La Republica de Tolosa, 822 annadas de libertats comunalas e de resisténcia au centralisme
Le 6 janvier 2011, le Partit Occitan Pais Tolosan a une nouvelle fois appelé l es toulousain(e)s et l’ ensemble des Occitans à se souvenir de la première révolution occitane, celle du peuple de Toulouse face au comte Raymond V. En effet, en ce 6 janvier 1189, le peuple de Toulouse se rassemble devant Saint-Pierre des Cuisines pour exiger du comte Raymond V qu’il se dessaisisse de ses pouvoirs au bénéfice des Consuls qui vont former la première municipalité. 600 ans avant Paris, Toulouse fait alors sa Révolution bourgeoise et devient une République. Les consuls, également appelés « capitouls » fondent alors la « maison commune » à l’emplacement actuel du Capitole.

Les lois promulguées à Toulouse sont en avance sur leur temps : « Les étrangers devenaient habitants et citoyens de Toulouse […] par le seul fait qu’ils entraient dans la ville ». Juifs et musulmans jouissent de tous les droits du citoyen et peuvent accéder à des fonctions importantes. Huit siècles plus tard, le « grand » débat sur l’identité nationale, marronnier pol itique de nos gouvernants à la veille de toute échéance électorale majeure, ne conçoit plus ces libertés essentielles, preuve du retour en ar rière idéol ogique du nationalisme français.

La commune reste l’échelon de proximité des citoyens et le socle de toute démocratie. Les collec tivités territor iales souffrent du centralisme de l’État français qui dicte les réformes territoriales à venir et qui enlève toute autonomie fiscale. À l’opposé d’une recentralisation voulue par le gouvernement, c’est davantage d’autonomie qui est demandée pour un fonctionnement plus efficace de nos institutions et un nouveau rapport entre les citoyens et ceux à qui il délègue temporairement le pouvoir. Quelle magnifique preuve que le besoin de liberté et de démocratie locale traverse les siècles et est plus que jamais d’actualité…

La colère de 1189, en parallèle avec la révolution de 1789, fait la démonstration du besoin de s’indigner face à des gouvernants qui viennent d’adopter ou laisser adopter une réforme territoriale inique et centraliste.

Guilhem Latrubesse

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