N°170 – Une paix diabolique

Mai 17, 2010

Ai ! Tolosa e Proença
e la tèrra d’Argença,
Besièrs e Carcassei
com vos vi e co’us vei!
Hélas! Toulouse e t Provence / et la
te r re d’Argenc e ,/ Bézi e rs e t
Car cassé s, / comme je vous vis et
comme je vous vois !
Bernard Sicard
de Maruéjols (1230)

Devant l’accablement des populations et le découragement  de ses alliés, Raimon VII donne les pleins pouvoirs à l’abbé de Grandselve le 10 décembre 1228, pour négocier un accord de paix avec le médiateur désigné par Blanche de Castille, sur la base des grandes lignes ébauchées à Baziège quelques semaines auparavant.  À savoir : réconciliation de Raimon VII avec l’Église s’il s’engage à lutter contre l’hérésie ; conservation de ses titres et de ses  possessions s’il reconnaît le roi de France comme suzerain.

Rencontre à Meaux

Les deux parties se réunissent à Meaux en janvier 1229 et le comte de Toulouse signera là un document préliminaire dont les clauses
lui paraissent acceptables. Or, cette assemblée de Meaux va se transporter à Paris « pour que tout se terminât en pré sence du roi », rapporte le chroniqueur Guilhem de Puylaurens.

Le jeudi 12 avril 1229, sur le parvis de Notre-Dame, devant tous les grands seigneurs de France et ceux des pay s occitans , on lit à
Raimon VII les 32 articles du traité revu et corrigé par Frangipani. Et là, stupéfact ion ! Des phrases du document de Meaux ont été cyniquement remaniées, d’autres rajoutées… si bien que les conditions de paix signifient à présent une véritable capitulation, voire l’annexion du comté de Toulouse.

Réécritures

Ainsi par exemple, dans le document de Meaux il est prévu le ma riage de la fille du comte, Jeanne de Toulouse, avec un frère du roi et il est écrit qu’elle héritera des terres du comté à la mort de son père, et que « si notre susdite f ille mourai t avant nous sans enfants, et que nous ayons d’autres f ils nés de légi time mari age , le di oc èse de Toul ous e leur ser ait dévolu ». Or , dans le tra ité de Par is, changement « de décor ». Ce n’est plus Jeanne qui héritera , ni s es autres frères éventuels. On y lit: « Après notre mort, Toulouse et le
diocèse de Toulouse seront au frère du seigneur roi qui aura épousé notre fille et à leurs seuls descendants. » Et plus loin : « Si notre fille mourait sans avoir eu d’enfants du frère du seigneur roi, que Toulouse et le diocèse de Toulouse reviennent de même au seigneur roi et à ses héritiers, en sorte que, quoi qu’il arrive, Toulouse et le diocèse de Toulouse reviennent à notre mort au seigneur roi [.. .] ». Comme on le voit, tout a été bien ficelé… sur la route de Meaux à Paris ! Le seul côté positif de ce traité détestable pour les occitans, c’est que Raimon VII est reconnu comte de Toulous e par le ca pét ien et l’Église, mais c’est en échange d’un engagement lourd de conséquences:  une lutte impitoyable contre les « hérétiques »; le mariage de sa fille avec un frère du roi ; et surtout la reconnaissance du frère du roi ou du roi lui-même comme seuls héritiers du comte à sa mort. Ce qui signifie à terme une annexion pure et simple des terres occitanes par la France capétienne.

Le roi de France comme suzerain

De plus, Raimon VII doit reconna ître le roi de France c omme suzerain, alors qu’il était totalement indépendant du r oyaume jusque là. Il est contraint aussi de rémunérer les professeurs parisiens d’une université créée à Toulouse le 24 mai 1229, qui sera chargée de
former les cadres de la répression politique et catholique, à la fois donc contre les hérét iques reconnus, et aussi contre toute contestation de la popula tion oc citane suscept ible de remettre en cause l’ordre nouveau établi par Paris.

L’humiliation

Après la lecture publique et la signature de ce traité de la honte, Raimon VII, comme son père en 1209 à Saint-Gilles, sera humilié
devant toute la cour de France : « en chemise et en braies, les pieds nus », il sera conduit par le légat du pa pe devant le grand autel de
Notre-Dame pour entendre levée son excommunication… À travers le comte de Toulouse, c’est tout le peuple occitan qui est traîné à terre, bafoué, trahi, humilié et bientôt colonisé. Les auteurs de l’Histoire du Languedoc, pourtant bénédictins, écriront au début
du 18e siècle : « On voit par ce traité que les principaux instigateurs de la guerre cont re Raymond, songeaient bien moins à s’assurer de sa catholicité qu’à le déposséder de ses domai nes et à s’e nrichir de ses dépouilles. »

 

La forfaiture de Rome

Et le troub adour toulousain, Guilhem Figueira, contemporain des fa its , crie sa colère contre l’Église : « Rome, si grande est votre forfaiture Que de Dieu et se s s aint s plus personne n’a cure Votre règne est maudit, Rome fausse et parjure C’est par vous que se fond
S’étiole et se confond Ici-bas toute joie. De quelle démesure Accablez-vous Raimon ! »

 

L’annexion

Avec ce traité de Paris , suivi d’un acte semblable à Saint-Jeande-Verges pour le comté de Foix et précédé d’un « hold-up » sur  l’ancienne vicomté Trencavel, le roi de France a b ien annexé toutes les terres occitanes de la Garonne au Rhône. Il a ccède a insi pour la première fois à la mer, et c’est, à n’en point douter, le début des annexions de territoires et des colonisations par la France autant en
Europe qu’au delà des mers, une politique qui se poursuivra sans interruption jusqu’à nos jours par l’État français monarchique,  bonapartiste ou républicain.

Georges Labouysse

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N°170 – Pour une politique éducative de co-civilisation

Mai 17, 2010

Martine Boudet et Florence St-Luc font part de propositions alternatives pour la formation des enseignants.

 

La crise de l’Ecole et des IUFM alimentée par le dispositif néolibéral

La mort en janvier 2010 d’Akim, él ève assassiné dans l’enceinte d’un établissement scolaire qui avait été pourvu peu au paravant de portails  détec teurs de métaux, repose en des termes cruels le problème de l’inadaptation croissante du système scolaire aux évolutions et aux crises de la société.
Cette inadaptation est renforcée par l e di sposit if des « ré fo rmes » néo – l ibé ral es, imposées en mati ère de formation des enseignants et d’éducati on ; comme les person nel s de l ‘académie de Crét eil , la grande majorité des professionnels et de leurs organismes représentatifs estime en e ffet qu’une te ll e pol itique ren d et rendra plus difficile encore l’exercice de leur métier.
Dans ces condi ti ons, quel le s proposi tio ns alternatives formul er, quels leviers stratégiques pouvons-nous acti onner pour (re)mobili ser formateurs, éducateurs comme usagers de l’École sur un autre avenir possible ?
Une perspective de cet ordre ne pourra se co ncrétiser qu’en foncti on, entre autres, des deux princ ipes suivants, celui de l’harmonisation des objectifs de formation et d’éducation et le principe complémentaire, qui consiste à associer tout aussi systématiquement les questions programmatiques et institutionnelles. Ainsi, en contextualisant davantage le cadre de leur exerc ice et en é vi tant l e pi ège du corporati sme gestionnaire dans lequel menace de les enfermer le système actuel, les IUFM po ur ro nt reconqué ri r au près de l ‘ opin ion publ ique l e l eadership intell ectuel et moral qui doi t être le leur.

 

Le système éducatif français : entre principe d’égalité et différenciation culturelle et individuelle

Une réhabili tati on du système ne pourra pas faire l’économie d’un retour sur l’histoire de l’institution et sur son ambivalence, dans le cadre et de l’Étatnation et du système néo-libéral propre à la sphère oc cidentale et européenne. Au moment o ù l es pouvo irs publ ics
échouent à définir l’identité nationale par opposition aux réalités culturelles de l’immigration, i l faut rappeler la  double tradition française, faite à la fois de progressisme social et d’autoritarisme impérial. Dans son processus de démocratisation, l’École républicaine  s’est voulue égalitaire, sans vraiment parveni r à réaliser cet objectif. Malgré des acquis historiques, le système éducatif f rançais reste inéquitable car trop uniforme. Le s rai sons de ce passi f sont à rechercher dans les structures anthropologiques de notre mode républicain et dans ses ombres au tableau, à savoir le centralisme qui confine, en l’absence de contrepoids suffisants, à un unitarisme autoritaire de même qu’une citoyenneté individu ell e qu i laisse de la même manière trop peu de place au dialogue des cultures, de quelque nature qu’elles soient (d’origine, de genre…). Ce double effet pervers de notre tradition politique et éducative explique en grande parti e la montée en pui ssance d’un technocratisme gestionnaire, qui sévit souvent au détr iment d’al ternatives
complémentaires et d’expérimentations vivantes et autonomes. Ce phénomène institutionnel tend à se manifester par miméti sme  sans le s col lec ti fs de formateurs, d’universitaires et d’enseignants dans lequel manque un débat d’idées novatr ices, d’ordre épistémologique et programmatique.

En France, la différence culturelle et l’hétérogénéité de niveau sont généralement vécues comme négatives, al ors que dans ce rt ains pays, ce s  fact eurs obje cti fs sont reconnu s et utilisés comme positifs ou à positiver, sel on le cas. Ainsi, le rayo nnement actuel de l’Espagne démocratique doit  be au co up au dialogue des communautés autonomes et de la capitale, les diverses langues-cultures du  pays étant largement réhabilitées à l’École et dans les médias. Dans le même temps s’y développe la co-éducation (« co-educación ») depuis plus de 20 ans au niveau de l’enseignement : ce courant propose réflexions et actions pour lutter contre la violence de
genre e t l es manifestati ons du machisme. Dans les pays scandinaves, c’est la pe rso nnali sati on, c’ est-à-di re la construction de l’élève comme sujet, qui est à l’honneur, cette démarche s’adressant à tous les élèves, quel que soit leur niveau. « Ainsi, l’intégration  individualisée  est associée à la fois à un niveau éducatif général élevé , une proportion d’élèves en difficulté faible, et une élite
développée. C’est de plus le seul modèle de gestion de l’hétérogénéité capable de limiter les inégalités scolaires générales et d’or igin e sociale . » (Mons, 2009, p.169).

Mai s l ‘espri t j acobin a du mal à envisager une vraie différenciation des apprentissages de même qu’une réelle décentralisation  culturelle. Associé au dispositif néolibéral européen, ce passif  histo riqu e co nduit désormais à undépérissement certain de  l’organisme  éducation nationale, et cela au r isque de former une médiocratie conformiste car ego-ethnocentrée. Ce central isme autoritaire s’enracine dans la gestion de la corporation enseignante et de ses relations avec la hiérarchie et avec les publics scolaires et se maintient du fait de la féminisation croissante du métier, synonyme de vulnérabilisation en l’absence de pr ise en compte de ce
paramètre dans la gestion des ressources humaines.

 

Depuis les réformes de l’après-mai 68, la participation des parents d’élèves et des élèves et à la vi e des établissements scolaires s’est accompli e en effet sans que les enseignants ne bénéf i ci ent eu x-mêmes de prérogative s élargies en matière de création et d’auton
omie didactique et pédagogique. Censée s’inscrire dans un processus de démoc ratisation interne, la formation continue n’a pas vraiment donné lieu à l’ émulation que l’on pouvait légitimement en attendre, dans le contexte de la c rise scolaire notamment. Là est
l’une des raisons de la désaffec tion de l’opinion publique à l’égard des IUFM, trop détachés des réalités concrètes et du quotidien de l’École. Par ai ll eurs, pr is en étau ent re l ‘immo bi li sme h iérarchique et une pression accrue du terrain parental et juvénile marqué par la peur de l’avenir professionnel et l’angoisse du chômage, tout comme par la perte des repères traditionnels, le métier  d’enseignant a  lui-même perdu en termes d’autorité intellectuelle et morale. Avec la montée des incivilités et des violences dans les
établissements scolaires, l’évaluation systématisée des enseignements et la judi ciari sati on des in cident s de parcours sont les effets logiques d’une t el le poli tique de format ion et d’éducation. C’e st dans ce cadre tendant à devenir un car can que la normativité managériale s’impose trop sou vent désormais, au détriment de la loi et des principes républicains : la course aux « contrats d’ objec tifs » et aux compétences en matière de compétitivité et d’adaptabilité aux marchés, la transparence informatique devenue inquiétante du métier d’enseignant sont censées se su bsti tu er à une dynamique de groupe d’ordre épistémol ogique, sur l’actualisation des finalités de la formation et de l’éducation.

Pour contrecarrer cette dér ive c lientél iste et populiste, s’impose donc d’assumer le recours à des démarches délibérément différenciées et dial ogiques en matiè re de formation comme d’éducation.

Économie de la connaissance vs interdisciplinarité

La menace de disparition des IUFM ne peut être compr ise non plus sans référence à la di te « économie de la connaissance » qui remodèle su r le standard euro-oc cidental le dispositif  global de recherche, de formation et d’enseignement. La mastér isation de
l’ enseignement à l’Université s’inscrit en effet dans une démar che de marchandi satio n des savoi rs, do nt le s savoirs professionnels, ceux-ci pouvant ê tre di spensé s égalemen t par de s instituts privés. Cette mesure s’ajoute à la « libé ral isati on » en in terne de
l’Université (via la LRU), qui fragilise cette instituti on dans ses missio ns républicaines ; en plus des centaines d’instituts privés à caractère industriel et commerc ial déjà subventionnés, la création des pôl es régi onaux de compétitivité et des pôles d’excellence
(plan Campus) renforce l’ impac t des mar chés et de l’industrie, la constitution de l’ANR et de l’AERES gérés par l’exécutif s’inscrivant quant à elle au détriment du CNRS, ce pôle central et jusque là relativement autonome de la recherche nationale étant lui-même soumis à une contrac-tualisation étroite et mercantile de ses objectifs; dans ce contexte de col lusion croi ssante des institutions de l’État et des intérêts pr ivé s, la di spar i tio n de s IUFM s’apparenterait à la mise en berne du se rvi ce publ ic de fo rmati on et
d’éducation. Ce même phénomène se manifeste au niveau de l’École, de plus en plus concurrencée par des réseaux
d’ ét abl issemen ts pr ivé s e t/ou confessionnels bénéficiant du soutien de l’État.

Par une refonte complète du dispositif institutionnel, l’objectif programmatique pr inc ipal réside dans le renforcement de la rentabilité des disciplines marchandisables dont les sc iences et les techniques et, pour ce faire, à une int erdisc ipl in ar i té sél ec tive de ce champ. Par contrecoup, ce processus conduit à la marginalisation proportionnelle des sci ences h umain es et sociales, des humanités, des Lettres et de s Arts, considérés comme moins rentables et inadaptés au marché de l’emploi et dont le mode de fonctionnement est en co re isol é et peu en réseau. Un tel déséquilibre entre les ch amps disc ipl inaires et e ntre le s cul tures de genres correspondants ne
peut que conduire à la régression de la culture humaniste et de sa transmission aux nouvelles générations.

Ce passi f int erdisc ipl inaire se cristallise sur la formation des enseignants : la majorité des professeurs des écoles provi ent du deuxième champ disciplinaire préci té. Par aill eurs, la professi onnal isati on des enseignants nécessite le recours aux sc iences de l’éducation, psychopédagogie et didactique , dont l ‘aveni r e st égal ement menacé.

 

Martine Boudet

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et Florence St-Luc

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(à suivre)

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N°170 – LGV : Concertation bidon !

Mai 17, 2010

À l’heure actuelle, les trains à grande vitesse ne circulent pas au maximum de leurs potentiels dans le grand Sudouest. Cela est dû au fait que l’aménagement ferroviaire actuel ne permet pas de dépasser 160 km/h. Deux projets de construction de lignes à grande vitesse sont à l’étude : l’un de Bordeaux traversant les Landes vers le Pays Basque, et l’autre de Bordeaux vers Toulouse. Au niveau environnemental, le transport ferroviaire en général est préférable au transport aérien et routier. Cependant, nous avons pu constater un manque évident de concertation dans les choix des tracés, et une sous-estimation des nuisances qui seront infligées aux riverains.

 

Votre revue « Occitania » a rencontré Florence Sartori, Carole Escalé et Nadine Anglade qui ont créé l’association « Sauvegarde du patrimoine de Lacourt-Saint-Pierre et Montbeton » (Tarn-et-Garonne), lorsqu’elles ont appris que leurs maisons étaient sur l’un des  tracés retenus.

 

« Occitania » : Comment avez-vous eu connais sance du passage futur de la LGV ?

Florence Sartori : C’était le 26 novembre 2009, une de mes collègues élue à la mairie de Lacourt-Saint-Pierre m’a dit au détour d’une conversation que notre commune allait être touchée par la LGV : « tu devrais regarder sur le site internet GPSO … » J’ai regardé sur le site internet et là j’ai découvert que ma maison était sur un faisceau !

 

— Comment avez-vous réagi ?
F.S. : J’étais sidérée ! Risquer de perdre sa maison c’ est déjà beaucoup, mais l’apprendre de cette manière-là, c’est vraiment choquant ! Mais je ne me suis pas laissée abattre et dès le lendemain j ’ai distribué des tracts dans les boîtes au x lett res de mes voisins.

 

— Ils étaient déjà au courant ?
Carole Escalé : Non ! La population n’était pas du tout informée. Les gens croyaient que la ligne longerait l’autoroute. Nous avons appris plus tard qu’une commission consultative s’était tenue le 24 novembre. Les maires, les conseillers généraux, les députés ont
pu y assister mais en réalité n’ont pas eu vraiment leur mot à dire.

 

Pouvez-vous nous en di re un peu plus sur ces tracés ?
Nadine Anglade : Le tracé qui est ac tuellement retenu toucherait 209 maisons sur la commune de Montbeton. La ligne couperait en  deux le village de Pompignan qui est déjà très affecté par le passage d’une autoroute, d’une voie ferrée, et de la route départementale 820. Il faut savoir que la ligne sera construite sur une bute de 6 à 8m de haut et aura donc un for t impact visuel et sonore. Il y avait des possibilités d’utiliser des ter rains non bâti s à proximité d’une usine de méthanisation (DRIMM) ; mai s l es intérêts économiques ont prévalu sur les intérêts humains.

 

— Quelle est la position des élus ?
FS : Les maires des petites communes ont été mis devant le fait accompli et soutiennent notre démarche. Ils sont d’ailleurs président d’honneur de notre association. Les présidents de Région réclament depuis longtemps l’implantation d’une ligne à grande vitesse. Le président du Conseil Général PRG et la mairesse UMP de Montauban sont en désaccord sur l’implantationd’une nouvel le gare qu’il va falloir construire. Monsi eur Baylet propose des terrains sur la commune de Montbartier, mais Me Barèges verrait« d’un bon oeil » la création de cette gare à Bressols sur la Communauté de Communes de Montauban ! Un conflit pol itique les oppose où des intérêts
économiques sont en jeu !

 

— Que propose votre association ?
CE : Notre collectif souhaite participer à une vér i tabl e concer tati on où seraient réellement étudiées nos propositio ns. Nous pensons que l ’ on pourrait utiliser la ligne existante en réduisant les courbes, et en supprimant les passage s à niveaux. Cela permettrait aux  trains de rouler plus vite et aux automobilistes de franchir  sans danger les voies ferrées. On aurait tous à y gagner : l’usager du TGV et le s riverains des lignes. On pourrait aussi arranger le parking de la gare de Montauban, qui est dans un état déplorable à l’heure actuelle. C’est une véritable friche industrielle !

 

— Quelles sont vos priorités face à cette situation ?
CE, NA, FS : Tout va très vite. Nous avons rendez-vous à la Préfecture de Montauban le 4 janvier 2010 pour faire entendre nos voix  avec d’autres Collectifs et habitants, riverains. Nous avons le sentiment que les autorités font passer ce projet en force au moment des fêtes de fin d’année. Mais nous sommes déterminés à nous battre pour diminuer au maximum les nuisances. Tout cela fait écho à  d’autres luttes dans le Pays Occitan (LGV Provence, Landes). On peut également faire le rapprochement avec les luttes menées
dans de petites villes pour maintenir des arrêts de trains (Gourdon par exemple). RFF (Réseau Ferré de France) et la SNCF semblent bien privilégier de nouvelles lignes toujours vers Paris, et laissent certaines lignes locales à l’abandon. Des zones importantes vont se retrouver progressivement enclavées en raison de la disparition de gares et de certains services publics…

 

Vivre et travailler au pays devient particulièrement difficile ! Votre revue Occitania suivra attentivement le dossier …

Sophie Cazard
et Hugues Jourde

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