La press e en langue occitane connaît de sérieuses difficultés.

La plupart des pub licat ions sont associatives et fonctionnent essentiellement grâce à l’engagement de bénévoles et avec l’aide de subvent ions. Pourr ont -elles cont inuer longtemps _ exister ?

Pour notre revue O c c i t a n i a – Volem viure al país, la situation est encore plus délicate. Notre engagement politique, et notre souhait de maintenir notre indépendance nous interdisent tout subventionnement par des collectivités territoriales. Notre principale ressource provient des abonnements, qui mois aprés mois diminuent. Reste à comprendre pourquoi ! La crise économique y est bien sûr pour quelque chose.

Alors que le coût des dépenses incontournables ne cess e d’augmenter, les salaires et les pensions stagnent, voire diminuent. Certains anciens a bonnés nous l’ont écr it cla irem e n t : en difficulté financière, ils s ont contr aints de fair e des éc onomies sur la pr es se et les abonnements.

Mais ce n’est certainement pas la seule raison. La lecture ellemême es t en diminut ion. Le nomb re de personnes qui lisent régulièrement a baissé fortement sur les vingt dernières années, et parmi celles qui lisent, le volume de lec ture s’est réduit . D’autres supports de communicat ion ont gagné du terrain par rapport au livre et à la presse, et nous sommes aujourd’hui submergés « d’informat ion » : télévision, radios, ordinateurs, smartphones… Pourquoi en plus de toutes ces sources acheter aujourd’hui un journal ? L’appartion des tablettes numériques va-til signer l’arrêt de mort de la presse papier ? C’est tout àfait possible, mais loin d’être certain.

Si on observe l’évolut ion de la presse en langue français e, on se rend compte qu’elle aus si va très mal. Le quot idien L i b é r a t i o n qui venda it 6 5 0 00 exemplaires en mai 2012, n’en a vendu que 38 000 en avril 2013. Les ventes sous format numérique ne compensent pas cet te chute : elles sont passées elles de 9 000 en mai 2012 _ à13 000 en avril 2013. Le journal sportif L ‘ É q u i p e a lui perdu 7% de ses ventes, et vient de connaître une restructuration avec le dépa rt de 50 journalistes. Et nous pourrions ainsi multiplier les exemples…

Il est cla ir que notre revue _ O c c i t a n i a doit évoluer si elle veut continuer à vivre au pays ! C’est pour cette raison qu’en 2012 nous a vons es sa yé de renouveler la formule en proposant à chaque fois un dossier, en ouvrant nos colonnes à de nouveaux auteurs pas nécessairement engagés dans l’occitanisme, et en relookant la couverture. Cette évolution a été positive, ma is n’a pas suffi à enray er le d”clin. Aussi début 2013, j’ai proposé aux responsables de la revue L o C e b i e r de fusionner nos deux journaux.

Lo Cebier est l’émanation du Pa rt it Occitan en Pr ovence. Diffusé à 400 exemplaires quatre fois par an, son financement pose aussi problème. Lo Cebier ;pourrait devenir les pages provençales de la revue O c c i t a n i a, et le rassemblement de nos deux lectorats pourrait nous donner une base plus solide. Ma is à ce jour nous n’avons pas réussi à finaliser un accord. Ces deux démarches que je viens de décrire succinctement montrent leur s limites. Surtout elles ne prennent pas en compte la révolution technologique que nous s ommes en train de vivre. Il est temps pour Occitania-Volem viure al país de pointer son nez sur internet !

Je vous annonce donc lacréation du site http://partitoccitan.org/occitania/ Pour le moment, il s’agit simplement d’une vitrine de la revue sur le net qui présente des articles, des photos, des cartes déjà pub liés, etc…

Nous proposons également le paiement sécurisé en ligne pour l’abonnementà la revue : fini le chèque, l’enveloppe, et le timbre ! Vous pouvez vous abonner avec une carte bleue en quelques clics. Bien évidemment ce site ne remplace pas la revue papier, mais il vient la complèter. Nous sommes encore nombreux à apprécier de pouvoir feuilleter un magazine, un support qui n’a pas dit son dernier mot !

Uc Jourde,

directeur de publication d’Occitania-VVAP

Pour réagir : info[a]adeo-oc.eu