« Les langues-cultures moteurs de démocratie et de développement ». Martine Boudet coordinatrice

Juil 25, 2019

Martine Boudet coordinatrice

L’actualité le montre : les recompositions géopolitiques à la faveur de la mondialisation et de la médiatisation des échanges, mais aussi de la crise du système néolibéral, suscitent un regain des aspirations identitaires. Si, en négatif, celles-ci se traduisent par des nationalismes xénophobes voire guerriers, les formes démocratiques et progressistes, notamment sur le terrain régional, sont, elles aussi, bien réelles. Le panorama est ainsi éclairé par des fulgurances, marquées par une logique d’ensemble, à en juger par l’actualité écossaise, catalane, corse, camerounaise anglophone, néo-calédonienne, kurde… Des aspirations linguistico-culturelles et territoriales, enfouies jusqu’ici sous la gestion d’appareils d’État et de marchés, renaissent au grand jour.

Les citoyen·ne·s sont incité·e·s à se réenraciner dans une culture plus profonde, dont les fondamentaux sont d’ordre anthropologique. Leurs « armes cordiales » sont les sciences humaines et sociales, la littérature et les arts, l’éducation scolaire et populaire, les médias, le tourisme… L’objectif est une démocratisation culturelle et un développement durable, cosmopolite certes, mais aussi auto-centré dans le cas des cultures dominées.

L’avenir dira qui, des forces de régression nationalistes et xénophobes ou des forces de paix et d’inclusion, l’emportera. Dans ce livre, les auteur·e·s font le pari d’une évolution plus harmonieuse et apportent leur expertise et leurs expériences à cet égard. En cette année déclarée «  année des langues autochtones  » par l’Unesco, voilà un enjeu altermondialiste majeur.

 

Le statut des langues régionales, dont l’occitan, est étudié dans l’introduction (par Martine Boudet), les chapitres 1er (Gilbert Dalgalian), 3 (Philippe Blanchet), 7 (Giovanni Poggeschi, dans un cadre européen), 12 (Claude Sicre du Carrefour culturel Arnaud Bernard), 13 (Direction générale de la langue française et des langues de france/DGLFLF), 18 (P Blanchet).

Le livre a été présenté au forom des langues de Toulouse (le 26 mai).

Editions du Croquant, Martine Boudet (coord.) 

Peut être commandé (franco de port) sur le site de l’éditeur

http://www.editions-croquant.org/component/mijoshop/product/550-les-langues-cultures

Prix du livre papier : 20 €     Pour la version électronique (PDF) : 16 €
278 pages

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Les auteur·e·s sont universitaires, spécialistes des langues ou des cultures, pédagogues praticiens, français ou d’autres origines et nationalités : arménienne, belge, brésilienne, italienne, ivoirienne, marocaine, suisse, togolaise, yéménite.

Avec la participation de la Délégation de la langue française et des langues de France/DGLFLF (ministère de la Culture) et du Carrefour Culturel Arnaud Bernard de Toulouse. 

                                         Table des matières

Introduction. La promotion des langues-cultures, un nouveau paradigme, Martine Boudet 

 

Première partie. Un système géo-socio-institutionnel en crise 

Chapitre 1. Langues et démocratie : un lien imprescriptible, Gilbert Dalgalian

Chapitre 2. Anglophonie-francophonie : l’écueil de l’hégémonie économique ou stratégique, Christian Tremblay 

Chapitre 3. L’enseignement des langues dites «  régionales  » en France  : un contexte problématique, Philippe Blanchet 

Chapitre 4. Enseigner l’arabe en France, vers de nouvelles perspectives, Saïd Benjelloun

Chapitre 5. Impossibilité et possibilité de la rencontre épistémique « multiverselle », Pierre Jérémie Piolat

Chapitre 6. Parler le français : une obligation ou un droit pour les étranger·ère·s « primo-arrivants » ?, Camille Gourdeau

Chapitre 7. Les pays de l’Union européenne et la réglementation linguistique, Giovanni Poggeschi

 

Deuxième partie. Facteurs académiques, citoyens et institutionnels d’une évolution qualitative 

Chapitre 8. Retrouver l’intelligence des langues, Joëlle Cordesse

Chapitre 9. L’interculturel : une approche pour favoriser la paix civile dans les sociétés actuelles, Fares Al Ameri 

Chapitre 10. Pour une anthropologie culturelle altermondialiste : communication et relations avec les autres en régime néolibéral, Claude Calame 

Chapitre 11. Pistes pour l’ouverture et la revivification du français et des lettres, Martine Boudet

Chapitre 12. Historique, principes et objectifs du forum associatif des langues, Claude Sicre

Chapitre 13. La Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) : ses missions et réalisations

 

Troisième partie. Les langues-cultures au service d’un modèle de développement émancipateur

Chapitre 14. Pour une éducation et une démocratie inclusives : le paradigme de l’anthropoglossophilie, Sílvia Maria Manfredi, Joëlle Cordesse 

Chapitre 15. La linguistique du développement social. De la théorie au terrain et retour, Giovanni Agresti 

Chapitre 16. Mieux communiquer pour une plus grande efficacité de l’aide au développement en Afrique subsaharienne francophone, Jean-Philippe Zouogbo Chapitre 17. Pour une Francophonie de l’action : une vision, un projet programmatique, Kako Nubukpo et Caroline Roussy 

Chapitre 18. Face à la glottophobie, une politique de droits linguistiques, Philippe Blanchet

                                                                               Les auteur·e·s

 

Giovanni AGRESTI, professeur des universités, département de sciences du langage, université Bordeaux Montaigne. Président de l’Association Réseau POCLANDE (POpulations, Cultures, LANgues et DEveloppement)

Fares AL AMERI, maître de conférence à l’université de Sana’a (Yémen)

Saïd BENJELLOUN, professeur certifié en lettres françaises et lettres arabes, formateur d’enseignants de français à l’ENS de Rabat au Maroc puis enseignant d’arabe littéral et maghrébin à l’université Jean-Jaurès à Toulouse. Auteur de manuels d’arabe marocain (Pays-Bas, 1998 et 2000) et d’arabe littéral et maghrébin (PUM, Toulouse 2013 et 2018).

Philippe BLANCHET, professeur de sciences du langage, spécialiste de sociolinguistique, communication plurilingue et interculturelle, didactique des langues, et auteur d’essais, université Rennes 2

Martine BOUDET, professeure agrégée de lettres modernes, docteure en littérature française (académie de Toulouse). Ancienne formatrice d’enseignants au Maroc et au Bénin (coopération francophone). Chargée de séminaires EHESS Paris, directrice de l’ouvrage

Claude CALAME, helléniste et anthropologue, directeur d’études à l’EHESS-Paris et auteur d’essais

Joëlle CORDESSE, professeure agrégée d’anglais, docteure en sémiotique et communication, auteure. Fondatrice en 1983 du Secteur Langue(s) du Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN) et de sa revue Dialangues (1985-1992), des Festas des Langues de Perpignan et des Labos de Babel

Gilbert DALGALIAN, psycholinguiste et germaniste. Successivement chercheur en didactique des langues à Zurich, formateur d’enseignants au Sénégal (pour l’Unesco), délégué général des Alliances françaises en Inde. Spécialiste des écoles bilingues en France et à l’étranger.

Gaïd EVENOU, cheffe de la mission Langues de France et Outre-mer – Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF)

Camille GOURDEAU, socio-anthropologue, chercheure associée à l’Unité de recherche Migrations et société (Urmis), université Denis Diderot- Paris 7

Silvia MANFREDI, présidente de l’Institut Paulo Freire d’Italie, collaboratrice de Paulo Freire et des Freiriens du Brésil

Henri MESCHONNIC (†), poète, traducteur, théoricien du langage, professeur de linguistique (École doctorale discipline du sens à Paris VIII)

Kako NUBUKPO, professeur titulaire des Facultés de sciences économiques, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), UMR ART-dev, ancien directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF

Pierre Jérémie PIOLAT, doctorant en anthropologie, boursier FRESH  (FNRS-FSR) au sein du LAAP, Laboratoire d’Anthropologie Prospective IACCHOS, université catholique de Louvain-la-Neuve

Giovanni POGGESCHI, professeur en droit public comparé à l’université de Salento (département des sciences juridiques). Auteur.

Caroline ROUSSY, docteure en histoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Claude SICRE, président du Carrefour culturel Arnaud Bernard (Forom des langues de Toulouse) et concepteur du Forom des langues du monde

Christian TREMBLAY, président fondateur de l’Observatoire européen du plurilinguisme (OEP), docteur en sciences de l’information, ancien élève de l’ENA

Jean-Philippe ZOUGBO, maître de conférences à l’université Paris-Diderot et fondateur du réseau POCLANDE (POpulations, Cultures, LANgues et DEveloppement).

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Anaram los occitanistas a las municipalas ?/ Est-ce que nous, occitanistes, irons aux municipales ?

Juil 16, 2019

Anaram los occitanistas a las municipalas ? Auram l’intelligéncia de sortir d’ua sembla neutralitat sovent confortabla mas pauc eficaça ?

Est-ce que nous, occitanistes, irons aux municipales ? Aurons-nous l’intelligence de sortir d’une fausse neutralité, souvent confortable mais peu efficace ?

(Texte bilingue occitan et français)

En cada vila, cada vilatge, cada comuna que’s jòga ua bona partida de las accions qui’s pòden ganhar en lo domeni de la lenga e de la cultura occitanas.

Mes entà aquò que devem estar presents a las eleccions municipaus e préner plaça en las assembladas (que sian los conselhs municipaus o las comunautats de comunas). Qu’ei en aqueths endrets qui’s prenen las decisons , las qui pòden perméter de har avançar la question de l’ensenhament (escòla bilingua, calandreta, cors d’adultes), las questions de preséncia publica de la lenga (senhaletica visuau o sonòra) la question deus espectacles en lenga occitana ( politica culturau) e tantas autas causas importantas.

Mes entà aquò har que i cau anar e non cau pas esperar que d’autes hacin lo tribalh a la nosta plaça.

Que sabi que pòden estar nombrós los arguments (pretèxtes ?) entà non pas i anar.

Òc qu’avem lo besonh, la necessitat absoluda de participar a las decisions. Que’s cau virar cap a ua actitud diferenta de la qui avem tròp sovent adoptada a saber ua pretentuda neutralitat e ua accion qui seré sonque la de l’influéncia deu dehòra estant.

Dab lo pretèxte, sovent faus, de demorar en dehòra de las batalhas politicas, que pretendem protegir de las tornas lo monde associatiu qui poderé patir ua reduccion de subvencions. Qu’avem paur de ns’engatjar per paur d’estar marcats.

Mes gessits deu monde associatiu que podem, que devem préner responsabilitats. Hòra deus lòcs de decision que mancam d’influéncia. Qu’èm redusits a jogar lo ròtle de petits grops de pression qui n’an pas hòrt de pes au moment de la decision finau.

Alavetz ? I Anaram o pas a las eleccions municipaus ? I anaram o delegaram enqüèra un còp de mei lo poder de préner las decisions a la nosta plaça a monde qui non haràn pas gran causa ?

Que sosmeti aquera reflexion a totas las militantas e a tots los militants occitanistas, quau que sia lo lor nivèu d’engatjament e lo domeni en loquau e tribalhan , quaus que sinan la lors opcions politicas, sindicaus e filosoficas.

Quin haram doman ? E deisharam la plaça vueita o decidiram de préner responsabilitats e d’assumir la mesa en plaça de politicas locaus en concordància dab las nostas reivindicacions ?

David Grosclaude

Photo : wikimedia (Pierre alain dorange)

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Enfin des élus occitans réactifs !

Juil 16, 2019

Par chance Notre Dame de Paris peut compter sur la réactivité des élus occitans, prêts pour elle à toute la générosité dont ils ne sont pas capables pour la langue et la culture de leurs régions. Une preuve de leur capacité à renoncer ou à renier …allez savoir !

Quand je voix l’empressement avec lequel les élus occitans (villes, départements, agglomérations et régions) ont décidé de sortir le chéquier(1) pour aider à la reconstruction de Notre-Dame de Paris, je dis : Bravo ! Voilà des décisions rapides. Belle réactivité à l’urgence !

Pourtant une autre voix me dit qu’ils doivent avoir une vie bien triste. Quel calvaire que de vivre sur leur territoire ? Que ne s’installent t-ils pas au centre du monde ? Qui les a relégués ainsi dans des contrées lointaines les obligeant à se contenter de l’émotion télévisuelle et éphémère que leur offre BFM TV ?

Il aura cependant suffi de quelques heures d’émotion cathodique et télévisuelle pour que l’émotion patrimoniale et culturelle de nos élus se réveille enfin et puisse s’exprimer en euros !

Ignorants (et c’est bien normal puisque c’est si peu important !) de la culture et de la langue occitane qui se meurent, ils ont enfin fait vibrer leur corde culturelle et fait savoir qu’ils adhéraient au message qui se résume ainsi : Notre Dame est le centre de Paris, Paris est le centre de la France et la France est le centre du monde !

Voilà ! Ça c’est simple ! Nous sommes d’ailleurs en demande d’un monde simple ! Il suffit de voir comment évolue l’électorat pour le comprendre. Il y a les bons et les méchants, les blancs et les noirs, les verts et les rouges, ceux de dedans et ceux de dehors ! Et demain le monde doit encore être plus simple encore. La démocratie c’est vraiment trop compliqué !

Simple ne signifiant pas simplet vous ajoutez  donc une petit couche de Victor Hugo (qui n’a d’ailleurs rien demandé !). Cela permet un petit vernis culturel afin de ne pas paraitre trop misérables (2)

Vous n’oublierez pas d’ajouter quelques tranches de roman national du style : «Notre Dame c’est le cœur de l’histoire de France », saupoudrez de quelques morceaux d’histoire simplistes cuits et recuits, couvrez de quelques feuilles d’images d’Épinal, une petite larme de sauce à votre choix, un air compassé… et le hamburguer médiatique est prêt à consommer.

Oui, c’est bien vous êtes aussi parisiens que les parisiens. Même encore plus ! Comme Valls qui est plus espagnol que les espagnols quand il est à Barcelone !

Bon ! Vous êtes aussi un peu ridicules mesdames et messieurs les élus occitans. L’émotion est retombée comme elle est montée. Alors, maintenant, vos chèques sont déjà dépassés. Vous vivez trop branchés sur l’info en continu et peut-être êtes vous un peu deconnectés de vos territoires dont vous parlez si souvent.

Oh ! que je suis impertinent de vous dire cela à vous, si enracinés, si proches de vos concitoyens et de leurs préoccupations quotidiennes ! C’est vrai que chaque matin dans toutes les communes d’Occitanie (la grande) on ne rêve que d’une chose : du jour où l’on pourra prendre le TGV pour assister à l’inauguration de la nouvelle Notre-Dame !

Avec de la chance ce sera pour l’ouverture des J.O de Paris. L’orgasme centralisateur ! Deux événements en un ! Deux événements pour lesquels vous avez déjà préparé le chèque. Vous aurez même à faire un petit effort supplémentaire. Quel plaisir en effet vous aurez à aider à combler la différence entre le prix annoncé et le prix réel !

J’en entends déjà nous expliquer combien ces jeux sont importants pour ceux qui vivent au confins de l’Auvergne et du Limousin, de l’Occitanie et du Pays-Basque. Et oui ! vous n’êtes jamais à court d’arguments convaincants.

Vous saurez trouver les mots pour justifier votre (notre ?) générosité, je n’en doute pas.

Vous êtes des champions dans le genre. Pour les LGV, vous avez payé — et vous voudrez payer encore—pour aménager le territoire de façon à ce que le centre soit encore plus proche.

Bon reconnaissons que là c’est un peu la honte ! Depuis quelques mois on sait que tout cet argent aurait pu servir au train du quotidien. Mais vous intéresse t-il le quotidien ?

N’ayez crainte ! Paris vous aime. Et c’est pour vous l’essentiel. Vous avez envie d’être aimé du centre et il vous le rend parfois…mais pas souvent.

Peu importe vous continuerez parce que vous n’avez pas d’autre idée en tête. Il faut plaire au centre pour exister. Sinon, que sommes-nous sinon des provinciaux ? Oui, vous serez invités pour l’inauguration de Notre-Dame rénovée ! Et avec de la chance on vous verra sur la télé en continu…au fond, dans la liste des donateurs.

Des millions d’euros pour creuser encore un peu plus l’inégalité qui existe entre le centre et la périphérie, ça mérite une récompense !

David Grosclaude

(1) Pour le moment on peut chiffrer les subventions votées par les pricipales collectivités occitanes à plus de 6 millions d’euros

(2)pardonnez moi ce jeu de mots assez nul mais cependant il faut bien que je tente de rivaliser avec ce minimum de culture permettant à certains de discourir pendant de longues heures sur le sujet de Notre Dame, installés devant une caméra de télévision sur fond d’images qui tournent en boucle

Photo : copyright © photo Michel Hasson http://www.phototheque.net/paris.html

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Le Partit Occitan réunit en congrès fait des propositions

Avr 27, 2019

Les 23 et 24 mars 2019 les adhérents du partit occitan étaient conviés à leur congrès. Au menu bien-sûr les traditionnels bilans « moral » et comptable, et le dimanche l’élection d’un bureau renouvelé pour mettre en œuvre les orientations du partit. Ces orientations ont fait l’objet de discussions dans un climat plutôt serein et constructif ! Les échanges ont été de qualité, et nous faisons le choix de vous livrer ici une partie seulement de la motion de synthèse qui a été adoptée à la quasi unanimité !

Extraits de la motion adoptée :

Que peut apporter l’approche « régionaliste » aux questionnements portés par le soulèvement des gilets jaunes ? Il est remarquable que nous ayons là une des rares fois où, dans l’histoire de la République, la question est posée du dysfonctionnement démocratique, qui plus est, accompagnée de revendications institutionnelles, notamment celle du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC).

Nous considérons que nous sommes, non pas les seuls, mais au moins parmi les mieux placés pour apporter les meilleurs éléments de réponse aux préoccupations qui se font jour pour une bonne partie de la population. Car la contribution régionalo-fédéraliste est aujourd’hui essentielle face à l’urgence de la nécessaire refondation démocratique !

Pour nous, à l’opposé d’un quelconque repliement « régional/territorial », la refondation passe par la mise en place d’une démocratie et d’une responsabilité de proximité, elles-mêmes véritablement articulées avec une démocratie élargie à l’échelle hexagonale et européenne. Articuler la question politique des territoires, c’est à dire celle de la démocratie « territoriale », avec celle de la démocratie « citoyenne », sans oublier la démarche participative est la voie permettant de combiner, grâce à la prise en compte de la diversité des intérêts en présence, le «local» et le «global», le particulier et l’universel.

Indépendamment des mesures générales de suppression de la CSG sur les retraites, de l’indexation des retraites sur le niveau des salaires, de la revalorisation du Smic…des mesures adaptées au vécu dans les territoires sont nécessaires, sachant que la prise en compte de leur diversité est indispensable : l’égalité formelle ne peut assurer une égalité réelle.

La disparition de services publics (ou leur éloignement) dans les territoires n’y a pas la même incidence qu’en milieu urbain : ainsi de la suppression d’une école, d’un bureau de poste, d’une gare… Et de même pour les difficultés d’accès au numérique ou à la téléphonie mobile de haut débit. Tout cela se solde dans les territoires défavorisés par des difficultés qui en condamnent les populations à des atteintes à leur pouvoir d’achat.

Nous souhaitons :

  • La révision des politiques en matière de services publics tenant compte des spécificités des territoires (critères adaptés d’ouverture/fermeture des services) ;
  • Des mesures favorisant la relocalisation des activités économiques de manière à limiter leur concentration dans les grandes zones urbaines et par là-même les besoins de déplacement des personnes résidant dans les territoires aujourd’hui défavorisés. Pour cela,  au besoin, une fiscalité adaptée doit être instaurée : nous proposons un taux différencié de TVA au bénéfice des entreprises implantées dans les zones en déprise économique (ou soumises à une concurrence inégale de la part de celles installées dans les zones plus favorisées profitant de leur ancrage local) : cette fiscalité différenciée existe déjà en France (Corse, par ex.) et en Europe.

Transition écologique/environnementale :

La fiscalité écologique n’est pas à écarter d’emblée. Mais elle doit être correctement pensée, de manière à ne pas être uniquement punitive, mais pleinement incitative.

  • Elle ne peut pas être additionnelle : chaque taxe répondant à une finalité écologique doit au moment même où elle est instituée être « compensée » soit par la disparition/diminution d’une autre taxe, soit par des aides venant la rendre supportable chez les plus défavorisés.
  • La fiscalité écologique doit aussi être adaptée à la réalité des territoires : l’écotaxe sur les transports doit être généralisée car elle est un moyen, en pénalisant tous les transports polluants, de lutter pour une relocalisation de l’activité économique de production; mais pourquoi et comment la justifier dans les territoires dépourvus d’infrastructures de transports adéquates (réseau et fret ferroviaires) et pour lesquels n’existe aucune perspective de les mettre en place, au risque de les condamner à une forme de pénalisation touchant à la fois les productions qu’ils engendrent et les entrants dont ils ont besoin, dans les deux cas en leur imposant des conditions de concurrence inégale. Une adaptation s’impose.

La transition écologique ne peut pas reposer seulement sur des incitations fiscales. Une politique d’incitations positives (aides/subventions à l’investissement) doit impérativement les accompagner. Cela suppose une politique d’envergure, à l’échelle hexagonale et européenne, à la définition de laquelle les territoires soient associés. Le développement des énergies alternatives doit évidemment s’adapter à ces réalités et les populations de certains territoires ne peuvent être considérés comme devant supporter la charge du développement de ces énergies au bénéfice d’activités implantées ailleurs. Ceci suppose évidemment le choix de productions énergétiques renouvelables de proximité.

Des mesures institutionnelles garantissant la possibilité de mettre en œuvre de telles mesures.

Les institutions ne sont jamais neutres. Or le système politique en France, de par la centralisation qui le caractérise, renforcée par le présidentialisme de la Ve République, induit une vision uniformisatrice des mesures politiques que l’on tente de justifier par la soi-disant égalité républicaine. En réalité l’égalité vraie ne consiste pas à traiter de la même manière ce qui est différent -tout au moins en matière socio-économique- mais à appréhender de manière spécifique ce qui est particulier.

Il convient donc que les règles et les institutions permettent la prise en compte des situations particulières de manière à leur apporter des traitements politiques adaptés. Et si, à cet égard, il est indispensable d’instaurer des mesures de démocratie participative largement améliorées, celles-ci ne peuvent pas, au niveau central, répondre au souci de prise en considération de la diversité territoriale.
D’un point de vue occitaniste – donc anti-centraliste- nous préconisons plusieurs mesures qui, selon nous, sont de nature à répondre à cette nécessité face aux différentes fractures que les évènements récents ont mises en évidence au sein de la société hexagonale.

Parmi ces mesures :

  • L’approfondissement de la « décentralisation » allant dans certains domaines à une véritable « dévolution » pour donner leur pleine autonomie politique aux territoires, c’est à dire la capacité pour eux de mener les politiques adaptées à leurs besoins. Cette autonomie politique doit s’appliquer aux territoires les mieux susceptibles de la mettre en œuvre, les régions.
  • Cette autonomie implique que les régions se voient dotées de compétences proprement politiques (pas seulement de gestion), dans les domaines essentiels que sont la politique économique, les transports, la politique énergétique, la politique agricole…sans oublier l’enseignement des langues régionales, donc de l’occitan (la langue, marqueur fort d’identité comme moteur du développement économique, comme le montre surabondamment la géographie économique européenne).
  • Cette autonomie suppose aussi que les régions se voient accorder des moyens budgétaires par « dévolution » d’une part importante de la fiscalité d’État (En France le produit de la fiscalité bénéficie essentiellement à l’État, qui redistribue ou pas), accompagnée de mécanismes de solidarité. C’est d’ailleurs le seul moyen de respecter le principe d’autonomie des collectivités territoriales (le contraire de ce que veut faire E. Macron, par exemple avec le remplacement intégral de la taxe d’habitation des communes par une dotation d’État, ou encore avec son prétendu « pacte girondin ») et de responsabiliser les élus dans la gestion des deniers publics.
  • Cette autonomie, aptitude à mener des politiques adaptées aux besoins des territoires, ne peut fonctionner que si le territoire régional correspond à une réalité socio-économique, historique, culturelle…, sans laquelle l’adaptation au territoire ne saurait être assurée (et ceci vaut pour toute les structures territoriales, pour les régions mais aussi pour les intercommunalités..). La taille géographique n’est en rien un gage d’efficacité, bien au contraire ; la solidarité interterritoriale passe par d’autres mécanismes.

Dès lors la carte des régions instaurée par la réforme de 2015 doit être largement corrigée, en raison de l’inadéquation des grandes régions aux réalités territoriales.
S’y ajoute la « soumission » de fait des territoires aux métropoles, entérinée par les dernières réformes, alors qu’il convient que l’institution régionale puisse avoir une politique d’ensemble qui ne donne pas systématiquement la priorité aux métropoles.

  • L’autonomie régionale doit s’articuler avec une véritable démocratie des territoires à tous les échelons, une fois pris en compte le principe de subsidiarité.

La démocratie territoriale, consacrée dans certaines formes de fédéralisme, consiste à conférer aux institutions territoriales les compétences qu’elles souhaitent pour gérer leur territoire et aussi à leur accorder le même poids relatif à chacune, indépendamment de leur population. Ainsi aux États Unis d’Amérique, le Sénat est l’une des deux chambres du Congrès, celle représentant les états fédérés, à égalité entre eux (deux représentants par état indépendamment de la taille de chacun). Il existe à côté la Chambre des représentants, au sein de laquelle le nombre de représentants est déterminé selon l’importance de la population. Cette représentation des territoires, indépendante de la population, permet de garantir que la voix des territoires les moins peuplés soit entendue à égalité avec celle des territoires démographiquement plus importants.

La perspective européenne.

A l’heure où se développe le débat sur l’avenir de l’Union Européenne, nous devons plus que jamais rappeler l’importance de la construction européenne face à la mondialisation.
Et nous ne pouvons pas là aussi laisser de côté son déficit démocratique persistant, nous distinguant par là-même du projet macronien. Nous refusons de nous en tenir à l’Europe des États qui va de pair avec la gouvernance a-démocratique, les choix néo-libéraux en matière socio-économique et les politiques territoriales de simple accompagnement. Dans l’Union européenne aussi la démocratie territoriale doit fonctionner ; d’où notre proposition (avec R&PS) de permettre aux Régions d’Europe dotées de compétences politiques de pouvoir les exercer en participant au processus décisionnel à la place (ou à côté) des États, dans les domaines d’exercice de ces compétences : politiques régionales, transports, politique agricole commune, politique de la pêche…des langues régionales/autochtones…Ceci implique à tout le moins de transformer l’actuel Conseil (des ministres) en Sénat des États et des Régions d’Europe dans lequel les États ne siègeraient que pour les questions « régaliennes » ou générales et les Régions pour toutes les questions à incidence territoriale.

 La situation occitane

La révolte des Gilets jaunes a été particulièrement marquée dans l’ensemble occitan. Rien d’étonnant : la pauvreté est plus présente que dans la moitié nord de la France, et les territoires plus ruraux, sont plus éloignés des métropoles. Le Partit Occitan doit mettre en avant les propositions présentées ci-dessous :

  • La question de l’indispensable réforme de l’actuelle carte régionale qui aboutit, dans le domaine occitan, entre autres, à la mise à l’écart de certains territoires inclus dans la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes, à l’hypertrophie d’une « Nouvelle Aquitaine » sans cohérence interne…
  • La question de la langue : pour ce qui est des régions occitanes, une politique de développement de l’occitan doit être coordonnée à l’échelle pan-occitane, au besoin par la création d’une institution à statut particulier, à compétence spécialisée. Nous avons, à l’évidence, un besoin urgent d’une véritable politique linguistique. Et pour cela le soutien de notre opinion publique est indispensable. Nous devons donc travailler collectivement sur les moyens de la mobiliser à ce sujet autrement que cela a été fait jusqu’à présent. Autrement dit mettre sur pied une campagne de sensibilisation sous des formes diverses s’adressant à la population, de manière à l’amener à terme à se déterminer.
  • Etc….

Pour connaître la suite des propositions vous pouvez consulter le site : http://partitoccitan.org/

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Elections européennes: une importance inédite

Avr 27, 2019

Confrontée à la déchirure du Brexit, et, d’une façon plus générale, au raidissement des Etats-nations, comme en Espagne face au dossier catalan ; menacée par la montée en puissance des forces politiques anti-européennes dans de nombreux pays, à commencer par la France ; ébranlée par les effets de la crise économique de 2008, puis par ceux de son échec face à la crise migratoire ; mise sous la pression des USA qui veulent annihiler son influence sur la scène mondiale en la divisant en deux blocs antagonistes Est/Ouest : l’Europe est confrontée à des défis colossaux dont la concomitance multiplie les effets cumulés.

L’enjeu essentiel du Brexit est la négociation de ce qui deviendrait la seule frontière terrestre entre le Royaume Uni et l’Europe, à savoir la frontière irlandaise. La rétablir telle qu’elle était il y a vingt ans est contraire au traité de paix du « vendredi saint » qui a mis fin au conflit en Irlande du Nord ; personne ne veut en prendre le risque. Ne pas la rétablir revient à déporter dans l’espace maritime entre Angleterre et Irlande du Nord les contrôles et la matérialité d’une frontière à travers laquelle seraient réalisées les opérations de douane. L’Irlande du Nord deviendrait alors un « territoire intermédiaire » entre Europe et Royaume Uni, plus irlandais que britannique, ce qui effraie le camp unioniste protestant d’Ulster. Maintenir l’Union douanière supprimerait les effets de la frontière, mais réduirait le Brexit à une rupture fictive puisque le Royaume Uni resterait soumis à toutes les normes européennes, tout en ayant fait le choix de ne plus participer à leur élaboration. Ce qui est par définition absurde !

La crise économique n’est pas terminée. Le rétablissement (à quel prix !) de l’économie grecque ne suffira pas à désamorcer le risque d’un engrenage récessif au sein de l’économie européenne. Toutes les prévisions économiques sont revues à la baisse, en France comme ailleurs, avec des « crises en devenir » plus graves dans certains pays comme l’Italie. La gouvernance économique de la zone euro a jusqu’à présent tenu le coup, mais elle y a consacré l’essentiel de ses réserves. Elle serait probablement déstabilisée par un nouveau choc économique majeur tel qu’il semble s’annoncer en Italie.

Et cela d’autant plus qu’en cas de crise économique majeure, la réponse politique sera encore plus compliquée à dégager car les débats seront pollués par les gouvernements populistes qui ont pris les rênes dans plusieurs pays. Ces gouvernances anti-européennes se coagulent pour limiter la capacité politique de l’Europe dans son ensemble face aux défis mondiaux. Ainsi le « groupe de Visegrad », qui rassemble la plupart des ex-pays de l’Est, a récemment tenu un sommet avec la diplomatie américaine qui veut un alignement total sur ses positions pro-israéliennes et anti-palestiniennes, sur le retrait de l’accord nucléaire avec l’Iran, et sur tout sujet qui concerne la toute-puissance américaine sur la scène mondiale. Leur « sommet » polonais a fait flop, mais il ne sera pas de trop d’un Parlement Européen vigilant pour contrecarrer ces manœuvres.

D’une façon générale, le recentrage des forces politiques étatiques sur les enjeux internes des Etats-nations est un poison pour l’avenir de l’Europe. Il est à l’œuvre en Grande Bretagne avec le Brexit. Il rythme la vie politique dans de nombreux pays d’Europe, comme en Espagne où la revendication de pouvoir choisir librement un avenir européen pour la Catalogne est le moteur de toutes les dérives post-franquistes d’une justice d’exception.

Dans ce contexte, il importe que le futur Parlement Européen fasse entendre une voix de progrès et d’avenir pour l’Europe. Le groupe des écologistes/régionalistes Verts-ALE a toujours été une force politique engagée dans ce combat.

François ALFONSI, chef-de-file Régions et Peuples Solidaires aux européennes 2009

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Magazine Occitania : n° de Janvier Février.

Mar 4, 2019

Au sommaire :

  • Ensenhament de l’occitan : la dictatura se fa de plaça. De Joan Thomàs.
  • L’Euròpa 20 ans aprep l’euro. De Joan Raujès.
  • Gilets jaunes, mai 68 et Occitanie. De Claude Alranq.
  • Climat : los decideires jogan a las estrucis! De Fernand vedel.
  • Gabelous et croquants. De Georges Labouysse

Et aussi un grand nombre de photos, de reportages, de rubriques diverses et variées sur l’actualité, et la culture occitane : Catalogne, réouverture de « La Topina », que penser du « grand débat », brèves : « Entre 2 mars e 3 montanhas », etc…

Abonnement 25 euros par an (six numéros).

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L’Euròpa vint ans aprep l’euro !

Mar 4, 2019

Fa vint ans en 1999 se creava la moneda « euro » qu’anava cambiar plan de causas. Era un temps d’esper ont semblava que l’istòria avançava dins lo sens del progrès, d’una mai granda solidaritat sul continent. Vint ans aprep quina decepcion ! La cobesiá especulativa nos menèt a la crisi financièra de 2008, puèi Grecia coneguèt una decenia terribla, los britanics causiguèron de s’embarrar dins lor isla, l’Union mespresèt las aspiracions democraticas dels territòris : Còrsa, Catalonha, Escòcia… e las criticas quitan pas de tombar espès sus la technocracia de Bruxellas !

Ongan, vint ans aprep, pica l’ora d’elegir un parlament europeu novèl : del 23 al 26 de mai 2019, los ciutadans d’Euròpa eligiràn lors representants. Seràn en tot 705 euros-deputats un pauc mens qu’abans, vist que los britaniques seràn pas mai dins l’union a comptat del mes de març 2019. Aqueles deputats europèus deuràn bastir per las 5 annadas a venir los textes de lei que seràn aplicats pels estats. En França, lo vòte se debanarà lo dimenge 26 de mai.

Emplec, climat, immigraction, liure-escambi, alimentacion… l’impact d’aquelas eleccions serà segur d’una granda importancia dins fòrça domènis. Mas un pauc pertot las idèas extremistas avançan. La risca es de veser arribar una majoritat « nacionalista eurò sceptica » que refusa l’integracion europenca. Aquela eleccion poriá aver de consequéncias fòrtas sus l’avenir d’Euròpa e quitament sus sas valors.

En França riscam plan d’aver una eleccion desconectada dels enjòcs europèus e encara un còp centrada sus l’actualitat francò-francesa. La politica francesa es dempuèi la presidenciala triangulara : un pòl nacionalista reaccionari que rejeta l’islam, la mondialisacion, las talhas e las ajudas socialas. Puèi un pòl a l’esquera que reclama mai d’estat per conbatre las inegalitats entre los rics e los paures e que recusa el tanben la mondialisacion, l’euròpa liberala. Enfin un blòc centrista, prò-europèu que se qualifica aisidament de progressista afirment aital sa fe dins la creissença economica. Serà interessant de seguir l’evolucion dels escòres d’aquelas tres familhas politicas. Lo contexte de la revòlta dels gilets jaunes va pesar, segur ! Melenchon e Lepen crentan la lista « gilets jaunes » que poriá los privar d’una bona part dels vòtes contestataris. Auràn totes de gilets jaunes sus lor lista !

L’esquerra partirà escampilhada sus de listas multiplas. Segolena Royal faguèt una bona pre-campanha per ensajar de se plaçar coma persona ressorga capabla de reconciliar los socialistas e los ecologistas. Mas lo personal politic d’aqueles dos corents aima mai se criticar l’un l’autre, e i aurà una lista socialista, una lista menada per Hamon e una d’EELV menada per Jadot.

A dreita una profusion de listas tanben, ambe en particulier la menada per l’occitan Jean Lassalle al nom de son partit « resistons ! ».

Que faràn los « regionalistas » ? Un accòrd es estat trobat entre Regions e Pòbles Solidaris e Euròpa Ecologia : François Alfonsi (Còrsa) aurà una plaça en posicion eligibla se l’escòre apròcha los 10%. RPS aviá plan aprestat aquesta campanha ambe l’elaboracion d’una platafòrma programatica titolada « L’Euròpa per despassar los estats » ambe 81 prepausicions per una Euròpa de las regions e dels pòples solidaris (de consultar aicí :   https://www.federation-rps.org/elections/europ%C3%A9ennes-2019/). Mas la constitucion e sustot lo finançament d’una campanha a l’escala de l’estat francés es pas dins los mejans financiers de RPS sustot que i a pas de garantida de passar la barra dels 5%. Demòra doncas la recerca d’aligança, dins l’objectiu d’aver un candidat en posicion elegibla. La question es de saber se RPS aurà una visibilitat dins la campanha electorala… responsa dins 3 meses !

Joan Raujès.

Eleccion : Mòde d’emplec en França

Dimenge 26 de mai, eleccion de 79 deputats. Una circonscripcion unenca sus tot lo territòri francés. Eleccion a la proporcionala. Las listas que faràn mai de 5% auran un nombre de sietis proporcional a l’escòre.

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Gabelous et Croquants

Mar 4, 2019

La révolte dite aujourd’hui « des gilets jaunes » contre les inégalités en tous genres (territoriales, économiques, sociales, fiscales, écologiques, etc…) n’est pas la première.  A l’époque du « Grand Siècle », la révolte des « Croquants » agita durant près de trente ans l’Occitanie considérée comme « Province réputée étrangère » (!).

« Pays d’états » et « Pays d’élection »

 Au XVIIe siècle, la France de l’Ancien Régime était divisée en deux grands ensembles sur le plan fiscal.

D’une part, les régions très anciennement rattachées au domaine royal étaient sous la coupe de fonctionnaires, élus de finance qui achetaient leur charge. Ces serviteurs zélés de l’Etat avaient tout pouvoir pour « récolter » les impôts, usant et abusant de leur charge pour pressurer autant la bourgeoisie des villes que les paysans dans les campagnes. Les provinces soumises à cette loi étaient appelées « Pays d’élection ».

D’autre part, les régions tardivement conquises par les Capétiens, surtout celles du sud de la Loire, couramment désignées comme « Provinces réputées étrangères » (sic), comprenaient des assemblées de députés des trois ordres (clergé, noblesse et tiers-état), qui contrôlaient l’établissement et la perception des impôts directs. L’Occitanie était donc composée de « Pays d’états »… réputés étrangers à la France !

Or au début du XVIIe siècle, pour financer ses guerres, Richelieu a non seulement recours à de nouveaux impôts, mais surtout il décide d’annuler l’autonomie fiscale des pays occitans en les ravalant au rang de « Pays d’élection », c’est-à-dire de les livrer à l’arbitraire des « gabelos ». La « gabelle » est un grenier public où l’on fait sécher le sel avant de le vendre. C’est aussi le nom donné à l’impôt royal sur le sel et à son administration. Le gabeleur ou gabelou est le commis fiscal chargé de recouvrer cet impôt.

Lutte contre la fiscalité abusive de l’Etat et de ses gabelous et lutte pour la défense des libertés, telles sont les deux principales motivations des insurrections à la fois rurales et urbaines, qui vont agiter l’Occitanie durant un quart de siècle avec pour mot d’ordre : « Ouvriers, artisans, laboureurs, gens de service, unissez-vous ! »

Croquants et Cascavèus

Dans le Quercy en 1624, on brûle des maisons, on arrache des vignes et des arbres fruitiers, on massacre les « élus de finance » imposés par Paris. Voici donc une armée de 1500 paysans insurgés dirigés par Barrau un petit noble de Gramat et par Douat un diseur de bonne aventure ! Ils assiègent Cahors et Figeac et invitent les citadins les plus pauvres à rallier leur armée de « Croquants ». Mais le maréchal de Thémines gouverneur du Quercy les extermine. Barrau sera pendu à Gramat et Douat décapité à Figeac.

En 1630 c’est la Provence qui prend les armes à l’annonce du changement de statut fiscal. Coriolis, le président des états provinciaux donne le signal : « Les libertés de la Provence seront maintenues par n’importe quels moyens ! ». Le 19 septembre, le peuple d’Aix envahit les rues en criant : « A las armas ! Morirem per la patria ! ». L’intendant d’Aubret, qui vient juste d’arriver pour imposer les nouveaux élus fiscaux, s’enfuit par les toits. Comme signe de reconnaissance, ils choisissent un grelot (appelé « cascavèu » en occitan) orné d’un ruban blanc, qu’ils arborent à la boutonnière, d’où le nom de « révolte des Cascavèus » donné à leur mouvement qui gagne rapidement la campagne.

Le 7 novembre, les paysans des alentours, armés de fourches et de faux rejoignent les « Cascavèus » d’Aix et prennent d’assaut les riches demeures des « rèiaus » (les royalistes francophiles). Une véritable révolution des idées politiques se propage par des pamphlets remarquables, tel celui intitulé « Remontrances de Laophile » -nom d’origine grecque qui signifie « l’ami du peuple »-, où l’on fustige l’absolutisme capétien et où l’on préconise la primauté de l’intérêt général. Les Cascavèus dirigeront de fait le pays durant six mois et seront imités par Forcalquier et Reillane. Mais le 18 mars 1631 le prince de Condé entrera dans Aix et rétablira l’ordre sans ménagement.

Les chefs insurgés sont condamnés à mort. Coriolis qui s’est enfui est repris à Saint-Jean-Pied-de-Port et mourra enfermé dans une casemate de pierre. Malgré tout, devant l’ampleur de la résistance provençale aux diktats de Paris, Richelieu doit annuler son édit, qui faisait de la Provence un « pays d’élection ».

«Perqué junar, perqué plorar ?

Amb los lops nos cal bramar !

A las armas, païsans !

Gabelaïres, renovièrs,

Caçem-los !

Chant de guerre languedocien

L’épopée de Montmorency

Le Languedoc n’échappe pas à la crise. Une pétition circule contre les « élus de finance ». En juin 1632 c’est la grève de l’impôt, suivie d’un véritable soulèvement populaire contre le pouvoir capétien, dirigé par le gouverneur du Languedoc Henri II de Montmorency, filleul d’Henri IV. Occitan par sa mère et protecteur du poète toulousain Godolin, il est apprécié par la population. Plusieurs villes se joignent au mouvement en juillet, ainsi que les états provinciaux. Mais le 1er septembre 1632, les troupes royales battent la coalition languedocienne près de Castelnaudary. Montmorency est capturé et Richelieu exigera sa condamnation à mort: il sera décapité à la hache dans la cour du capitole à Toulouse le 30 octobre 1632. Henri de Montmorency, par sa mort tragique, restera dans la mémoire occitane un héros d’épopée.

Guyenne dans la tourmente

 L’année suivante, Dax et Mont-de-Marsan dans les Landes de Gascogne se soulèvent à leur tour contre la gabelle. Puis nous voici à Bordeaux où une nouvelle taxe sur le vin vient mettre le feu aux poudres. Le 14 mai 1635, l’Hôtel de Ville est pris d’assaut. Des gabelous sont massacrés, les prisons sont ouvertes, on dresse des barricades, des maisons brûlent et les insurgés se barricadent dans la basilique. Il faut deux mois au duc d’Epernon pour venir à bout de la rébellion dirigée par François Siméon dit « le Petit More » et le batelier Lureau. De nombreuses villes de Guyenne suivent l’exemple de Bordeaux et pourchassent les gabelous. A Agen une quinzaine de personnes seront tuées. Mais ici les bourgeois ne soutiendront pas l’émeute et provoqueront son échec.

L’année 1636 marquera le début d’une nouvelle guerre des Croquants, qui gagnera pour huit ans le nord de l’Occitanie : Périgord, Quercy, Rouergue, Auvergne ; et aussi le sud de la Garonne avec la Gascogne et le Couserans. A Sainte-Foy-la-Grande, les représentants des trois classes sociales s’unissent pour diriger la révolte : un petit noble, Jean de Fette ; un bourgeois, le notaire Léonard Bonami ; et un ouvrier surnommé Le Turc. La cité d’Eymet et Bergerac les suivent.

Près de Périgueux, 60 000 paysans se rassemblent pour constituer une armée et ils élisent La Mothe, gentilhomme seigneur de La Forest, comme commandant. Ordre est donné à tous les habitants de s’armer pour se défendre, et aux troupes de ne pas toucher aux biens des particuliers. Un brin de paille piqué dans le chapeau sera leur signe de ralliement. Ainsi naît la « Commune de Périgord ». Une plate-forme de revendications est établie à l’adresse du gouvernement : halte aux impôts iniques et aux exactions des militaires royaux ; élévation du Périgord au statut de « Pays d’états ». Aussi les « élus de finance » sont contrôlés et on leur fait rembourser tout l’argent perçu… avec les intérêts ! Le 13 mai 1637, la population de Bergerac aide 6000 Croquants à s’emparer de la ville. Mais en juin, l’armée royale de La Valette livre un combat sanglant pour s’emparer d’Eymet qui relève plus de 10 000 morts . Puis c’est au tour de Bergerac: le général des Croquants obtient cependant une amnistie générale pour les insurgés et quitte la ville. Originaire de la région de Sarlat, voici à présent le fameux Buffarot, tisserand de son état, dissident de l’armée de La Mothe et l’un des rescapés de la bataille d’Eymet. Il soulève le Quercy, impose les riches et incendie les châteaux de ceux qui refusent de payer l’impôt de guerre aux Croquants.

Les troupes de répression le bloquent près de Villeréal le 14 mai 1635. C’est là que, sommé de se rendre, il répond : « Non pas, tant que me restarà una torta e un candèl ! Il réussit à s’échapper, mais peu de temps après, il sera pris par trahison et exécuté sur la place de Monpazier le 6 août 1637, le jour de la foire : «Sans être bandé, il fut rompu vif de tous ses membres, les uns après les autres, la tête la dernière. Ses bras et jambes furent exposés en divers endroits, son corps exposé sur un cerisier au carrefour de Bernadet. Sa tête, montée sur une pique, fut portée sur la place de Belvès ».

Le feu révolutionnaire est ravivé en décembre 1638 dans le Périgord sous l’égide de Pierre Greletty qui ne parle que gascon. Il prend le maquis dans la forêt de Vergt où il organise une véritable guérilla contre les royaux durant trois ans. Sur le plan social, il inverse les rôles : pour soulager la misère des paysans, il force les nobles de son secteur à s’acquitter d’un impôt en nature en faveur des laboureurs… Garnisons et châteaux sont attaqués, le produit des impôts est confisqué… Louis XIII et Richelieu sont fort désappointés : cette guérilla mobilise plusieurs régiments en Périgord, sur la route entre Paris et les Pyrénées, en pleine guerre contre l’Espagne… Alors Richelieu entame des négociations avec les guérilleros du Périgord qui seront amnistiés… et en novembre 1641, Greletty se paie le luxe d’une entrée triomphale dans Périgueux avec ses troupes, drapeau rouge en tête et paille au chapeau. Toujours invaincu, il dépose les armes le 19 décembre… et le roi le nomme capitaine et gouverneur de la forteresse de Vercelli dans le Piémont où il finira sa vie.

 Les derniers assauts

Le pouvoir n’en a pas terminé pour autant avec les révoltes populaires anti-fiscales. En 1642 Richelieu disparaît, bientôt suivi par Louis XIII qui laisse le trône à un enfant, Louis XIV en 1643. En mai de cette année-là, artisans et commerçants de Villefranche capitale du Rouergue descendent dans la rue sous la direction d’un sellier, Bernat Calmels dit La Fourque. Le 3 juin ils sont rejoints par 1200 hommes armés des environs, qui entrent dans la ville avec tambours et trompettes, commandés par le chirurgien Jean Petit de Montpezat-de-Quercy et par le maçon de Roussenac Guilhem Brasc, dit La Paille. Mais à la suite d’actions mal réfléchies, cette révolte sera écrasée et ses chefs arrêtés. La Fourque, le tisserand Vernhes et l’ouvrier Ferrière seront exécutés à Najac. Le 8 octobre on organise à Villefranche le supplice des autres, au cours d’un spectacle grandiose pour impressionner le peuple.

Devant l’église, le cordonnier Guinot de Cajarc, le cardeur Larivière et les ouvriers Lapèze et Portara sont pendus, tandis que Jean Petit et La Paille sont écartelés vifs sur la roue. On coupe les têtes des deux derniers et on les expose au-dessus des deux portes de la ville… comme c’était la coutume chez les Celtes !

L’histoire de Jean Petit a donné lieu

à une chanson occitane très populaire :

« Joan Petit qué dança ! »

« Jan Petit que dança

dab lo rei dé França 

dab lo det..det..det …(le doigt)

dab la man..man..man …(la main)

dab lo pè…pè…pè (le pied) 

dab la camba (la jambe) ...

dab lo genolh (le genou) etc. »

 

Jusqu’en 1646 on va assister encore à des insurrections de Croquants en Gascogne ce qui fait écrire à l’intendant Charreton : « La désobéissance et l’obstination de ces peuples de Gascogne ne sont pas imaginables »… Jules César n’aurait pas dit le contraire, lui qui n’osa pas entrer chez les Aquitains avant leur défaite devant Crassus !

Les Landes, le Couserans et le Languedoc seront le théâtre des derniers affrontements de cette guerre des Croquants, dirigée à la fois contre l’administration fiscale et contre l’Etat absolutiste. Agrippa d’Aubigné, poète et historien protestant, compagnon d’armes d’Henri III de Navarre, écrit à propos des premiers soulèvements de paysans en Limousin vers 1594 : « La première bande qui prit les armes fut d’une paroisse de la vicomté de Turenne nommée Crocq ; les autres paysans suivirent l’exemple de ceux de Crocq, d’où ils furent ainsi nommés Croquants ».

Enfin si en 1539 l’Edit de Villers-Cotterets imposa le français comme langue obligatoire dans toute l’administration du pays –officiellement au détriment du latin, mais en fait au détriment des langues parlées par les peuples-, il permit aussi d’instaurer le quadrillage de tous les pays conquis, en particulier des « Provinces réputées étrangères » qui constituent l’Occitanie, par une administration royale chargée de pressurer fiscalement les populations, de détruire les derniers vestiges des anciennes libertés communales et de réprimer toute contestation du nouvel ordre politique et social.

Le centralisme conquérant des Jacobins à la Révolution parachèvera ce processus de la monarchie, que la dictature bonapartiste concrétisera avec l’instauration des préfets –non élus-, véritables gouverneurs aux ordres directs du « monarque », qu’il soit roi ou président d’une république « une et indivisible ». Un cas unique en Europe !

 Georges LABOUYSSE

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Climat : Los decideires jogan a las estrucis !

Mar 4, 2019

 

Dempuèi 1990, lo Grop Intergovernamental d’Expèrts sus l’Evolucion del Climat (GIEC, siá IPCC en anglés) establiguèt cinq rapòrts a destinacion dels decideires politics. Rapòrt après rapòrt, un tablèu plan sorne de l’evolucion del climat s’es afortit. En 2015, la COP21 recampèt a Paris 195 païses que tombèron d’acòrdi per manténer l’augmentacion mejana de la temperatura de la planeta en dejós de 2 grases, per rapòrt als nivèls preindustrials. Dempuèi, las emissions dels gases d’efièch de sarra (GES), grands responsables del rescaufament climatic, an pas quitat de créisser, e los deganacis climatics tanpauc. Alara que dins un avertiment recent, lo GIEC recomandèt de depassar pas 1,5 gra d’augmentacion de la temperatura, la COP24 que ven de se téner en Polónia manquèt d’ambicion. De tot biais, per capitar, las responsas que seràn aportadas a l’urgéncia climatica deuràn prene en compte la justícia fiscala e sociala, en França e dins lo mond.

Avertiment del GIEC

Abans la publicacion del seisen rapòrt en 2019, lo GIEC presentèt lo 6.10.2018 a Incheon (Corèa del Sud) son primièr estudi suls efièches d’un rescaufament de 1,5°C de la temperatura mondiala per rapòrt a un rescaufament de 2°C. S’agís d’un rapòrt especial que foguèt comandat en 2015 pendent la COP21, per ajudar los Estats dins lors ambitions climaticas en vista de la COP24, organizada del 4 al 15.12.2018, en Polónia. Preparat per un centenat de scientifics de 40 païses, a partir de mai de 6000 publicacions scientificas, lo rapòrt menèt a un « resumit a l’intencion dels decideires » d’una vintena de paginas (1). Aquesta sintèsi foguèt obtenguda amb granda difficultat perque deviá èsser aprovada a l’unanimitat dels representants dels Estats. Las delegacions estatsuniana e saodiana se mostrèron fòrça rugosas al long de las negociacions.

Segon lo GIEC, lo desrèglament climatic toca ja las populacions, los ecosistèmas e los mejans de subsisténcia. Cada mièg gra de mai compta, e  limitar lo rescaufament a 1,5°C puslèu qu’a 2°C, presenta d’avantatges indenegables quant a l’intensitat de las calorassas, la perda de biodiversitat, las pluèjas torrencialas, lo creis del nivèl marin, la pesca, la banquisa arctica, los escuèls corallins, las culturas cerealièras. Mas s’es pas impossible de depassar pas 1,5°C, de transicions sens precedent, tocant totes los aspèctes de la societat, son indispensablas (1). Las emissions mondialas dels GES devon baissar de 45% d’aicí a 2030 (per rapòrt a 2010) e la part de las energias renovelablas per l’electricitat, creisser a 70-85% en 2050. La reduccion de la pollucion de l’air permet a l’encòp, de limitar lo rescaufament  e de melhorar la qualitat de vida (santat, biodiversitat, environament) de totes los umans. Mas, pel GIEC l’implicacion del sector financièr es indispensabla per luchar contra lo desrèglament climatic.

Una COP24 sens ambicion

La COP24, la conferéncia onusiana pus recenta sul climat, se debanèt del 2 al 15.12.2018 a Katowice, en Polónia (2). Los 196 païses participants s’acordèron sus las règlas d’aplicacion de l’acòrdi de Paris (concluit en 2015 a la fin de la COP21) permetent sa realizacion efectiva en 2020. Mas, la COP24 manquèt d’ambicion: capitèt pas a obténer mai d’esfòrces dels Estats. Los engatjaments que foguèron preses en 2015 son insufisents, perque plaçan la planeta sus una trajectòria de rescaufament d’al mens 3°C, sens comptar que 2018 vegèt las emissions mondialas créisser de 2,7%, e que foguèt l’annada la pus cauda jamai enregistrada per unes païses europèus dont França. De mai, publicada lo 19.11.2018, una sintèsi portant sus 3 300 estudis relatius al cambiament climatic dempuèi 1980 mòstra que: santat, alimentacion, aiga o economia son pertocadas de 467 biaisses diferents (3). Clarament, los negociadors de la COP24, tenguèron pas compte ni del rapòrt del GIEC ni d’aquesta sintèsi…

La manca d’ambition de la COP24 es la resulta d’interèsses antagonistas. A la revèrs dels païses los pus vulnerables (totalizant un miliard d’umans) implorant mai d’esfòrces politics e financièrs per lor subrevida, los païses exportadors de combustibles fossils (Arabia Saodita, Koweit, Russia e Estats Units), faguèron pression per minorar l’importància del rapòrt del GIEC. De mai, la COP24 deguèt èsser prolongada d’un jorn de mai a causa de Brazil. Aqueste païs capitèt a far rebutar a la COP25  (organizada per Chile en 2019), las decisions sus l’aplicacion de l’article 6 de l’acòrdi de Paris: article complèx relatiu als escambis de las emissions de GES (gas carbonic o CO2 sustot), que permeton als païses los mens pollueires de revendre de « quotas » als autres païses. La posicion de Brazil se va pas assoplir amb l’eleccion del novèl President climatodobtaire…

Manca de finançaments

A la COP24, los païses rics se contentèron de prometre (coma ja previst per la COP21) lo transferiment de 100  miliards de dolards, siá 88 miliards d’euròs, cada an, als païses vulnerables d’aicí a 2020, per los ajudar a s’adaptar al rescaufament e a baissar lors emissions de GES. S’agís d’una soma plan estequida per de besonhs estimats a de milièrs de miliards de dolars.

Union Europèa (UE) metèt en plaça en 2005 un mercat del carbòni per contrarotlar e baissar las emissions de GES de son industria e de sos productors d’electricitat. UE fixa una limita a las emissions de GES e permet los escambis de quotas d’emissions. L’unitat de compte e d’escambi, lo « quota », representa una tona de carbòni o de GES equivalent. Cada participant al mercat carbòni deu restituir cada an, tant de quotas que de tonas de CO2 emesas dins l’atmosfèra. Lo sistèma europèu d’escambi de quotas d’emissions, s’aplica a mai de 11 000 installacions fixas representant prèp de 45% de las emissions de GES de UE (siá prèp de 1750 milions de tonas equivalent CO2). UE impausa un limit superior sus las emissions de las installacions concernidas (produccion d’electricitat, malhums de calor, acièr, ciment, rafinatge, veire, papièr…), e lor attribuís de quotas correspondent al limit. Gràcias al mercat carbòni, las emissions industrialas e de la produccion d’electricitat baissèran de 24% entre 2005 e 2015 (4a). Mas lo prètz del quota que depend de diferents paramètres, passèt de 25 eurò la tona de CO2 en 2008, a 5 € en 2016. Gràcias a una reforma, lo prètz del quota  tornèt montar a 25 € en 2018, e deuriá atenher 40 €/tCO2 d’aicí 2023 e forçar unes païses europèus a utilizar mai de gas e mens de carbon.

Taxa carbòni

La fiscalitat sus las emissions dels GES es tractada tanben al nivèl nacional. França metèt en plaça una fiscalitat carbòni en 2014, integrada dins las taxas interioras sus las consomacions dels produits energetics (4b). Las recèptas devián permetre de contribuir al finançament de la transicion energetica. Mas pel govèrn de uèi, las recèptas devián raportar d’argent a l’Estat, sustot per compensar la supression de l’ISF e la « flat tax » suls revenguts del capital. Aital lo govèrn deviá far tot lo contrari de çò que demandava N. Hulot: obrar per la justícia fiscala e sociala per far se juntar « problèmas de fin del mes e problèmas de fin del mond« . Lo desacòrdi menèt lo Ministre de la transicion ecologica e solidària a quitar lo govèrn l’estiu passat,  e puèi, los « gilets jaunes »  a se levar per exigir una vertadièra justícia fiscala e sociala.

La lucha per la transicion ecologica es ligada intrinsecament a la lucha per la justícia fiscala e sociala contra las inegalitats: pertot dins lo mond, los paures son las victimas primièras de la degradacion de l’environament. Fa un trentenat d’ans que los scientifics quitan pas de donar l’alarma, a partir dels resumits pels decideires del GIEC (resumits que son estats, cada còp, sosestimats per reculhir una unanimitat de faciada, 5). Fa un trentenat d’ans tanben que, de bada, cada novèl President francés promés de far una vertadièra reforma fiscala. Lo 18.12.2018, quatre ONG lancèron una crida  representant la primièra etapa d’un recors en justícia contra l’Estat francés, per inaccion fàcia al cambiament climatic (6). Quatre setmanas pus tard, la crida es estada signada per mai de 2 milions de ciutadans!. En 2017, lo Programa  de las Nacions Unidas pel Environament repertorièt 119 accions judiciaras tocant al climat dins l’UE e 667 als Estats Units. Del costat de las inegalitats, aprene que los 26 miliardaris los pus rics de la planeta, possedisson tant coma la mitat la pus paura de l’umanitat, es insuportable e noirís la colèra dins lo mond entièr (7).

Autonomia regionala

Per enfaciar l’escomesa, l’umanitat se pòt apiejar sus: la reduccion de las inegalitats e de lors causas (per crear una volontat comuna per se liberar de las energias fossilas e d’un biais de consomacion destructor), una desmondializacion, dins lo sens d’una regulacion dels escambis sus de critèris socials e environomentals, e la democracia locala, participativa, a desvolopar cap a una vertadièra autonomia regionala. Per nautres occitans, aquesta demòra la sola possibilitat per sauvar e afortir cultura e lenga nòstras.

Fernand Vedel

Referéncias

1- GIEC (2018) Summary for policymakers of IPCC special report on global warming of 1,5°C approved by governments. www.ipcc.ch/2018/10/08/summary-for-policymakers

2- COP24 (2018) Decisions adopted at the climate change conference in Katowice, Poland. United Nations Framework Convention on Climate Change. https://unfccc.int/event/cop-24

3- Mora C. et al. (2018) Broad threat to humanity from cumulative hazards intensified by greenhouse gas emissions. Nature Climate Change 8, 1062-1071. https://doi.org/10.1038/s41558-018-0315-6

4- Ministère de la transition écologique et solidaire (2016) Marchés du carbone.

a:  www.ecologique-solidaire.gouv.fr/marches-du-carbone

b:  www.ecologique-solidaire.gouv.fr/fiscalite-carbone

5- Vedel F (2008) Consensus politic e sosestimacion de las consequéncias del cambiament climatic. Occitania-VVAP, 158: 16-17 (2008)

6- La Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France, Notre affaire à tous, Oxfam France (2018) Crida titolada « L’affaire du siècle »cf: laffairedusiecle.net

7- Byanyima W. 0xfam International, rapòrt del 21.01.2019

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La dictatura se fa de plaça !

Mar 4, 2019

Crenti pas lo titol que veni de marcar. Es evident que dempuèi de decadas e de decadas, l’ultraliberalisme que se met en plaça es lo d’un poder absolutista que nos mena a una dictatura. Sabi que d’unes trobaràn que vau enlà de las limitas, autrament dit que desparli. Pensi pas !

I a qualques ans sus las ondas de FranceInter, a sièis oras del matin, lo baron Selières, a prepaus d’una cauma dels ensenhants, diguèt que se los professors podián pas ensenhar eles o podián far. L’info tornèt pas a 7 oras, se tornèt pas mai ausir. Mas la realitat es que ara, aquel monde que son al govèrn dempuèi longtemps, meses en plaça pels socialistas, govèrnan ! Es lo poder de la moneda que govèrna, la borsa, la lor, pas la teu !

E Blanquèr (lo sinistre de l’educacion nazionala) a decidit, tot solet, de n’acabar amb l’ensenhament de las lengas nacionalas. A pas res a fotre de las declaracions del seu patron del temps de la campanha electorala, n’a pas res a fotre de las declaracions internacionalas, ni mai del dret del pòble, del pòble se’n fot ! La sola causa qu’an pel pòble es lo mespretz ! Mespresan lo pòble ! Refusan de respondre plan sovent a las questions que lor son pausadas. Mas de tot aquò nos ‘n remembrarem quand caldrà ! Alara, fan los finòts amb de grandes debates per enfumar lo monde ! E lo monde i van coma de fedas a la sal ; e creson d’ésser escotats ! Mas non, lo govèrn ultraliberal-facho escota pas que lo din-din de la moneda en borsa ! Podètz cantar cigalas…

Dins aquela situacion Blanquèr vòl crebar l’ensenhament de las lengas per far d’estalvis e per çò que dins lo monde ultraliberal las lengas (levat l’anglés e lo francés ) n’an pas res a fotre. An pas lor plaça. Seriá coma un pastre d’Arièja al G20 ! Defòra ! Exit ! Les patois ! E ditz qu’aquò còsta car ; coma se costava pus car un cors d’occitan qu’un de chinés ! Es préner lo monde per de colhas mas es vertat que lo monde …. Doncas supression simpla e sens discussion.

Alertats, los professors de Tolosa sem anats véser la rectritz de l’Academia de Tolosa lo divendres 21 de desembre. Aquesta nos assegurèt que los mejans serián mantenguts. E tres setmanas aprèp aprenem per la banda qu’an tot suprimit en collègi e en licèu. Consternacion, i sèm anats d’una manif improvisada lo dimècres 30 de genièr, jos la pluèja e la ventada, i èrem mai d’un centenat. A calgut que lo president del Creo Tolosa fague lo forcing per dintrar dins la fortalesa del rectorat gardada per tres camions de CRS acarnassits. Siaguèron oblijats de lo recebre e de parlar, e aquí qu’aprenem que i a pas mai de règlas, que son los directors dels establiments que fan coma vòlon, causisson solets entre chinés e occitan. Alara comprnètz ben qu’aquò es lo pati general, lo rambalh, lo bordèl.

Alara lo bordèl l’anam fotre coma l’an pas jamai vist !

D’en primièr demandam una reaccion als elegits, que dins la màger part responson favorablament e prenon la pluma o lo telefonet per gular al rectorat. Donarem la lista de los que se son bolegats e dels autres arganhòls tanben. Reaccion de Moudenc, de Delga de comunas d’Avairon, de presidents de Conselhs departamentals, etc. Una peticion en linha, participacion al grand debat enfumaire, etc d’accions naisson de pertot, de drollets qu’escrivon a Macron, la rectora, per demandar mai d’occitan. Las causas avançan.

Mas çò que cal far avançar es la conciéncia occitanista. Es a dire, far comprene al monde que son dins un país colonisat e que cal pas patir mai d’aquela situacion mas se liberar. E de biaisses de se liberar n’ia. Es als occitans de se préner en man e de préner los conselhs municipals per començar, d’elegir de conselhers departamentals e regionals DIGNES e FIERS d’ésser d’aicí e d’aver cada matin l’enveja de trabalhar per lo país. Quina pietat de véser que l’OPLO a pas encara acabat de redigir la convéncion entre l’estat e la region dempuèi lo temps que i trabalhan. Que fa lo nùostre amic conselhèr regional Roux e l’autre amic director de l’OPLO ? Çò que fan ? Parlan. Parlan amb un ton d’assegurança extraordinari. Mas es pas aquò que nos cal. Nos cal d’actes ! Se la convencion novèla entre l’estat e la region èra estada signada ne seriam pas aquí. E aquò, los occitanistas que demòran pacients e corteses o sabon, o an comprés

Alara esperam que la reforma Blanquèr, reforma de l’ultraliberalisme, que fot a la pòrta l’occitan de l’escòla, permetrà, mercés a la nòstra lucha, de daissar sa plaça tota a l’ensenhament de l’occitan de l’escòla mairala a l’universitat. Pel moment Blanquèr es a demargar tota la filièra e renegar nòstra lenga e nòstra cultura. Aquò es pas acceptable ! Cal esperar que totes los occitans, militants o pas ne prendràn conciéncia e se faràn ausir.  Nos cal demandar l’egalitat republicana. Es pas normal que i age tantas discrimnacion linguistica qu’es un vertadièr genocidi ! Lo CREO estudia d’anar al tribunal contra lo ministèri de l’educacion nacionala e sas leis segregacionistas.

Pensi que a l’ora ont se ven de votar la lei « anti-casseur » qu’es una lei de las mai liberticidas e la tentativa de supression de l’occitan a l’escòla, su’es una de las reacions las mai racistas, lo titol qu’ai notat se justifica bravament.

 

Joan Thomàs

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