Les 24 et les 25 février derniers,les Italiens se sont rendus aux urnes pour élire leurs Députés et Sénateurs au moment de ce qu’ils appellent les « Élections politiques ».

Dans un climat de crise économique et budgétaire mais aussi de défiance à l’égard des politiques, le résultat s’annonçait chaotique. La crainte s’est confirmée. Entre montée des populismes (les listes 5 Stelle de Beppe Grillo obtiennent près de 25% des suffrages), une sanction très lourde de la politique menée par le Premier Minis tr e s ortant, Mario Monti, qui ne recueille que 10%, et une Chambre des Députés à gauche et un Sénat à Droite d’autre part, l’Italie s’oriente tout droit vers une crise de gouvernanc e. Si aucune alliance n’es t formée (mais quelle alliance est poss ible dans ce contexte ?), les Italiens seront de nouveau appelés à voter, Berlusconi risquant d’être le grand gagnant cette fois-là.

Et les Régionalistes ?

Les Alliés du Partit Occitan dans l’ALE en Italie ont de partout présenté des candidats ou presque. Si ces derniers ont formalisé l’été dernier la création d’une fédération entre eux sur le modèle de Régions et Peuples Solidaires (l’Alliance des Peuples Libres), le mode de scrutin italien différencié n’a pas permis aux régionalistes de se rassembler s ous une même bannière (le Val d’Aoste et le Sud Tyrol disposent de règles électorales propres).

Si, en Val d’Aoste, le mouvement ALPE s’est coalisé avec le Part i Démocrate (PD) dans l’espoir d’obtenir des élus (le Val d’Aoste dispos e d’un scrutin uninominal à un tour pour tout le Val d’Aoste tant pour les législatives que pour les sénatoriales), partout ailleurs, les régionalistes se sont présentés de façon autonome.

Malgré l’accord entre ALPE et le PD et le succès à un référendum r égional contre la créat ion d’un pyrogazéificateur quelques semaines plus tôt , c’est fina lement l’Union Valdotaine (centre droit régionaliste au pouvoir depuis des années en Val d’Aoste) qui a raflé la mise avec l’élection d’un Député et d’un Sénateur, ALPE et PD arriv ant trois ième aux législa tives (19,79% des suffrages) et second aux s éna tor iales (3 0,75% des suffrages).

Ailleurs, le résultat est beaucoupplus faible : la Liga Veneta Repubblica, en Vénétie, conduite par notre ami Fabrizzio Comencini (vice-président de l’ALE) ne recueille que 0,88% aux législatives et 0,74% des suffrages aux sénatoriales, le Partito Sardo d’Azione, en Sardaigne de son côté recueille 2% aux législatives et 2,18% aux sénatoriales. Dans le Sud Tyrol, le partenaire de l’ALE n’a pas présenté de candidats, jugeant le suffrage peu adapté à leurs réalités.

Et dans les Vallées Occitanes d’Italie ?

Fin novembre, le Partit Occitan a lancé, à la demande de quelques Occitans des vallées, une initiative pour créer une sect ion du POc transalpine. Le calendrier électoral ayant été avancé, le POc n’a pas eu le temps nécessaire pour émerger dans les Vallées et n’a donc pu peser dans le scrutin. L’obj ec tif pour le Parti t Occitan doit être celui de réussi r sa présence en « Italie » pour participer aux élections européennes en 2014. Il reste un an pour acc omplir la tâ che. Le terrain est fertile, à nous de l‘ensemencer…

Pèire Costa

Secrétaire Fédéral en Charge aux élections

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