Le domaine de Trévallon se situe sur la communede Saint-Etienne-du-Grès, dans le département des Bouches-du-Rhône, à 25 km au sud d’Avignon et à 7 km à l’ouest de Saint-Rémy-de-Provence, sur le versant nord des Alpilles. Un massif calcaire aux crêtes déchiquetées que le poète Mistral a comparé aux montagnes grecques.

La vigne est aujourd’hui parfaitement intégrée à ce paysage envoûtant de garrigue. Elle y côtoie les chênes verts, les oliviers et les amandiers.

La première chose qui saisit le visiteur, en arrivant au domaine de Trevallon, est cette roche calcaire, d’un blanc surprenant, aux formes éclats, se découpant à vif dans un ciel à l’atmosphère transparente. On a vraiment l’impression qu’elle a toujours été là…

Et pourtant, Trévallon est le résultat de la volonté d’un homme et de travaux titanesques : Éloi Dürrbach a planté les premières vignes dans les Alpilles en 1973, mais d’abord, des rochers sont dynamités, les sols sont travaillés en profondeur et les éclats de roches mélangés à la terre. Il s’agissait alors de 3 hectares qui donnèrent leur premier millésime dès 1976, alors qu’aujourd’hui, le domaine en compte 17 : 15 ha de rouges composés à parts égales de cabernet sauvignon et de syrah. Et 2 ha de blancs constitués de 45 % de marsanne, 45 % de roussanne et de 10 % de chardonnay.

Le domaine est connu dans le monde entier pour les qualités de son vin rouge, porté à la connaissance du grand public par le critique américain Robert Parker qui au sujet de Trévallon a écrit : « L’une des plus grandes découvertes de ma vie a été le vin du Domaine de Trévallon ». Cabernet-sauvignon et syrah Ce vin associe deux cépages que la géographie ne réunit pas souvent bien que le très bordelais cabernet sauvignon était présent en Provence avant la crise du phylloxera.

La syrah en ces terres sudistes et rhodaniennes est bien plus fréquente.

Le vin du domaine de Trévallon est aujourd’hui distribué sous l’appellation « vin de pays des Bouches du Rhône » alors même que Éloi Dürrbach fut un des pionniers du renouveau de l’a ppellation d’origine contrôlée « Baux de Provence » . Seulement voilà : en 1993, quand les vignerons des Baux de Provence ont demandé à l’Institut National des Appellations d’Origine d’obtenir une appellation Baux de Provence pour les rouges, pour marquer définitivement la reconnaissance obtenue surtout grâce au vin de Trévallon, le syndicat des vignerons a décrété qu’il ne fallait pasmettre plus de 20 % de cabernet sauvignon dans l’encépagement. Sous prétexte que cela ne correspondait pas à la typicité du terroir. Faire un vin dans lequel on croit

L’obligation pour Éloi Dürrbach de déclasser son vin, de sort ir de l’appellat ion l’a beaucoup affecté : « Cela m’a beaucoup blessé de ne pas appartenir à une appellation naissante !

Heureusement le déclassement n’a pas posé de problème à l’étranger car les consommateurs achètent avant tout du Trévallon. Et finalement le sens de l’histoire joue en notre faveur. Ne pas être enfermé dans la masse de l’appellation nous a permis de nous distinguer en continuant de faire un vin dans lequel on croit ».

Jérôme Pérez

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