N°192 – Toulouse une république consulaire

Avr 24, 2014

« […] Reconeissi donc que laciutat de Tolosa e le borg de Sant Sarnin son exempts de quista, de tòlta, de prèst e de cavalcada comuna, a part le cas de guèrra en país tolzan.[…] »

Ramond V duc de Narbona, comte de Tolosa, marqués de Provença 6 de genièr de 1189

 

Le 6 janvier 1189,comme Gênes ou Venise, Toulouse devient une « république consulaire » qui peut être considérée comme le type le plus accompli des consulats d’Occitanie. Renouvelés chaque année, les consuls légifèrent, jugent et administrent en toute liberté. Ils promulguent des ordonnances pour organiser la police et l’entretien de la ville, pour règlementer le commerce et l’artisanat (poids et mesures, taxes, corporations). Ils prononcent les sentences en matière civile (prêts, ventes …) comme en matière criminelle (meurtres, maraudes …). Ils fixent, lèvent les impôts et gardent le trésor de la communauté.

Vers une république consulaire : la révolution de 1189

À l’automne 1188, des émeutes récurrentes entret iennent un clima t délétèr e dans les rues de Toulouse entre les partisans du Comte et ceux des consuls.

Devant la gravité de la situat ion, une négociation présidée par l’évêque de Toulous e a lieu dans l’église « Sant-Peire dels coquis », qui aboutit à une déclaration commune: le 6 janvier 1189, Raimond V abandonne toutes ses prérogatives au profit de la municipalité et ne conserve que le droit de frapper sa monnaie et celui de lever des troupes dans la ville à condition que les intérêts des Toulousains soient directement menacés, ce qui sera le cas plus tard avec Raimond VI lors de la croisade contre les Albigeois. Ains i comme Gênes ou Venise, Toulouse devient une « république consulaire » qui peut être considérée comme le type le plus accompli des consulats d’Occitanie.

Les membres élus de cette municipalité sont issus en majorité de la petite noblesse et de la bourgeoisie ma rchande ( » m e r c a t o r e s  » ). Ils constituent une oligarchie enrichie par le commer ce régional, qui cherche depuis longtemps à s’affranchir des contraintes fiscales du comte et va arracher maintenant d’authentiques libertés politiques, comme le fera, six siècles plus tard exactement, la bourgeoisie francoparisienne lors de la Révolution de 1789.

Renouvelés chaque année, ces consuls (tous égaux: il n’y a pas de maire !) légifèrent, jugent et administrent en toute liberté. Ils promulguent des ordonnances — ou « établissements » — pour organiser la police et l’entretien de la ville, pour règlementer le commerce et l’artisanat (poids et mesures, taxes, corporat ions ). Ils prononcent les sentences en matière civile (prêts, ventes…) c omme en mat ière criminelle (meurtres, maraudes…). Ils fixent, lèvent les impôts et gardent le trésor de la communauté. Leurs pouvoirs ne sont limités que par des prud’hommes, qui contrôlent les finances de la ville. Les consuls exercent auss i un pouvoir militaire important. Quand les biens et les intérêts de la bourgeoisie toulousaine sont en jeu, ils n’hésitent pas à lever une milice armée et à faire la guerre contre des seigneurs locaux. Ainsi contre Villemur-sur-Tarn, cité fortifiée à tr ente kilomètres au nord de Toulouse, à qui un traité de paix du 5 août 1202 impos e le paiement d’une indemnité de 4000 sols toulousains après une prise d’otages et la soumission au juge consulaire. Cette année-là en effet, les consuls décrètent, avec la suppression des péages et des droits sur les marchandises, la liberté tota le du transport des céréales et du vin provenant de leurs terres… ce qui ne plaît guère aux autres communautés de la région, qui en tirent de substantiels profits. D’où les nombreux c onf lits locaux qui s e concluent par une vingtaine de traités f avorab les aux Toulousains entre 1202 et 1204.

On peut dire que la « république » de Toulouse élargit sa souveraineté sur un rayon de 50 km autour de son territoire déjà vaste. Les textes parlent de la « patria tolosana », un véritable « contado » comparable aux « contadi » des grandes villes italiennes comme Florence, Pise, Gênes et Venise.

Ainsi, comme le souligne Limouzin-Lamothe dans son étude his torique sur « La commune de Toulouse et les sources de son histoire (1120-1249) », « La Commune est définitivement constituée, avec tous ses droits, et le Comte, officiellement la reconnaît ». Et il poursuit :les citoyens « assistent aux Assemblées plénières de la Commune » […]. « Les étrangers devenaient habitants et citoyens de Toulouse et étaient soumis à la juridiction consulaire par le seul fait qu’ils entraient dans la ville ». D’autre pa rt, les Juifs « jouissaient de libertés assez grandes, contrairement aux coutumes du temps. […] L’un d’eux devint même consul ».

Pour se réunir en toute quiétude, les consuls achètent en 1190 un terrain et une maison près d’une tour romaine, juste à la jonction des deux remparts qui limi-taient d’une part l’ancienne Cité romaine et le nouveau Bourg Saint-Sernin… un emplacement assez éloigné du Château Narbonnais résidence du Comte! Ils fondent là une « Maison c ommune », qui deviendra le « Capitole » au XVIe siècle. L’Hôtel de ville de Toulouse — fait remarquable — n’a donc pas changé de place depuis plus de huit siècles.

 

La commune, base de la démocratie

La période la plus brillante de la Comuna de Tolosa s ‘étendra de 1120 à 1249. Après cette dernière date, son pouvoir et son indépendanc e s er ont mis à mal pa r le nouveau comte de Toulouse imposé par Paris, Alphonse de Poit iers frère de Louis IX, dit « Saint-Louis »: dès lors, commence pour Toulouse et le futur Languedoc comme pour l’ensemble de l’Occitanie, un processus de centralisation par la monarchie capétienne, qui ne s’arrêtera plus et qui s’amplifiera avec la Révolution française, l’Empire et la République « une et indivisible ».

Aujourd’hui, la commune reste le lieu de base où s’exerce la démocratie. C’est un territoire qui a son histoire à mettre en relation avec celle du pays, autrement que par les images d’Épinal des manuels scolaires, qui nous montrent une France messianique des prétendus Gaulois aux Fr ancs de Clovis à Jules Ferry… La commune doit développer le sentiment d’appartenance à une même communauté pour les « originaires » comme pour les  » e s t r a n g i è r s  » en montrant la continuité de notre histoire vers la démocratie, depuis l’émancipation communale de nos ancêtres occitans du XIIe siècle jusqu’aux libertés démocratiques actuelles, concrét isées par le suffrage univer sel direct pour les hommes et non sans mal pour les femmes.

Le moment est venu enfin d’un a cte fort d’une décentra lisa tion véritable, qui ne se contente pas de déconcentrer quelques compétences depuis Paris, mais qui s’appuie sur la démocratie communale pour établir des « contrepoids » au pouvoir central, en même temps que devra s’affermir un pouvoir régional réel.

Georges Labouysse

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N°192 – Sortons vite du nucléaire !

Avr 24, 2014

Le 11 mars 2011,un tremblement de terre provoquait un gigantesque tsunami puis la plus grande catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl. Dans « Pièces à conviction » du 26/02/14, FR3 diffusait un reportage sur le Japon aujourdhui. La France nucléaire a-t-elle évolué en conséquence?

La mer

À Fukushima, le désas tr e s e perpétue. Les coeurs en fusion et les combustibles usés sont refroidis en permanence. L’eau récupérée s’amonc elle dans des centa ines de conteneurs fabriqués à la hâte. Des fuites non contrôlées permettent à 300 tonnes d’eau très radioactive de se déverser tous les jours dans le Pacifique.

La pêche est interdite jusqu’à 40 km des côtes et un filet en acier a été tendu dans la mer pour emprisonner les poissons contaminés. Mais l’eau suit les courants et malgré les analyses rassurantes de l’Institut japonais de recherche météorologique, les particules radioactives gagnent peu à peu tout l’Océan Pacifique.

Dans un supermarché suisse, du thon et du cabillaud qui en provenaient contenaient du césium 137 et 134, preuve de contamination par Fukushima. Les doses étaient certes en dessous des doses officielles de dangerosité mais selon la CRIIRAD, il n’y a pas de dose inoffensive, le premier rayon bêta ou gamma peut être à l’origine d’un cancer futur.

 

La terre

La population a été évacuée très tard, d’abord dans un rayon de 20 puis de 30 km. La zone d’évacuation a ensuite été remodelée selon le parcours du nuage nucléaire. Les habitants sont donc revenus dans des zones à 20 km, s oi- disant décontaminées : la terre, grattée sur 5 cm, a été mise dans des sacs noirs, empilés dans des centres de stockage, puis dans des champs le long des routes. Qu’adviendra-t-il quand les sacs se décomposeront?

Les bâtiments ont été passés au karcher mais les particules radioactives, entraînées par l’eau, ont formé des poches de pollution dans le sol. L’eau récupérable est évacuée directement dans les rivières voisines. Des appareils à mesurer la radioactivité en temps réel ont été posés devant chaque école.

Les compteurs « affichaient une radioactivité trop élévée » selon le gouvernement. N’ayant pas obtenu du fabriquant américain qu’il modifie ses normes internationales, il a installé ses propres compteurs à côté des autres. Quand le compteur américain affiche 0,9 microsievert par heure, le compteur gouvernemental affiche 0,14 microsievert, en des sous du taux officiel de 0 ,23 microsievert/h.

Le taux admissible international es t de 0,1 mic rosievert /h. Les Japonais, exaspérés par les mensonges continuels du gouvernement et de Tepco, ont formé des dizaines d’associations indépendantes pour mesurer eux-mêmes la radioactivité. Ils découvrent des taux 10 ou jusqu’à 40 fois supérieurs aux doses admissibles.

 

La santé

Les cancers de la thyroïde sont quinze fois plus nombreux qu’ailleurs. Le gouvernement a mis en place une étude épidémiologique sur les 360 000 enfants de la région mais, là aussi, prat ique la dissimulat ion. Les résultats arrivent au nom de l’enfant avec la mention « privé » ! et suivant les catégories, en cas de kystes et nodules de moins de 20 mm, l’enfant doit attendre deux ans pour un nouvel examen.

Scandalisés, les parents font appel à des médecins indépendants pour le dépistage mais se sentent tr ahis et a bandonnés dans des zones où ils ne devraient pas habiter selon les normes de Tchernobyl. « Nous sommes assassinés à petit feu » déclare la présidente d’une association d’Iwaki.

La campagne d’intoxicat ion lancée par le gouvernement japona is et r epris e à l’env i pa r les médias français tend à démontrer que les Japonais veulent à tout prix revenir dans les zones évacuées. En fait, fin 2012, la gratuité des logements pub lic s va cants pour les réfugiés a été limitée à la préfecture de Fukushima. Des abris provis oires ont été cons truits mais presque tous dans les zones contaminées. Lor sque l’État décrète qu’une zone décontaminée est désormais habitable, ils n’ont plus droit à une indemnité ni au suivi sanitaire gratuit et aucun espoir d’un logement décent. Ils sont donc ob ligés de revenir là où ils s e savent condamnés à plus ou

 

Fukushima et Tchernobyl ,laboratoires du lobby nucléaire

Fukushima a démontré qu’une catastrophe nucléaire est possible partout. La réponse des gouvernements en place est la même : impuissance, mensonge, mépris, autoritarisme. Ce qui se passe au Japon comme à Tchernobyl préfigure ce qui nous attend.

En décembre 2013, le gouvernement Abe a fait voter malgré une opposition massive de la population, une loi de Protection des Secrets d’État : il s’agit de museler la presse et les lanceurs d’alerte et surtout d’empêcher les informat ions sur Fukushima de gêner les futurs J.O.

Le 13 mars 2014, un séminaire international du lobby nucléaire s’est tenu à Paris. Sa teneur : améliorer les relations entre “experts” et populations ayant fait le choix de rester en zone contaminée, les gens doivent apprendre à « vivre sous contrainte radiologique » i n t é g r e r dans leur vie quot idienne la « radio-activité comme composante nouvelle de l’environnement ». C e travail a déjà été planifié en France par le CODIRPA (Comité directeur pour la gest ion de la phase post accidentelle).

Le ministère de l’agriculture français a également préparé des consignes pour la gestion du risque alimentaire en cas d’accident. Le Parlement européen a voté un texte dans ce sens en octobre 2013: pour les situations d’«exposition existant e », c’est-à-dire la contaminat ion persistante après un accident, nous aurons le droit de subir jusqu’à 20 milli-sieverts/an, chiffre retenu au Japon pour le retour dans les zones contaminées.

 

Si sûres centrales…

Dès 2011, l’IRSN constate une corrosion des gaines de combustibles en Zircaloy dans 25 des 58 réa cteurs. La corrosion n’a pu que s’accroître et représente un risque majeur. En septembre 2013, l’IRSN signale un défaut systémique dans les centrales de 1300 MW : le refus de fermeture des disjoncteurs, qui peut amener à la perte d’alimentation électrique, donc à l’impossiblité de refroidir les réacteurs comme à Fukushima. EDF a refusé d’en rechercher les causes. Début février 2014, le rapporteur de l’ASN devant le Parlement s’inquiète d’un problème de maintenance des réacteurs « EDF est débordé par des travaux qu’ il a lui même décidés » : délais doublés par rapport au planning initial, matériaux de mauvaise qualité, éléments montés à l’envers, pressions sur les sous-traitants.

 

Notre kwh, le moins cher d’Europe

Fin février 2 014, Greenpeace publie le résultat d’une étude commandée à l’agence Wise-Paris sur le coût de prolongation de la durée de vie de 40 à 60 ans des 56 réacteurs (hors Fessenheim). EDF a prévu un milliard par réacteur, pour Wise- Paris, ce serait 1,35 milliards pour une sûreté au niveau actuel et 4 milliards pour une sûreté équivalente aux normes post Fukushima. Or, le nouveau projet du gouvernement, initié par la patron d’EDF «ministre fantôme de l’énergie», est de construire de nouveaux réa cteurs EPR sur les sites des anciens.

Les grands travaux de maintenance des réa cteur s, pr év us à partir de 2015, coûteraient 100 milliards et il en faudrait 200 de plus pour en reconstruire autant entre 2030 et 2067. Le numéro 2 d’EDF a reconnu devant les députés que la f acture pourr ait a t teindre 2 40 millia rds . Le coût tota l de 3 00 milliards équivaut à celui de la sortie du nucléaire et son remplacement par des renouvelab les. Et n’est pas inclus le coût exponentiel du démantèlement des réacteurs et la gestion des déchets.

 

Une mort à crédit

EDF, comme Tepco au Japon, s’évertue à nous cacher des informations cruciales sur la sûreté des centrales, le prix exact du nucléaire et l’impac t d’une c atastrophe éventuelle. Les prescriptions de l’ASN et de l’IRSN sont toujours repoussées à plus tard, la loi sur la transition énergétique va devenir une « loi sur l a s tratég ie b as – c a r b o n e » (a vec la c onstruct ion d’EPR), les cr édits alloués à la sûreté nucléaire ont baiss é. Un accident peut arriver d’un jour à l’autre et le gouvernement semble l’avoir accepté. « Hollande est en train d’imposer ce que Sarkozy n’a pas pu faire , l’ irreversibilité de l’option nuc léaire en France » (Médiapart).

Sommes-nous prêts à accepter qu’un accident, ici, pollue l’Hexagone et l’Europe pendant des milliers d’années, à vivre une existence amputée des plaisirs les plus simples, à être pris comme cobayes ? Nous devons protéger nos enfants. Nous pouvons diminuer notre consommat ion d’électricité de 30%, les Japonais l’ont fait. Assez des arguments c onv enus du retour à la bougie, du risque inhérent aux technologies, le risque nucléaire est sans commune mesure, une centrale suffit à polluer un continent. Ce n’est pas dans dix ans qu’il faut arrêter les centrales, c’est tout de suite et c’est la décision que nous devons exiger des politiques, maintenant.

Danisa Urroz

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N°192 – Entre doas mars e tres montanhas

Avr 24, 2014

• Lemosin

Citoyenne dans le vent

La première éolienne citoyenne du Limousin et d’Occitanie fonctionne depuis le 21 février 2014 à Rilhac- Lastours (87). Lancé en 2003, par une CUMA de c inq agric ulteur s qui v oulaient «produire leur énergie» mais aussi contribuer au développement de leur territoire et créer un revenu supplémentair e pour c eux qui investiraient, le projet a connu de nombreuses péripéties. Aujourd’hui, « La c itoyenne », culmine à 78 m et fournira 2 Mégawat ts, soit la consommation électrique de 80 % des 5.000 foyers du canton de Nexon hors chauffage. La rentabilité est évaluée entre 8 et 10 % sur 20 ans. Cette éolienne populaire n’a pas rencontré d’opposition, les agriculteurs informant les riverains de leurs travaux. En savoir plus sur la «Ferme Éolienne des Monts de Rilhac- Lastours» : http://eol87.fr

Eymoutiers (87) : Un pôle «viande locale»

Une quarantaine d’é leveur s de l’association « Abattre et Valoriser la Viande en Limousin » veulent reprendre l’ancien abattoir d’Eymoutiers sous la forme d’un pôle « viande locale » pour «tout faire sur un même site, pour couvrir de A à Z toutes les étapes de valorisation de l’animal qu’ils ont eux-mêmes élevé». « Et comme l’éleveur est aussi l’invest isseur du Pôle, il est chez lui. Il peut entrer, observer, part iciper à la mise en colis ou même a ccéder aux espa ces de transformation froide et chaude seul ou avec des amis…». Le pôle comprendrait un centre d’ inte rprétati on (valorisant la c ulture limous ine et l’ ident ité locale), un bar à viande pour la vente directe par circuits courts. Dix emplois seraient créés. Un schéma juridique innovant permet une co-  utilisation du site par des entités publiques, comme les cantines scolaires, tout en laissant la maîtrise de l’investissement aux promoteurs du projet.

Cette plate-forme de services dédiés aux circuits courts et locaux regroupe des paysans de la Montagne Limousine (plat eaux de Millevaches et de La Coutine et Monédières), zone à cheval sur la Creuse, la Corrèze, et la Haute-Vienne. http://www.a2vl.new.fr/

 

• Miègjorn-Pirenèus

Vinovalie

Es una marca de vin que se faguèt conéisser ambe de còps de mercat ica coma lo « rosat picina » per exe m p l e . Dempuèi 2007, Vinovalie recampava quatre cooperativas viticòlas del nòrd de la region, — a saber : Tecon, Rabsastens, Fronton e Còsta d’Òlt. Fa qualquas setmanas, los conselhs d’administracion d’aquestas cavas cooperativas votèron una fusion absorpcion. Vinovalie ven una societa t agricòla potenta capabla d’exportar.

Occitane Cyclisme formation

Es lo nom d’un club novèl de bicic leta nasc ut en 2010 del re campament d’Albi, Castelsararsin e Sant Juèri. Dempuèi, M a s a m e t , Milhau e Rodés son venguts renfortir la còla que ten ara mai de 700 correires licenciats. L’objectiu del club es de venir lo primièr de la r egion a evoluar al nivèl Continental, es a dire ambe de professionals. Ambe per devisa : « L’Occitane est pleine de vie et surtout pleine d’envie », nos triga de véser los correires ambe lor polit camiset sus las rotas del Torn de França !

Macarèl a Tolosa

La societat militanta Macarèl deu dubrir ala fin d’abrial un novèl local comercial dins la capitala mondina. A qualques passes del Capitòli, al 13, carrièra del Taure, la botiga es fòrça ben plaçada. Rendrà servici als Tolosans coma a la clientèla toristica que se’n tornarà ambe un sovenir occitan a l’ostal.

Dominique Baudis

Dominique Baudis moriguèt lo 10 d’abrial passat a París. Òme de jornalisme e de television a la debuta, se virèt puèi c ap a la polit ica e foguèt conse de Tolosa, president de la Re gion M i è g j o r n – P i r e n è u s , deputat europèu per la circonscripcion sud-oèst. S’interessèt pas gaire a Occitania, levat dins dos libres istori cs consac rats als comtes raimondins. Saludam sa memòria, son engatjament desinteressat e jos de formas renoveladas, al servici de la collectivitat.

D’Artanhan

A Aush, d’Artanhan se regaudís de véser l’escalièr monumental de la vila enfins renova t. La ciutat ga scona, grand site istoric de la region, n’es encara mai polida.

Musèu Soulage

A Rodés, lo musèu Soulage consacrat al pintre conegut dins lo monde entièr dubrirà sas pòrtas al mes de m a i . Ambe una arquitectura originala, cubica e metallica, e per la qualitat de la colleccion S o u l a g e , deuriá far venir plan de monde !

 

• Lengadòc

Pèrda d’identitat : La comuna de Laguiòla brama fòrt per çò que un industrial qu’a depausat lo nom-marca Laguiole a ganhat un procès c ontra ela per gardar lo dreit d’ut iliza r la denominacion. La proposicion dels occitanistas es simpla : utilisatz lo nom occitan « La Guiòla » !

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N°192 – Affaires oligarchiques et alternatives démocratiques

Avr 24, 2014

Au moment de la mise en place duplan d’austérité, la révélation par Mediapart des frasques d’Aquilino Morelle, conseiller de F. Hollande et proche de M. Valls, font désordre. L’écart se creuse d’une manière générale entre des populations paupérisées et certaines élites qui, au sommet de l’État, perdent le sens de l’intérêt général.

Si le syndrome Cahuzac est typique d’une gauche c aviar, qui cumul e à l’ échelle individuelle conflits d’intérêt, fraudes fiscales et train de vie déplacé, les cas enregistrés à l’UMP revêtent un caractère de gravité accru, impactant de manière significative les affaires publiques. Dossiers Bettencourt, Karachi et Lybie, affaire du Crédit lyonnais, affaire Copé : cette actualité politico-financière s ‘est imposée récemment à la une des medias et à l’agenda des tribunaux.

Le parasitisme de l’oligarchie, organisée autour du parti-État UMP, a été mis à jour sous des modali tés divers es : financement des campagnes président iell es de 2002 et de 2007, fraude et évasion fiscales, atteintes au s ecret de l ‘instruction grâce à la compli cité de hauts fonctionnaires de la police et de la justice, enregis trements clandestins de l’ancien président Sarkozy … Les juges sont à la manoeuvre pour endiguer les a bus de c es dét enteurs de pouvoi rs électifs et de leur entourage clanique. Depuis l’élection interne de 2012, la crise d’encadrement de l ‘UMP est symptomat ique d’un tournant de la 5e République. Elle est à la mesure du degré de corruption atteint par l’exercice bonapartiste, celui de privilèges résultant de la collusion des pouvoirs et de la gestion des rés eaux françafricains . Aut ant de métastases d’un cancer qui risque de se généraliser et dont les peuples, français et du Sud, font les frais.

La culture de l’impunité

Pourquoi cette actualité a-t-elle été gommée dans la campagne électorale, certains barons délinquants ayant même été réélus dans des proportions indécentes et l’UMP remise en selle quasi triomphalement ? La faute à une culture de l ‘impunité en régime de monarchisme républicain : de même que les procès ELF et l’Angolagate ont ét é voués à l’échec, de même ces délits ne sont pas pour l’instant sanctionnés, à la différence des cas isolés notés au PS, épinglés par la vox populi et ce parti. Polémiques et tergiversations ont été alimentées de manière à enrayer le cours de la justice. À en juger aux résultats des municipales, le FN a récupéré cette manne médiati cojudiciaire; l’abstentionnisme record est un autre effet collatéral, signe d’une crise du système politique tout autant que de la sinistrose économique. Inculpé pour diffamation, le Syndicat de la Magistrature est lui-même dans la tourmente.

La gauche critique, assez silencieuse sur ce dossier, a intérêt à mobiliser ses forces ; de son inves tissement notamment, dépendent la cl arifica tion des enjeux et l’ issue de ces bras de fer. Il r est e à maintenir un a cqui s fragi le, l ‘évict ion du parti de la bourgeois ie nat ional e des levi ers principaux du pouvoi r. C’ es t un fai t s ignif icat i f à l ‘échelle d’une Union européenne en reflux politique, que ce soit en Espagne, au Portugal, en Grande Bretagne… Au delà de la lutte pour la justice sociale (le refus du « deux poids deux mesures » sur les plans fiscal et judiciaire), la démocratisation des institutions républicaines, l e cont rôle populai re de l eur ges tion consti tuent un impérati f s tratégique. Cet te démarche amène à repenser les catégories de représentation et la question de l’État-nation, et ceci en particulier dans le contexte de l’Union européenne.

En réponse à une délinquance d’élite qui s’accroît du fait de la financiarisation et de la concentration accrue car mondialisée des pouvoirs politiques et économiques, en réponse également à un populisme réactionnel et régressif sur le terrain, il s’agit de pérenniser et de transmettre une culture politique, fondée sur le respect des mandats et des services publics, de l’indépendance de l a jus tice et de l’application de ses lois et décisions.

Il y va aussi de la réhabilitation des relations de la France avec ses anciennes colonies, qui fasse le deuil d’une tradition impériale sans équivalent en Europe. Dans cette perspective, devraient être revis itées les prérogatives de la haute administ ration dont cel le de l ‘armée récemment mise en cause.

Dans une lettre ouverte, de j eunes offici ers du mouvement Marc Bloch demandent l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire, ciblant « le lobby « du comple xe militaro-industrie l », qu’ils accusent d’être responsable de certaines des orientations budgétaires qu’ils dénonc ent, et auquel le Parlement doit « imposer des choix stratégique s ». Ain si que la « gab egie du pyramid age des offici ers »… »[ 1 ] C e t t e démarche fait sens dans une période de précarité subie par le plus grand nombre.

Les cultures sources de régénération démocratique et morale

En amont, les éléments de résolution apportés par le fédéralisme doivent être pris en compt e. Il est bien vrai que le centralisme est source de corruption, et qu’une gestion plus proche des citoyens et davantage contrôlée peut a contrario protéger les t erritoires des abus des lobbies parisianis tes . À ce propos , les réformes envis agées par les pouvoirs publi cs — r éduct ion du nombre de régions, suppression des départements, métropolisation — restent ambivalentes : la réalisation d’économies, qui est l’objectif affiché, risque de se faire au détriment des zones rurales et périphériques.

À rebours de l’économisme ambiant, — autre cause de la corruption d’élites gestionnaires —, la reconnais sance des cultures cons titutives du pays est une condition sine qua non de la régénération démocratique. Il faut rappeler sans relâche que les valeurs républicaines en sont les hérit ières et que pour leur pl eine activation, ces forces vives — et notamment la culture occitane —, doivent être défendues et promues. C’ est sur des bases assainies de cet ordre que peut être négocié un contrat remobilisateur et plus favorable à la majorité des citoyens.

Martine Boudet

[1] Sa lomé Legrand (France -info, 6/03/2014): De jeunes officiers dénoncent une gabegie au sein de l’armée

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N°192 – On bouche les puits, mais pas tous !

Avr 24, 2014

Lacq, c’est un village qui a vu se construire dans les années cinquante une ville, Mourenx, rien que pour loger les employés de la Société Nationale des Pétroles d’Aquitaine (SNPA). Une vitrine cette ville nouvelle, bâtie rapidement. C’était la quintessence du progrès et de la modernité.

Le gisement devait être épuisé en 1990 mais on avait développé des techniques pour aller chercher plus de gaz et en laisser moins dans le sous-sol. On a donc prolongé jusqu’en 2013 l’exploitat ion et Mourenx est devenue une ville presque comme les autres. Officiellement , il y avait , au moment du pic , 10 000 emplois industriels. Il en resterait 7700 aujourd’hui alors que Total n’emploiera bientôt plus que 50 personnes et seulement pour boucher les puits, jusqu’en 2018.

C’est vrai que Lacq a attiré de la chimie, mais pas la plus fine et la plus propre. C’est vrai aussi que si Total a mis un peu d’argent elle a su faire payer les collectivités pour la reconversion. Arkema, Abengoa, Toray en profitent.

Pour utiliser le gaz res tant (300 000 mètres cubes par jour) on a créé « LCC30 » pour Lacq Cluster Chimie 203 0. Cinq puits vont continuer à fonctionner. Un peu plus de 150 millions d’euros ont été investis par Total qui n’a pas tout payé ; les collectivités ont aussi un peu mis la main à la poche.

Total, dont les bénéfices étaient g igantesques ( 10 à 12 milliards d’euros dans les dernières années) n’a pas fait l’effort du siècle mais elle a su aussi faire du marketing. Par exemple en vendant comme une réalisation écologique majeure, la réinjection de CO2 (5 0 0 00 tonnes, donc une babiole) dans un ancien puits sous les vignes de Jurançon. Sans parler de l’implantation sur l’ancien site gazier du japonais Toray qui va faire du PAN ( à Lacq , Tora y fa briquer a lamat ière première de la fibr e de carbone, le polyacrylonitrile) pour l’aéronauti-que. Ce seront environ 85 emplois.

Quant à Arkéma c’est de la thiochimie, et aussi des nano-particules dont on ne sait pas si elles seront la révolution que certains espèrent ou un futur problème de pollution à la mesure de l’amiante.

En tous cas, en ce domaine, les débouchés industriels semblent compromis. Abengoa enfin, s’est lancé dans les agrocarburants à base de céréales. C’était annoncé comme de la pure activité écologique… on sait ce qu’il en est quand on transforme en carburant ce qui peut servir à nourrir les hommes. De toute façon, à ce jour, c’est l’euphorie et le premier ministre devait venir en cette fin novembre 2013 pour visiter une reconversion industrielle exemplaire.

Ceux qui disent que tout ne va pas pour le mieux et qu’il existe des problèmes ne sont pas les bienvenus.

Total exonéré d’impôts

Le député socialiste local a eu l’idée étrange de demander l’exonération pour Total de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP). Le fait de renvoyer dans le sous-sol (dans les puits inactifs) des résidus chimiques ne serait pas une activité polluante. Le député local, soucieux certainement de garder de bonnes relations avec l’industriel expliqua à l’Assemblée Nationale que ce n’était que de l’injection « d’ eau salée ».

Pourquoi avoir besoin d’envoyer de l’eau salée à 3000 ou 4000 mètres de profondeur ? mais l’argumentaire du député a dû plaire à la majorité de droite de l’époque, qui a voté l’exonérat ion : 4 millions d’euros. Quant à Arkéma, en 2011, elle a rejeté 113 tonnes de tétrachlorure de carbone, qui lui sert de solvant.

Ce produit hautement toxique estun « tueur » de la couche d’ozone des plus redoutables. La totalité des rejets autorisés dans l’U.E était de 17 tonnes pour la même année. L’information n’est sortie qu’en juin 2013, grâce au travail d’une association qui a fouillé pour trouver des informations qui allaient rester secrètes.

Pour ne pas affoler la population, sans doute, qui de toute façon ne peut pas comprendre. .. c’est connu. Il faudrait rajouter le déraillement récent de deux wagons de chlore de 50 tonnes chacun sur une voie industrielle privée. Personne n’ose imaginer ce qui se serait passé s’il y avait eu des fuites.

Peu d’émotion et pas d’information pour le public. C’est la fameuse « culture du risque ». Mais s’il n’est pas question de dire que l’industrie chimique doit dispara ître (de toute façon, elle irait ailleurs et là où les exigences environnementales sont encore plus sommaires ), il est nécessaire de mettre en place dans l’après-Lacq une véritable organisation transparente, une information claire sur les risques. Mais, en temps de crise, que ne sacrifierait-on pas au nom de l’emploi ?

Comme si c’était les emplois ou la sécurité, les emplois ou la transparence ! Certes le gaz en Béarn a créé une acceptabilité hors-norme du risque industriel. Mais est-ce l’héritage le plus posit i f ? On pourrait ouvrir une nouvelle ère, après celle ouverte le 19 décembre 1951 par le jaillissement du gaz dans la vallée du Gave de Pau ?

David Grosclaude

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