Les bergers et l’ours en Béarn

Déc 31, 2018

Marc Peyrusquet et Mireille Bonhomme sont bergers transhumants depuis plus de trente ans en Béarn et vallée d’Aspe. Ils sont à la tête d’un cheptel de 160 brebis et une cinquantaine de chèvres. Dès la fin mai, ils montent leur troupeau en vallée d’Aspe et ils redescendent pour le 1er novembre.

Leurs bêtes ont deux lieux d’estives qu’elles occupent successivement. Le premier est situé au dessus de Bedous, à la cabane de Casteruch et l’autre, qu’ils rejoignent à partir de juillet, se trouve au dessus d’Etsaut à la cabane de Cap de Guerren. Marc garde le troupeau et fabrique le fromage tandis que Mireille assure l’intendance et la vente du fromage.

De plus, ils embauchent un ou une salarié.e.s pour le muletage ainsi qu’un.e aide-berger.e pour garder les troupeaux confiés par les éleveurs de la vallée.

J’ai accompagné la transhumance qui part de Casteruch et arrive à Arbus. Soit une cinquantaine de kilomètres à pieds et j’ai posé quelques questions à Mars lors d’une pause.

Thérèse : Marc, tu vis pendant 6 mois en estives, à Cap de Guerin et Casteruche avec ton troupeau de chèvres et de brebis, dis moi, comment peut se passer la cohabitation avec l’ours ?

Marc : Avec l’ours ou avec les anti-ours ? Parce qu’avec les anti-ours, c’est plus difficile, parce que rien n’est prévu dans le cadre de la cohabitation.

La cohabitation avec l’ours, est possible. Ça c’est toujours fait.

T. Est ce que tu as vécu des attaques d’ours ?

M. Oui et il est toujours repartit sans rien. Parce qu’il y avait le berger avec le troupeau, les brebis pas loin de la cabane, et les patous.

T. Les deux cabanes où tu réside, font partie de la « zone de prédation de l’ours » , est ce qu’il y a des aides en cas d’attaque d’ours ? Il y a des subvention pour l’achat des Patous?

M. Oui comme toutes les professions, la notre aussi est subventionnée. Il y a des impôts direct ou indirect. Ensuite, l’état répartit les aides.

Les subventions agricoles sont là pour palier au manque de main d’œuvre et aux prix agricoles qui ne montent plus depuis 20 ans.

Dans le cadre de la cohabitation avec l’ours, il y a beaucoup d’aides qui sont là pour le maintien de la biodiversité et aussi pour maintenir l’activité pastorale dans les montagnes.

T. S’il n’y avait plus d’ours dans les Pyrénées est ce qu’il y aurait toujours des bergers, est ce qu’il y en aurait plus ?

Je ne sais pas mais nous on y serait toujours, c’est un métier que tu fais par choix, avec ou sans ours, on s’adapterait.

T. Vivre en montage de son travail, c’est de plus en plus difficile. Surtout quand on est en estives on est pas en bas. Certains éleveurs disent qu’ils ne peuvent pas être en estive et en bas à vendre leurs produits.

M. Il faut différencier les bergers et les éleveurs. Nous on est bergers, on garde nos brebis et en plus on garde les brebis des éleveurs qui sont en bas. Ils nous confient à nous leur bêtes et ils nous payent. Le problème c’est les éleveurs qui laissent leur brebis toutes seules sans gardien et là c’est des proies faciles pour l’ours.

T. C’est ceux là qui sont plutôt anti-ours ?

M. oui

T. pourtant il y a des subventions pour payer des bergers, surtout en zone de prédation de l’ours : 80 % du salaire du berger est pris en charge. Ils ne veulent pas embaucher des jeunes pour garder leur troupeaux ?

M. Ça il faut leur demander à eux. Pourquoi ils ne les prennent pas ? il faut leur demander à eux.

Il y en a qui prennent les aides et qui sont quand même anti ours.

T. S’il n’y a plus d’ours, il n’y aura plus les subventions et ce sera de plus en plus difficile de vivre en montagne.

M. Oui pour eux, nous on s’adaptera.

M. Le gros problème de l’agriculture c’est la transmission des fermes. Aujourd’hui, Il y a 4 paysans sur 5 qui ne reprennent pas la ferme. Ça fait 10 ans que ses aides sont versées, par exemple les aides à l’emploi. Nous, depuis 10 ans on a permis a deux jeunes de s’ installer.

M. L’avantage pour nous berger, c’est c’est la présence sur l’estive.

Un éleveur va lâcher ses brebis et elles vont aller de suite « au meilleur », c’est à dire en haut.

Le bas va continuer à pousser et se « refermer ». Nous, les bergers en estive, on essaye de mettre un maximum de brebis dans un endroit et on fait tourner. On les fait pacager à divers endroits et on rend service à la commune en entretenant la montagne.

Les aides agricoles, c’est un contrat, il y a des obligations. On peu les comparer au RSA ou au chômage.

T. Les syndicats agricoles qu’est ce qu’ils en disent de ce sujet ? Je crois que tu es à la confédération paysanne ?

Ce qu’il faut savoir c’est que l’ année prochaine, il y a des élections à la chambre d’agriculture. Alors ça monte un peu et il y a des rapports de forces qui s’instaurent.

A la confédération Paysanne nous sommes les plus démocratiques . En Béarn à la dernière réunion, on était 17. Il y avait 3 anti ours et 15 pro-ours. On a décidé de rester neutre pour respecter les opinions de chacun. Si les autres syndicats avaient fait pareil ce serait plus calme.

T. Est ce qu’il y a une opposition entre les agriculteurs natifs de la montagne et des jeunes « néo-ruraux » qui veulent devenir berger ?

M. Je ne crois pas que ce soit ça le problème : je connais des anciens d’ici, qui sont pro-ours et des jeunes récemment arrivés qui sont anti-ours.

T. Comment tu vois l’avenir avec les deux nouvelles ours qui sont dans le secteur où vous êtes?

M. J’espère qu’elles sont pleines. Si elles ont des petits, elles ne seront pas saillies par les deux ours d’ici.

M. Notre préoccupation à nous c’est pas l’activité des ours, c’est la cohabitation avec eux. Il y a des spécialistes qui s’en occupent.

On s’accommode de ce handicap et on le transforme en plus-value.

Pour utiliser une image : c’est un peu comme si tu est dans un endroit avec des ronces, soit tu mets du roundup soit tu y mets une chèvre et tu tire son lait.

T. C’est une belle image, Merci.

Pour compléter cet entretien, je rajoute un extrait d’article que Mireille Bonhomme a donné à la revue Bigorre Mag du mois de juillet 2018 :

« Bigorre Mag : « Mireille, que pensez vous le l’introduction des deux ourses ?

Mireille : C’est une bonne chose, mais il aura fallu du temps pour que les bergers favorables à la réintroduction puisse le dire ouvertement. Cependant, certains d’entre eux n’osent toujours pas approuver publiquement cette décision, tant la pression est forte de l’autre coté.

B.M. En quoi est-ce un atout?

Mireille : Il faudrait que les éleveurs se rappellent d’où viennent les subventions pour le portage et le gardiennage. Elles sont directement liées à la présence de l’ours.

B.M. La cohabitation est elle possible ?

Oui car ici la tradition veut que l’on pratique la traite en montagne et la garde des troupeaux. Passer tout l’été en cabane permet d’entretenir les pâtures car on fait circuler nos bêtes et puis nous sommes sur place pour les soigner. »

Après l’entretien avec Marc, Mireille rajoute que «  parler de l’ours,
ça évite de parler de sujets qui fâchent, comme le maintien du Glyphosate ….
le gouvernement n’est absolument pas respectueux de la terre, mais il s’occupe de la réintroduction des 2 ourses, uniquement par ce que depuis 20 ans qu’on devait remplacer les 2 femelles mortes,
l’Europe est au bord de la sanction financière !!
je ne me fais aucune illusion sur les raisons de faire enfin, mais puisque c’est fait, maintenant il faut voir comment tous les paysans peuvent cohabiter avec les ours, en restant paysans. »
Mireille

Avant la réintroduction des deux ourses début octobre 2018, il y avait une quarantaine d’ours dans la partie centrale des Pyrénées et seulement deux mâles dans la partie occidentale de la chaîne.

La survie de l’espèce était donc menacée. Le plan d’action ours brun 2018-2028 devait répondre à plusieurs enjeux étroitement liés :

– l’amélioration de l’état de conservation de la populations ursine

– l’accompagnement des activités humaines en présence d’ours

– la patrimonialisation de l’espèce en tant qu’élément parmi d’autres du patrimoine naturel et culturel Pyrénéen.

Le dossier de demande d’autorisation d’introduction de deux ourses dans les Pyrénées Atlantiques élaboré par l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ONCFS a été mis à la disposition du public depuis le mois de juin 2018.

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Université d’été de la fédération Régions et Peuples Solidaires

Nov 10, 2018

   De nombreuses interventions et débats ont marqué cette 24ème université de R&PS en Pays Basque, avec la participation de plus de cent délégués des régions venus d’Alsace, Pays Basque, Bretagne, Catalogne, Corse, Moselle, Occitanie, Savoie, en présence du maire de Bayonne. Organisée par les militants de Eusko Alkartasuna, cette université d’un haut niveau de réflexion a vu intervenir des personnalités progressistes du monde politique et des journalistes. Le tout couvert par FR3, des télévisions et radios locales-régionales.

  • Repenser concrètement la politique des territoires

Dans le cadre des futures élections européennes, un débat sur la politique territoriale s’imposait. Pour ce que veut la fédération face  « girondisme » d’annonce présidentielle qui se renforce de silences et d’autoritarisme sur toutes les questions venues des territoires. Questions posées sur la démocratie territoriale, restées sans réponses. Que ce soit au niveau législatif (J-Ph. Acquaviva, P. Molac), au niveau de l’autorité territoriale corse (G. Simeoni) ou encore au niveau européen (F. Alfonsi, ALE), les constats convergent sur la stratégie de l’Etat : refus d’aborder la révision constitutionnelle à la rentrée, le but étant de renforcer encore plus l’Exécutif ; segmenter les discussions et revendications pour affaiblir l’expression de la démocratie ; refuser d’aborder les questions de fond (autonomies, fédéralisme, confédéralisme). Le constat qui s’impose pour la Corse – « Faire la Corse sans les Corses »- vaut pour l’ensemble des régions aux identités culturelles fortes de l’hexagone. La constitutionnaliste W. Mastor (université de Corti) insiste sur cette idée de la constitutionnalisation du droit local et de la possibilité  d’un statut hybride reposant sur une collectivité à statut particulier (art. 74). Dans toutes les formes d’affirmation d’une spécificité territoriale et d’un droit local dérogatoire (Alsace), le but de l’Etat est bien de répondre au niveau constitutionnel central. On est loin de la berceuse susurrée du « Pacte girondin »…

Comment répondre ? Face à ce refus de dialogue, la fédération ne peut trouver de solution qu’en renforçant le rapport de force avec l’Etat et en se rapprochant : à chacun de poser ses revendications pour renforcer les convergences.

  • Une Europe différente de cette constitution interétatique néo-libérale

Débat animé par Lorena Lopez De Lacalle, élue de Eusko Alkatasuna, Pays Basque Sud et qui part du constat : l’état de l’Europe se résume par une succession de « crises » dont il est difficile pour le citoyen de faire abstraction. Les outils de changement des traités successifs sont lourds à gérer ; il en est ainsi de la pétition signée par un million de citoyens des différents pays de l’Union. La Commission a un délai de trois mois pour donner sa réponse… L’ICE (traité de Lisbonne, 2007) en est un, il a peu fonctionné face aux blocages des groupes opposés. Il consiste à proposer des changements législatifs sur des sujets afin de faire évoluer les politiques européennes. Aussi, à la question posée par J-F Billion (UEF) – La démocratie participative peut-elle exister dans l’UE ?-, celui-ci dénonce la contradiction constante entre théorie et pratique de la part de l’Europe actuelle. Et cela dans un contexte extrêmement bloqué que sa nature institutionnelle ne lui permet pas de résoudre quand elle ne le favorise pas: Brexit, situation migratoire, montée de l’extrême droite.

Le journaliste J. Quatremer, auteur du livre « Les salauds de l’Europe », considère que l’Europe s’est faite dans le dos des peuples. Sa superstructure juridico-politique domine, la Commission étant aux ordres des Etats qui décident par le Conseil des ministres. La représentation élective est disproportionnée (850 000 voix pour un député français contre 50 000 pour un maltais). Les marchés financiers sont présents sur le devant de la scène politique. La technocratie a pris le pouvoir. Les citoyens ne demandent pas de contrôle ; aussi pour lui, la responsabilité est globale. On aboutit à une vitrification du projet européen et, après le traité de Lisbonne, on continue sans rien changer. Devant ce constat réaliste et pessimiste comment avancer ?

Dans le débat en recherche de perspectives politiques, les intervenants rappellent que la démocratie directe (ICE) est bloquée, que la solution de recours à des referendums (Suisse, Danemark, Irlande…) n’est pas une tradition française et que sur les questions budgétaires le couple franco-allemand est divisé, comme en témoigne le refus du rachat de la dette grecque. Cette Europe dirigée par la droite, et toute solution de démocratisation des politiques territoriales se heurte à des fins de non-recevoir. L’exemple catalan montre bien l’absence de soutien et le poids des partis conservateurs, PP, CSU. Le Comité des Régions est inopérant face au Conseil des ministres. Quant au groupe Verts/ALE, il ne pèse qu’aux marges (transports, agriculture). G. Alirol (président de RPS, Partit Occitan) rappelle que face à l’organisation interne des Etats, et notamment de la France qui ne cherche qu’à résoudre son problème centraliste par l’Europe, la solution fédérale (des niveaux de fédéralisme et des Etats fédérés) est d’actualité pour sortir de l’état de blocage actuel. Comment avancer si les régions ne participent pas aux décisions ? Comment évoluer sans projets alternatifs sur des contenus législatifs ? Maturité des débats et des interventions multiples, autant de signes positifs qui   témoignent d’une avancée politique de la fédération.

  • Un congrès confronté aux élections européennes

    C’est ce dont rend compte le congrès final qui entérine les rapports moral et financier, soulignant  les avancées politiques en Corse, Alsace et en Bretagne aux législatives de juin 2017.  Et cela dans un contexte difficile (recentralisation accrue des décisions politiques, bonapartisme qui se reconstruit autour de la personne providentielle au nom des « réformes », faiblesse des partis de l’opposition, diminution des financements des collectivités territoriales…).

Pour le côté positif, notons l’adhésion à RPS de Inseme per a Corsica, une volonté commune d’avancer ensemble, la recherche du consensus. Passage du statut d’observateur à celui de membre pour le Congrès Mondial Amazigh, en présence de son président, Belkacem  Lounès.

La question de la tête de liste aux européennes devait tenir compte des différentes représentations et sensibilités territoriales. Elle fut votée en faveur d’une candidature corse (à préciser ensuite) en tenant compte des différentes motions présentées. Accord réalisé sur les questions techniques et politiques : négociations en cours, ouverture à d’autres, tenir compte de l’opinion publique différente de nos choix politiques. Accord sur les questions politiques : notamment au Parlement avec nos quatre députés (révision constitutionnelle, baisses budgétaires, défense de la revendication alsacienne d’un statut particulier à l’Assemblée nationale). Accord sur le principe d’un Livre blanc pour la démocratie et l’autonomie initié par Région Savoie. Des commissions de travail sont envisagées sur ce thème commun.

  • L’Occitanie fédérale reste à construire

    Dans ce congrès, peu de référence à l’Occitanie qui reste le territoire le plus grand de l’hexagone, hormis la dénomination technocratique éponyme dont les espaces Languedoc-roussillonnais et toulousain sont affublés. Aux autonomistes occitans d’affirmer leur stratégie politique d’autant plus urgente qu’elle correspond à la situation vécue par des populations  aux intérêts communs ; l’intelligence politique exige des solutions concrètes adaptées aux pays qui font cet espace à la fois commun et différencié. C’est bien là l’objectif d’une stratégie fédéraliste qui peut et doit trouver toute sa place dans le cadre d’une campagne propre aux élections européennes. Et si certains d’entre nous sont sceptiques face à une candidature « régionaliste », ils doivent se convaincre que la solution politique est là, globale et spécifique, face à l’Etat centralisateur.

Le positif de cette Université d’été aura été de faire un bilan lucide de l’état des régions et des peuples confrontés aux politiques française et européenne. Loin d’énoncer un discours univoque, des solutions sont avancées comme possibles dans le fil d’une stratégie commune qui s’impose aujourd’hui : bâtir des autonomies plurielles dans le cadre d’une Europe des Peuples et des Régions, pour faire avancer un fédéralisme européen différent du faux fédéralisme des Etats qui constitue cette Europe aujourd’hui. Pour plus de justice sociale, de solidarité et d’ouverture au monde.

 

Gérard TAUTIL

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La Paurilha

Nov 10, 2018

Siam pas lei ciutadans de la Marselha de Gelú, segur, mai la condicion dei paures es de pas mermar la França richassa de sei riches a bòudre dins lei domenis de la financa e deis afaires : banquiers, fons de pensions, rampèus per de plaçaments dins lei produchs de luxi, reinvestiments d’en premier de la riquessa dins lo bouja dei patrons. Vaquí lo sens dau partiment complit per lei pichòts de l’entrepresa… Encuei, Gelú seriá lo poèta engatjat dei banlègas delaissadas que lei 40% dei joves son chaumaires, victimas dei predators dau trafec de dròga e de prostitucion. Quand lei mai paures s’esbudelan entre elei, pòdon lei riches contuniar  d’emplir lei pòchis…

Mai lo bescòmpte es aqueu d’aicí : quora lo subre president, dins sei dauraduras elisencas parla de la peissalha, es per dire que leis ajudas socialas còstan  un « pognon de dingue » (sic) mentre que fan 1% dau PIB. Putans de paures ! Pasmens es de remarcar que 5 milions de paures sòrtan ansin de la pauretat, lo taus passant de 22% a 14 %. Mai per lo president e son cambrier Philippe Premier, lei 551 euros de RSA son de dardenas escampadas a de monde que vòlon pas travalhar. Moralisme dei riches, moralisme de salopàs.

Se d’unei economistas critics fan justament un bilanç financier pron objectiu deis ajudas publicas dins de periòdes de « crisi », devon s’engardar de dire que siam lo país que la pauretat es la mai bassa d’Euròpa… Comparason es pas rason. Quora Provença es la region exagonala mai richa per lei revenguts que pòrtan lei milions de toristas cada an per enfortir la riquesa bancària lèu sifonada per lei farlataires dau mercat de la misèria, la realitat es autra part : seriá mai aisat de marchar sus lei cambas e non sus la tèsta. Provença es tanben lo país que lei diferéncias entre paurilha e grossei fortunas son demieg lei mai grandas de l’exagòn. Ne’n faràn leis estatisticas jamai lo còmpte…

Gerard TAUTIL

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Au congrès des Régions de France, PROVENCE S’INVITE contre SUD

Nov 4, 2018

7h30, devant le Pharo de Marseille, Le rendez-vous des militants provençaux fait masse. 150 personnes, provençalistes et occitanistes sont là pour ouvrir une autre forme de rassemblement à ce congrès des Régions. Certes, ce dernier a la veille donné le ton en dénonçant une recentralisation pour beaucoup d’élus, mais il confirme pour les militants présents la logique du pouvoir centraliste parisien. A l’initiative de la liste/Appel sur change.org, initiée par Hervé Guerrera, (élu sur la commume d’Aix), les 33000 signataires témoignent du non-sens technocratique de Renaud Muselier, décidant, sans délibération à l’ordre du jour, fin 2017, du nom de la Région « SUD Paca ». Edouard Philippe, 1er ministre, arrive en cortège très contrôlé par la sécurité motorisée et les cordons de CRS établissent un sas de 10 mètres à l’entrée du palais des congrès. Prises de parole, chants, musique oc, drapeaux ne passent pas inaperçus des Marseillais qui se rendent au travail. L’arrivée des députés Gilles Simeoni et Paul Molac et du secrétaire  du Parti de la Nation Corse,  Christophe Angelini qui apportent leur soutien à cette manifestation est chaudement saluée. Ils rappellent le désir de construire des territoires différents, chacun dans leur identité culturelle et leur souci de gestion plus autonome. Difficile dans le cadre français, le message est bien reçu car il recoupe la volonté des présents.

   Le clou de cette manifestation est le communiqué de R. Muselier, gêné aux entournures, publié la veille de la manifestation. Et une demande d’entrevue de la part de son cabinet ; Hervé Guerrera dénoncera la manœuvre. La rouerie consiste à dire que Paca reste Paca mais que Sud est une marque d’identification supplémentaire pour l’international. Faiblesse de l’argument : d’un côté un rappel nominatif est fait de la Provence, et de l’autre la question de l’histoire provençale est totalement ignorée. Ces contorsions ne devraient pas tenir la route devant un juriste en droit territorial ; Muselier reconnaît de facto que son opération technocratique est avant tout un coup de pub.

La mobilisation continue pour rassembler davantage et faire en sorte que les élus provençaux s’impliquent dans cette démarche de clarification et de soutien. La manifestation du Pharo est une réussite, elle s’inscrit dans un processus de démocratisation des processus décisionnels de nos territoires. A dénoncer justement  la recentralisation du pouvoir,  la majorité régionale oublie pour autant de balayer devant sa porte.

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Magazine Occitania – Lo Cebier Setembre/Octobre 2018

Oct 13, 2018

Au sommaire :

L’ours un naufrage démocratique (fr).

Oceans : los aparar per subreviuer (oc).

– Una « Dintrada » dinamica : retorn sus lo forum ciutadan occitan. (oc).

Catalogne, un an après : reportage sur la « diada » du 11 septembre (fr).

Provence : au congrès des régions de France, la Provence s’invite! (fr)

Et un grand nombre d’autres articles, des photos, etc…

Alors qu’attendez vous pour vous abonner? C’est seulement 24,5 euros, paiement en ligne sur le site de l’ADEO!

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