• Lemosin :

* Areva : l e musée de la radioactivité

Areva ouvre cet été à Bessines-sur- Gartempe (87), Urêka, un musée d’interprétation de la mine, dédié à l’extra ct ion de l’uranium en Limousin de 1948 à 2001, afin de « rendre hommage à ces pionniers de l’épopée française de l’uranium  » et de « lever un tabou ». Pour ce projet destiné à redorer son image et à faire oublier les dommages écologiques et humains, Areva aura dépensé 8,5 M€, le Conseil général, la commune de Bessines, le Syndicat d’électrification de la Haute-Vienne (SEHV) et le Conseil régional ayant financé le projet pour 1,5 M€, notamment les travaux de voirie et l’effacement des réseaux. (J. U.)

* Ambiance Bois, 25 ans d’autogestion

Créée il y a 25 ans, Ambiance Bois, est une entreprise autogérée basée à Faux-la-Montagne (Creuse), sur le plateau de Millevaches. Les 24 salariés (18 équivalents temps plein) sont pour la plupart actionnaires de la SAPO (Société anonyme à participation ouvrière). Les principales décisions sont discutées et assumées par l’ensemble des salariés. Ceux-ci sont polyvalents et tous participent aux tâches les plus pénibles ou les plus répétitives. Le salaire est identique pour tous. Le temps partiel est favorisé pour tous ceux qui souhaitent conserver du temps pour d’autres activités, familiales, associa tives ou militantes. La répartition des bénéfices se fait à 50 % pour le capital et à 50 % pour le trav ail.

Chaque année le PDG est choisi par tirage au sort parmi les membres volontaires de l’équipe de travail n’ayant pas occupé c e poste antér ieurement. Cette responsabilisation collective est rémunérée juste au-dessus du Smic. Des dividendes ont amélioré l’ordinaire, mais depuis trois ans Ambiance bois ne dégage plus de b énéfices. L’entreprise cont inue cependant à investir : un broyeur lui permet de recycler la quas itotalité de ses déchets bois. Des plaquettes sont désormais cédées aux réseaux de chaleur de Gentioux et de Royère-de-Vassivière. Ambiance Bois travaille le résineux local (essentiellement le mélèze) et envisage de se diversifier vers le feuillu, qui est devenu un enjeu environnemental sur le plateau de Millevaches, L’orientation vers davantage de valeur ajoutée se fait aussi en direct ion de la menuiserie : l’usine fab rique notamment des s ommier s en pa rtie vendus par Ardelaine, fabricant ardéchois de matelas en laine, une autre entreprise autogérée.

On ne les trouvera pas dans la grande dis tribution mais sur le site de l’entreprise : http://www.ambiance-bois.com/

 

• Midi-Pyrénées

* Rodez : Succès de la manif !

Le 20 avril, la coordination aveyronnaise a réussi son pari de rassembler plus de mille personnes enfaveur de la langue et de la culture occitanes. Ce sont en fait près de 2000 personnes qui ont bravé le vent hivernal pour défiler dans les rues ruthénoises. La participation du Partit Occitan a été remarquée, par le nombre de militants, de drapeaux, et la qualité du tract distribué. Mais une manifestation ne suffira peut être pas à faire bouger les élus. Plutôt que de quémander, le mouvement occitan a tout intérêt à s’organiser politiquement de façon autonome et pes er de façon constructive sur les politiques. Ca marche dans le Tarn, pourquoi pas en Aveyron ? (U. J.)

* Toulouse : les 3 000 candidats au concours d’ entrée en école d ’ i n f i r m i e r s ont appris que leurs copies avaient été corrigées par des intérimaires dans des conditions impossibles.

En raison du manque de personnel titulaire, le CHU de Rangueil a fait appel à une agence d’intérim. Les correctrices ainsi recrutées se sont vu imposer un rythme intenable de 10 copies à l’heure. L’inspection du travail a été saisie et des voix s’élèvent pour demander une nouvelle correction, plus

* Tarn : le manifeste occitaniste avance.

Une réunion s’est tenue à St- Sulpice le 18 mai et a rassemblé entre 20 et 30 personnes intéressées par les municipales de 2014. Dans ce département, le Parti socialiste a même conta cté le Partit occitan pour travailler ensemble à la préparation de ces élections. Des contacts ont déjà eu lieu à Albi, Ga illac, Lavaur, et d’autres sont en prévision à Castres, Graulhet, Mazamet, St-Sulpice et plusieurs villages de taille moindre.

Le Manifeste qui n’est pas un parti politique permet à ceux qui veulent agir conc rètement pour l’occitan de s’investir.

Au cours de cette réunion des propositions concrètes ont émergé : mettre des panneaux en occitan en entrée de ville et dans les rues, ouvrir une classe bilingue, accueillir les nouveaux habitants avec quelques mots d’occitan, intégrer des lieux de vie collective (type placette ou terrain de pétanque) dans les projets d’urbanisme, écrire un petit article en occitan dans le journal de la commune, établir un lien entre les maraîchers et autres producteurs locaux et les consommateurs, montrer que l’occitan ce n’est pas que du folklore mais aussi une langue utile qui peut permet tre par exemple d’étudier à Barcelone et dans toutes les universités catalanes, soutenir une calandreta… Ces propositions ne constituent pas un programme municipal à part entière, mais elles peuvent constituer le volet  » occitan  » d’un projet plus complet élaboré avec des personnes de diverses sensibilités politiques.

Guilhèm Latrubesse a annoncé un grand rassemblement interrégional autour du manifeste le samedi 29 juin dans la région toulousaine. (U. J.)

• Provença : Les savonneries de Marseille sur une pente glissante…

Fleuron de l’économie provençale pendant des siècles, la production du savon à Marseille est aujourd’hui menacée d’extinction. Concurrencée d’un côté par les marchés émergents (en particulier l’Asie du S ud-Es t ) et de l’autre pa r les grands groupes industriels des détergents tels que Heckel ou Johson & Johnson (qui commercialise le Petit M a r s e i l l a i s ) , l’industrie traditionnelle du savon est en déclin depuis plus de 60 ans dans la cité phocéenne. – Une déréglementation pénalisante qui sanct ionne l’économie territorialis ée : Après a voir compté jusqu’à 90 savonneries au XIXème siècle, l’aire marseillaise n’en possède plus que six : Le Sérail, Le Fer à Cheval, La Licorne, La Savonnerie du Midi, Rampal et Marius Fabre.

Si le procédé de fabrication et la recette du savon de Marseille sont encadrés par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommat ion et de la Répr es sion des Fraudes (DGCCRF), rien n’oblige le fabricant à produire dans la zone historique de fabrication du savon de Ma rseille. Et en a bsence de r églementation, Marseille n’est plus le premier lieu de fabrication du savon de Marseille dans l’Hexag one mais…la Br etagne. Et les conséquences de cette déréglementat ion sur l’origine du savon de Marseille est grave. La savonnerie du Fer à Cheval est en redressement judiciaire depuis novembre dernier et risque de mettre la clef s ous la porte si aucune solution n’était trouvée.

– Les Appellations Géographiques ne concernent que l’agroalimentaire : à ce jour, la protection de l’économie territorialisée ne concerne que l’agroalimentaire. Et si pour obtenir une Appellation d’Origine Contrôlée (AOP) ou une Indication Géogra phique Protégée (IGP) il faut produire dans l’aire traditionnelle de production, il n’est en pas de même pour le reste de l’économie ident ita ire. Ains i, un couteau Laguiole peut être vendu sans qu’il ait été fabriqué à Laguiole, idem pour la porcela ine de Limoges, idem pour les savons de Marseille. Pour l’agroalimentaire, ce n’est pas le cas. Le fromage Parmesan doit être produit dans la région ita – lienne de Pa rme et le Sel de Guérande doit être réalisé dans la région de Guérande.

– Un projet de loi qui va dans la bonne direction : face à une concurrence déloyale, une hausse incessante du chômage et une économie en berne, le Gouvernement envisage de déposer un projet de loi sur la consommation. Sous la pression des 20 000 signataires de la pétit ion « Sauvons le savon de Marseille » et peut-être convaincus que la territorialisation de l’économie pouvait être un élément de répons e à la crise, les Ministres délégués à Économie Sociale et Solidair e et à l’Artisanat envisagent d’étendre le champ d’applicat ion des « Indications Géographiques » aux produits manufacturés. Un signe officiel et un cahier des charges proche des IGP devraient encadrer les productions territorialisées.

– Confiant mais vigilant : Déjà en 2001, sous le Gouvernement Fillon, un projet similaire devait voir le jour avant d’être avorté. Et si le projet de loi « Hamon » va dans la bonne direction, les retournements de situations et autres égarements du Gouvernement sur les problématiques de territorialité (réforme des collect ivités, langues régionales) sont nombreux. Ainsi, nous devons rester vigilants et mobilisés pour la protection de l’économie occitane. (P. C.)

Pour réagir : info[a]adeo-oc.eu