La façon scandaleuse dont se déroule la campagne pour les Européennes est à l’avenant du système audio-visuel français: pour d’autres élections, la campagne officielle commence plusieurs semaines avant le scrutin, de façon à ce que les électeurs aient le temps de s’y intéresser. De plus, il n’y a aucune occasion pour les candidats des petites listes de présenter leur programme dans les médias, les « spots » sont diffusés à des horaires où personne ne les voit ; France 3 National ne trouve rien de mieux que d’inviter Marine Le Pen à son magazine politique du dimanche midi (18 mai) comme si les médias ne lui faisaient déjà pas assez de publicité. Le FN pourra se targuer d’être le premier parti de France, c’est normal qu’on invite sa représentante ! Pour le moins curieuse cette « anticipation professionnelle » ?

Même conscience professionnelle sur Radio Bleu : une journaliste  disait que les médias avaient peu relayé la campagne (il y aurait d’ailleurs des protestations officielles) mais qu’on devait les comprendre parce qu’ils ne voulaient pas lasser les spectateurs, avec une campagne où il va y avoir  60 % d’abstentions; cette journaliste aurait pu remarquer que si les médias relayaient mieux la campagne, il y aurait moins d’abstentions!

Bref, à part quelques courts reportages qui ont permis à Larrouturou de faire entendre une autre voix, il n’y a de place dans les médias que pour les anti-européens, souverainistes de droite et de gauche confondus… Et ces journalistes ne manquent pas de clamer que cette élection n’intéresse pas les électeurs, histoire d’enfoncer le clou, de déculpabiliser ceux qui n’ont pas envie d’aller voter ! Je passe sur cette journaliste qui s’obstinait à dire que les élections sont dans deux semaines, ce qui montre à quel point elle était concernée ; elle aurait pu comprendre que si les médias relayaient mieux la campagne, il y aurait eu peut-être moins d’abstentions !

Sylviane Franzetti

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