La crise est un bon terreau pour les régimes qui veulent devenir plus autoritaires et c’est surtout un bon prétexte.

Et c’est en temps de crise que les démocraties ont du mal à réagir. C’est l’affaire hongroise qui nous le rappelle. Le chef du gouvernement hongrois a décidé de modifier depuis le début de 2011 la Constitution de son pays et ces modifications sont apparues comme de véritables dénis de démocratie.

Viktor Orbán n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il limite les pouvoirs du Conseil Constitutionnel, le droit des journalistes, quand il met au pas les médias publics et quand il décide que la Hongrie ne sera plus officiellement une république. Et il y a d’autres réformes de la même eau concernant les s ansabris, la fiscalité, la banque centrale (la Hongrie n’est pas dans la zone euro) et le tout étant couronné par le fait que pour modifier éventuellement toute cett e nouvelle architecture constitutionnelle, il faudra une majorité introuvable des deux- tiers dont Orbán dis pose aujourd’hui, dans les travées du Parlement , mais plus c hez les électeurs. C

ertes, il y a eu des protestations et le premier ministre hongrois est venu au Parlement européen pour s’expliquer. Il a promis qu’il y aurait des modifications aux mesures qui vont contr e l es valeur s de l’Union mais rien de précis. Le rapport avec la crise ? LaHongrie est surendettée et a besoin d’argent.

Mais les amis du PPE de Viktor Orbán n’ont pas envie de taper trop fort du poing sur la table. Le FMI doit prêter de l’argent à la Hongrie et, s’il fallait faire pression pour que cela ne se fasse pas, il y aurait d’autres victimes de ce blocage en Europe. Le résultat c’est que Daniel Cohn-Bendit, a copieusement engueulé Orbán lors de sa venue au parlement européen. Il a dénoncé la peur qui règne aujourd’hui dans c e pays où l’e xtr ême droite a trouvé des thèmes porteurs (les Roms par exemple).

La Commission européenne a certes demandé que les lois en question soient modifiées. Mais quelles sanctions prendre contre la Hongrie et surtout comment ? La droite n’y tient pas et les gouvernement européens ne sont pas di spos és à joue r les mé chant s. Surtout qu’il faudrait l’unanimité de s 26 aut res pour sancti onner Orbán ; mais celui-ci a des voisins complaisants comme la Pologne. Et puis, en temps de crise, on le sait, les principes démocratiques passent souvent au second plan.

Si ça ne vous rappelle rien, reportez-vous à l’actualité d’il y a un peu plus de 70 ans quand l’Union eur opée nne n’existait pas.

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