L’écologisme est la tendance la mieux répartie, apparemment, dans le monde politique, voire dans la société.
Écologie environnementale, écologie sociale, écologie durable… Plus aucun parti politique (FN inclus) ne saurait
se passer d’un chapitre programmatique vert. Bref, l’homme planétaire se réveille : la bataille est gagnée.

 

Les écolosceptiques sont de sortie

Encore que… Si on va regarder derrière le mur d’affichage, il y a de quoi s’inquiéter. À l’occa sion du s ommet de Copenhague, on a bien vu les lobbies sortir tous les écolosceptiques of ficiels de leur s t iroirs , relayés par les médias démagogues pour freiner les vélléités révolutionnaires.

Tout le monde regrette, bien sûr, la disparition des espèces animales, mais c’est bien évidemment toujours à l’autre d’en a ssumer la
charge. De l’ours des Pyrénées à la commission baleinière internationale, sous la menace des groupes de pression, il est urgent de ne pas bouger. La démographie serait -elle un problème ? Et aussitôt, on donne du savant qui explique que la Terre peut nourrir 9 milliards d’humains, ce qui est une autre façon de dire qu’il ne faut pas remettre en cause le productivisme.

 

La patte blanche des Verts

D’ailleurs, les Verts ont montré patte blanche : l’écologie, c’est du développement « durable ». Comme ça , chacun y met ce qu’il veut y
compris le continuum de la croissance, remède à tous les maux. Chez nous, encore, amalgames aidant, on s’est joyeusement attaqué
au principe de précaution, g rand empêcheur de polluer en rond. Dans notre monde libéral, il a toujours mieux valu un modernisme
assassin et aveugle à un progrès choisi et responsable. L’extrême-gauche politique, qui n’a jamais été un fer de lance de
l’écologisme, croit s’en sortir en parlant d’écologisme social. C’est-à-dire un écologisme « humain ».

Comme si l’écologisme pouvait se concevoir hors de l’homme. M a i s l’écologie n’est pas le dernier avatar du s yndicalisme ouvrier, car ses objectifs et son point de vue sont plus globaux. L’injust ice s ociale n’est jamais qu’un des problèmes à résoudre.
Quant au capitalisme financier, on voit bien où il nous mène. Inéluctable. Toute la quest ion est de savoir quel sens a ce mot
pour l’humanité.

 

Sur notre territoire

Mais rev enons à notr e pet it t e r r i t o i r e . Quelles sont les perspectives politiques face aux enjeux e n v i s a g é s . Nicolas Sarkozy et la dynamique capitalo-libér ale ? Dominique Strauss-Kahn, dont on va nous expliquer par A + B qu’il est un homme de gauche ?  L’écologie politique officielle qui est déjà en train de négocier le nombre de sièges aux sénatoriales avec le PS ? On a l’impression que l’écologie politique a entamé son deuxième cycle.

 

L’évolution de l’écologie politique

Il y a d’abord eu Waechter qui, dans la sincérité du moment , a mené les Verts à plus de 12 % du corps électoral. Alors, sont arrivées les ambitions personnelles. E x i t Waechter et voilà Voynet, sénatrice (et cumularde). Pour ce faire, on passe sous les fourches caudines du PS et on porte l’électorat écologiste à moins de 5 %. Alors, une nouvelle bouffée écolopolitique arrive, s’ouvre et l’espoir renaît. Et les résultats électoraux repassent au-dessus de 12 % (c’est Europe-Écologie). Et l’on voit revenir les ambitions de quelquesuns.

On a l’impr es sion qu’aucune leçon du passé n’a été tirée. T o u t recommence. Qu’avancer ? L’écologisme aff iché es t -il condamné à se conditionner dans « la nature humaine » ? Inéluctable. Les mots ont-ils une réalité corporelle ? Et, au vent mauvais de nos  incohérences, n’avons-nous rien d’autre à avancer pour dépasser le postulat, que les notions puériles d’optimisme et de pessimisme ?

Jacques Pince

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