Université d’été de la fédération Régions et Peuples Solidaires

Nov 10, 2018

   De nombreuses interventions et débats ont marqué cette 24ème université de R&PS en Pays Basque, avec la participation de plus de cent délégués des régions venus d’Alsace, Pays Basque, Bretagne, Catalogne, Corse, Moselle, Occitanie, Savoie, en présence du maire de Bayonne. Organisée par les militants de Eusko Alkartasuna, cette université d’un haut niveau de réflexion a vu intervenir des personnalités progressistes du monde politique et des journalistes. Le tout couvert par FR3, des télévisions et radios locales-régionales.

  • Repenser concrètement la politique des territoires

Dans le cadre des futures élections européennes, un débat sur la politique territoriale s’imposait. Pour ce que veut la fédération face  « girondisme » d’annonce présidentielle qui se renforce de silences et d’autoritarisme sur toutes les questions venues des territoires. Questions posées sur la démocratie territoriale, restées sans réponses. Que ce soit au niveau législatif (J-Ph. Acquaviva, P. Molac), au niveau de l’autorité territoriale corse (G. Simeoni) ou encore au niveau européen (F. Alfonsi, ALE), les constats convergent sur la stratégie de l’Etat : refus d’aborder la révision constitutionnelle à la rentrée, le but étant de renforcer encore plus l’Exécutif ; segmenter les discussions et revendications pour affaiblir l’expression de la démocratie ; refuser d’aborder les questions de fond (autonomies, fédéralisme, confédéralisme). Le constat qui s’impose pour la Corse – « Faire la Corse sans les Corses »- vaut pour l’ensemble des régions aux identités culturelles fortes de l’hexagone. La constitutionnaliste W. Mastor (université de Corti) insiste sur cette idée de la constitutionnalisation du droit local et de la possibilité  d’un statut hybride reposant sur une collectivité à statut particulier (art. 74). Dans toutes les formes d’affirmation d’une spécificité territoriale et d’un droit local dérogatoire (Alsace), le but de l’Etat est bien de répondre au niveau constitutionnel central. On est loin de la berceuse susurrée du « Pacte girondin »…

Comment répondre ? Face à ce refus de dialogue, la fédération ne peut trouver de solution qu’en renforçant le rapport de force avec l’Etat et en se rapprochant : à chacun de poser ses revendications pour renforcer les convergences.

  • Une Europe différente de cette constitution interétatique néo-libérale

Débat animé par Lorena Lopez De Lacalle, élue de Eusko Alkatasuna, Pays Basque Sud et qui part du constat : l’état de l’Europe se résume par une succession de « crises » dont il est difficile pour le citoyen de faire abstraction. Les outils de changement des traités successifs sont lourds à gérer ; il en est ainsi de la pétition signée par un million de citoyens des différents pays de l’Union. La Commission a un délai de trois mois pour donner sa réponse… L’ICE (traité de Lisbonne, 2007) en est un, il a peu fonctionné face aux blocages des groupes opposés. Il consiste à proposer des changements législatifs sur des sujets afin de faire évoluer les politiques européennes. Aussi, à la question posée par J-F Billion (UEF) – La démocratie participative peut-elle exister dans l’UE ?-, celui-ci dénonce la contradiction constante entre théorie et pratique de la part de l’Europe actuelle. Et cela dans un contexte extrêmement bloqué que sa nature institutionnelle ne lui permet pas de résoudre quand elle ne le favorise pas: Brexit, situation migratoire, montée de l’extrême droite.

Le journaliste J. Quatremer, auteur du livre « Les salauds de l’Europe », considère que l’Europe s’est faite dans le dos des peuples. Sa superstructure juridico-politique domine, la Commission étant aux ordres des Etats qui décident par le Conseil des ministres. La représentation élective est disproportionnée (850 000 voix pour un député français contre 50 000 pour un maltais). Les marchés financiers sont présents sur le devant de la scène politique. La technocratie a pris le pouvoir. Les citoyens ne demandent pas de contrôle ; aussi pour lui, la responsabilité est globale. On aboutit à une vitrification du projet européen et, après le traité de Lisbonne, on continue sans rien changer. Devant ce constat réaliste et pessimiste comment avancer ?

Dans le débat en recherche de perspectives politiques, les intervenants rappellent que la démocratie directe (ICE) est bloquée, que la solution de recours à des referendums (Suisse, Danemark, Irlande…) n’est pas une tradition française et que sur les questions budgétaires le couple franco-allemand est divisé, comme en témoigne le refus du rachat de la dette grecque. Cette Europe dirigée par la droite, et toute solution de démocratisation des politiques territoriales se heurte à des fins de non-recevoir. L’exemple catalan montre bien l’absence de soutien et le poids des partis conservateurs, PP, CSU. Le Comité des Régions est inopérant face au Conseil des ministres. Quant au groupe Verts/ALE, il ne pèse qu’aux marges (transports, agriculture). G. Alirol (président de RPS, Partit Occitan) rappelle que face à l’organisation interne des Etats, et notamment de la France qui ne cherche qu’à résoudre son problème centraliste par l’Europe, la solution fédérale (des niveaux de fédéralisme et des Etats fédérés) est d’actualité pour sortir de l’état de blocage actuel. Comment avancer si les régions ne participent pas aux décisions ? Comment évoluer sans projets alternatifs sur des contenus législatifs ? Maturité des débats et des interventions multiples, autant de signes positifs qui   témoignent d’une avancée politique de la fédération.

  • Un congrès confronté aux élections européennes

    C’est ce dont rend compte le congrès final qui entérine les rapports moral et financier, soulignant  les avancées politiques en Corse, Alsace et en Bretagne aux législatives de juin 2017.  Et cela dans un contexte difficile (recentralisation accrue des décisions politiques, bonapartisme qui se reconstruit autour de la personne providentielle au nom des « réformes », faiblesse des partis de l’opposition, diminution des financements des collectivités territoriales…).

Pour le côté positif, notons l’adhésion à RPS de Inseme per a Corsica, une volonté commune d’avancer ensemble, la recherche du consensus. Passage du statut d’observateur à celui de membre pour le Congrès Mondial Amazigh, en présence de son président, Belkacem  Lounès.

La question de la tête de liste aux européennes devait tenir compte des différentes représentations et sensibilités territoriales. Elle fut votée en faveur d’une candidature corse (à préciser ensuite) en tenant compte des différentes motions présentées. Accord réalisé sur les questions techniques et politiques : négociations en cours, ouverture à d’autres, tenir compte de l’opinion publique différente de nos choix politiques. Accord sur les questions politiques : notamment au Parlement avec nos quatre députés (révision constitutionnelle, baisses budgétaires, défense de la revendication alsacienne d’un statut particulier à l’Assemblée nationale). Accord sur le principe d’un Livre blanc pour la démocratie et l’autonomie initié par Région Savoie. Des commissions de travail sont envisagées sur ce thème commun.

  • L’Occitanie fédérale reste à construire

    Dans ce congrès, peu de référence à l’Occitanie qui reste le territoire le plus grand de l’hexagone, hormis la dénomination technocratique éponyme dont les espaces Languedoc-roussillonnais et toulousain sont affublés. Aux autonomistes occitans d’affirmer leur stratégie politique d’autant plus urgente qu’elle correspond à la situation vécue par des populations  aux intérêts communs ; l’intelligence politique exige des solutions concrètes adaptées aux pays qui font cet espace à la fois commun et différencié. C’est bien là l’objectif d’une stratégie fédéraliste qui peut et doit trouver toute sa place dans le cadre d’une campagne propre aux élections européennes. Et si certains d’entre nous sont sceptiques face à une candidature « régionaliste », ils doivent se convaincre que la solution politique est là, globale et spécifique, face à l’Etat centralisateur.

Le positif de cette Université d’été aura été de faire un bilan lucide de l’état des régions et des peuples confrontés aux politiques française et européenne. Loin d’énoncer un discours univoque, des solutions sont avancées comme possibles dans le fil d’une stratégie commune qui s’impose aujourd’hui : bâtir des autonomies plurielles dans le cadre d’une Europe des Peuples et des Régions, pour faire avancer un fédéralisme européen différent du faux fédéralisme des Etats qui constitue cette Europe aujourd’hui. Pour plus de justice sociale, de solidarité et d’ouverture au monde.

 

Gérard TAUTIL

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La Paurilha

Nov 10, 2018

Siam pas lei ciutadans de la Marselha de Gelú, segur, mai la condicion dei paures es de pas mermar la França richassa de sei riches a bòudre dins lei domenis de la financa e deis afaires : banquiers, fons de pensions, rampèus per de plaçaments dins lei produchs de luxi, reinvestiments d’en premier de la riquessa dins lo bouja dei patrons. Vaquí lo sens dau partiment complit per lei pichòts de l’entrepresa… Encuei, Gelú seriá lo poèta engatjat dei banlègas delaissadas que lei 40% dei joves son chaumaires, victimas dei predators dau trafec de dròga e de prostitucion. Quand lei mai paures s’esbudelan entre elei, pòdon lei riches contuniar  d’emplir lei pòchis…

Mai lo bescòmpte es aqueu d’aicí : quora lo subre president, dins sei dauraduras elisencas parla de la peissalha, es per dire que leis ajudas socialas còstan  un « pognon de dingue » (sic) mentre que fan 1% dau PIB. Putans de paures ! Pasmens es de remarcar que 5 milions de paures sòrtan ansin de la pauretat, lo taus passant de 22% a 14 %. Mai per lo president e son cambrier Philippe Premier, lei 551 euros de RSA son de dardenas escampadas a de monde que vòlon pas travalhar. Moralisme dei riches, moralisme de salopàs.

Se d’unei economistas critics fan justament un bilanç financier pron objectiu deis ajudas publicas dins de periòdes de « crisi », devon s’engardar de dire que siam lo país que la pauretat es la mai bassa d’Euròpa… Comparason es pas rason. Quora Provença es la region exagonala mai richa per lei revenguts que pòrtan lei milions de toristas cada an per enfortir la riquesa bancària lèu sifonada per lei farlataires dau mercat de la misèria, la realitat es autra part : seriá mai aisat de marchar sus lei cambas e non sus la tèsta. Provença es tanben lo país que lei diferéncias entre paurilha e grossei fortunas son demieg lei mai grandas de l’exagòn. Ne’n faràn leis estatisticas jamai lo còmpte…

Gerard TAUTIL

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Au congrès des Régions de France, PROVENCE S’INVITE contre SUD

Nov 4, 2018

7h30, devant le Pharo de Marseille, Le rendez-vous des militants provençaux fait masse. 150 personnes, provençalistes et occitanistes sont là pour ouvrir une autre forme de rassemblement à ce congrès des Régions. Certes, ce dernier a la veille donné le ton en dénonçant une recentralisation pour beaucoup d’élus, mais il confirme pour les militants présents la logique du pouvoir centraliste parisien. A l’initiative de la liste/Appel sur change.org, initiée par Hervé Guerrera, (élu sur la commume d’Aix), les 33000 signataires témoignent du non-sens technocratique de Renaud Muselier, décidant, sans délibération à l’ordre du jour, fin 2017, du nom de la Région « SUD Paca ». Edouard Philippe, 1er ministre, arrive en cortège très contrôlé par la sécurité motorisée et les cordons de CRS établissent un sas de 10 mètres à l’entrée du palais des congrès. Prises de parole, chants, musique oc, drapeaux ne passent pas inaperçus des Marseillais qui se rendent au travail. L’arrivée des députés Gilles Simeoni et Paul Molac et du secrétaire  du Parti de la Nation Corse,  Christophe Angelini qui apportent leur soutien à cette manifestation est chaudement saluée. Ils rappellent le désir de construire des territoires différents, chacun dans leur identité culturelle et leur souci de gestion plus autonome. Difficile dans le cadre français, le message est bien reçu car il recoupe la volonté des présents.

   Le clou de cette manifestation est le communiqué de R. Muselier, gêné aux entournures, publié la veille de la manifestation. Et une demande d’entrevue de la part de son cabinet ; Hervé Guerrera dénoncera la manœuvre. La rouerie consiste à dire que Paca reste Paca mais que Sud est une marque d’identification supplémentaire pour l’international. Faiblesse de l’argument : d’un côté un rappel nominatif est fait de la Provence, et de l’autre la question de l’histoire provençale est totalement ignorée. Ces contorsions ne devraient pas tenir la route devant un juriste en droit territorial ; Muselier reconnaît de facto que son opération technocratique est avant tout un coup de pub.

La mobilisation continue pour rassembler davantage et faire en sorte que les élus provençaux s’impliquent dans cette démarche de clarification et de soutien. La manifestation du Pharo est une réussite, elle s’inscrit dans un processus de démocratisation des processus décisionnels de nos territoires. A dénoncer justement  la recentralisation du pouvoir,  la majorité régionale oublie pour autant de balayer devant sa porte.

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Una Dintrada dinamica !

Oct 13, 2018

Lo forum occitan se debanèt a Tolosa lo 22 de setembre 2018. Se lo nombre de participant foguèt un pauc mens important que l’an passat (70 personas), la qualitat dels debats foguèt melhora ! Cal dire que lo programa de la jornada fasiá la part bèla als escambis e als debats, mentre que lo nombre de las intervencions « en tribuna » èra demesit. La formula agradèt, e sustot permetèt de far naisser de prepausicions concrètas.

La primièra suspresa foguèt la projeccion del film sus la corsa relai La Passem que foguèt longament e calorosament aplaudida. La delegacion bearnesa foguèt pensi pertocada per l’accuelh mai que positiu, e per las nombrosas questions que foguèran pausadas. Lo talhier « socialisacion de la lenga » organisat en seguida permetèt de cavar la question. Ambe La Passem diguèt un participant, «avetz cambiat l’imatge dels occitans : als pès an pas mai d’esclòps, ara pòrtan de las cauçaduras d’espòrt ! ». E segon d’unes participants l’image de lenga al prep dels joves es encara de melhorar per venir mai atractiva. Mantunas personas notadament dins Tarn e a Tolosa son interessadas per organisar La Passem sur lor territòri en 2020. De seguir !

Una autra tematica del forum èra lo dels medias occitans. Ferriòl Massip presentèt son trabalh ambe « Jornalet » una gaseta d’informacions sus internet. Mas per el es clar : internet es pas la solucion pels medias occitans. Crei al contrari que fa mestier una premsa « papier » coma se dis ara, e qu’aquela premsa deu correspondre a la diversitat occitana tan politica coma geografica. Un intervenent expliquèt que la perda d’un jornal coma « La Setmana » aviá tanben per consequéncia la perda d’un espandi politic pan occitan : « l’espaci mediatic e l’espaci politic se correspondon, s’avem pas un jornal que cobrís tot Occitània, perdem l’espaci politic pan occitan. Fanny Lartigot, anciana jornalista a La setmana intervenguèt per explicar la rapiditat de la fin de la societat Vistedit qu’aviá de difficultats financièras dempuèi longtemps. Regretèt tanben una manca de sosten, sens precisar quina fòrma auriá pogut prener. La comission « mèdias » que se recampèt lo temps del forum faguèt diferentas prepausicions, coma per exemple mutualisar las ressorgas entre las diferentas radios associativas que difusan d’emissions en occitan. Una de las difficultats es que lo public accepta mal d’ausir d’autras variantas d’occitan que la seuna ! Los occitans que defendan sovent la nocion de diversitat linguistica deurián metre en practica aquela polida idèa entre eles !

Enfin los participants s’interessèran a l’estat de la democracia e als enjòcs politics. Lo matin Anna Marie Hautant expliquèt lo fonccionar de l’extrema dreita a Orenja en Provença. Lo credò del conse se pòt resumir a : renovacion del patrimòni, propretat, securitat. Fa pas res per desvolopar l’atractivitat economica de la vila, fa pas res per ajudar las associacions qu’un bon nombre pleguèt, fa pas res per las escòlas e la joinessa, e vos parli pas del social ! Fin finala fa mai que mai d’economias e la comuna es assetada sus un montairon d’aur. Lo pieger es que los ciutadans se’n rendon pas compte e se daissan embobinar per la com del conse. Bernat Vaton intervenguèt el per contar coma, un bel matin en se rasent, lo president de la region PACA aviá decidit que d’ara enlà la region s’apelariá « Sud » ! Los occitanistas de Provença daissèran pas far, e menan la batesta per que Provença retròbe son nom. Mai de 35 000 personas an ja signat una peticion per aquò, e la batesta es pas acabada… Vesent a travers aqueles dos exemples que los occitanistas se devon implicar dins la vida politica. Dins lo talhier prepausat a la seguida se parlèt mai que mai de las eleccions municipalas que son previstas en 2020. De representants de diferentas organisacions : POc, PNO, País Nòstre, EELV… prenguèron la paraula e se meteron d’accòrdi per tornar lançar una dinamica collectiva sul modele de çò que faguèt « Bastir » en 2014. Una acampada es prevista lo dissabte 10 de novembre a 10h a l’ostal d’Occitània a Tolosa per lançar lo projecte.

Enfin La Dintrada acculhiguèt Max Zañartu, president de l’Alligança Liura Europenca Jove. Expliquèt lo fonccionament e sustot l’utilitat d’aquela organisacion, e prepausèt als joves occitans qu’èran present de participar a l’amassada general prevista debuta de 2019 a Bruxellas. Es de notar la prudencia dels joves occitanistas presents, que benleu gausan pas prener la paraula en public… Esperam çaquelà que l’idèa farà son camin e que la joinessa occitana capitarà a trapar sa plaça !

Uc Jourde

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Ours : un naufrage démocratique !

Oct 13, 2018

La question de l’ours, au point où elle en est arrivée dans nos Pyrénées, n’est pas une question écologique, mais d’abord une question politique. C’est un véritable naufrage  démocratique dont nous sommes tous responsables, que l’on soit neutre, indifférent, partisan ou opposant à la réintroduction de l’ours dans les montagnes du Béarn.

Cela fait des années que les décisions sont prises à Paris et que l’ours, au bout de vingt, trente et même quarante ans de polémique, n’est pas, comme d’ailleurs n’est pas garantie la survie du pastoralisme.

Donc, objectivement, ces déchirements, ces déclarations de part et d’autre à l’emporte-pièce, n’ont eu aucun résultat si ce n’est de créer des oppositions dures, stériles et dangereuses.
Ce système arrange tout le monde. C’est à un individu, un ministre, que revient la décision. Qu’il soit opposant, partisan, peu importe, c’est la méthode qui est mortifère.

Et que l’on ne me dise pas que ce centralisme appliqué à l’écologie doit être remplacé par une décision prise  seulement localement parce qu’il suffit d’observer les uns et les autres, chez les décideurs locaux pour remarquer que finalement tout le monde est bien content de ne pas avoir de responsabilité en ce domaine.

Dans aucune des assemblées que j’ai frequentées (comme journaliste ou comme élu) je n’ai pus assister ou participer à un débat qui aurait débouché sur une décision concernant l’ours. Quand le ou la ministre est pour les lâchers on hurle, quand il ou elle est contre d’autres protestent.

Mais la question de la faune, de l’environnement ( et dedans j’y mets le pastoralisme) est une affaire qui ne peut se résoudre en un point central qui serait Paris, ni sur le seul territoire où vivent (vivaient, vivront ?) des ours. C’est une affaire collective.

Il se trouve que pour le moment le centralisme domine et que personne ne proteste sur le principe.

Ce qu’il faudrait c’est une décision partagée, mais pour cela il faut accepter de prendre des responsabilités, des compétences et d’assumer ses décisions. Jusqu’à aujourd’hui, dans les assemblées départementales ou régionales concernées, il n’a jamais été demandé à qui que ce soit de trancher. Finalement on attend la position du ministre pour s’afficher en pour ou contre.

Et le dialogue, et la concertation et même mieux : le compromis, ça ne vous dit rien ? Il existe des pays en Europe et dans le monde où la démocratie fonctionne au niveau territorial et où les élus sont obligés de trouver des compromis dans ce type d’affaire. Et paradoxalement, même si tout ne se passe pas dans la concorde et de façon paradisiaque, ce sont les endroits où faune, agriculture, agropastoralisme, vie des hommes, arrivent à coexister. Je ne prends que l’exemple des Asturies où les ours sont encore présents en nombre (200 environ). Ce fut difficile, laborieux mais les assemblées des régions autonomes eurent à prendre leurs responsabilités et des décisions. Il a fallu ménager les uns et les autres et surtout décider, et non  attendre qu’un ministre décide pour prendre une posture d’écolo ou de chasseur de fauve.

Finalement le centralisme arrange presque tout le monde, sauf l’ours. Il est plus facile de se positionner de façon radicale, de prendre une posture, plutôt que de trouver un compromis. Il est plus confortable de se positionner en insultant le ministre ou en le félicitant que de se mettre autour d’une table en se disant que de toute façon il faudra sortir avec une décision. C’est aussi le règne des lobbys. On va rencontre le ministre et ses proches pour tenter de faire pencher la balance en sa faveur…

Dans un autre domaine bien différent, Michel Rocard enferma il y a quarante ans, les responsables de l’affaire néo-calédonienne en leur enjoignant de trouver un compromis.

Le pouvoir central et sa haute administration, jaloux de leurs pouvoirs n’ont même pas cette intelligence sur l’affaire de l’ours.  Ça fleure le mépris du provincial arriéré. Mais personne chez nous ne le lui suggère. Ça fleure bon la soumission provinciale ! La décision en matière d’ours, comme en d’autres, nous échappe, avec la complicité de nos « élites ».  Quand je dis « élites » je ne dis pas seulement les élus, mais aussi les leaders d’opinion. Et cela donne un triste résultat c’est à dire de la démagogie et de la surenchère à tous les étages.

L’ours survivra peut-être à cette polémique stérile. Je n’en sais rien. En revanche je suis certain que la démocratie, le courage politique, l’intelligence politique risquent bien d’en prendre un coup.

Désolé de n’avoir pris parti que pour la démocratie dont la peau m’est très précieuse, surtout par les temps qui courent !

David Grosclaude

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Oceans : los aparar per subreviure !

Oct 13, 2018

Dempuèi la formacion de la Tèrra, 90% de l’istòria de la vida se tenguèt dins los oceans. Aquestes acaptan 71% de la susfàcia de la planeta, provesisson  oxigèn e aiga indispensables als èssers vivents, e jogan un ròtle essencial sul climat en escambiant de grandas quantitats d’energia e d’aiga amb l’atmosfèra. Los oceans representan tanben una resèrva considerabla de biodiversitat e un enjòc de tria per un fum d’activitats umanas tocant a las ressorças alimentàrias, energeticas, mineralas, geneticas…Mas los oceans cambian en seguida de mantunas perturbacions antropicas: espleitacion e subrespleitacion de las ressorças, desrèglament climatic, desoxigenacion, acidificacion, pollucions. Aquela evolucion pessamentosa exigís de totes los Estats, la proteccion dels oceans per assegurar la subrevida dels èssers vivents.

Pesca e aquacultura

La pesca de mar se desvolopèt bravament al long del sègle XX: la produccion mondiala passèt de 20 milions de tonas en 1950, a un pic de 86 milions de tonas en 1996. Dempuèi un vintenat d’ans, las presas mondialas descréisson a causa de la subrepesca, las practicas de pesca non durablas e la pesca illegala. Uèi, 31% dels estòcs mondials serián subrespleitats. Per Euròpa, la situacion es estada e demòra pessamentosa: a la fin de las annadas 1990, mai de 90% dels estòcs èran subrespleitats. Dempuèi, gràcias als quotas restrictius de pesca, a unas  subvencions permetent de reduire las flotilhas de pesca excedentària, l’interdiccion del chalutatge prigond (1), la proporcion dels estòcs subrespleitats auriá baissat de 60% e lor biomassa crescut de 40%.

La pesca fa viure, 10 a 12% de la populacion mondiala, en Asia sustot. En 2014, a l’escala mondiala, la pesca de mar provesiguèt en mejana un pauc mai de 8 kg / persona / an. Gràcias a l’aqüacultura, los produits de la mar representan 17% de las proteïnas animalas consomadas pels umans. Aqueste percentatge sarra lo 100% dins mantunas illas e regions costièras. Per respondre al demanda dels consomators, la produccion aqüacòla mondiala passèt de 2 a 27 milions de tonas entre 1980 e 2014. Lo creis es encara pus fòrt per l’aqüacultura d’aiga doça: de 2 a 47 milions de tonas pendent lo meteis temps. Mas 70% de la produccion aqüacòla (subretot los elevatges de salmons), ven de peisses noirits amb d’òli e de farina de peis, aital, l’aqüacultura agrava lo problèma de la subrepesca. En França, la consomacion demòra establa dempuèi un desenat d’ans amb 35 kg / persona / an, dont 24 venent de la pesca, siá tres còps la racion mondiala mejana. Clarament, manjam tròp de peis (2)…

Desoxigenacion e acidificacion

La lucha contra lo declin de l’ocean e la contra lo cambiament climatic se juntan. Los escambis entre l’ocean e l’atmosfèra influencian los cicles de l’oxigèn (O2) e del gas carbonic (CO2). Dempuèi 2.8 miliards d’annadas, las cianobactèris e las algas dins l’ocean, (e puèi, pus tard, las plantas suls continents), utilizan l’energia solara per realizar la fotosintèsi que mena a l’absorpcion del CO2 e a la formacion de l’O2. A l’origina de la Tèrra, l’O2 èra rar,  plan luènh de la concentracion de 20.8% dins l’atmosfèra de uèi, en ligam dirècte amb la vida. Sus Tèrra, prèp de la mitat de l’O2 ven de l’ocean. Los efièches combinats del cambiament climatic, de las pollucions e de la subrecarga en nutriments, augmentan fòrça lo nombre e la susfàcia de las « zònas mòrtas » de nauta mar e d’aigas costièras, ont lo nivèl d’O2 es pas sufisent per assegurar la subrevida de la majora part de la vida marina (3).

Las activitats umanas, amb los regets dels gases a efièch de sarra, CO2 sustot, son la causa primièra de l’augmentacion constanta del cambiament climatic. Uèi, l’ocean absorbís prèp de 30% del CO2 atmosferic, loqual un còp dissòut se transforma en acid fèble. Aital, l’aciditat dels oceans a augmentat de 30% dempuèi la revolucion industriala. L’acidificacion agís d’un biais negatiu sus la biodiversitat en inibent la fabricacion dels esqueletas e de las cauquilhas calcàrias de mantunes organismes marins (peisses, espècias planctonicas, coralhs, muscles, ustras…). Totas las extincions massissas que se faguèron dins l’istòria geologica dels oceans lo son estadas pendent d’episòdis de fòrta acidificacion. Aqueles episòdis foguèron acompanhats d’un rescaufament e d’una diminucion de la disponibilitat en O2 (2).

Calor e pollucions

A primièra vista, l’ocean apareis coma nòstre melhor aliat per luchar contra lo cambiament climatic, perque absorbís pas solament 30% de nòstras emissions de CO2, mas tanben prèp de 93% de nòstre excedent de calor. Mas aquestas absorpcions son pas sens consequéncias per l’ocean dont las aigas de susfàcia se son rescaufadas de 1°C en mejana dempuèi 1950. La desoxigenacion e l’acidificacion contunharàn de créisser a mesura que l’ocean se rescaufarà. Lo rescaufament de l’ocean (e de la Tèrra tota) entraïna: disparicion de la banquisa d’estiu en Arctic, elevacion del nivèl de la mar (de 8 cm dempuèi 1993, deguda a la fusion dels glacièrs e de las calòtas glacialas e a la dilatacion de l’ocean) amb una menaça lanhosa per mantunas regions costièras sovent fòrça pobladas, desplaçament de mantunas espècias cap a de zònas oceanicas mens caudas, proliferacion d’algas, dont unas microalgas toxicas (2).

La baissa de la biodiversitat marina ven de la fòrta pression antropica. Amb la subrepesca e lo rescaufament de l’ocean, aquela baissa a tanben per causa: demografia, torisme, rebuts agricòlas, aqüacultura, pollucions pels idrocarbures offshore, produits quimics, rebuts de matèria plastica… Uèi, los oceans contenon une tona de rebuts contra cinq tonas de peis, e al ritme actual, en 2050, se traparà mai de rebuts que de peisses (4). Pression antropica e catastròfas naturalas degalhan los escuèlhs coralins e las selvas de paletuvièrs suls litorals tropicals e intertropicals. Los primièrs abrigarián 30% de la fauna e de la flòra marinas, alara que cobrisson 0.2% dels oceans. Prèp de 25% dels coralhs serián desapareguts al long dels 20 ans passats. Uèi, los 50% de la rèsta serián dins una situacion critica de blanquiment. Las segondas jogan un ròtle important per la proteccion de nombrosas espècias marinas, las còstas pendent los eveniments ciclonics, l’apòrt en carbòni als oceans venent de las zònas costièras (2).

 

Ocean nòstra subrevida

« La mar es la vasta sèrva de la natura. Aquò’s per la mar que lo glòb per o dire aital comencèt, e qual sap se s’acabarà pas per ela »: aital s’exprimís lo capitani « Nemo » dins « Vingt mille lieues sous les mers ». Jules Verne, escrivan profetic, aviá ja consciéncia de las formidablas menaças quichant sus la mar. Uèi, las activitats umanas degalhan las condicions de vida de nombroses èssers vivents sus tèrra e dins las aigas. Lo ritme d’extincion de las espècias revela una crisi majora que pòt menar a la seisena granda extincion (5). La riquesa de la biodiversitat marina apareis considerabla. Demest los 35 000 escapolons de plancton que la goleta Tara (2) prelevèt en 2015 e 2016, mai del terç dels microorganismes collectats e 99% dels genòmas virals èran desconeguts. Dins los oceans, 91% de las espècias eucariòtas (fonges, plantas e animals) demorarián desconegudas. Sèm davant una situacion plan malaisida: mantunas espècias marinas nos demoraràn  desconegudas, perque ja avalidas o a mand de l’èsser, a causa de nòstras activitats…

Existís pas cap de tractat per protegir la biodiversitat o conservar los ecosistèmas vulnerables de l’ocean, al despièch de l’acòrdi de Paris de 2015 e de la Conferéncia sus l’Ocean de 2017 (6). Per evitar una catastròfa umanitària mondiala, los Estats devon al pus lèu agir per: aturar la subrepesca (en copant las subvencions a la pesca non durabla), reduire fòrtament l’utilizacion dels combustibles fossils e los diferents regets (coma los objèctes de plastica d’usatge unic) e alargar lo malhum mondial de las airas marinas protegidas, que uèi, pas que 7% de l’ocean seriá protegit (7).

Fernand Vedel

Referéncias

1 – Claire Nouvian (associacion Bloom) recebèt lo 23.04.2018, a San Francisco, lo Prèmi Goldman,          equivalent del Prèmi Nobel de l’environament, per sa lucha contra lo chalutatge prigond (mai de 800 m).

2 – A. Euzen et al. (2017) L’océan à découvert, CNRS Editions (obratge de referéncia de135 articles mobilisant      prèp de 160 cercaires).

3 – D. Breitburg et al. (2018) Declining oxygen in the global ocean and coastal waters, Science, 359, issue 6371.     DOI: 10.1126/Science.aam 7240. From The Global Ocean Oxygen Network (GO2NE) of the UNESCO.

4 – J. Attali (2017) Histoires de la mer, éditions Fayard.

5 – F. Vedel (2009) Biodiversitat lo mestre mot de la vida, Occitania, 165, 14-15.

6 – The Ocean Conference, United Nations, New York, 5-9 june 2017. https://oceanconference.un.org

7 – O. Heffernan (2018) How to save the high seas. Nature 557, 153-155.

 

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Abelhas e insectes en dangièr

Août 15, 2018

Pauc d’insèctes tocan nòstra imaginacion tant coma las abelhas. Sustot, las abelhas de mèl, de l’espècia Apis mellifera, fan partida dempuèi longtemps de nòstre eritatge literari e agrèst. Son estadas laudadas pels poètas e escrivans (Virgili dins las Georgicas,  Shakespeare dins HenryV…), e lors colonias consideradas coma una metafòra de las societats umanas. Dempuèi gaireben 25 ans, aqueles insèctes meravelhoses desaparéisson, amb un fum d’autres insèctes, sustot dins los païses d’agricultura intensiva. Los responsables d’aquela catastròfa son nombroses, mas entre eles, una categoria de pesticidas, los neonicotinoïdas o « neonics », son guinhats pels abelhaires e las associacions ecologistas.

Amigas de longa

D’abelhas son estadas trobadas dins de fossils de 100 milions d’annadas, una datacion correspondent a las primièras flors. Uèi, 25 000 espècias d’abelhas se trapan dins los diferents continents, levat Antarctic. Las abelhas de mèl apertenon al genre Apis, vièlh de 35 milions d’annadas, e son representadas per un detzenat d’espècias, una part fòrça febla de la diversitat de las abelhas (1). Encara que, per unes scientifics, sas originas sián pas totalament seguras, A. mellifera vendriá de l’èst african, aquí ont los umans podrián tirar lor origina. Al long de la preïstòria, los grops de caçaires-culheires culhissián los nius d’abelhas jocats fàcia a un bauç, coma mostrat per unas pinturas rupèstras d’Espanha. La domesticacion de las abelhas s’es desvolopada independentament dins mantunas regions del mond, coma per exemple en China amb l’espècia Apis cerana fa un pauc mai de 3 000 ans. En 1852, L. Langstroth, un clergue de Philadelphia, faguèt brevetar lo bornhon modèrn: una boita de las multiplas brescas amoviblas. Karl von Frisch (prèmi Nobel en 1973), mostrèt que las abelhas  son capablas de far passar gràcia a lors danças, de messatges indicant la direccion, la distància, l’abondància e la qualitat de las sorgas de nectar (2). En 2006, la primièra sequéncia d’un genòma d’A. mellifera foguèt establida e una espectaclosa diversitat dels gènes dels receptors olfactius caracterizada. Es tanben en 2006, que los cases d’esfondrament de las colonias d’abelhas foguèron nomenats « colony collapse disorder » (CCD), per D. vanEngelsdorp, un abelhaire de l’estat de Pennsylvania (1). La bona santat de las abelhas (e dels autres insèctes pollinizaires) es fòrça importanta per nòstra alimentacion: segon l’Organizacion de las Nacions Unidas per l’alimentacion, entre las 100 espècias de plantas cultivadas, provesissent 90% dels aliments del mond, 71 an besonh d’èsser pollinizadas pels insèctes.

Un aflaquiment pensamentós

Dempuèi 25 ans, los tausses de mortalitat de las colonias d’abelhas an bravament crescut. En ivèrn atenhon 30% en mejana, e de colonias desaparéisson tanben en cors d’annada. Cada an en França, 300 000 colonias son perdudas menant 4 500 abelhaires a quitar lor activitat. La produccion nacionala annadièra de mèl es passada de 35 000 tonas en 1990 a mens de 10 000 tonas en 2017. Los factors responsables  d’aqueste malastre son nombroses.

Mantun abelhaires professionals seleccionan d’abelhas « productivas », domètjas e practicas, reduisent la diversitat genetica de l’espècia e sas capacitats d’adaptacion. De mai, las abelhas « engraissadas » amb de sucre de milh abans d’èsser mudadas suls sites de fecondacion o de culhida, s’aflaquisson fàcia a las infeccions. Unas malautiás de las abelhas venon dels virúses, mas ça que la, cap d’eles sembla pas pro agressiu per explicar l’avaliment d’una colonia. L’IAPV, lo virús israelian de la paralisia aguda, mena a la mòrt de las abelhas sonque quand es associat al parasit Varroa destructor. Aqueste acar originari d’Asia del sud-èst èra a l’origina un parasit d’A.cerana, abans de parasitar A.mellifera, a partir de 1987 als Estats Units e de 1992 en Euròpa (1). Lo Varroa aflaquís las abelhas en se noirissent d’emolimfa (sang dels insèctes) amb per consequéncias: malformacions, aflaquiment del sistèma immunitari favorizant infeccions viralas e fongicas. Lo fonge Nosema responsable de micòsi, es un parasit intracellular obligatòri, provocant de simptòmas de diarrèa. L’associacion del Nosema amb Varroa o IAPV representa un coctèl fatal per las abelhas, alara que cada element sol es pas fatal. D’autres factors contribuisson al mal-èsser de las abelhas: bactèris, pollucion, desrèglament climatic, espècias invasivas, novèls predadors coma lo forsalon asiatic (Vespa velutina, present en França dempuèi 2004) e sustot pesticidas. Entre aquestes, los neonics,  insecticidas neurotoxics de darrièra generacion alarman bravament abelhaires e ecologistas.

Neonicotinoïdas o neonics

Erbicidas e insecticidas representan doas grandas categorias de pesticidas. En destruisent las plantas adventicias coma las espècias meissicòlas (rosèla, blavet, nièla…) los erbicidas (coma lo glifosat), reduison directament la nutricion de las abelhas e participan a lor aflaquiment. Son vaporizats sus las plantas que sián o pas OGM. Amb los insecticidas, e dins lo cas de las plantas de granda cultura, la vaporizacion daissa la plaça a d’insecticidas sistemics: siá l’insecticida es sintetizat dins cada cellula de las plantas OGM qu’an integrat un gèn codant per una toxina insecticida de la bactèri Bacillus thuringensis, siá un insecticida de darrièra generacion, un neonic, revestís las granas que sián o pas OGM. Aqueste tractament de las semenças mena après germinacion a l’incorporacion del produit dins totas las cellulas vegetalas. Los neonics actius a l’escala del nanograma (miliarden de grama) son estats guinhats tre 1994 pels abelhaires franceses, a causa de la concomitància de l’utilizacion del neonic imidacloprida dins los camps de virasolelh e de l’aflaquiment de las colonias d’abelhas. La remanéncia dels neonics dins lo sòl a tanben per consequéncia lor preséncia dins las culturas seguentas de las semenças non tractadas. Doas sòrtas de toxicitat se destrian amb los insecticidas: la toxicitat aguda d’una dòsi massissa de produit d’una sola presa e la toxicitat cronica correspondent a de dòsis feblas o fòrça feblas, repetidas pendent de meses o d’annadas. La darrièra sòrta correspond al mòde d’accion dels neonics: de falses senhals neuronals s’amontairan al long del temps e fan que las abelhas sabon pas pus dançar, e desorientadas, tornan pas trobar lor bornhon. D’autra part, los neonics en combinason amb Nosema o Varroa pòdon menar lèu fach a la mòrt de las colonias. Aqueles produits quimics se trapan dins gaireben totes los mèls collectats dins lo mond entièr entre 2012 e 2016 mas, las concentracions neuroactivas per las abelhas demòran autorizadas per la consomacion umana (3)…

La biodiversitat en dangièr

L’utilizacion dels neonics, e d’un biais general, las condicions environomentalas impausadas pels umans, menan pas solament a l’esfondrament de las colonias d’abelhas, mas tanben a lo de tota l’entomofauna e dels invertebrats. Las populacions d’insèctes volants aurián baissat en Euròpa de prèp de 80%  pendent los trenta ans passats (4). La rarefaccion dels insèctes a entraïnat tanben la disparicion en 15 ans de 30% de las populacions d’aucèls del campèstre francés (5). Euròpa ven d’interdire (lo 27.04.2018) l’utilizacion dels tres neonics los pus utilizats (imidacloprida, thiametoxama e clothianidina: moleculas activas respectivament de las marcas comercialas Gaucho, Cruiser e Poncho), 24 ans après las primièras alertas!. Aquela decision interven alara que los degalhs sus la biodiversitat son fòrça importants e benlèu en partida irreversibles. Abelhaires e ONG se son trucats longtemps al poder del lobby agroalimentari fòrça influent al prèp de mantunes politics dont la salvagarda de la biodiversitat, de la santat dels umans e de la de la planeta es pas la primièra preoccupacion. Las alternativas als neonics existisson: en 2017, gaireben 37 000 agricultors francéses practicavan amb succès una agricultura biologica sens neonics sus 1.8 milions d’ectaras…

Fernand Vedel

Referéncias

(1) The beeline. Honeybees and humans: a shared past (2015) Nature Outlook. Nature, 521: S50-S51.

(2) Vie et mœurs des abeilles (1969),  revirada de A. Dalcq, Albin Michel, segon la 5ena edicion alemanda de Aus dem Leben der Bienen de Karl von Frisch.

(3) C.N. Conolly (2017) Nerve agents in honey: Analysis of local samples shows global landscape contamination by pesticides. Science, 358: 38-39.

(4) C.A. Hallman et al. (2017) More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. PloS One: https///doi.org/10.371/journal.pone.0185809

cf un resumit per: G. Vogel (2017) Where have all the insects gone?. Science, 356: 576-579.

(5) L. Geoffroy (2018) Où sont passés les oiseaux des champs? Publicacions del CNRS et del MNHN, lo 20.03.2018: https://lejournal.cnrs.fr/articles

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Crise au CFPO Toulouse

Août 15, 2018

Le Centre de Formation professionnelle Occitan basé à Toulouse s’est mis en grève du mois d’octobre 2017 jusqu’en mai 2018! Cette structure est en fait une émanation de la confédération des Calandretas. Elle propose des formations en langue occitane aux demandeurs d’emploi. Jusque là que du bonheur ! Mais un conflit a éclaté à Toulouse entre les 7 salariés du CFPO et les responsables associatifs de la confédération des Calandretas. Le 19 mai dernier, ces salariés ont organisé une journée de discussions le « printemps occitan» pour échanger avec tous ceux qui rencontrent des situations similaires. Une cinquantaine de personnes (salariés, étudiants, simples citoyens) ont participé à ces débats. Votre magazine Occitania était présent et à cueilli au vol des prises de paroles très surprenantes qui révèlent des difficultés dans les rapports professionnels au sein de certaines associations occitanes. Afin d’informer de façon la plus complète ses lecteurs, votre magazine a ensuite contacté la confédération des Calandretas, qui donne son point de vue par la voix de Miriam Bras.

L’idée générale de ce dossier n’est pas de dire qui a tort ou raison, mais d’aider à une prise de conscience : d’une part  les moyens attribués par les pouvoirs publics sont scandaleusement insuffisants pour espérer faire vivre dignement la langue et la culture occitane. Subventions stagnantes voire en baisse, emplois précaires … l’état, et le gouvernement actuel font tout ce qu’il faut pour ne pas rendre attractif le milieu occitan. D’autre part les bénévoles dans les associations sont parfois démunis, et ne savent pas toujours instaurer un dialogue social serein. Ils devraient être accompagnés et formés car l’encadrement de salariés ne s’improvise pas !

Réunion du 19 mai, Verbatim :

Un formateur du CFPO : « moi je peux témoigner que les gens qui débutent une formation en occitan sont super motivés, mais après il y a un grand découragement car cela ne débouche sur rien. J’ai aussi croisé dans la rue des gens que j’avais formé quelques années auparavant et qui me disent qu’ils ont changé de voie et qu’ils ne veulent plus entendre parler d’occitan. Il y a quelque chose qui déconne dans le milieu professionnel occitan ! »

Un chercheur d’emploi : « Moi j’ai travaillé dans deux structures différentes dont une association dans le Tarn. Et là on ne m’a pas renouvelé parce que je n’étais pas « fan ». Je ne faisais pas d’heures sup gratuitement. »

Une étudiante : « Dans le milieu occitan on demande toujours plus. Il faut être militant et pas seulement salarié. Moi je suis étudiante à Montpellier et c’est pareil : les profs organisent des trucs en plus et on se fait tomber dessus si on y va pas ! ».

Un professionnel : « Moi j’ai choisi de travailler dans l’occitan, j’ai accepté d’avoir un salaire divisé par deux. Les responsables associatifs sont des bénévoles qui donnent de leur temps. Il faut voir aussi que les associations occitanes n’ont pas les moyens ! Elles fonctionnent avec des contrats aidés de durée limitée, ce qui fait qu’une fois que les gens sont formés, ils doivent partir ».

Une formatrice : « Moi j’ai travaillé dans le privé, alors en venant dans une association je pensais que ce serait super. Mois non ! Les patrons sont aussi pourris qu’ailleurs ! »

Un autre professionnel : « Il serait intéressant de voir le profil sociologique des personnes qui sont à la direction des associations occitanes. Souvent ils sont issus des catégories socio professionnelles les plus élevées (universitaires, etc..), ils sont bien installés, ils ont un réseau de relations importants. Ils donnent énormément de leur temps mais ils ne se rendent pas compte de ce que c’est que la précarité. »

Un ancien bénévole associatif : « Je suis assez surpris d’entendre tout ce que je viens d’entendre. Pour avoir été moi-même en responsabilité dans une association je peux vous dire que je n’ai jamais menti aux personnes que j’ai embauchées en contrat aidé. J’ai toujours dit que c’était du provisoire. Une des raisons qui font que j’ai arrêté mon engagement c’est que les pouvoirs publics ne donnent pas les moyens de vraiment se développer. Ils donnent le minimum aux asso occitanes, juste assez pour qu’elles vivotent, pas plus. C’est un choix politique. »

Un formateur du CFPO : « Le CFPO de Toulouse a versé de l’argent à Calandreta qui n’a pas été remboursé. Du coup le CFPO s’et retrouvé en « faillite ». Et ensuite il a été reproché aux salariés de ne pas bien faire leur travail, d’avoir coulé le CFPO ! Au nom de la « cause » occitane il y a des magouilles et des dérives inadmissibles. Nous on est pas d’accord, on veut s’émanciper.»

Votre magazine a cherché à comprendre : Nous publions ici la réaction de Miriam Bras responsable des Calandretas qui nous donne (en occitan) sa version. « Cò que se passa ambe lo CFPO de Tolosa es pietadós !  Avèm creat lo CFPO fa 20 ans ambe qualques unes de Calandreta. La tòca èra de formar las ajudas mairalas que sovent sabon pas l’occitan. Cal plan comprendre que los ¾ del monde format pel CFPO son de salariats de Calandreta. Lo probleme es que lo CFPO de Tolosa es estat mal gerit. Es estat plaçat en redreçament judiciari en 2015. Pendent d’annadas paguèt pas lo loguier que deviá a Calandreta. Un plan de redreçament sus 5 ans es estat mes en plaça, mas s’es pas melhorat. Los salariats se son metuts en cauma brutalament sens aver fa part de reivindicacions abans. Quand avèm enfin recebudas las revindicacions aquò reveniá a mai o mens doblar las despensas, çò qu’èra irrealista, vist la situacion financièra ! La conclusion de tot aquò serà probablament la tampadura del CFO de Tolosa, la liquidacion judiciari, domage ! Cò que trapi pietadós tanben son las criticas suls benevòles que s’engajan. Ieu disi urosament que i a de foncionaris o d’ensenhaires que s’engajan per far virar las associacions ! ».

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Magazine Occitania – Lo Cebier mai-juin 2018

Mai 31, 2018

Au sommaire du magazine Occitania : un dossier sur mai 68 avec une évocation inoubliable de Daniel Rifà, la vie d’un jeune étudiant à Toulouse en mai 1968. La cité U comme si vous y étiez!

Et puis

  • « ALE un partit europeu per portar la paraula dels pòbles » de David Grosclaude.
  • « Moins d’élu-e-s c’est plus de centralisation et plus de technocrates » d’Hervé Guerrera »
  • « Le conflit à la SNCF : privatisation ou défense d’un service public? » de S.F.
  • « Nanomaterials, pertot presents mas ambe quin risques per la santat e l’environament? » de Fernand Vedel
  • « Et si les salariés se révoltaient? » de Loïc Steffan

Et de nombreux autres articles encore!

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