont sabordé l’esprit de la refondation par leur autoritarisme. Ce corps intermédiaire fait obstacle entre le monde enseignant et le gouvernement.  Par ailleurs, loin d’une vision bisounours ou jeuniste des publics, spécialement dans les lycées, il reste à analyser les violences scolaires et leur banalisation comme un premier pas vers la fascisation du pays.

        C’est la politique inverse qui a  été menée, avec la répression des mouvements sociaux au nom de l’état d’urgence. Pas moins de 700 procès enregistrés, le peuple de gauche étant actuellement démuni face aux abus des forces de l’ordre. Le pire étant le refoulement des réfugiés et sans papiers, des Roms, les assassinats impunis de descendants de l’immigration, comme le 19 juillet celui d’Adama Traoré. La nomination de B Cazeneuve comme premier ministre consacre cette dérive.

                                     Démocratie inclusive

          Sortir de cette zone  dangereuse de tempêtes  exige d’en revenir aux fondamentaux: refuser les replis nationalistes et xénophobes, qui sont autant de créneaux d’expression de la violence sociétale. Face à la violence d’Etat, protéger les collectivités territoriales, les catégories et les peuples fragilisés.

Martine Boudet.

[1] http://www.vie-publique.fr/actualite/panorama/texte-discussion/projet-loi-modernisation-action-publique-territoriale-affirmation-metropoles.html

[2] http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion4096.asp

[3] http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/le-blog-de-viure-al-pais-france3/2016/10/21/langues-regionales-un-colloque-avant-lagregation.html

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