Université d’été de la fédération Régions et Peuples Solidaires

Nov 10, 2018

   De nombreuses interventions et débats ont marqué cette 24ème université de R&PS en Pays Basque, avec la participation de plus de cent délégués des régions venus d’Alsace, Pays Basque, Bretagne, Catalogne, Corse, Moselle, Occitanie, Savoie, en présence du maire de Bayonne. Organisée par les militants de Eusko Alkartasuna, cette université d’un haut niveau de réflexion a vu intervenir des personnalités progressistes du monde politique et des journalistes. Le tout couvert par FR3, des télévisions et radios locales-régionales.

  • Repenser concrètement la politique des territoires

Dans le cadre des futures élections européennes, un débat sur la politique territoriale s’imposait. Pour ce que veut la fédération face  « girondisme » d’annonce présidentielle qui se renforce de silences et d’autoritarisme sur toutes les questions venues des territoires. Questions posées sur la démocratie territoriale, restées sans réponses. Que ce soit au niveau législatif (J-Ph. Acquaviva, P. Molac), au niveau de l’autorité territoriale corse (G. Simeoni) ou encore au niveau européen (F. Alfonsi, ALE), les constats convergent sur la stratégie de l’Etat : refus d’aborder la révision constitutionnelle à la rentrée, le but étant de renforcer encore plus l’Exécutif ; segmenter les discussions et revendications pour affaiblir l’expression de la démocratie ; refuser d’aborder les questions de fond (autonomies, fédéralisme, confédéralisme). Le constat qui s’impose pour la Corse – « Faire la Corse sans les Corses »- vaut pour l’ensemble des régions aux identités culturelles fortes de l’hexagone. La constitutionnaliste W. Mastor (université de Corti) insiste sur cette idée de la constitutionnalisation du droit local et de la possibilité  d’un statut hybride reposant sur une collectivité à statut particulier (art. 74). Dans toutes les formes d’affirmation d’une spécificité territoriale et d’un droit local dérogatoire (Alsace), le but de l’Etat est bien de répondre au niveau constitutionnel central. On est loin de la berceuse susurrée du « Pacte girondin »…

Comment répondre ? Face à ce refus de dialogue, la fédération ne peut trouver de solution qu’en renforçant le rapport de force avec l’Etat et en se rapprochant : à chacun de poser ses revendications pour renforcer les convergences.

  • Une Europe différente de cette constitution interétatique néo-libérale

Débat animé par Lorena Lopez De Lacalle, élue de Eusko Alkatasuna, Pays Basque Sud et qui part du constat : l’état de l’Europe se résume par une succession de « crises » dont il est difficile pour le citoyen de faire abstraction. Les outils de changement des traités successifs sont lourds à gérer ; il en est ainsi de la pétition signée par un million de citoyens des différents pays de l’Union. La Commission a un délai de trois mois pour donner sa réponse… L’ICE (traité de Lisbonne, 2007) en est un, il a peu fonctionné face aux blocages des groupes opposés. Il consiste à proposer des changements législatifs sur des sujets afin de faire évoluer les politiques européennes. Aussi, à la question posée par J-F Billion (UEF) – La démocratie participative peut-elle exister dans l’UE ?-, celui-ci dénonce la contradiction constante entre théorie et pratique de la part de l’Europe actuelle. Et cela dans un contexte extrêmement bloqué que sa nature institutionnelle ne lui permet pas de résoudre quand elle ne le favorise pas: Brexit, situation migratoire, montée de l’extrême droite.

Le journaliste J. Quatremer, auteur du livre « Les salauds de l’Europe », considère que l’Europe s’est faite dans le dos des peuples. Sa superstructure juridico-politique domine, la Commission étant aux ordres des Etats qui décident par le Conseil des ministres. La représentation élective est disproportionnée (850 000 voix pour un député français contre 50 000 pour un maltais). Les marchés financiers sont présents sur le devant de la scène politique. La technocratie a pris le pouvoir. Les citoyens ne demandent pas de contrôle ; aussi pour lui, la responsabilité est globale. On aboutit à une vitrification du projet européen et, après le traité de Lisbonne, on continue sans rien changer. Devant ce constat réaliste et pessimiste comment avancer ?

Dans le débat en recherche de perspectives politiques, les intervenants rappellent que la démocratie directe (ICE) est bloquée, que la solution de recours à des referendums (Suisse, Danemark, Irlande…) n’est pas une tradition française et que sur les questions budgétaires le couple franco-allemand est divisé, comme en témoigne le refus du rachat de la dette grecque. Cette Europe dirigée par la droite, et toute solution de démocratisation des politiques territoriales se heurte à des fins de non-recevoir. L’exemple catalan montre bien l’absence de soutien et le poids des partis conservateurs, PP, CSU. Le Comité des Régions est inopérant face au Conseil des ministres. Quant au groupe Verts/ALE, il ne pèse qu’aux marges (transports, agriculture). G. Alirol (président de RPS, Partit Occitan) rappelle que face à l’organisation interne des Etats, et notamment de la France qui ne cherche qu’à résoudre son problème centraliste par l’Europe, la solution fédérale (des niveaux de fédéralisme et des Etats fédérés) est d’actualité pour sortir de l’état de blocage actuel. Comment avancer si les régions ne participent pas aux décisions ? Comment évoluer sans projets alternatifs sur des contenus législatifs ? Maturité des débats et des interventions multiples, autant de signes positifs qui   témoignent d’une avancée politique de la fédération.

  • Un congrès confronté aux élections européennes

    C’est ce dont rend compte le congrès final qui entérine les rapports moral et financier, soulignant  les avancées politiques en Corse, Alsace et en Bretagne aux législatives de juin 2017.  Et cela dans un contexte difficile (recentralisation accrue des décisions politiques, bonapartisme qui se reconstruit autour de la personne providentielle au nom des « réformes », faiblesse des partis de l’opposition, diminution des financements des collectivités territoriales…).

Pour le côté positif, notons l’adhésion à RPS de Inseme per a Corsica, une volonté commune d’avancer ensemble, la recherche du consensus. Passage du statut d’observateur à celui de membre pour le Congrès Mondial Amazigh, en présence de son président, Belkacem  Lounès.

La question de la tête de liste aux européennes devait tenir compte des différentes représentations et sensibilités territoriales. Elle fut votée en faveur d’une candidature corse (à préciser ensuite) en tenant compte des différentes motions présentées. Accord réalisé sur les questions techniques et politiques : négociations en cours, ouverture à d’autres, tenir compte de l’opinion publique différente de nos choix politiques. Accord sur les questions politiques : notamment au Parlement avec nos quatre députés (révision constitutionnelle, baisses budgétaires, défense de la revendication alsacienne d’un statut particulier à l’Assemblée nationale). Accord sur le principe d’un Livre blanc pour la démocratie et l’autonomie initié par Région Savoie. Des commissions de travail sont envisagées sur ce thème commun.

  • L’Occitanie fédérale reste à construire

    Dans ce congrès, peu de référence à l’Occitanie qui reste le territoire le plus grand de l’hexagone, hormis la dénomination technocratique éponyme dont les espaces Languedoc-roussillonnais et toulousain sont affublés. Aux autonomistes occitans d’affirmer leur stratégie politique d’autant plus urgente qu’elle correspond à la situation vécue par des populations  aux intérêts communs ; l’intelligence politique exige des solutions concrètes adaptées aux pays qui font cet espace à la fois commun et différencié. C’est bien là l’objectif d’une stratégie fédéraliste qui peut et doit trouver toute sa place dans le cadre d’une campagne propre aux élections européennes. Et si certains d’entre nous sont sceptiques face à une candidature « régionaliste », ils doivent se convaincre que la solution politique est là, globale et spécifique, face à l’Etat centralisateur.

Le positif de cette Université d’été aura été de faire un bilan lucide de l’état des régions et des peuples confrontés aux politiques française et européenne. Loin d’énoncer un discours univoque, des solutions sont avancées comme possibles dans le fil d’une stratégie commune qui s’impose aujourd’hui : bâtir des autonomies plurielles dans le cadre d’une Europe des Peuples et des Régions, pour faire avancer un fédéralisme européen différent du faux fédéralisme des Etats qui constitue cette Europe aujourd’hui. Pour plus de justice sociale, de solidarité et d’ouverture au monde.

 

Gérard TAUTIL

Ne saber mai / En savoir +

La Paurilha

Nov 10, 2018

Siam pas lei ciutadans de la Marselha de Gelú, segur, mai la condicion dei paures es de pas mermar la França richassa de sei riches a bòudre dins lei domenis de la financa e deis afaires : banquiers, fons de pensions, rampèus per de plaçaments dins lei produchs de luxi, reinvestiments d’en premier de la riquessa dins lo bouja dei patrons. Vaquí lo sens dau partiment complit per lei pichòts de l’entrepresa… Encuei, Gelú seriá lo poèta engatjat dei banlègas delaissadas que lei 40% dei joves son chaumaires, victimas dei predators dau trafec de dròga e de prostitucion. Quand lei mai paures s’esbudelan entre elei, pòdon lei riches contuniar  d’emplir lei pòchis…

Mai lo bescòmpte es aqueu d’aicí : quora lo subre president, dins sei dauraduras elisencas parla de la peissalha, es per dire que leis ajudas socialas còstan  un « pognon de dingue » (sic) mentre que fan 1% dau PIB. Putans de paures ! Pasmens es de remarcar que 5 milions de paures sòrtan ansin de la pauretat, lo taus passant de 22% a 14 %. Mai per lo president e son cambrier Philippe Premier, lei 551 euros de RSA son de dardenas escampadas a de monde que vòlon pas travalhar. Moralisme dei riches, moralisme de salopàs.

Se d’unei economistas critics fan justament un bilanç financier pron objectiu deis ajudas publicas dins de periòdes de « crisi », devon s’engardar de dire que siam lo país que la pauretat es la mai bassa d’Euròpa… Comparason es pas rason. Quora Provença es la region exagonala mai richa per lei revenguts que pòrtan lei milions de toristas cada an per enfortir la riquesa bancària lèu sifonada per lei farlataires dau mercat de la misèria, la realitat es autra part : seriá mai aisat de marchar sus lei cambas e non sus la tèsta. Provença es tanben lo país que lei diferéncias entre paurilha e grossei fortunas son demieg lei mai grandas de l’exagòn. Ne’n faràn leis estatisticas jamai lo còmpte…

Gerard TAUTIL

Ne saber mai / En savoir +

Au congrès des Régions de France, PROVENCE S’INVITE contre SUD

Nov 4, 2018

7h30, devant le Pharo de Marseille, Le rendez-vous des militants provençaux fait masse. 150 personnes, provençalistes et occitanistes sont là pour ouvrir une autre forme de rassemblement à ce congrès des Régions. Certes, ce dernier a la veille donné le ton en dénonçant une recentralisation pour beaucoup d’élus, mais il confirme pour les militants présents la logique du pouvoir centraliste parisien. A l’initiative de la liste/Appel sur change.org, initiée par Hervé Guerrera, (élu sur la commume d’Aix), les 33000 signataires témoignent du non-sens technocratique de Renaud Muselier, décidant, sans délibération à l’ordre du jour, fin 2017, du nom de la Région « SUD Paca ». Edouard Philippe, 1er ministre, arrive en cortège très contrôlé par la sécurité motorisée et les cordons de CRS établissent un sas de 10 mètres à l’entrée du palais des congrès. Prises de parole, chants, musique oc, drapeaux ne passent pas inaperçus des Marseillais qui se rendent au travail. L’arrivée des députés Gilles Simeoni et Paul Molac et du secrétaire  du Parti de la Nation Corse,  Christophe Angelini qui apportent leur soutien à cette manifestation est chaudement saluée. Ils rappellent le désir de construire des territoires différents, chacun dans leur identité culturelle et leur souci de gestion plus autonome. Difficile dans le cadre français, le message est bien reçu car il recoupe la volonté des présents.

   Le clou de cette manifestation est le communiqué de R. Muselier, gêné aux entournures, publié la veille de la manifestation. Et une demande d’entrevue de la part de son cabinet ; Hervé Guerrera dénoncera la manœuvre. La rouerie consiste à dire que Paca reste Paca mais que Sud est une marque d’identification supplémentaire pour l’international. Faiblesse de l’argument : d’un côté un rappel nominatif est fait de la Provence, et de l’autre la question de l’histoire provençale est totalement ignorée. Ces contorsions ne devraient pas tenir la route devant un juriste en droit territorial ; Muselier reconnaît de facto que son opération technocratique est avant tout un coup de pub.

La mobilisation continue pour rassembler davantage et faire en sorte que les élus provençaux s’impliquent dans cette démarche de clarification et de soutien. La manifestation du Pharo est une réussite, elle s’inscrit dans un processus de démocratisation des processus décisionnels de nos territoires. A dénoncer justement  la recentralisation du pouvoir,  la majorité régionale oublie pour autant de balayer devant sa porte.

Ne saber mai / En savoir +

Magazine Occitania – Lo Cebier Setembre/Octobre 2018

Oct 13, 2018

Au sommaire :

L’ours un naufrage démocratique (fr).

Oceans : los aparar per subreviuer (oc).

– Una « Dintrada » dinamica : retorn sus lo forum ciutadan occitan. (oc).

Catalogne, un an après : reportage sur la « diada » du 11 septembre (fr).

Provence : au congrès des régions de France, la Provence s’invite! (fr)

Et un grand nombre d’autres articles, des photos, etc…

Alors qu’attendez vous pour vous abonner? C’est seulement 24,5 euros, paiement en ligne sur le site de l’ADEO!

Ne saber mai / En savoir +

Una Dintrada dinamica !

Oct 13, 2018

Lo forum occitan se debanèt a Tolosa lo 22 de setembre 2018. Se lo nombre de participant foguèt un pauc mens important que l’an passat (70 personas), la qualitat dels debats foguèt melhora ! Cal dire que lo programa de la jornada fasiá la part bèla als escambis e als debats, mentre que lo nombre de las intervencions « en tribuna » èra demesit. La formula agradèt, e sustot permetèt de far naisser de prepausicions concrètas.

La primièra suspresa foguèt la projeccion del film sus la corsa relai La Passem que foguèt longament e calorosament aplaudida. La delegacion bearnesa foguèt pensi pertocada per l’accuelh mai que positiu, e per las nombrosas questions que foguèran pausadas. Lo talhier « socialisacion de la lenga » organisat en seguida permetèt de cavar la question. Ambe La Passem diguèt un participant, «avetz cambiat l’imatge dels occitans : als pès an pas mai d’esclòps, ara pòrtan de las cauçaduras d’espòrt ! ». E segon d’unes participants l’image de lenga al prep dels joves es encara de melhorar per venir mai atractiva. Mantunas personas notadament dins Tarn e a Tolosa son interessadas per organisar La Passem sur lor territòri en 2020. De seguir !

Una autra tematica del forum èra lo dels medias occitans. Ferriòl Massip presentèt son trabalh ambe « Jornalet » una gaseta d’informacions sus internet. Mas per el es clar : internet es pas la solucion pels medias occitans. Crei al contrari que fa mestier una premsa « papier » coma se dis ara, e qu’aquela premsa deu correspondre a la diversitat occitana tan politica coma geografica. Un intervenent expliquèt que la perda d’un jornal coma « La Setmana » aviá tanben per consequéncia la perda d’un espandi politic pan occitan : « l’espaci mediatic e l’espaci politic se correspondon, s’avem pas un jornal que cobrís tot Occitània, perdem l’espaci politic pan occitan. Fanny Lartigot, anciana jornalista a La setmana intervenguèt per explicar la rapiditat de la fin de la societat Vistedit qu’aviá de difficultats financièras dempuèi longtemps. Regretèt tanben una manca de sosten, sens precisar quina fòrma auriá pogut prener. La comission « mèdias » que se recampèt lo temps del forum faguèt diferentas prepausicions, coma per exemple mutualisar las ressorgas entre las diferentas radios associativas que difusan d’emissions en occitan. Una de las difficultats es que lo public accepta mal d’ausir d’autras variantas d’occitan que la seuna ! Los occitans que defendan sovent la nocion de diversitat linguistica deurián metre en practica aquela polida idèa entre eles !

Enfin los participants s’interessèran a l’estat de la democracia e als enjòcs politics. Lo matin Anna Marie Hautant expliquèt lo fonccionar de l’extrema dreita a Orenja en Provença. Lo credò del conse se pòt resumir a : renovacion del patrimòni, propretat, securitat. Fa pas res per desvolopar l’atractivitat economica de la vila, fa pas res per ajudar las associacions qu’un bon nombre pleguèt, fa pas res per las escòlas e la joinessa, e vos parli pas del social ! Fin finala fa mai que mai d’economias e la comuna es assetada sus un montairon d’aur. Lo pieger es que los ciutadans se’n rendon pas compte e se daissan embobinar per la com del conse. Bernat Vaton intervenguèt el per contar coma, un bel matin en se rasent, lo president de la region PACA aviá decidit que d’ara enlà la region s’apelariá « Sud » ! Los occitanistas de Provença daissèran pas far, e menan la batesta per que Provença retròbe son nom. Mai de 35 000 personas an ja signat una peticion per aquò, e la batesta es pas acabada… Vesent a travers aqueles dos exemples que los occitanistas se devon implicar dins la vida politica. Dins lo talhier prepausat a la seguida se parlèt mai que mai de las eleccions municipalas que son previstas en 2020. De representants de diferentas organisacions : POc, PNO, País Nòstre, EELV… prenguèron la paraula e se meteron d’accòrdi per tornar lançar una dinamica collectiva sul modele de çò que faguèt « Bastir » en 2014. Una acampada es prevista lo dissabte 10 de novembre a 10h a l’ostal d’Occitània a Tolosa per lançar lo projecte.

Enfin La Dintrada acculhiguèt Max Zañartu, president de l’Alligança Liura Europenca Jove. Expliquèt lo fonccionament e sustot l’utilitat d’aquela organisacion, e prepausèt als joves occitans qu’èran present de participar a l’amassada general prevista debuta de 2019 a Bruxellas. Es de notar la prudencia dels joves occitanistas presents, que benleu gausan pas prener la paraula en public… Esperam çaquelà que l’idèa farà son camin e que la joinessa occitana capitarà a trapar sa plaça !

Uc Jourde

Ne saber mai / En savoir +
Le site utilise des cookies pour son bon fonctionnement. En poursuivant l'utilisation du site, vous acceptez cette utilisation des cookies.
Accepter