Le mois d’octobre a été particulièrement agité à Mayotte en raison d’un mouvement de protestation contre « la vie chère » Pour mémoir e, Mayot te est un archipel c onst itué de deux îles principales, Grande-Terre et Petite-Terre. C’est sur cette petite île que se concentrent les militaires, les gendarmes, les ressources électricité et carburant de Mayotte. Située dans l’océan Indien, entre Madagascar et le c ont inent africa in, elle importe une g rande part des produits de consommat ion et son économie est s ous perfusion de la métropole. Géographiquement Mayot te fait part ie d’un archipel plus vaste, les Comores qui ont choisit de devenir indépendantes de la France en 1974. Ces dernières années, une forte migration des Comoriens vers Mayotte s’est développée, et l’Etat français s’emploie à refouler les Comoriens vers leurs îles où règne la pauvreté. Le 31 mars de cette année, Mayotte a accédé au statut de département d’outre-mer. Mais le coût de la vie est devenu bien trop élevé pour les Mahorais de souche ! Révolte, émeutes, barricades secouent l’ile depuis début octobre dans la plus grande indifférence des médias parisiens ! Cette situation illustre l’impasse dans lequel se trouve le modèle républicain français dans tous ces territoires issus de l’ancien empire colonial.

La France nous a complètement oubliés

Nous avons pu joindre le 21 octobre un fonctionnaire français installé à Mayotte et qui a souhaité garder l’anonymat :
Occitania : Comment vivez vous les manifestations de ces derniers jours ?

M. X : Ici, ça devient très difficile, il n’y plus rien à acheter car tout est fermé; il n’y a plus de gaz non plus donc même si tu as de la  nourriture, le problème pour certains c’est de la préparer !! On se croirait dans un pays étranger, en état de crise et certains  commencent à évacuer leur famille en France. Les fonctionnaires que je côtoie sont au bord de la crise de nerfs et c’est légitime car on vient de passer 15 jours enfermés dans les maisons. Et puis, il y a le stress des émeutes (avec un fort racisme anti-blanc) et la peur
de ne plus avoir à manger. Le pire c’est que l’on a vraiment la sensation que la France nous a complètement oubliés, que tout va bien ici puisque la ministre est venue un jour (arrivée le matin et repartie le soir !!!) avec quelques « mesurettes » qui ont mis encore plus le feu!! Donc on attend. Mercredi, nous avons passé la nuit avec le bruit des grenades des gendarmes mobiles, c’était romantique…. Ceci étant, même si je suis inquiet, pas d’affolement pour l’instant, sachant quand même que des maisons de Blancs se sont fait  attaquer et piller (pour la nourriture) de façon très violentes sur Grande Terre. J’ose espérer que ça n’arrivera pas ici (Petite Terre). Je voulais de l’exotisme, je suis servi !  

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