Lo Cebier 135 – Orange

Déc 18, 2013

Nous connaissons en Provence la situation de tension que le maire d’Orange fait peser sur notre camarade Anne-Marie Hautant, conseillère municipale et vice-présidente du Conseil régional. Menacée d’expulsion du dernier conseil municipal,  (« qu’on la sorte », « elle est folle », « qu’on lui mette une balle dans la tête »), la presse régionale et même hebdo-nationale ont fait écho à ces insultes et menaces graves à l’encontre d’une élue qui remettait en question la gestion de dossiers sensibles pour la commune. Dans ce cas, comme dans celui de Christiane Taubira, il n’y a pas eu de condamnation (au moins morale) de la part de la majorité, sinon tardive pour la seconde, absente pour la première. Après tout, cela ne s’invente pas, il ne s’agit que d’une conseillère municipale dont l’action n’a pas le même écho politique pour l’équipe en place à Paris…

La réponse à cette situation, A-M Hautant l’a faite en cohérence, au juste niveau politique, dans sa déclaration officielle : elle conduira une liste d’union élargie, faisant appel à l’ensemble des citoyens orangeois. Une façon de dire, au-delà du bazar bompardien, que l’avenir de la commune est à construire ensemble et qu’elle prend avec son équipe cette responsabilité. Ni les pressions, ni les menaces ne transgresseront l’intérêt général : ni celui des citoyens des cités ni celui du centre-ville. On aimerait que beaucoup d’élus confrontés à cette situation réagissent de la même manière. Bompard le sait : avec cette opposition conséquente, il n’est pas au bout de ses peines !

Ne saber mai / En savoir +

Lo Cebier 135 – Rotge, verd, jaune… : L’as pagat lo capéu ?

Déc 18, 2013

Pour comprendre quelle fièvre aurait soudainement saisi nos amis Bretons, il faut aussi et avant tout s’interroger sur l’histoire de la Bretagne. En ce sens, rappelons que les interrogations et interprétations, hors contexte sont particulièrement hasardeuses voire dangereuses. Les analyses faites, après une énième percée de l’extrême-droite en Provence, par des pseudos spécialistes du vote extrême qui ne se penchent pas une seule seconde sur l’histoire de cette région sont, disons-le, tout simplement discriminantes. Aussi nous devons nous garder de tout jugement simpliste. Pour ces raisons les lignes qui suivent sont aussi interrogatives.

Je suis favorable à l’écotaxe et pour faire payer les camions comme les transporteurs. Mais personne ne peut oublier le climat dans lequel ses mesures sont prises. Si les impôts et taxes étaient fléchés en direction des services publics, de l’éducation, la culture, ces prélèvements seraient vraiment à soutenir. Mais payer pour rembourser des banquiers, avec un recul des services publics, une carence grave du système de santé, des inégalités sociales comme territoriales qui se creusent, une absence de politique culturelle, une éducation qui ignore nos langues, c’est très compliqué. Rajoutons une crise multi- formes qui jette des familles entières et beaucoup de jeunes, comme de petits retraités dans le désespoir, les ponctions deviennent encore plus rudes et la situation pourrait devenir insurrectionnelle.

 

   Des contradictions et une revendication : vivre au pays !

Après, qui peut ignorer que les transporteurs routiers, le MEDEF, la FNSEA, grands pollueurs et exploiteurs, sont aussi derrière ce combat des bonnets rouges? Qui peut ignorer que l’idéologie libérale, anti-impôt et donc anti-redistribution, anti-solidarité, est aussi et depuis toujours dans ce type de luttes ? Il n’empêche : la colère de celles et ceux qui n’ont pas d’emploi ou qui le perdent et à qui on demande toujours plus est aussi très largement compréhensible. Il n’empêche qu’en matière de boucs émissaires, et même s’il faut dénoncer toute désignation, il reste qu’il est préférable de s’en prendre aux portiques et à l’éco taxe plutôt qu’aux Rroms.

Alors oui, dans les bonnets rouges il y a certainement des tas de choses à rejeter. Mais il existe aussi, dans ce mouvement, une vraie volonté de prendre en main son destin, de vivre, et parfois survivre, au pays. Quand nous menons certaines luttes contre l’implantation de routes ou de voies nouvelles combien d’acteurs de ces mobilisations viennent avec l’insupportable et souvent égoïste sursaut du  « pas dans mon jardin ». Mais n’est-il pas de la responsabilité de l’écologie politique, du régionalisme de globaliser ces bagarres et de les inscrire dans un mouvement de résistance, non pas localiste mais  du local au global ? Pour les « bonnets rouges » il s’agit aussi de cela et nos amis de l’Union Démocratique Bretonne, qui sont dans cette bagarre, ne pensent pas autre chose.

En écho à ces bonnets et pour recycler cette dynamique, comme un ailloli qui aurait pris, les amoureux des transports publics et collectifs ont changé de couleur, du rouge au vert. Et la question éminemment sociale et écologique, et donc durable, d’avoir une TVA réduite pour les transports en commun a été ainsi posée avec force. Des pétitions, soutenues avec enthousiasme, ont circulé sur le Net. Comme quoi il doit être aussi possible de porter un bonnet rouge comme un bonnet vert. Enfin rappelons que d’autres couleurs, plus corporatistes, comme le jaune des compagnies et de ceux qui revendiquent le « libre choix » d’une mutuelle et veulent mettre à plat ou à terre le système de sécurité sociale, tentent aussi la récupération.

 

 Pour conclure sur ces questions de fiscalité, une réponse globale est effectivement nécessaire. Sera-t-elle apportée par l’annonce premier-ministérielle de bouleversement total ? On peut, eu égard au spectacle que nous ont offert ces premiers mois de mandat, légitimement en douter ou pour le moins nous interroger ! Gageons, et nous nous engagerons pour, qu’il n’appartiendra pas toujours aux mêmes d’être les moutons sur lesquels a été tondu la laine des bonnets. Nous ne serons pas les seuls payeurs des chapeaux!

 

                                                                                              Hervé GUERRERA

Ne saber mai / En savoir +

Lo Cebier 135 – Quauques aspects tecnìcs e politìcs dei centralas « renovelablas »: per contuniar lo debat.

Déc 18, 2013

La question de l’implantation de centrales éoliennes ou photovoltaïques est trop souvent placée sous l’unique approche paysagère. Or, de deux choses l’une: soit il est nécessaire de recourir à cette production, soit pas. Dans l’affirmative, aucune zone ne devrait être exclue de ces implantations industrielles: ni les parcs régionaux ou nationaux ni la région marseillaise ni la région d’Arles.

   Mais le problème est ailleurs …

La production d’électricité à partir du soleil ou du vent présente en effet le défaut majeur d’être intermittente. Et le fonctionnement de ces installations est de l’ordre de 20% du temps. Par conséquent, il faut bien compenser les 80 % du temps où ces installations ne produisent rien. Et là, on entre dans le champ politique! Car Il n’y a que deux solutions: soit notre société continue sur ses schémas de consommation actuels et alors, il faudra construire toujours plus de centrales thermiques (à charbon ou au gaz), soit nous évoluons dans nos comportements pour aller vers une décroissance maîtrisée de la consommation énergétique. Au passage, il faut bien comprendre que ces énergies renouvelables ne sont pas techniquement reliées aux centrales nucléaires. En effet, la production d’électricité d’origine nucléaire ne peut pas être modulée à la demande sur des temps très courts ; or, quand le vent s’arrête, il faut bien continuer à alimenter les gens en électricité et la seule installation capable de répondre à la demande avec un court temps de réaction est la centrale à charbon ou à gaz. Voilà pourquoi centrale éolienne est synonyme de centrale à charbon et pas de centrale nucléaire. Mais tout ceci ne serait plus une difficulté si nos consommations d’électricité baissaient de façon drastique.

Par ailleurs, ces questions d’énergie renouvelables intermittentes ne peuvent se résoudre efficacement qu’en modifiant la philosophie actuelle de distribution de l’électricité: la production locale d’électricité par ces moyens doit être consommée prioritairement sur le niveau local et le surplus éventuel, envoyé sur un réseau régional.

   On voit donc que de vrais choix de société devraient présider à l’implantation de centrales « renouvelables ». La politique énergétique des gouvernements français de droite ou de gauche n’est malheureusement pas une politique de visionnaire et continue à courber l’échine devant le lobby nucléaro-pétrolier. C’est en partie ce qui explique le rejet massif par la population d’implantations industrielles dans nos campagnes, car elles ne sont (pour l’instant) qu’un saupoudrage dépourvu de cohérence politique.

Si la politique énergétique avait une direction claire d’aller vers moins de pollution, vers moins de consommation et à plus long terme vers moins de nucléaire, les populations accepteraient sans doute mieux que les paysages soient modifiés pour contribuer au bien-être de la planète et de tous.

 

                                                                                                                             Pascal RECOTILLET

Ne saber mai / En savoir +

Lo Cebier 135 – LO BILHET DE JOAN PAU MARTIN

Déc 18, 2013

Lo biais de viure de 40000 Bedoïns es amenaçat dins lo desert dau Neguev. Encara un còp tornem en Israèl. Encuei Emili Baujart de RFI nos mena dins lo desert dau Neguev. La premiera persona vista es THABET ABU RASS que ditz : «  Imaginatz un pauc lo governament françès que demanda a sei paisans de laissar sei terras e d’anar s’istallar à Paris? Perseguís : « Avètz tres ans per lo faire, se lo fasètz pas, saretz desplaçats  per fòrça! »

Thabet Abu Rass es un arabi israelian. Se bolega per faire cancelar una lei en discutida davant lo  parlament israelian que vòu desplaçar 40000 Bedoïns dau sud dau pais devèrs lei vilas nòvas. Sariá adonc lo pus grand desplaçament de populacien en Israêl despuei leis annadas 50. Aquela lei sariá la mòrt dau biais de viure dei barrutlaires.

 

Dins lo desert i a doas categorias de Bedoïns : aquelei qu’an acceptat d’anar viure en vila dins leis annadas 70 e aquelei que son restats. Aquelei d’aquí son quasi 60000 e vivon de  l’abaliment dei cabras e dau fedam. Un biais de viure aparat per Khalid Al-Amour que resta dins un vilatge amenaçat d’èstre prefondit. « Ma famiha resta aquí despuei mai de set generaciens, siam ben ente siam, e volèm restar aquí per aparar nòstrei valors. » Encuei trenta cinc vilatges bedoïns son agachats come illegaus per Israèl : per aquò an pus ges de servici public, ges de rotas, pas d’aiga, ges d’esclairatge, pas d’escòla, una vida en fòra, estent que lei Bedoïns son de cuitadans israelians. Thabet Abu Rass pensa que lo govern a dejà tirat son plan en refortissent l’identitat judieuva de l’Estat.

Encuei lei 200000 Bedoïns representan 30% de la populacien dau Neguev e tenon 5% dei tèrras. Lo projèct demeniriá l’espaci a mens de 2%. Doron Alenog coordòna lo projèct per lo premier ministre : « s’agís de tractar emè lei Bedoïns e de li donar de sòus ! » Mai l’ofèrta es limitada dins lo temps, un còp la lei votada. Bensai en 2014, lei Bedoïns auràn un an per acceptar ; a tèrme perdràn sei drets, en retorn lei terras saràn confiscadas.

Ne saber mai / En savoir +

Lo Cebier 135 – LA MUDANCA DAU CEBIER

Déc 18, 2013

Nòstra letra occitanista es arribada a la crosiera : pensar son  alargament e son refortiment coma tota publicacion que tòrna soscar a son desvolopament. Lo CEBIER dempuei abrieu de 1990 a gratat camin amé sei mejans pichòts per informar son lectorat e durbir lo talh d’ una informacion provençala critica e partejada. Sensa pretencion, ambé la participacion de collaborators bontós e un malhum minimòm de legeires actius.  Avèm fach nòstre travalh bi-mestriau amé nòstra consciéncia de sòcis que sabon pro que tot se ganha ò se perd dins la durada. E la durada se confond de còps que i a amé lo travalh a vista e a portada… Constat clarvesent que devèm faire.

Lo bilanç, l’avèm fach : contunhar ambé nòstrei cinq cents abonats e correspondents cada dos mes, tornar mandar una soscripcion cada dos ans (la darriera es tras que positiva), demandar de contribucions escrichas e d’informacions micro-regionalas que son pas totjorn en retorn çò qu’esperaviam ò tornar pausar la question de la premsa militanta occitanista d’ara amé son impacte locau-regionau e son biais de contactes pròpris ?

La causida l’avèm facha dins lo sens d’un alargament ambé la revista OCCITANIA-Volèm Viure al/au País qu’es lo periodic dau Partit Occitan. Non sensa remembrar nòstra revista deis annadas uèchanta, Occitània Encuei, qu’aviá seguit la mema dralha  de fusion ambé Volèm Viure Al País, l’organ dau moviment d’aquesta temporada, per despareisser au còp. Camin estrech de nòstra premsa benevòla a la tauvera…

Per faire lo ponch de nòstreis escambis ambé lei responsables d’OCCITANIA, vos asseguram que la causida non siguèt aisada. N’es estat discutit un protocòl d’acòrdi avans l’estiu :

  – Lo CEBIER  contunia sus siès a uech paginas dins la revista, amé la collaboracion de la còla actuala que desira s’alargar amé vautrei. Serà anonciat dins lo numerò de Genier de 2014.

  – Leis abonaments corrents son seguits per OCCITANIA fins qu’a l’agotament.  

  – Una formula Internet serà mesa a l’assai, en ligason amé lo site regionau de Region Provença. Veirem ben se la còla actuala es lèsta de prendre la seguida d’aquela formula nòva.

Tot aquò per vos dire qu’avèm pesat dins la negociacion per faire aqueste prètzfach dins  una cèrca consensuala per cadun dei sòcis de Region Provença, tant de sei legeires coma dei legeires d’OCCITANIA-volèm viure al/au país. L’escomessa deurà èstre confiermada.

Gramacejar totei lei legeires e correspondents que dempuei vint-e-tres ans an aduch sa pèira au clapier, a l’Ostau occitanista de Provença. Per anar cotria e contuniar.

                                                                                                           LO CEBIER

 

 

F Lo Cebier, la letra occitanista de Provença que vous lisez  depuis les années 90, continue son travail d’information et vous en donne plus ! 

A compter du prochain numéro, le n°136, votre journal préféré, sera intégré en pages intérieures dans la revue Occitania. Vous êtes abonné au Cebier, pas d’inquiétude ! Vous recevrez Occitania et retrouverez, avec les mêmes contenus et la même volonté de l’actuelle équipe de rédaction de vous faire partager informations, analyses et propositions, votre « jornalet provençau».

Vous lirez, sur 8 pages, vos rubriques habituelles et vous aurez, en plus, accès à tous les articles de la revue Occitania. Un bandeau sur la couverture d’Occitania annoncera, à chaque numéro, la présence du Cebier, page X. Il ne vous restera plus qu’à vous ruer sur votre lecture favorite !

L’équipe du CEBIER

Ne saber mai / En savoir +
Le site utilise des cookies pour son bon fonctionnement. En poursuivant l'utilisation du site, vous acceptez cette utilisation des cookies.
Accepter