L’androna islamica

Sep 16, 2016

Aprep la seguida d’atemptats mai òrres los uns que los autres que venem de coneisser, los musulmans que vivon en Euròpa son dins lo « colimator » d’una opinion publica exasperada. Lo monde pòt pas mai endurar aquelas atacas, vòl sulpic de colpables, e un castigament. Sem pr’aquò nombroses a refusar una guerra de religion novela. Volem mantener una laicitat vertadièra ont cadun es liure de sa consiença. Aquel punt de vista es pas inocent, clarament l’islamisme es un adversari que nos cal combatre. Per i arribar fa besonh de comprener melhor coma foncciona sens tombar dins los prejujats.
Es per aquesta rason que lo libre « L’androna islamica » del filosòfe Hamid Zanaz es d’un grand intérès. L’autor es nascut en Argèria, ont ensenhèt fins a 1989 la filosofia a la facultat d’Argièr. Condemnat pels islamistas, quitèt l’ensenhament per trabalhar dins la premsa independenta. Puèi en 1993 se deguèt refugiar en Euròpa. Cal dire las causas coma son : lo libre es un requisitòri contra l’ideologia islamica. La critica i es sens insulta, mas implacabla. Nos permet de descobrir lo punt de vista d’un argerian sus la pujada de l’islamisme, e d’evitar aital tota subjectivitat occidentala.
Lo primier punt que desvolòpa l’autor es que l’islamisme es un projecte politic. Los islamistas se servisson de la religion per conquistar lo poder. Lor tòca es d’impausar la « charià» pertot ont serà possible. Aquò significa la transformacion dels versets coranics en règlas juridicas, e la presa de poder pels religioses. E l’autor de dreissar la tièra dels paises ont l’islamisme es al poder : Arabia Saoudita, Paquistan, Iemen, Mauritania, Oman, Katar, Iran, eca… Rares son los estats arabo-musulmans qu’an saput resistir a l’islamisme e impausar un cert nombre de règlas laicas : la Tunisia (Borguibà) e la Turquia (mercés a l’armada).
La manca d’educacion ten tanben una plaça importanta dins la pujada de l’islamisme. L’autor mençona per exemple lo cas de Constantina en Argèria : de 1962 a 1986 bastiguèron un pauc mai d’un centenat de mosquèas, mas pas cap de liceu ! En 2013 lo president argerian anoncièt lo projecte de bastison de la tresena pus vasta mosquèa de la planeta per 3 milliards de dòlards, mentre que mai de 5 millions d’argerians son sens teulada ! Las escòlas coranicas son estadas implatadas pertot (12 000 al Paquistan), e s’i ensenha lo coran sonque lo coran. Lo sens critic, las scienças, la literatura, las arts son bannidas. Encloscatge, ni mai, ni mens. Se cal pas estonar s’aqueles paises an de difficultats per se desvolopar !
Una partida del libre s’interessa justament a la decadéncia dels paises arabo-musulmans. Pels islamistas aquel aflaquiment ten de doas causas : la colonisacion d’una part, e d’autra part la manca de practica religiosa ! L’autor Hamid Zanaz, demonta pro aisidament aqueles arguments. Per el la colonisacion es pas la causa de la decadéncia, mas una consequencia : los paises del magreb an pas quitat de s’aflaquir dempuèi la fin de l’edat mejana, e es aquela flaquesa que rendèt possible l’invasion europenca. Quand al segon argument, la « ficela es gròssa » ! Se vei plan la manigança dels islamistas que volon culpabilisar la populacion en invocant una colèra divina e una espròva impausada per Dieu. Per Zanaz, es exactament lo contrari, puèi qu’afirma qu’es l’exès de religion qu’impachèt l’orient de dintrar a de bon dins la modernitat.
« L’androna islamica » ven de pareisser en occitan, cò de las edicions dels regionalismes, mercés a una revirada del francés de Sergí Viaule. Es de regretar una manca de relectura del texte qu’es claufit de cauquilhas. Empacha pas que tenem aicí un libre d’un grand interés, prefaciat per Michel Onfray.
Uc Jourde

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Présidentielle 2017 : faut-il en être?

Sep 12, 2016

La présence d’un candidat du courant « régionaliste » à l’élection présidentielle en France en 2017 peut susciter un certains nombre d’interrogations dans le milieu occitaniste. Voici quelques éléments de réflexion qui pèsent en faveur d’une candidature, par Gustave Alirol.

1. Tout le monde sait que l’élection présidentielle représente, quoiqu’on pense du système présidentiel qui s’applique depuis plus de 50 ans, LE moment central de la vie politique en France, celui qui commande en très grande partie le fonctionnement du système. Pour un courant politique quelconque ne pas être présent c’est ne pas exister. Être présent c’est s’assurer une audience médiatique minimale en même temps qu’une reconnaissance politique majeure. Même si nous savons que tout ne se jouera pas pour nous sur cette seule échéance, cela permet à tout le moins d’intervenir dans le débat pour y présenter notre approche spécifique des problèmes politiques d’aujourd’hui ; et sur ce terrain nous avons des choses aussi importantes à dire que la plupart des autres courants, en tout cas des perspectives à tracer que personne ne peut tracer à notre place. D’où notre souci d’autonomie politique que jusqu’ici nous avions mis quelque peu entre parenthèses à ce type d’élection avec les conséquences que l’on sait. Sans que, d’ailleurs, la reconquête de l’autonomie du courant fédéraliste interdise en quoi que ce soit des alliances renouvelées à d’autres échéances. Mais ces alliances ne seront possibles, sérieuses et profitables (rappelons-nous les européennes de 1989) que si d’abord nous existons et sommes reconnus dans le champ politique.

2. Nous sommes entrés dans un contexte de complet renouvellement de « l’offre politique ». Cette période de recomposition, nous ne pouvons pas l’ignorer. Elle peut nous être plus que bénéfique si nous savons l’utiliser en étant présents. Est en jeu ici notre conviction quant à l’importance de notre message. Et le constat qu’aucune autre formation, aucun autre courant n’est à même de porter ce message à notre place. Tout le démontre : les dernières réformes territoriales, le refus quasiment définitif de la ratification de la Charte européenne des langues régionales sont autant d’éléments d’une régression manifeste par rapport à nos revendications. Il y va de l’avenir de nos territoires, de leurs cultures mais encore d’autres questions tout aussi essentielles, comme celle de l’avenir de la construction européenne aujourd’hui bien mal en point.

3. Le message qui est le nôtre, même s’il met l’accent sur le renouvellement nécessaire de la démocratie politique, ne nous conduit en aucune manière à laisser de côté les questions sociales et économiques, bien au contraire. Les autres courants politiques ont une vision centralisée, donc globalisée et très éloignée des réalités régionales, avec seul objectif les « comptes de la nation » et la « grandeur de la France ». La prise en compte que nous voulons de la diversité territoriale rejoint au contraire les questions économiques et sociales en les abordant au plus prés des besoins de nos populations, ce qui vaut d’ailleurs pour tous les territoires. Il est important pour nous de faire passer le message : les inégalités territoriales et les inégalités sociales se rejoignent (cf. la carte INSEE de la pauvreté en France). Le centralisme républicain, pas plus que la liberté absolue, n’est en rien un gage réel d’égalité. Seule une démocratie véritable prenant en compte les territoires peut garantir une approche de l’égalité.

4. Il en va de même des questions écologiques et environnementales, dont l’importance n’est plus à démontrer et pour la planète et pour les territoires : le « global » et le « local » sont ici complémentaires. Pour nous, il ne faut surtout pas oublier l’aspect territorial : c’est dans les territoires que doivent être mises en œuvre les politiques environnementales aptes à répondre à l’avenir de la planète. C’est aussi par cette approche-là que les problèmes écologiques planétaires peuvent le plus facilement être pris en considération par les populations. Et c’est encore la complémentarité des mécanismes d’une démocratie multi-niveaux qui peut assurer un avenir durable.

5. Par ailleurs, les questions sociétales majeures d’aujourd’hui vont entrer de plain-pied dans le débat électoral, en particulier celles liées aux phénomènes migratoires et à leurs conséquences éventuelles sur nos modes de vie. La problématique soulevée, celle de la diversité sociétale et du multiculturalisme, est souvent confondue avec celle de la diversité territoriale, alors qu’elle est fondamentalement différente. Il s’agit bien là d’un débat auquel nous ne pouvons pas ne pas participer, si nous voulons que soit levée l’équivoque utilisée contre nos aspirations : défendre efficacement les identités culturelles des territoires et, au delà, prendre en compte leurs particularités en tous domaines n’est rien d’autre qu’une exigence d’égalité démocratique et cela suppose précisément de refuser l’amalgame, sans aucun repli communautariste hors de propos à ce sujet.

6. Parmi ces considérations politiques générales, celle du risque de voir l’extrême droite accéder au pouvoir fait partie des inquiétudes majeures du point de vue de la démocratie, pour nous comme pour d’autres; d’autant plus pour nous que la difficulté à faire entendre notre message serait encore accentuée avec le retour en arrière passéiste, centraliste et antieuropéiste que cette perspective laisse entrevoir. Cependant nous refusons catégoriquement toute responsabilité dans la situation présente, et donc toute injonction à cet égard. La responsabilité de la montée du populisme ne peut qu’être imputée aux formations politiques en place depuis longtemps, dans l’incapacité qu’elles sont de répondre aux problèmes de l’époque tout en prétendant être les seules en mesure de le faire. Cette incapacité les a conduites à divers subterfuges, tels le rejet de la proportionnelle – ou à l’inverse son instillation à dose minimale à des fins politiciennes – comme elle les a amenées in fine à reprendre en sourdine le fond du discours souverainiste anti-européen et à revivifier le centralisme consubstantiel à ce souverainisme. Ce sont tous les territoires et leurs populations qui vont en souffrir, ce qui ne fera qu’alimenter encore davantage le vote populiste. Même si nous savons que cela sera difficile dans le concert médiatique organisé sur ce sujet, il faudrait accepter, dès le premier tour, de laisser carte blanche à ces formations largement responsables de la montée des populismes ? A ceux qui à gauche craignent l’absence de ce courant au second tour s’il ne présente pas un candidat unique au premier tour, nous posons la question : qu’est donc cette stratégie, sinon une énième manœuvre électorale pour empêcher l’extrême droite d’arriver ? Peut-on se contenter d’un tel stratagème et le répéter à chaque échéance au risque d’un échec complet, sans que soit présentée au moins l’esquisse d’une réponse de fond commune face aux défis de l’époque ?

Les résultats obtenus aux récentes consultations électorales par les composantes de la Fédération Régions & Peuples Solidaires dans certains territoires laissent entrevoir des possibilités qui n’existaient pas il y a quelques années. Tant et si bien que l’objectif, cette fois, n’est pas inatteignable.
Nous devons bien évidemment envisager l’éventualité de la non-obtention du nombre de parrainages requis. Mais cette éventualité n’invalide en rien la démarche. La période de pré-campagne doit être mise à profit pour travailler de manière militante à nos propositions et à leur popularisation. Ce travail ne peut en tout état de cause que nous être bénéfique ; ne serait-ce que dans l’optique des législatives de juin 2017 où nous devrons être présents.

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Universitat de dintrada de l’occitanisme

Sep 5, 2016

« La dintrada » es lo nom de l’universitat politica organisada per l’ADEO en partenariat ambe l’ALE. Se debanarà los 24 e 25 de setembre 2016 a Pòrt Leucata.

Debats, testimònis, co-construccions, escambis, analisis, reflexions, talhiers vos son prepausats dins un ambient convivial e dins un cadre agradiu sus la riba mediteranenca!
Programme de l’edicion 2016 :
Dissabte 24 : 9h30 « L’extrème droite est elle une fatalité occitane? » – 11h « Ecologie et décentralisation, un pacte gagnant? »
14h « Pouvons nous changer l’Europe avec des régions autonomes? » – 16h « Réinventer la démocratie territoriale ».
Dimenge 25 : 9h « Atelier réseaux sociaux » – « Présidentielle : s’organiser » – 11h « Politique linguistique et culturelle interrégionale ».
Per mai d’entresenhas, e per s’inscriure, clicar aicí : Inscripcion

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N° 204 – Occitanie ou Sud de France (SDF) ?

Juin 14, 2016

Les nouvelles régions, issues des fusions imposées par l’Etat plus centralisé que jamais, se mettent en place. Mais quel nom leur donner? Pour plaire au Prince, certaines ont déjà renoncé à leur identité et deviennent des Haut(istes) de France, tandis que d’autres voguent vers un « Grand Est » tout aussi vague, qui pourrait s’étendre jusqu’à la Sibérie avec sa capitale européenne Strasbourg! Ainsi se réaliserait la prophétie du conventionnel jacobin Chaumette le 15 décembre 1792: « Le terrain qui sépare Paris de Moscou sera bientôt francisé, municipalisé, jacobinisé… », ce que Napoléon voulut réaliser, mais le retour par la Bérésina ne fut pas concluant!
Et en Occitanie? Les PACA(iens) conserveront-ils leur sigle de « farlabique », tandis que l’Aquitaine se retrouverait toujours APOIL (Aquitaine-POItou-Limousin)? Quant à la région Languedoc-Midi Pyrénées, les Jacobins de tout poil oseront-ils la transformer en SDF (Sud de France), alors que tous les sondages placent le vocable « Occitanie » en tête?
Occitanie! le nom qui fâche… même chez certains occitanistes. Il est vrai que l’espace occitan s’étend sur plus de trente départements, sur le Val d’Aran et sur des vallées alpines d’Italie. Mais justement c’est l’occasion de l’inscrire sur une carte du monde, même si l’on doit y accoler un qualificatif historique ou géographique: Occitanie provençale, Occitanie gasconne, ou simplement « Occitanie » pour l’ancien Languedoc historique, dont le sigle OC contient à la fois les initiales de l’Occitanie et de la Catalogne…
Enfin pour répondre aux « négationnistes » qui attribuent l’invention du mot Occitanie à quelques universitaires du 20e siècle, voici son histoire.

Appellations successives

L’espace occitan s’étend entre deux mers (Atlantique et Méditerranée) et trois montagnes (Alpes, Pyrénées et Massif auvergnat). Il est au carrefour des grands axes de communication entre l’Europe et l’Afrique: arc atlantique, arc latino-méditerranéen et arc Rhône-Rhin. Depuis un millénaire d’existence, il connut plusieurs appellations successives suivant les époques et les événements politiques.
– Ainsi jusqu’au XIe siècle, on appellera « Aquitaine » l’ensemble des régions suivantes: Provence, Languedoc, Gascogne, Dauphiné et les anciennes Aquitaines romaines.
– Du XIe au XIIIe siècles, l’ensemble des pays de langue d’Oc (appelée aussi langue provençale) au sud de la Loire seront désignés par le terme de « Provence » ou « Provincia ».
– « Occitania » à partir du XIIIe siècle: ce terme créé en latin par l’administration capétienne rassemble tous les pays de langue occitane. Mais après l’annexion de tous les territoires occitans par la France, le terme Occitania sera réservé à la seule province du Languedoc, qui comprend la majorité des pays de la nouvelle région s’étendant aujourd’hui… de l’Adour au Rhône!
– Après l’édit de Villers-Cotterêts par François 1er, « on appelle du nom général de Gascogne et de Gascons, les pays et les peuples situés à la gauche de la Loire où on parle encore l’ancien provençal » (Dom Vaissette)…

Ancienneté du terme « Occitanie » ou « Occitania »: quelques dates.

1246: « Des marchands de Montpellier et de la Langue d’Oc (= terme générique désignant les territoires de langue occitane) participent aux foires de Champagne et de Brie »
« Le pays de Languedoc comprenait alors tous les peuples qui parloient la langue provençale, c’est-à-dire les provinces méridionales du royaume » (Dom Vaissette)

1291: « Joanne Christiani, capitanéo Montipessali et mercatorum Provincialum de lingua que vulgariter appelatur lingua d’Oc »

29 mai 1308: consistoire de Poitiers d’où il ressort que le roi de France règne sur deux nations différentes : la lingua gallica et la lingua occitana.

1318: « La Langue d’Oc ne peut se gouverner par la monnaie de Paris » (Dom Vaissette)

A partir de 1346, le roi Philippe VI convoque des assemblées de Languedoc à Toulouse. On parlera alors de la « Republica lingue Occitana » en avril 1357 et on relèvera en 1439 les expressions: « Status linguae Occitanae » ou « Statibus patrie Lingue Auxitane ».

1381: Le roi Charles VI considère que son royaume comprend deux parties : les pays de langue d’Oc ou Occitanie et les pays de langue d’oil ou Ouytanie !…(… quas in nostro Regno occupare solebat tam in linguae Occitanae quam Ouytanae…)

En 1634, Richelieu convoque un « Conventus Occitaniae »: des « jetons de présence » porteront cette appellation, la date, et aussi la croix occitane. Cette croix de Saint-Gilles, emblème de l’ancien Comté de Toulouse, sera dès lors celui des États du Languedoc et des Conventions de 1634 à 1792.

Sur l’esplanade du Peyrou à Montpellier, une plaque apposée sur la statue équestre de Louis XIV commémore la tenue d’une « Comitia occitaniae » en 1701 en présence du roi. On retrouve cette même appellation avec la croix occitane sur une face des jetons, tandis que le portrait de Louis XIV figure sur l’autre face. Ainsi les « Etats du Languedoc » sont appelés « Comice d’Occitanie », les termes de « Languedoc » et « Occitanie » étant synonymes.

Quel avenir pour l’Occitanie?

La nationalité occitane n’a pas accédé au rang d’Etat souverain tel qu’on l’entend aujourd’hui, mais dans notre histoire, les territoires du sud de la Loire ont connu à plusieurs périodes une existence autonome ou même indépendante: Novempopulanie romaine, royaume wisigoth, royaumes d’Aquitaine (Toulouse et Bordeaux), duchés de Guilhem IX et d’Aliénor, royaume de Navarre, royaume d’Arles… Du Xe au XXe siècles, les Occitans ont maintes fois réagi pour maintenir ou recouvrer leur autonomie voire leur indépendance menacée ou perdue. Et aujourd’hui encore la République « une et indivisible », embourbée dans une idéologie d’un autre âge, ne peut tolérer l’existence de Français de langues et de cultures différentes, ni d’une organisation territoriale cohérente tenant compte des réalités historiques, mais aussi géographiques, socioculturelles, économiques, environnementales… et fiscales. « Il y a une légende sur le Midi » disait Jaurès en 1907. Alors une fédéralisation de la république est plus que jamais vitale.

Georges LABOUYSSE

Extrait de l’« Histoire Générale de Languedoc » par Dom Devic et Dom Vaissette (1730) –
Tome 6 – P. 935 et suivantes (rééditée en 2004)

« Les trois sénéchaussées dont on vient de parler au chapitre ci-dessus, après que celle de Toulouse eut été réunie à la couronne, en 1271, firent partie de ce qu’on appela depuis La langue d’Oc, qui comprenait les provinces méridionales de France […]
On partageoit donc alors le royaume, comme dans les deux siècles précédents, en deux parties, France & Provence, à cause des deux différents idiomes dont se servoient les peuples qui les habitoient, idiomes si différens l’un de l’autre que les peuples de Provence & de Languedoc regardoient encore, vers la fin du quatorzième siècle, la langue françoise comme un langage qui leur étoit étranger & absolument inconnu. […]
La langue provençale qu’on parloit alors dans la Province est à peu près la même qu’on y parle encore aujourd’hui. On l’appeloit provençale parce qu’elle étoit commune à tous les peuples de la Provence prise en général, c’est-à-dire à près de la moitié du royaume ; on la parloit aussi, au treizième siècle & au commencement du suivant, dans le Roussillon, la Catalogne, l’Aragon & le royaume de Valence […]. »

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N° 204 – Panama papers

Juin 14, 2016

Des milliers de documents récupérés chez le cabinet, Mossack Fonseca, cabinet d’avocats panaméen, ensuite exploités par de nombreuses rédactions du monde entier ont permis de mettre au jour un vaste système d’évasion fiscale. Ils montrent la colossale ampleur de l’évasion fiscale. Cette dernière révélation servira à se questionner sur le rôle de la finance et des impôts.
Celle-ci pose un double problème. D’une part, elle obère les capacités d’action de l’état puisque la perte de recette fiscale en France est estimée à près de 7 % du PIB (environ 140 milliards), selon le Tax justice network. Le syndicat Finance Solidaire estime que la fraude ampute de 20 % les rentrées estimées. D’autre part cela pose le problème du consentement à l’impôt et la compréhension de l’action de l’Etat par les citoyens.

Comprendre les chiffres
Ces ordres de grandeur ne parle pas à la plupart des gens. Le PIB de la France est évalué à environ 2 100 milliards d’euros. Résorber la fraude fiscale (140 milliards) permettrait de ne plus avoir de déficit public (70 milliards), de boucher le trou de la sécurité sociale (10 milliards) , de régler les problèmes d’assurance chômage (25 milliards) et il resterait encore de l’argent pour investir dans l’éducation ou la transition énergétique.
La remise en cause du consentement à l’impôt est inquiétante pour la démocratie
Un sondage (IPSOS /Le Monde) montre que près de la moitié des Français refusent l’idée que « l’impôt est un acte citoyen ». Or le consentement à l’impôt est à la base de la vie démocratique. Nous avions assisté à une forme de fronde fiscale avec les bonnets rouges bretons. Ce consentement à l’impôt est d’autant plus difficile à obtenir qu’il existe de nombreuses niches fiscales en France (près de 500 ) et cela renforce l’idée qu’on fait plus d’effort que son voisin. Cela d’autant plus que l’action de l’État est de plus en plus difficile à décrypter car ses interventions s’étendent. Rosanvallon préconisait déjà il y a 10 ans « une société solidaire ». Il considère qu’il faut mieux dÉtat et réencastrer la solidarité dans la société. Le scénario social-étatiste avec plus d’Etat correspond à une fuite en avant. De nouvelles augmentations des Prélèvements obligatoires conduiraient à un blocage social et au développement d’effets pervers avec l’amplification d’une économie souterraine, le développement du travail au noir et l’accélération de la segmentation du marché du travail. Le scénario libéral est associologique voire égoïste car les individus en concurrence fragmentent la société. Elle est de plus en plus segmentée en de nombreuses catégories sociales. Dans ces conditions chacun cherche à se placer sur le segment le plus favorable et cela annihile le collectif pourtant nécessaire.
Ne pas se tromper de cible
Le discours sur la fraude a souvent tendance à se focaliser sur les fraudes aux prestations sociales. Il ne faut pas être dupe. Cela arrange bien des gens. La fraude aux prestations sociales est estimée à 4 milliards (hypothèse haute) elle est 25 fois moins importante que la fraude fiscale (100 milliards) et 8 fois moins que la fraude aux cotisations sociales (30 milliards).

Comprendre le Tax rulings et les mécanismes (légaux) de l’évasion fiscale
Dans le jargon financier, les petites combines dont bénéficient ces grands groupes pour payer moins d’impôts s’appellent le tax rulings (ou « rescrits fiscaux », en bon luxembourgeois). Il s’agit d’accord avec des gouvernements pour payer un forfait fiscal qui exerce un dangereux dumping fiscal et une concurrence entre les Etats. Tous les pays proposent ces « rescrits », y compris la France. Mais certains territoires sont jugés plus attractifs que d’autres.
Les sociétés offshore sont des sociétés extraterritoriales. Il s’agit donc simplement d’une société créée dans un pays où le bénéficiaire n’est pas résident. Elle possède toutes les caractéristiques d’une société classique. Elle est, par exemple, immatriculée mais dirigée depuis un autre pays que celui où elle se trouve. Une société offshore n’est pas illicite. En être bénéficiaire ne l’est pas non plus. N’importe qui peut créer une société dans un pays où il n’est pas résident fiscal, et ce dans tous les pays du monde. Si c’est le cas, alors le bénéficiaire doit déclarer à la fois à son pays de résidence et au pays dans laquelle est établie la société les profits tirés des activités cette dernière. C’est ici que les choses se compliquent. Ces sociétés sont utilisées, dans la grande partie des cas, à des fins frauduleuses. En effet, ces sociétés sont créées dans des États à la fiscalité faible, voire nulle, et où le système juridique est opaque, peu favorable à une coopération internationale. Par exemple, la Suisse est de moins en moins choisie pour ce type d’évasion à cause du recul du secret bancaire. Ces pays sont des paradis fiscaux, idéaux pour les évasions fiscales. Les sociétés offshore fournissent également le kit de l’opacité parfait pour le client : les liens entre la société et lui sont effacés, au grand dam du fisc, qui peine à suivre la trace de ces évadés fiscaux, et à lutter contre le blanchiment d’argent, la fraude fiscale et la corruption.
Les systèmes de prêts internes. Une holding établie au Luxembourg prête de l’argent à une autre filiale du groupe située dans un pays étranger, un peu comme s’il existait une banque à l’intérieur même du groupe. Celle-ci se débrouille pour que ces intérêts à payer lors du remboursement soient importants, afin de vider les caisses de la filiale à l’étranger. Ces intérêts sont facturés et déduits du résultat de la filiale. Ils sont alors transférés vers le Luxembourg, sans passer par la case « déclaration au fisc ». Bye bye les 33% d’imposition sur les sociétés en France.
Le paiement de royalties. Cette holding peut aussi jouer sur la puissance de la marque et des brevets. La multinationale ouvre au Luxembourg une entité consacrée à la gestion de la propriété intellectuelle. Les autres filiales, ainsi que la maison-mère, lui payent des royalties pour l’utilisation de la marque et des brevets, ce qui permet de diminuer leur bénéfice fiscal. La surfacturation est parfois de mise. « La holding peut jouer sur un tas d’éléments immatériels qu’il est difficile d’évaluer précisément, analyse pour francetv info Frédéric Douet, professeur à l’université de Bourgogne. Il faut cependant que cela reste plausible, la surfacturation ne peut pas être de 200%. » Au final, 80% des royalties sur cette propriété intellectuelle échappent aux impôts, selon l’ICIJ (en anglais).

Responsabilité des paradis fiscaux dans l’instabilité financière
Les paradis fiscaux et judiciaires facilitent une circulation rapide des capitaux, sans aucun contrôle. Ils encouragent la fraude fiscale comme dans l’affaire des Panama Papers. Ils favorisent aussi la spéculation, notamment sur les taux de change et la fuite des capitaux des économies émergentes, des phénomènes qui ont grandement contribué à la survenance de crises financières. Les marchés financiers sont le lieu de rencontre entre les émetteurs et les investisseurs, pour financer l’économie réelle et son développement. Ces marchés sont donc indispensables au fonctionnement d’une économie moderne, en lui permettant notamment de partager les risques de manière théoriquement optimale. Dans ce monde idéal, la finance est au service de l’économie. Mais cette situation peut s’inverser, avec une finance passant au service d’elle-même, voire asservissant l’économie. Les marchés financiers deviennent alors une machine très dangereuse, dont les dysfonctionnements entrainent rapidement un phénomène d’instabilité financière, des établissements financiers ne pouvant plus faire face à leurs engagements. Lorsque ce phénomène prend de l’ampleur (on parle alors de risque systémique), il peut se propager à de très larges pans de l’économie réelle. La situation devient alors dramatique pour la population, qui peut perdre ses emplois, ses retraites, etc. La situation n’est guère meilleure si les Etats volent au secours de leurs institutions financières au bord de la faillite : les montants colossaux apportés se retrouvent ensuite dans la dette des Etats, qui est finalement réglée par les contribuables, souvent au prix d’une crise économique. Une forte financiarisation de l’économie peut être source de dysfonctionnements car elle peut inciter les entreprises au placement financier plutôt qu’à l’investissement. Cela favorise les raids financiers plutôt que les restructurations industrielles. Le développement de la bulle financière peut engendrer des déséquilibres financiers qui ont des répercussions sur l’économie réelle. Ainsi, un krach boursier déséquilibre l’économie réelle en diminuant la valeur des actifs financiers et en raréfiant la monnaie. Il est donc nécessaire d’envisager des régulations et une taxe comme la Taxe Tobin pourrait décourager cette économie casino.
Protéger les lanceurs d’alerte et intensifier la lutte citoyenne
Le procès Antoine Deltour, le lanceur d’alerte de l’affaire Luxleaks est emblématique. Il risque une peine jusqu’à 10 ans de prison. Malgré les Panama Papers, malgré les Swissleaks et malgrès les Luxleaks qui mettent en cause Junker, le parlement Européen a adopté la directive sur le secret des affaires, qui exposera à des procès les journalistes travaillant sur les affaires économiques. Il est urgent que les opinions publiques se mobilisent. Dans le cadre du Projet de Loi de Finances Rectificatif 2015, les députés français ont lâchement abandonné un amendement qui prévoyait que les entreprises multinationales rendent publiques chaque année leur chiffre d’affaires, leurs bénéfices, le nombre de leurs filiales et de leurs employés ainsi que le montant des impôts payés et ce, dans chacun des pays étrangers dans lesquels elles sont implantées. Cette transparence permettrait de pouvoir débusquer plus facilement l’évasion fiscale des entreprises. Ce fut une occasion manquée. Pourtant La crise de 2008 a constitué une cassure et depuis lors, nous assistons à un emballement de la visibilité de la fraude fiscale dans le débat public. Le grand détonateur, ce fut en 2009 quand Hervé Falciani, ex-informaticien de la banque HSBC, a divulgué au fisc français la liste des détenteurs de comptes en Suisse. Monique Pinçon-Charlot (sociologue spécialiste des Riches) raconte que les inspecteurs des impôts qu’elle a interviewés sous couvert d’anonymat ont expliqué que leurs conditions de travail ont été organisées au plus haut de la hiérarchie de Bercy, afin qu’ils soient tenus éloignés des plus grandes fortunes. Leur travail est cloisonné, parcellisé, ils n’ont pas accès à l’ensemble de l’information. Dès que le sujet est sensible, c’est-à-dire quand il implique des personnalités à fort enjeu car détentrices de plusieurs millions d’euros, les personnels qui s’en occupent sont recrutés exprès au sein de la Direction générale des finances publiques. Pour dire les choses rapidement, ils sont recrutés parce qu’on a confiance en eux pour obéir aux ordres politiques.
Nous l’avons déjà dit mais le consentement à l’impôt est la base du processus démocratique. Cette série d’événements doit être l’occasion d’une prise de conscience globale de la nécessité de faire société.

Loïc Steffan

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N° 204 – Obriers e lançaires d’alerta

Juin 14, 2016

Qual se soven de l’escandal de l’amianta ? Pr’aquò son a l’entorn de 30 000 personas en França al jorn de uèi a esser las victimas d’aquela fibra minerala cancerigèna. Un òme, Peire Pezerat, decidiguèt de rendre omenatge a los que luchèron per far reconeisser los dangièrs de l’amianta : obrièrs, sindicalistas e tanben cercaires, universitaris. Peire Pezerat filmèt « Les sentinelles », ambe de testimoniatges clars, d’un grand natural, e tanben qualques imatges tirats dels arquius. Nos porgís un documentari fòrt, ont l’intensitat puja pichon a pichon, mina de res, per atenher de moments ont lo spectator poirà pas retener las lagremas… Es de notar tanben que l’autor abòrda en fin de film d’unas situacions ont de trabalhaires (agricultors, obrièrs) son empoisonats per de pesticidis, victimas de la cobesiá d’un patron ! D’aquí ven lo titol del film : los obrièrs son los primièrs en contacte directe ambe lo dangièr, son « las sentinèlas » !

A l’escasença de la sortida d’aqueste film documentari avem encontrat Jean Marie Birbés que joguèt un ròtle important dins l’afar de l’amianta. Jean Marie es un dels protagonistas principals del film, e es tanben president de l’Associacion de Defensa de las Victimas de l’Amianta 81.
Occitania : Nos podetz dire cossí setz estat en contacte ambe d’amianta ?
J-M Birbés : Aprep mon servici militar en 1976, acompanhèri un jorn mon paire a l’usina d’Eternit prep d’Albi. Mon paire cercava de trabalh, mas lo prenguèron pas : lo trapèron tròp vielh ! Me prepausèri alara, e en decembre de 1976 començèri de trabalhar dins aquesta usina. Mon trabalh consistissiá a fabricar de tudèls en fibrociment : una mescla de ciment e de fibra d’amianta. Un jorn un tudel espetèt : faguèt de posca pertot. Coma una bruma de posca, i vesiam pas res ! Un delegat sindical passèt e nos diguèt de sortir d’aquí, de demorar pas dins aquela posca. Alara tot lo monde sortiguèt de l’usina, far grèva èra un biais de se parar.
Occitania : De qué disián los patrons davant aquela situacion ?
J-M Birbés : Era pas evident. A cada còp que voliam parlar d’amianta, lo patron disiá : « Atencion, cal pas anar tròp luenh, sequenon anatz far tampar l’usina ! ». Doncas èra complicat per nosautres, voliam pas perdre lo nòstre trabalh ! Cal dire tanben que sabiam pas exactament lo dangier que representava. Las multinacionalas de l’amianta s’èran recampadas e inventèron « l’usatge contrarolat de l’amianta » ! Una enfumada qué ! Mas a l’epòca pensavem aital contunhar lo trabalh e preservar la nòstra santat. E ajustarai qu’auèi l’industria dels pesticidis fa exactament la meteissa causa !
Occitania : I ajèt a un moment un eveniment decisiu que faguèt cambiar las causas ?
J-M Birbés : Es estat una presa de consciença progressiva e fòrça longa. D’en primièr al fur e a mesura que las annadas passavan, subissiam de plans socials, e en mema temps de collègas tombavan malaut. I ajèt tanben una generacion novela d’obriers e de militants que pensavan diferentament. Abans los ancians balhavan la prioritat al trabalh, e demandavan una prima en cas de dangièr. Los joves eles volian pas de prima, mas volián esser protegit e privilegiavan la santat e l’environament. Un dels problemes qu’aviam es qu’aviam pas de scientifics o de personalitats capablas de pausar clarament las causas. Quand encontrerem Henri Pezerat qu’èra director de recerca al CNRS coma toxicològ e geològ comprenguèrem melhor. Nos sem duberts en defòra de la CGT, nos permetèt non solament d’encontrar de personas novelas, mas tanben de far evoluir los militants de la CGT. Nos calguèt 20 ans de luta per arribar a comprener tot aquò e religar la recerca e lo monde del trabalh.
Occitania : E avetz obtengut çò que demandiatz !
J-M Birbés : E òc ! Cal dire qu’i aviá de mai en mai de victimas, e pas sonque dins las fabricas : de professors expausats a l’amianta dins lor liceu moriguèron, e plan d’autres. Fin finala lo govern interdiguèt tota produccion, comercialisacion o transformacion de l’amianta al 1er de genier de 1997. Es estat una granda victòria. Dins mon usina obtenguèrem d’emplegar d’autras fibras que la de l’amianta. Avem cambiat del jorn a l’endeman, èra pas un probleme tecnic. Mas aquelas fibras novelas èran mai cara de 25% : l’empoisonament a l’amianta èra un crimi per d’argent !
Occitania : quin agach portatz sus la societat d’ara ?
J-M Birbés : Auèi dirai que la situacion es la meteissa dins lo nucleari o pel monde agricòla. Sem totes empoisonats pels pesticidis auèi. Pensi qu’aquela societat es sens avenir. La question que me pausi es cossí far per passar d’una societat a una autra sens violença, sens tròp de degalhs ? Cresi qu’ambe un bocin de volontat e de reflexion la poiriam bastir aquela societat novèla, una societat atencionada. Aquela luta que visquèri es una granda leiçon de vida. Soi sovent estat confrontat a la mòrt, mas ai encontrat d’òmes e de femnas fantasticas : la vida es polida e val lo còp d’esser viscuda !
Prepauses reculhits per Uc Jourde, avrial 2016.

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N° 203 – Pesticidis

Mai 27, 2016

Pesticidas e perturbadors endocrinians contaminan l’environament entièr: se trapan dins l’air que respiram, dins çò que bevèm e dins nòstres aliments. Uèi, aqueles produits son detectables dins cada organisme uman e lor nocivitat reconeguda per l’Organizacion Mondiala de la Santat (OMS). Plan abans aquela presa de consciéncia planetària, doas biologistas americanas, Rachel Carson e Theo Colborn, donèron l’alarma, de badas e contra fòrtas criticas.

Definicions

Un pesticida es una substància quimica utilizada contra unes organismes nosibles. Aquel mot generic recampa : insecticidas, erbicidas, fongicidas e parasiticidas (contra vèrms, pesolhs, acars, arnas, formigas…). Insecticidas e erbicidas utilizats uèi en agricultura, orticultura, òrts dels particulars, arboricultura fruchièra, selvas, netejatge urban, domeni de la santat umana (lucha contra los bigals vectors de malautiás) representan de luènh los pesticidas los pus emplegats dins lo mond. Las familhas quimicas pus importantas son las dels: insecticidas organoclorats (OC) coma lo DDT (interdich a partir de 1970), erbicidas organoazotats (OA) coma l’atrazina (interdich en 2003 en França), insecticidas organofosforats (OF) coma lo malation (interdich en 2008 en França) ,l’erbicida OF glifosata, lo pus utilizat dins lo mond, neonicotinoidas coma l’imidacloprid (interdich per 2 ans en 2013 en Euròpa) que representan uèi 40% de las vendas d’insecticidas en França.
Un perturbador endocrinian (PE) es una substànçia quimica que pòt interferir amb lo fonccionament de las glandolas endocrinas, responsablas de las secrecions ormonalas e induire d’efièches deletèris sul organisme o sus sos descendents. Entre los PEs pus importants trapam: ftalatas (dins plastics, cosmetics), alkilfenols (detergents, plastics), idrocarburs aromatics policiclics (fum de cigaretta, emissions dels motors diesèl), policlorobifenils o PCBs (transformators electrics) interdiches en 2010, unes pesticidas (DDT, atrazina, malation, glifosata, …), retardadors de flama (mossas pel mobilier, equipaments electronics), derivats fenolics (parabenas, bisfenol A o BPA interdich dins los beveirons en 2015, mas present dins boitas de consèrva, bilhets e recebuts de banca, desinfectants, cosmetics), residús de produits farmaceutics.

Pollucion generala

En França, pesticidas e PEs son presents dins la quasi-totalitat dels cors d’aiga (1):
– 92% dels punts de susvelhança mostran la preséncia d’au mens un pesticida. Lo bassin Artois-Picardie, lo pus polluit, presenta una pollucion de totes los punts de susvelhança, amb la preséncia d’un nombre mejan de 29 pesticidas diferents.
– 80% de la pollucion detectada ven dels erbicidas e sustot del glifosata, classificat « cancerigèn probable » per l’OMS, en 2015 (2). Dins las ribièras de França se troban tanben: imidacloprid, BPA, PCBs, residús de produits farmaceutics.
– Dins nombre de cors d’aiga, la pollucion demòra dins de limits legals, mas dins unas regions, los limits son despassats e lo mond quitan de beure l’aiga del robinet, per crompar de botelhas d’aiga minerala.
En Euròpa, pesticidas e PEs son presents, dins de limits legals, dins mai de 97% dels aliments (3). Los limits son clarament despassats per 1.5% dels aliments e 27.3% dels escapolons contenon mantun (dusca 8) pesticidas e PEs.
L’utilisacion dempuèi 1945 de grandas quantitats de pesticidas e PEs, a menat a la pollucion de totes los compartiments de l’environament. En consequéncia, los organismes umans son contaminats sustot per ingestion d’aliments e bevendas contenent aqueles produits quimics.

Consequéncias catastroficas

Aquela pollucion generala degalha la biodiversitat, per l’aflaquiment de nombrosas espècias importantas pels ecosistèmas, e la quita agricultura al nivèl dels: pollinisaires (« sindròme d’esfondrament de las colonias d’abelhas », abelhards, parpalhols…), aucèls insectivòrs (52% de pèrda dempuèi 30 ans), microorganismes del sòl, lombrics (essencials a la fertilitat del sòl). De mai, l’utilizacion repetida de grandas quantitats de pesticidas mena a l’aparicion siá d’insèctes resistents a mantun insecticida, siá de marridas èrbas resistentas a mantun erbicida, dont lo glifosata (4).
Los degalhs sus la santat umana, negats pendent d’annadas, començan a èsser reconeguts. Sustot, la contaminacion parentala mena a d’efièches catastrofics a la generacion seguenta: malformacions dels organs genitals dels fètuses e dels enfantons, anomalias del comportament sexual, pubertat femenina aboriva, càncers del sen (5), baissa de la fertilitat, càncers testiculars e prostatics. Las recercas dels laboratòris independents s’orientan ara sul efièch coctèl degut a la preséncia simultanèa de mantun pesticidas e PEs.
Pasmens, ja en 1962, Rachel Carson publiquèt un libre celèbre titolat « Silent spring » (6) que menèt un fum de lectors al concepte d’ecologia, en mostrant que los insecticidas OC e OF, avián un efièch catastrofic sus la fauna. Ja en 1988, Theo Colborn la primièra, definiguèt lo concèpte de « perturbador endocrinian » e, en 1996, confirmèt amb d’autres biologistas, los degalhs dels PEs sus la fauna, dins un libre famós titolat « Our stolen future » (7). Abans aquelas publicacions, las doas biologistas foguèron tractadas de fòlas, istericas e quitament d’agent del KGB, pel lobby american de l’agroquimia mas tanben per l’United States Department of Agriculture. Es un grand malur d’aver rason tròp lèu!
La pollucion generala de uèi ven d’una collusion criminala entre societats agroquimicas, finança mondializada, e politics. Aqueles empoisonaires quitan pas de presicar per l’industrializacion e la financiarizacion de l’agricultura, alara que lor plaça es en preson, e qu’una autra vida es possibla!.

Referéncias
1- Dubois A. (2015) Les pesticides dans les cours d’eau français en 2013. Commissariat Général au Développement Durable, on line : www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
2- Evaluation of 5 organophosphate insecticides and herbicides. International Agency for Research on Cancer Monographs, vol 112 (2015, and The Lancet Oncology on line).
3- The 2013 European Union report on pesticides residues in food. EFSA, on line (2015) : www.efsa.europa.eu/fr/press/news/150312
4- Vedel F. (2011) Las erbas d’agram de Monsanto. Occitania-VVAP, 176, 16-18
5- Cohn B. et al. (2015) DDT exposure in utero and breast cancer. Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, on line: http://dx.doi.org/10.1210/jc.2015-1841
6- Carson R (1962) Silent Spring, Houghton Mifflin ed., Boston ; (Printemps silencieux, 1963, Plon ed.)
7- Colborn T (1996) Our stolen future : are we threatening our fertility, intelligence, and survival ?, Dutton ed., (L’homme en voie de disparition, 1998, Terre vivante)

Fernand Vedel (Orsay lo 28.02 .2016)

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N° 203 – Loi travail.

Mai 27, 2016

Réforme du Code du travail : qui croire ?
Deux tribunes aux titres évocateurs se sont succédées dans le journal le monde. « Le projet de loi El Khomri représente une avancée pour les plus fragiles » affirmait une groupe d’économistes à la suite de Jean Tirole. « La “loi travail” ne réduira pas le chômage » titrait une autre collectif regroupé autour de Thomas Piketty. Joli débat entre économistes, par tribunes interposées, mais qui croire ? Au lieu de de regarder le pédigrée des protagonistes ou leur proximité avec tel ou tel bord politique, nous allons essayer de développer, les points de convergence et de divergence et, surtout, nous interroger sur les éléments de preuve avancés par les deux « camps ».
La méthode des économistes
Les économistes conduisent des raisonnements à base de modèles et analysent ensuite ou conjointement des données. Les modèles aident l’économiste à forger des expériences de pensée. Ils peuvent être très utiles. Mais l’arbitre d’un débat, c’est le test empirique. L’adéquation des données disponibles aux modèles et leur remise en cause éventuelle. Les progrès considérables de l’informatique et des traitements des données permettent aujourd’hui des avancées majeures dans la compréhension des mécanismes économiques. Il sera alors peut être possible de sortir de l’idéologie encore trop présente dans cette discipline même si la neutralité axiologique est très difficile voire impossible à obtenir.

Le contexte actuel
Avec un jeune sur quatre au chômage, la situation est alarmante en France (21ème sur 28 en Europe). Les CDD représentent 90 % des embauches. Voulant s’inspirer de différents modèles de «flexisécurité », (dont le Danemark fut le pionnier), le gouvernement projette une refonte partielle du code du travail. Ce projet a déclenché une tempête de réactions syndicales et une pétition hostile qui dépasse le million de signataires. Analysons les effets de ces mesures.

Le paradoxe de la flexibilité de l’emploi
Selon le premier collectif d’économistes (Tirole, Aghion, Blanchard notamment), la réforme du code du travail proposée par Myriam El Khomri irait dans le bon sens. Comment ? En réduisant le coût et l’incertitude qui accompagnent les décisions de licenciement et d’embauche. Moins un licenciement est coûteux ou « difficile », plus un employeur sera incité à embaucher en CDI. Plusieurs études empiriques aux USA confirmeraient ce lien. Dans un environnement économique instable la demande dépend de la conjoncture, du changement technique ou de la compétition mondiale. La rigidité du contrat de travail nuit indéniablement à l’emploi des plus fragiles (les jeunes et les non diplômés). C’est le sens du soutien apporté par ces économistes. Le projet veut limiter la durée de la procédure de licenciement (le juge reste décisionnaire). Il donne aussi une définition précise du licenciement économique : une baisse des résultats plusieurs trimestres consécutifs. Les syndicats redoutent des fermetures de sites en France par des firmes multinationales pourtant prospères. De même, pour raccourcir la procédure aux prud’hommes, le projet propose un barème d’indemnisation (de 3 à 15 mois de salaires), en fonction de l’ancienneté du salarié licencié. Les syndicats y voient un dessaisissement de leurs compétences prud’homales et un affaiblissement de leur influence.

Le poids de la crise

Pour l’autre groupe d’économistes (Piketty, Askenasy, etc.), le chômage résulte de la politique macroéconomique qui a accompagnée la crise de 2007. Le taux de chômage est passé de 7 % à 10 %. la tentative de réduction rapide du déficit budgétaire a contracté la demande et l’emploi. A la suite de Bertola, Bassani ou Duval, ils affirment que les protections contre le licenciement conduisent à amortir les chocs, à la hausse comme à la baisse et qu’il n’y a pas de lien entre protection et chômage. Le mécanisme à l’œuvre est simple. Les coûts de licenciement conduisent les entreprises à gérer dans la durée la main-d’œuvre : moins de licenciements en période de crise, moins d’embauches en période de booms. Au final, l’analyse de l’ensemble des études empiriques disponibles penchent plutôt vers ce mécanisme.

Le référendum d’entreprise pour moduler la durée du travail
Une autre innovation est l’extension du referendum d’entreprise sur la durée du travail. On a vu l’Allemagne en 2009, touchée de plein fouet par la chute de ses exportations, absorber ce choc grâce à des accords « défensifs » de temps partiel. Cet exemple avait inspiré l’ANI de 2013 (Accord National Interprofessionnel de sécurisation de l’emploi). Aujourd’hui, le gouvernement veut des « accords offensifs » pour améliorer la compétitivité et l’emploi potentiel. Par exemple, le personnel pourra signer un accord de modulation des horaires à la demande de syndicats (représentant au minimum 30 % des voix aux élections professionnelles). Il devient possible de signer des accords au plan local qui dérogent aux accords de branche. La durée légale des 35 heures et les seuils de 48 et 60 heures dans certaines branches ne sont pas remises en cause, ni les bonifications des heures supplémentaires. Mais plusieurs syndicats dénoncent la possibilité d’un « chantage à l’emploi », et redoutent une perte de leur influence au plan national. Au contraire, selon la ministre du « Dialogue social », qui souhaite augmenter de 20% le crédit d’heures des délégués syndicaux, « il n’y aura pas de souplesse sans négociation. Le besoin de souplesse des entreprises les poussera à des accords qui seront équitables ». Elle souhaite aussi augmenter les moyens alloués aux syndicats. Le faible taux de syndicalisation de la France (7,7 %; une des plus faible de l’OCDE), semble lui donner raison.

Sécuriser les parcours professionnels
La création du compte personnel d’activité (CPA) à compter du 1/01/17 est le complément sécuritaire de la flexibilité. Un spécialiste du travail, interrogé par mes soins m’indique que celui-ci est pour l’instant une coquille vide mais une bonne idée. Il accompagnera le travailleur au long d’un parcours professionnel, dont on prévoit qu’il nécessitera de nombreuses adaptations. Ouvert à tous les statuts d’actifs (salariés, indépendants, demandeurs d’emploi) il sera mobilisable pour financer une formation, une création d’entreprise ou un bilan de compétence. Il donnera aussi droit à une formation qualifiante aux jeunes sortis de l’école sans diplômes ( 120 mille chaque année). Le projet soumet à la négociation collective obligatoire un « droit à la déconnexion » numérique pour combattre le « burn out » (épuisement professionnel). Enfin les entreprises de moins de 50 salariés, pourront mettre en place des conventions en « forfaits-jours » avec des travailleurs autonomes dans l’organisation de leur emploi du temps.

Limites de la flexisécurité et conditions du dialogue social
Spécialiste du droit du travail, Alain Supiot, du Collège de France, est favorable au compte personnel de formation mais critique une flexibilité « néo-libérale » et des accords d’entreprise « limitant la capacité de résistance » que les salariés tirent des conventions collectives négociées au niveau des branches. La flexisécurité n’est donc pas une panacée. Chaque pays a ses spécificités, peu transposables. Ainsi le Danemark allie une flexibilité totale des emplois (pas de CDI) à un niveau élevé d’allocations et d’accompagnement des chômeurs. A l’échelle de la France, selon Guillaume Duval d’Alternatives économiques, cela représenterait un doublement des sommes allouées avec un surcoût de 2,4 pts de PIB (53 milliards). En Grande Bretagne, la flexibilité l’emporte largement sur la sécurité, et génère trop d’emplois précaires. L’Allemagne promeut une dualité salariale avec un secteur industriel bien rémunéré et un secteur de services peu qualifié et sous payé. La Suède et la Finlande ont parié sur la formation et la qualification de toute une classe d’âge, là où nous excluons 20 % des jeunes. Finalement, le point commun des relatives réussites observées en Europe tient en une longue pratique du dialogue social. C’est le point faible de notre pays qu’il est urgent de débloquer. Il est toutefois à nuancer car même si le taux de syndicalisation est faible, le taux de couverture des accords est le plus élevé du monde ( 94%); le taux de participation aux élections professionnelles est comparativement très bon ( 50%).

Le contrat n’est pas la cause première
Les statistiques agrégées autour du chômage ne rendent pas compte de la segmentation du marché du travail qui concerne les jeunes et les travailleurs peu qualifiés. La comparaison avec les USA permet de voir que la spécificité française n’existe pas. Les chiffres sont identiques pour les non-qualifiés, dont le taux de chômage dans les deux pays est 1,5 fois supérieur à la moyenne.
Corrigés des particularités nationales, les chiffres français et américains redeviennent quasiment identiques, autour de 15 % des 15-29 ans dans les deux cas – mais cependant bien en deçà des 24 % observés en Espagne. Le mal est donc plus profond que le contrat de travail.

Chômage, mondialisation, robots
Même si la mondialisation aurait crée plus d’emplois qu’elle n’en a détruit dans nos économies avancées elle a pesé fortement sur les salaires et sur la précarité des plus fragiles les contraignants à accepter des conditions dégradées car concurrencés par les emplois « low cost » des pays émergeants. C’est à cet état de fait que s’attaque la loi El Khomri. Cependant, elle arrive bien trop tard. Elle a une mondialisation de retard. La baisse du coût du capital et les révolutions actuelles autour de l’intelligence artificielle et de la robotique induisent une « ubérisation » accélérée de la société. La moitié des emplois pourront être confiés assez facilement à des robots d’ici 15 ans. La marge de négociation des salariés sera encore réduite. Les protections contenues dans la loi ne seront d’aucune utilité et la différence et les inégalités entre les emplois créatifs très bien payés et la masse des emplois dégradés sera encore plus grande. Des questions essentielles se poseront alors: comment donner un revenu aux gens qui ne soit pas lié au travail? Comment occuper les gens? Au XIXe siècle déjà Sismondi, un philosophe, émettait l’hypothèse suivante: si l’homme est un jour remplacé par une machine, alors il devrait avoir droit à la moitié des gains engendrés par la machine qui l’a remplacé. C’est un schéma auquel nous devons aujourd’hui penser car il y aura des emplois créés, il seront dix fois moins nombreux que les emplois détruits.
Dépasser les clivages

Une politique efficace ne tient pas en quelques slogans. Il faut penser des politiques différenciées tenant compte des particularités de chaque catégorie de personnes vulnérables. Cela exige un travail de longue haleine dans le domaine de la formation notamment, une politique du logement qui favorise la mobilité et évite les ghettos, une politique de l’emploi qui lutte véritablement contre les discriminations à l’embauche, et plus généralement une politique visant à promouvoir la cohésion sociale et la réduction des inégalités et la prise en compte des évolutions technologiques.

Loïc STEFFAN

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N° 203 – Les vaches maigres

Mai 13, 2016

La crise agricole n’en finit pas de durer. Elle connaît des accès de fièvre souvent provoqués par la chute des cours. Mais il y a bien plus que cela : l’agriculture française, fierté nationale car la plus puissante en Europe ne cesse de décliner depuis plusieurs décennies. Essayons de décortiquer cette évolution afin de comprendre ce qui se cache derrière les actions musclées et spectaculaires de la FNSEA. Nous vous proposons également une interview (en occitan) d’un éleveur de canard au sujet de la grippe aviaire qui frappe de plein fouet le sacro saint secteur du foie gras, fleuron de l’agriculture occitane !
Comme je l’écrivais d’emblée la chute des cours met en difficulté un grand nombre d’exploitations agricoles. A titre d’exemple la tonne de blé qui se vendait 250 euros en 2013 est tombée à 190 euros en janvier 2015, pour plonger à 158 euros en janvier 2016 ! Suivant la même pente le prix du lait est descendu à 300 euros fin 2015 alors qu’il oscillait entre 350 et 400 euros sur les deux dernières années (pour mille litres). Le blé et le lait sont deux productions emblématiques et importantes pour un grand nombre d’agriculteurs, d’autres productions connaissent de grandes difficultés et on pense bien sur au porc. Cela dit, il convient aussi de relativiser, certains domaines limitent les dégâts : la viticulture (suivant les régions et les domaines), les productions labellisées, ceux qui se sont tournés vers l’agriculture biologique ou les circuits courts, voient les prix se maintenir. Un autre évènement conjoncturel dont on parle peu, compte pourtant énormément : l’embargo russe. La Russie a en effet décidé de stopper toutes les importations venant de l’Europe suite au conflit ukrainien. Cet embargo prive d’un très grand marché les producteurs européens et occitans en particulier (lait, légumes, fruits…). Il a aussi pour conséquence indirecte de renforcer la mise en concurrence de tous ceux qui fournissait auparavant la Russie.
A écouter les manifestants interrogés ici où là, on comprend que l’exaspération des paysans est aussi due au renforcement des contraintes administratives et techniques. La directive nitrates en est un exemple : la France en retard dans la lutte contre la pollution causée par les nitrates a du précipitamment imposer des règles plus sévères : équipements pour gérer et diminuer les rejets organiques des animaux, restriction des périodes d’épandages d’engrais, etc.… Beaucoup d’agriculteurs sont découragés par ces mesures qui leur ôtent une part de liberté et qui impactent aussi leur porte monnaie !
Mais ces évènements récents ne suffisent pas à expliquer le marasme agricole. Depuis les années 50 le nombre d’agriculteurs ne cesse de diminuer. L’industrialisation de l’agriculture a conduit à agrandir la taille moyenne des fermes qui sont devenues des « exploitations » ! Pour arriver à exploiter de plus en plus de surface les exploitants ont du investir de plus en plus et s’endetter jusqu’à un niveau jamais atteint par le passé. En réalité les « exploitants » sont devenus des « exploités » !
Le gouvernement a bien entendu essayé d’apporter des réponses ces derniers mois. On peut noter la prise en charge des intérêts d’emprunts pour les agriculteurs qui en feraient la demande, ou bien l’exonération des charges sociales. Le ministre de l’agriculture s’efforce aussi d’agir au niveau européen, mais il sera bien difficile d’obtenir des avancées rapides.
Pourtant plusieurs réponses devraient être étudiées, et il faudrait être capable de s’affranchir de l’orthodoxie libérale dans un domaine aussi important que l’alimentation et l’entretien du territoire. Par exemple il semble indispensable de fixer un prix minimum pour certains produits de base comme le blé ou le lait. Ce prix minimum protègerait les agriculteurs contre les variations aléatoires des cours, et leur garantirai un revenu minimum sur lequel ils pourraient se fier pour décider d’investir ou pas. En complément de cette mesure prioritaire, une politique ambitieuse pour la ruralité viserait à faciliter l’installation de jeunes agriculteurs, inciterai davantage à développer des systèmes liant polyculture et élevage ainsi que la coopération entre agriculteurs notamment en ce qui concerne l’achat de matériel. De plus, si l’entretien du territoire et la lutte contre la pollution est une évidence, il est anormal d’en faire payer la facture aux agriculteurs. Il serait bien plus logique de créer une taxe spécifique sur les productions de produits tels les pesticides et phytosanitaires, et d’utiliser les produits de cette taxe pour rémunérer les agriculteurs lorsqu’ils mettent en place de nouvelles installations, ou de nouvelles techniques permettant de préserver l’environnement. Enfin le bon sens devrait nous pousser à s’inspirer ce qui marche : les circuits courts, la vente directe ont fait leur preuve ! Les pouvoirs publics devraient aider leur développement, par exemple en subventionnant le lancement de « drive fermiers » !
Hugues Jourde le 10/03/2016
P1070172

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Juil 17, 2014

Adissiatz a totes,

 

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