Lo Cebier 133 – Villeneuve-de-berg, capitale de la lutte anti gaz et huile de schiste

Oct 18, 2013

 

Villeneuve de Berg reçoit Josh Fox

En ce vendredi 5 septembre 2013, c’est soir de fête à Villeneuve de Berg. A l’initiative du « Collectif 07-Stop aux Gaz & huiles de Schiste », la petite ville ardéchoise de 2 800 habitants reçoit Josh Fox. « Standing ovation », remise du diplôme de citoyen d’honneur par M. Pradal, maire de la ville. C’est dans une salle en fusion qu’est honoré le lanceur d’alerte, celui dont le film GASLAND a contribué à éveiller les consciences et à montrer les risques de la fracturation hydraulique. Présentation de son film documentaire « The sky is pink« , des rushs de  Gazland 2, discussions avec les militants, puis musique et dégustation de vins ardéchois.

Villeneuve de Berg, capitale de la lutte anti Gaz de Schiste

Ce n’est pas un hasard si après avoir été reçu au Parlement européen, Josh Fox entame sa tournée européenne par Villeneuve de Berg. C’est en effet dans cette ville que le 26 février 2011, 15 000 manifestants ont montré leur détermination à s’opposer aux Schuepbach et autres Total. Manifestations qui ont abouti à l’abrogation des permis d’exploitation de Villeneuve de Berg, Montélimar et Nant, autre lieu de contestation. C’est encore à Villeneuve de Berg que s’est tenu en avril 2013 le 1er Forum pour la Transition Energétique en Ardèche.

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La Vigilance reste de mise et la lutte continue

Certains pourraient se demander pourquoi la mobilisation se poursuit malgré la suppression des 3 permis, la loi de 13/7/2011 qui interdit la fracturation hydraulique et les promesses réitérées du Président de la République de ne pas autoriser celle-ci.

C’est que deux filiales de Total et Schuepbach ont introduit des recours devant le Tribunal Administratif estimant que les décisions d’abrogation de leurs permis leur causaient des préjudices. Schuepbach a même remis en question la constitutionnalité de la loi du 13/7/2011. Si la justice ou le Conseil constitutionnel donnent raison aux pétroliers, tous les permis pourraient être réactivés.

Le 30/8/2013, à la préfecture de Nîmes, la mission du professeur Deroin remettait son rapport d’expertise favorable aux prospections de Mouvoil dans le bassin d’Alès. Une centaine d’élus ardéchois et gardois soutenus par plus d’un millier de personnes sont venus dire leur opposition à ce rapport. Finalement, le préfet n’autorisait pas le passage des camions sismiques sur le bassin d’Alès.

Philippe Martin, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie a rappelé qu’il fallait respecter l’engagement du président de la République de l’interdiction de l’exploration des gaz de schiste mais certains membres du gouvernement sont sensibles aux sirènes des pétroliers qui mènent un lobbying très efficace auprès des politiques et des médias. Le rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques est d’ailleurs favorable à l’exploration et à l’exploitation des gaz de schiste.

Les travaux préparatoires de la Réforme du Code Minier se poursuivent dans une discrétion … inquiétante. Pour couronner le tout, les négociations sur l’Accord Economique et Commercial Global (AECG) entre le Canada et l’Union Européenne pourraient permettre à des sociétés canadiennes qui s’estiment lésées de contester la décision d’un gouvernement qui décide d’interdire la fracturation hydraulique et de lui réclamer des dédommagements importants.

 

La vigilance et la mobilisation sont donc toujours de mise.

                                                                                                          Gilbert BRAWANSKI

 

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Lo Cebier 133 – Marseille et Provence : Entre Spleen et révolte…

Oct 18, 2013

Pendant que Marseille Provence 2013 bat son plein, les rafales de kalachnikov continuent d’amener leurs lots de victimes et les expulsions de campement de Roms -décidemment nouveaux parias de l’Europe-, ne se sont jamais aussi bien portées. Comme quoi la fête « made in capitale » n’est pas forcément la solution à un vivre ensemble retrouvé. Quoique… regardons cela de plus près. Quel rapport établir entre culture, règlements de comptes mafieux et non prise en compte de la misère. A priori aucun, sinon à se lancer dans un amalgame populiste dont les tenants d’un extrémisme de droite, qui attend au mois de Mars 2014 son heure de gloire, fait ses choux gras ? A priori et a posteriori aucun. Aussi voyons les questions une à une.

                                                 Quelle volonté politique ?

Marseille-Provence 2013, c’est 100 Millions d’euros de budget, sans doute plus ; ce n’est qu’après que nous saurons. C’est des expositions fabuleuses : Cézanne, Van Gogh, Rodin, Matisse, Picasso.., des bâtiments qui feront date (le MUCEM, le nouveau conservatoire d’Aix-en-Provence…), bref des prestations de qualité pour une programmation intéressante. Mais allons plus loin. Comment cet art, ces événements comme autant de fêtes, irriguent-ils les quartiers populaires, les villages ? Comment contribuent-ils à changer le quotidien des populations durement touchées par les crises ? La réponse, si elle ne saurait être complètement négative -après tout beaucoup de manifestations sont ouvertes à tous-, n’est pas positive. Trop de décisions « d’en haut » et une absence évidente des intermédiaires associatifs ou semi-professionnels qui auraient pu faire le lien avec le terrain sont à déplorer. Les Provençaux se sont déplacés en masse pour assister à plusieurs événements, c’est bien. Reste à vraiment construire la relation dans l’autre sens et là c’est une autre affaire. Une question de volonté politique sans doute ! Mais culture et art doivent encore s’inscrire au cœur du développement territorial. MP 2013, de ce point de vue, n’aura pas amené grand-chose. Et, 100 millions d’€, c’est cher pour une relation inaboutie.

Des morts, des traumatismes

Des morts et des traumatismes auxquels les tables rondes et autres rodomontades sécuritaires en provenance du ministère de l’intérieur et de  la non intégration n’apportent pas de réponse. Le milieu provençal se déchire et règle ses comptes dans un flot de violence qui apparemment va grandissant. Apparemment, car à Marseille, comme partout ailleurs en Provence, il fait aussi bon vivre, apparemment ; la violence a aussi toujours été le quotidien des grandes villes et des ports, apparemment car la situation de misère et d’abandon dans laquelle se trouvent les habitants de certains quartiers est, certes aggravée, mais hélas pas franchement nouvelle. Contradictoire que tout cela sans doute, c’est vrai. Mais la réalité du vivre en Provence est contradictoire. Comme beaucoup, je ne voudrais pour rien au monde, quitter cette région, ma région. Mais nous vivons au cœur des villes les plus polluées d’Europe, et jamais nous n’avons connu de tels écarts de revenus, de telles difficultés pour avoir un toit, de tels handicaps pour accéder aux services publics. Alors nous vivons, en Provence, des situations des plus inégalitaires quand nous avons mis, depuis des décennies, au cœur de nos programmes l’égalité sociale et territoriale. Il y a loin de la volonté politique portée par les régionalistes occitans à la société dans laquelle nous vivons et le fossé ne cesse de s’agrandir. Contradictoire que tout cela…

Roms : le mépris d’un Valls.  

Autre source d’inquiétude dans toute la région : les démantèlements de camps de Roms vont bon train. En cette rentrée scolaire et à l’approche de l’hiver ce sont des dizaines d’enfants qui sont privés d’école et des centaines de famille qui connaissent la très grande précarité. Seule tentative d’insertion le Puits Z à Gardanne où sur un ancien carreau de mine vit  une centaine de personnes. S’il faut saluer le courage de la municipalité PCF de Roger Mei, l’action du collectif associatif et des travailleurs sociaux, le soutien du député EELV François-Michel Lambert, nous ne pouvons que déplorer l’unicité de cette expérience sociale porteuse, n’en déplaise à Valls, d’intégration et d’espoir de vivre ensemble. Partout ailleurs ce ne sont que référés, intervention policière et des miséreux qui poussent des chariots cassés quelques centaines de mètres plus loin pour espérer rester sur un bout de trottoir faussement hospitalier. Des femmes qui pleurent, des bébés qui hurlent et des hommes partagés entre la peur et le désespoir quand les pelleteuses détruisent encore et encore les abris de fortune, les maigres cabanes dans lesquelles ils s’étaient réfugiés. C’est la vie des Roms qui cumulent les expulsions. Mais patience, l’on nous dit, pour ceux qui au niveau de l’Etat croient en l’insertion, et croient qu’après les municipales on pourra agir pour la socialisation et retrouver le chemin de l’humanisme et de la solidarité. De qui se moque-t-on ! C’est oublier, un peu vite et un peu hypocritement, la pression que ne manquera pas de faire peser une extrême droite toujours en quête de boucs émissaires. C’est maintenant qu’il faut mettre en œuvre les préconisations du rapport Langevin sur les Roms, pas dans 6 mois ou dans 10 ans !

                                                   De quoi se révolter…

Des éléments pour avoir le spleen il y en a, hélas plein. Mais maintenant pour conclure, quel est le rapport entre les trois points abordés ? Car il y a bien un: Le prisme médiatique hexagonal voit-il la question marseillaise au travers de MP13 ou des canons des kalachnikovs ? Parle-t-on du quotidien des bidonvilles, de la précarité ou du scandale de trafic d’enfants ? L’image qu’on colle à cette ville, comme à toute la région, ne sent que poudre, trafic et sang. Or Marseille et la Provence, c’est bien autre chose ! Une capitale régionale par exemple et une région du midi occitan au cœur de l’Europe et de la Méditerranée. De sacrés atouts en somme qu’on voudrait nous faire oublier. De quoi se révolter, non ?

                                                                                                              Hervé GUERRERA

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Lo Cebier 134 – E IEU-E IEU ? E IEU ! Provença, l’ estrategia « nòva » dau FN

Oct 18, 2013

La caça ais electors reaccionaris ?

La relança deis esitants ?

Una O.P.A sus lei deceuputs dau « socialisme » ?

Una dubertura ai badaus de la politica politiciana que ne’n pòdon pas mai?

‘Quò podria èstre l’enonciat d‘un inventari a la Prevert. Es puslèu lo nivèu dau quotidian informatiu que lei mediàs debanan, aquestei pitias parisencas d’un auvari anonciat.

   Dempuei l’arribada d’aquela senèstra au poder, dempuei lei reformas entamenadas a còntra-sens o oblidadas, lo FN avança sei pions entre opinion desaviada e drecha devesida. Una drecha lèsta de porgir la man ai compaires e comaires lepenistas, au nom dei valors « republicanas », de « partiment dei responsabilitats », ajustats dins cada fraseta per aqueste polit monde. Entre rampèus ai maugrabins que còstan car ai servicis sociaus, lei roms  a l’aise, campatge après campament derrabats sus òrdre dau « socialista » Valls, la « laïcitat dins lei piscinas e lei cantinas », lo FN avança au pas dau lop. Entre postura protestatària e revendicacion per intrar dins lo sistèma, lo grand escart, qué ! Es la « novèla » estrategia de la drecha bruna que oblida seis aliats de l’ombra e lei frasetas faissisentas dau paire per lo velós de la filha. Ne son pas a una contradiccion per prendre lo poder. Mai aquela estrategia es clara. Sensa lei rapòrts dei Grandeis Aurilhas que sègon lo FN, sabèm pron que Occitània es per elei lo terren de predileccion dei muncipalas que venon, Miegjorn premier : Var, Vauclusa, Bocas dau Ròse, Gard, vaquí lo terren onte esperan ganhar de vilas. Entre 25 e 30% dei vòtz, es una triangulària ganhabla amé d’alianças de la drecha extrèma… Lo Filhon duerbe lo camin a un electorat a la deriva.

L’occitanisme de « Bastir » qu’es un recampament ciutadan a l’entorn d’un manifèst ne’n deu tenir còmpte en prioritat. Per ara, sabèm pas quant de listas d’aquela mena se bastiràn en Provença, mai òsca segura, lo dangier dau FN es lo vertadier dangier que podèm pas laissar de costat. La question deis alianças se pausa tre ara. A senèstra en prioritat, segur, ambé nostreis amics ecologistas tanben, restats au governament o pas. Mai seriá nèci de pas veire lo dangier montar e de ne’n parlar pas premier dins nòstrei programas. Per nautrei en Provença, es una dei prioritats per lo cambiament sociau e politic. E lo mau-viure de la societat nòstra serà jamai lo far-valer dei rèire-felens de Maurras, de la paur de l’autre e de l’òdi de l’estrangier. Lei Provençaus devon pas s’agantar a aquela leca.

                                                                                                                      Gerard TAUTIL

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Lo Cebier 134 – La RETRAITE et le RESTE… ou comment se fédérer pour avancer

Sep 24, 2013

La question du maintien du départ à la retraite à 60 ans est sans doute une question fondamentale qui est mise en avant (ce soir) dans la critique de la réforme envisagée, mais elle ne peut éluder les questions de fond qui sont posées par cette nouvelle réforme, prolongeant celles de 1996 à 2010.

On ne peut davantage aborder cette question sans la mettre en perspective avec les crises répétitives du système, la montée en puissances de la finance, les cadeaux fiscaux faits aux grandes entreprises et aux banques subventionnées à la faveur de la dernière crise ; et sur le fond, leurs conséquences découlant des politiques de récession prises par les Etats, de concert avec l’Europe, qui ont fait chuter de 30% les retraites et fait reculer l’âge du départ dans les pays du Sud de l’Europe (en Grèce, au Portugal, mais aussi en Espagne et en Italie).

Déconnecter cette question des retraites de cet environnement économique et politique, c’est esquiver l’analyse globale de cette situation que nous subissons et des mesures à apporter à la répartition des richesses dans nos sociétés ; celles-ci sont prises en tenailles entre la logique productiviste et le modèle socio-économique que nous continuons à subir.

  

Des améliorations mineures du projet initial 

L’annonce faite par le 1er ministre de revoir les propositions initialement prévues sur les retraites est sans doute un effet positif dû à la réaction de la société civile et des syndicats, à quelques exceptions près. Quelles sont-elles ? On l’a déjà dit :

-prise en compte de la pénibilité (encore faudrait-il pouvoir estimer les pénibilités dans les secteurs différents du travail (cols bleus et cols blancs) et élargir le « rabais » d’une année de travail pour 30 années de travail pénible, ce qui est infime appliqué à  un métier dont les conséquences physiques et neuropsychologiques sont importantes) ;

– au nom de l’égalité homme-femme, prise en compte du travail des femmes (notamment l’abaissement du smic dans le calcul des trimestres (Mais que fait-on des temps partiels qui continuent à se développer et sont majoritaires ? Si on en tient compte comme il est annoncé, on les maintient dans quelle mesure ? Et que fait-on du chômage partiel dans un parcours professionnel interrompu  et souvent de longue durée ?) ;

– prise en compte des années d’apprentissage, ce qui est normal dans un cursus professionnel considéré comme un tout et non comme un passage pré professionnel pouvant être remis en question, donc sanctionné. C’est donc là une simple mesure de justice en direction des jeunes. Si l’allongement des études n’a pas de conséquences pénalisantes, le cursus professionnel peut y gagner en quantité et qualité. Encore faudrait-il que l’allongement des cotisations et du travail des séniors soient sans conséquence dans le recrutement des jeunes, ce qui est loin d’être démontré.

– La décote de 5% pour une année manquante dans le calcul des annuités n’est pas mentionnée. A-t-elle été suspendue ? Personne n’en parle. Si elle ne l’était pas, elle prolongerait les réformes libérales antérieures.

 

Des mesures fidèles à une logique comptable

Mais ces mesures du gouvernement Ayrault ne règlent pas la question des retraites ; elles restent dans une logique comptable qu’il est difficile d’admettre et surtout, elles sont à la remorque d’une économie de crise du système néo-libéral dont les facteurs demeurent, prêts à enclencher une énième crise incontrôlable.

Les mesures avancées sont inquiétantes :

-augmentation de la durée des cotisations : si le principe des cotisations est juste, il reste injuste dans l’application et l’inégale répartition des efforts demandés. Les cotisations des séniors seront encore pénalisées, les pensions diminuées, alors que celles-ci ont été réduites de 15% à 25% depuis vingt ans.

 

-Si la hausse de la CSG se fait au détriment des salariés et des retraités, on ne voit pas comment la répartition des prélèvements au profit des entreprises ne sera pas une dérégulation maintenue et à l’opposé d’un appel à la solidarité. Actuellement, les deux-tiers des recettes sont issues des salariés. Une hausse aurait donc pour conséquence une baisse de pouvoir d’achat pour ces derniers et les retraités…Ce que confirme, on ne  peut plus clairement, J-M Ayrault qui prévoit des prélèvements chez les salariés, les retraités et les entreprises : « Il y aura un effort des entreprises, mais nous regardons comment le compenser. Le plus probable est qu’il le soit partiellement, on ne comprendrait pas que l’effort soit compensé totalement pour les entreprises, et pas du tout pour les salariés… » (1)

Le « ministre des entreprises », P. Moscovici, précise: « Le niveau des prélèvements obligatoires est-il bon pour l’économie et l’emploi ? La réponse est non. Le niveau des cotisations doit-il baisser ? Oui. » (2) Il ne sera pas question de taxer le capital mais d’aménager les prélèvements, sans que cela se fasse au détriment des entreprises. Quant au coût du travail, trop élevé selon Gattaz,  Moscovici répond, rassurant : « la réforme des retraites ne pèsera pas sur le coût du travail »(3)

 

Sortir du dogme néo-libéral : proposer des   solutions possibles et nécessaires

 

On ne dira jamais assez que des solutions existent si ce gouvernement revient à ses propositions initiales, dans ce domaine comme en d’autres, et pour lesquelles il a été élu. Et tout économiste un peu critique sait comment répondre à l’urgence de situation. Des mesures de contrôle fiscal et de circulation des masses monétaires s’imposent :

Prendre une partie des richesses issues du dogme de la « compétitivité » en taxant les revenus financiers ; en filtrant l’exode fiscal des hauts revenus et celui des grandes entreprises, ce qui représente une évasion estimée à 60 milliards d’euros. Ce gouvernement qui se prétend de gauche est au pied du mur : reconduire des recettes de court terme vouées à l’échec politique ou s’engager dans des réformes socio-économiques de fond en préservant l’avenir des générations nouvelles.

Fonder le « développement » sur les potentialités et les ressources nécessaires aux besoins sociaux prioritaires ; en tenant compte de la crise énergétique et écologique qui commande d’autres façons de produire et de consommer. Ce qui implique parallèlement d’autres politiques budgétaires tournées vers l’intérêt public. Ce qui implique surtout  une autre conception de la « croissance », l’alpha et l’oméga du gouvernement.

Réduire le temps de travail pour le redéployer en direction du plus grand nombre, mieux répartir les richesses et réduire les inégalités dans les étapes de la construction d’une société plus ouverte à la création et aux loisirs.

Développer l’emploi dans de nouveaux secteurs, à partir des politiques de filières dans les régions (agricultures de proximité, circuits courts, recherche, sortie du nucléaire et développement des énergies nouvelles, politique environnementale adaptée aux situations locales/régionales, transports de proximité et inter-modalité, habitat social à réinventer dans son insertion au milieu et dans sa construction, création d’emplois culturels dans la filière de l’identité régionale…). Il faut sortir de l’idéologie de la mondialisation, indépassable dans sa forme actuelle, pour réinventer par en bas les conditions d’une autre mondialisation. L’Europe doit ici jouer ce rôle de renouvellement des politiques intergouvernementales, réinventer la fonction démocratique du politique fondée sur l’interrégionalité, le fédéralisme de proximité,  et sortir de sa vision exclusivement marchande. Les politiques des retraites et de l’emploi,  enfermées dans des habitudes propres à chaque Etat, doivent être aussi repensées dans ce nouveau contexte.

Ces quelques éléments nous montrent combien nous sommes loin aujourd’hui d’une perspective de développement soutenable tant que le productivisme, surtout en période de récession, et la logique de la compétitivité restent la règle d’un jeu social reproducteur d’inégalités croissantes. Alors que le XXIe siècle est riche de ses innovations, de ses ressources humaines, de ses capacités de répondre aux besoins de chacun, nous sommes encore dans la préhistoire d’un capitalisme qui ne trouve pas lui-même les moyens de se renouveler. Coopérer, se fédérer, être solidaires, partager : autant de mots restés lettre morte.

   La question des retraites resituée dans ce contexte apparaît bien comme une question politique au sens propre, et non simplement technique. C’est une question de société : celle d’une société essoufflée et en bout de course, arrivée à un tournant et qui s’entête à reconduire les recettes éculées des prélèvements inégaux. C’est une société sous l’emprise de la falsification technocratique et aveugle, avec ceux qui s’imaginent que la hausse des cotisations permettra de trouver les 20 milliards d’euros d’ici 2020. Alors « plus juste » cette réforme comme on l’entend autour de nous ?

Courte vue qui renvoie à des impositions sur les salariés et les séniors aux  revenus modestes, sans relever pour autant les plus bas salaires et sans résoudre le chômage. Dérision que pose, de façon récurrente, ce traitement technique des retraites,  mais dont l’issue  ressemble une fois de plus à un nouveau marché de dupes.

 

                                                                                         Gérard TAUTIL

 

 

(1) Le Monde. 28/09/2013 – « Retraites : l’ouverture surprise faite au patronat »

(2) Le Monde. 31/09/2013- P. Moscovici à l’université d’été du Medef.

(3) idem

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N°189 – La batèsta de Mureth

Sep 23, 2013

C’était il y a 800 ans !

 

La batèsta de Mureth – 12 de setembre de 1213

 

 

« De l’Ebre au Béarn et aux Alpes, […] un grand Etat occitano-catalan était né. »

 

Michel Roquebert

– L’épopée cathare, t.II –

 

Après les premiers combats, bûchers et massacres en tous genres de la Croisade des Français et de l’Eglise contre le Comté de Toulouse en 1209-1210 et la main mise de Simon de Montfort sur les terres de la vicomté de Trencavel, un concile est réuni à Montpellier en février 1211. Raimon VI et tous ses vassaux sont sommés de se soumettre à l’Eglise et à Montfort. Le comte refuse et il est alors de nouveau excommunié, ses terres « exposées en proie » !

Au mois de mai 1211, Lavaur vivra le plus grand bûcher de la croisade avec 400 brûlés, sa châtelaine jetée dans un puits et son frère égorgé par les Français avec tous ses chevaliers.

En octobre 1212, Toulouse est pratiquement encerclée par les croisés. La ville est surpeuplée de réfugiés de partout: des chevaliers faidits, des rescapés des villages détruits, des militaires prêts à assurer la défense… sans compter tous les troupeaux que les paysans réfugiés ont emmené avec eux et qui sont « hébergés » dans les cloîtres de Saint-Etienne, de Saint-Sernin et de la Daurade. Frappée d’interdit depuis l’excommunication du Comte, la ville est abandonnée de ses religieux et les cultes ne sont plus assurés. Quant à Raimon VI, il est parti à la cour d’Aragon pour demander l’aide de son beau-frère le roi Peire II.

 

L’offensive diplomatique du roi d’Aragon

 

Peire II vient de se rendre célèbre dans toute la Chrétienté pour avoir vaincu les Almohades à la bataille de Las Navas de Tolosa en juillet 1212, ce qui lui vaut le titre de « roi très catholique »… un atout donc pour Raimon VI « l’hérétique » face au pape.

Devant les menaces qui planent à présent sur tout le Comté de Toulouse et même bien au-delà, les deux beaux-frères Peire et Raimon vont élaborer un plan de riposte qui sera soumis au pape Innocent III. Dans un rapport circonstancié, Peire II explique que Simon de Montfort est son vassal pour la vicomté de Trencavel qui lui a été attribuée en 1209, mais que celui-ci en profite pour faire main-basse sur l’ensemble des terres occitanes, mettant tout le pays à feu et à sang.

Ensuite très habilement, le roi d’Aragon affirme que Raimon VI est prêt à abdiquer en faveur de son fils Raimon le jeune qui sera pris sous sa protection. Innocent III accepte ce plan et le 15 janvier 1213 il écrit à Montfort pour lui rappeler que Peire II est son suzerain et pour lui signifier de restituer toutes les terres conquises illégalement: « Tu t’es servi de l’armée des croisés pour répandre le sang des justes, tu as lésé des innocents… ». Il sermonne de même ses propres légats, Arnaud Amaury, Thédèse et Hugues de Riez, et il ordonne l’arrêt de la croisade!

Pendant ce temps, Peire II se rend à Toulouse. Se tient à Lavaur un concile auquel le roi demande de garantir l’intégrité des Etats de Toulouse, Foix, Comminges et Béarn. Refus catégorique des prélats qui veulent les attribuer à Montfort en raison du droit de conquête des terres hérétiques « exposées en proie »…

 

Le roi d’Aragon décide alors de prendre toutes ces terres sous sa protection et le 27 janvier il reçoit les hommages de tous ces comtes occitans. « De l’Ebre au Béarn et aux Alpes, se déployant en un vaste croissant le long des rivages de la Méditerranée occidentale, un grand Etat occitano-catalan était né », dira Michel Roquebert dans son « Epopée cathare ». Ainsi se concrétisent politiquement des siècles de brassages de populations, d’échanges économiques et culturels de part et d’autre des Pyrénées où une communauté de langage et de civilisation rayonne en Europe.

 

La défaite de Muret

 

Mais voilà que les légats de la croisade lancent une contre-offensive auprès du pape. Le 21 mai Innocent III « retourne sa veste »… et relance la croisade, tout en conseillant au roi d’Aragon de ne pas s’opposer à Simon de Montfort. Celui-ci reçoit des renforts de croisés de l’Ile de France, et rompt ses liens de vassalité envers Peire II. La guerre devient donc inévitable.

 

A Toulouse les Occitans et les Catalans se préparent à l’affrontement qui aura lieu à Muret, où le roi d’Aragon installe son camp le 8 septembre 1213. Le 12 septembre c’est l’affrontement de deux civilisations, avec d’un côté les troupes françaises de la croisade et ses neuf cents chevaliers, et en face les troupes alliées -Occitans et Aragonais- avec deux mille chevaliers et cinquante mille fantassins toulousains et montalbanais. Devant ces chiffres, la victoire de la coalition paraît évidente… Et pourtant Peire II est tué dès le début des combats, victime sans doute d’un désaccord profond entre les Etats-Majors toulousains et aragonais sur la conduite de la bataille.

 

C’est la débandade dans les rangs alliés qui compteront des milliers de tués, ce qui fait dire à l’auteur anonyme de la seconde partie de la « Canson »:

« Grands furent le désastre, le deuil et la perte

Quand le roi d’Aragon resta mort et sanglant

Et bien d’autres barons; et ce fut grande honte

Pour toute la Chrétienté, pour tout le genre humain… »

 

 

Les milices urbaines sont décimées et, comme l’écrit Guilhem de Puylaurens, témoin direct de l’événement, « C’était pitié de voir et d’entendre les plaintes de ceux qui pleuraient leurs morts; il n’y avait guère de maison où l’on n’eût un mort à déplorer, ou un prisonnier que l’on croyait mort. »

 

Après la défaite des Toulousains et des Aragonais à Muret le 12 septembre 1213 devant les Français de Simon de Montfort, une réunion se tient à Toulouse entre le comte Raimon VI et les capitouls. Loin de se laisser abattre, on se partage la tâche: aux consuls de négocier avec les vainqueurs, du mieux possible pour épargner de plus grands malheurs aux populations occitanes; et au Comte le soin d’entamer une tournée diplomatique, en particulier auprès du roi d’Angleterre Jean-sans-Terre fils d’Aliénor d’Aquitaine et oncle de Raimon VII, pour sauver ce qui peut l’être encore…

 

Après Muret, d’autres dates et d’autres lieux jalonneront l’histoire de cette conquête des terres occitanes par la monarchie capétienne : Baziège, traité d’annexion du comté en 1229 imposé par Paris, l’inquisition, Avignonet, Montségur…

Mais dorénavant, les hommes et les femmes de chez nous vivront dans « le midi » de Paris et non plus au nord de Barcelone… même s’ils continueront à ne parler qu’en occitan jusqu’au XXe siècle !

 

Georges LABOUYSSE

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N°189 – MANCATZ PAS LA FIN DE PARTIDA !

Sep 20, 2013

Fin de partida es la darrièra carrada de novèlas de Florian Vernet .

Vertat es que Vernet nos a acostumat a de pròsa de la bona , de la melhora. Aquestas novèlas fan pas mentir. Sièis novèlas que son un regalemus e que balhan d’aire als amators de literatura.

Tant es que dempuèi un brieu s’èra pas publicat de literatura. Vernet, el, mestreja son mestièr, es mèstre en escritura e se congosta dins la novèla, genri ont es pas novelari.

Amb Fin de partida, nos regalam, gaudissèm, òm se cara bravament tan plan que lo libre acabat lo cal tornar legir un segond còp, pel plaser ! Se las novèlas son pas totas de la meteissa veta, que van del negre al raconte amorós, l’unitat de la tièra es portada per la votz interiora dels tèxtes, una votz interiora qu’acompanha lo lector e balha aquela intensitat fòrta a la paraula puèi a la novèla. Aital los sièis tèxtes que son d’espectacles de la vida vidanta, venon sus scena, sus l’empont.

Benlèu qu’i cal véser una relacion amb lo titol de Samuel Beckett ? Cossí que ne siá, las novèlas son aquí coma d’escenaris – lo darrièr tèxt es descopat en « sequéncias » – prèstes a ésser meses en scena, jogats, filmats.

Puèi, coma de costuma, l’escritura de Vernet , la composicion de l’òbra, de las obretas, de las frasas memas, lo debanament bast it , las art iculacions e d’unes encaminaments secrets entre las novèlas – e bessai d’autres tèxtes de Vernet que s’es vertadièrament bastit un estil dempuèi longtemps- tot aquò, nos permet de tastar una literatura de las mai gostosas. Vernet, amb Fin de partida, marca d’una òsca bèla la literatura narrativa del sègle XXI.

Cal apondre que Fin de partida es tanben un bon trabalh d’edicion ; d’unes ne podrián prene de la grana. L’editor, qu’es l’Ieo-Lengadòc, nos a porgit un libre vertadièrament plan alestit amb de paginas de garda, una tipografia agradiva, una seriosa correccion del tèxt, una colacion respectada e de marges agradius ; l’ensemble balha un confòrt de lectura e es un signe de madurason, de professionalisme. –

Un libre de mancar pas : Florian Vernet, Fin de partida, IEO-Lengadòc, Besièrs, 2013

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N°189 – Château Combarieu, Cahors : La partie immergée de l’iceberg

Sep 20, 2013

Le monde du vin, nous croyons le connaître, nous nous gaussons, nous débattons à l’envi, nous alignons les noms de domaines, les noms de c uvées, les millésimes les plus pr isés et sommes fiers de rencontrer tel vigneron connu, à la mode, adulé, fier de déguster dans sa cave, avec le sentiment d’appartenir à ces happy few, ceux qui sa vent , ceux qui sont capables de séparer le bon grain de l’ivraie : non, nous ne connaissons rien de ce qu’est le monde du vin.

Nous faisons les célébrités, nous contribuons à créer des modes, à les suivre ; nous sommes capables de nous étriper sur quelques sujets dans l’air du temps : le s oufre, la biody namie, le terr oir , les buveurs d’étiquettes et ne prenons souvent pas le temps, ne faisant pas vraiment l’effort de regarder qui sont les vignerons, ceux qui luttent, ceux qui n’ont pas encore un nom, ceux qui doivent se lever à 5 heures du matin pour aller sur un marché à Souillac, et qui ne rentrent que vers 21 heures parce qu’ils ont réussi à obtenir un créneau au camping des Pins avant de revenir et après avoir attendu dans le camion, tout l’après midi sous le cagnasse ; passer 2 heures de plus pour faire déguster aux hollandais, et vendre dans le meilleur des cas 18 b outeilles dans les bons jours ; ceux qui font des milliers de kilomètres chaque année pour aller de leur sud-ouest jusqu’en Belgique et qu’il ne faut surtout pas perdre la place parce que c’est dur à obtenir.

«Faut pas vendre trop cher parce que le client est pas prêt à mettre plus » alors évidemment, il faut vendre parce qu’il faut vivre et se bouger les fesses en conséquence. A 5 euros la bouteille de Cahors, ce n’est pas simple.

« On a bien la cuvée prestige élevée en barrique, un peu plus chère, mais c’est parce que c’est à la mode ». Et oui… « La cuvée fût est beaucoup plus chère, parce que les barriques sont également très chère »… Et oui.

« Mais jamais mon grand père n’aurait mis du vin dans un fût. Le bois, c’était pour le vin le plus mauvais, pour l’améliorer »…

Et oui, la tradition du Cahors richement boisé, c’est une gageure. Et quand on évoque les Cahors à 100 euros la bouteille, on a l’impression que l’on parle d’un autre monde : le Cèdr e ? Lagr ézet te ? Comme si ces vignerons-là ne faisaient pas du Cahors, un vin de la même appellation. La France d’en haut et celle d’en bas unis par les liens de la terre et du cépage mais par aucun autre. Comme je m’en veux aujourd’hui d’avoir fait le malin en citant devant cette femme éreintée de cette journée, pressée de revenir chez elle, (pour charger à nouveau le camion puisque c’est mar ché à Puy l’Evêque, le samedi) tout mon savoir à la noix sur lestroisièmes terrasses du Lot, la synonymie du côt, dit encore malbec ou auxerrois ( nom qui comme chacun sait vient de Haute Serre, mâââchin !). Cette rencontre vaut toutes les visites à Ausone ou à Petrus, non de Dieu. C’est simple, ça sent la sueur et le vin.

DU CAHORS, DU VRAI

Le vin, parlons-en justement, parce qu’il en vaut la peine. Du Cahors, du vrai, qui ne renie rien de son origine ni de ces millésimes.

– Le Cahors 2005 es t à l’image de ce millésime, excellent, facile dès maintenant, même s’il vieillira avec bonheur. Vin de cuve, il se montre à nu, avec ces notes fumées et ce beau fruit en avant. Gourmand, aux tannins déjà assagis, il est un vin simple sans être simpliste. Très bon. 4.20€ !

– Le Cahors 2004 est un peu plus austère, marqué » par des tannins qui ont l’accent, pour tout dire, un peu trop marqués. Mais on sait ce que l’on boit : c’est net sans déviance aucune. 4,50 €

– Avec le Cahors 2002, on rentre dans la typicité cadurcienne : de la matière, du grain serré, et des tannins bien marqués, mais bien mûrs. Un vin taillé pour la garde, comme pouvait l’être ceux du Clos de Gammot d’antan. 5 €

– Le Prestige 2004 est chichement bois é, mais la matière le supporte, c’est un vin bon chic bon genre, qui ne sombre pas dans la caricature. 7 €

– Le rosé 2008, vendu en vin de pays , à un prix dérisoire, est tout simplement le meilleur rosé que j’ai bu cette année. Riche, plein, gourmand, il a tout pour plaire. 3,80 € !!

LES OUBLIÉS DES GUIDES

Tous les vins de ce domaine font honneur à leur appellation : ils ont tous en commun une netteté sans faille et sont tous très représentatifs de leur millésime. Pourquoi sont-ils à ce prix puisque j’atteste qu’ils sont largement aussi bons que d’autres qui ont eu la chance de porter une étiquette plus huppée, ou plus cotée ? Allez savoir … : sans soute parce que la plus grande faiblesse de ces vignerons, c’est de n’avoir pas encore tout à fait assimilé le système moderne de communication : marketing, pour eux, c’est sans doute encore une notion abstraite : ils vendent leur vin, pas leur âme.

Ils font partie de ces vignerons pour qui allez chercher le client est une nécessité quand d’autres les voient venir à eux : je ne nie absolument

pas le mérite de ces derniers, mais je voulais rendre un hommage à tous ces oubliés des guides, des revues, des discussions de salon, qui pour tant perpétuent le b el ouvrage et qui du reste, représentent l’immens e ma jorité, certes vacillante, du monde du vin aujourd’hui la partie immergée de l’iceb erg, qui n’en es t pas moins le fondement.

Jérôme Pérez

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N°189 – Escrich sus las femnas – Escrich de femnas

Sep 20, 2013

J osiana Ubaud : Escrich sus lasfemnas – Escrich de femnas

N’òm dintra dins deus libres coma espectatora quand los autors s on deus òmes qu’an escrich per d’autres òmes. An beu voler esser univ er saus , pa rlen pas qu’a la meitat de l’umanitat.

Dins lo libre de Josiana Ubaud Escrich sus las femnas – Escrich de femnas, n’òm sentis d’abòrd una compli-citat, un resson de tot quò auvit e viscut dempuei l’enfança , coma femna segur, mas quò s’adreça atot aus òmes qu’auran lo coratge de se l’i miralhar. Qu’es un lexic occ itan de la mis og inia – o un lexic de la misoginia occitana .. .- ente son r egropa ts un nomb re impress ionant de mots e de proverbes consacrats au mespretz, a la devaluacion, a l’òdi de la femna.

Deve dire que sei estada prigondament chucada per la violenòa e l’aguissença que rajen de queu vocabulari. Sa quita richessa fai mai que mai s onjar a ‘na lapida cion verbala, coma li a ‘na lapidacion fisica dins los païs sos la charia: d’un costat la mòrt corporala, de l’autre, la mòrt espirituala. L’imatge de la femna vehiculat per quilhs mots a l’ostau coma en public contunha de far chamin dins las testas deus pitits, mai deus beus, e embarra las femnas dins la preison de la vision masculina: sem sala s, c lapassas , cossar das , envejosas, marronairas, corrandier as, mes sonjieras .

N’am pa s de cervelas e siriam res sens los òmes. Qu’es per quò que nos fau g ardar mais on e nos balha r lo moenh possible de poder: la veitura, los sòus, simbòus de l’independencia e de la dominacion masculina dev en restar s on privilegi. Sem comparadas a tota mena de besunhas mai òrras l’unas que l’autras, e metudas au niveu de las bestias: « Cats, femnas e chins menan pas que rab al adís », «Los ases, las femnas e los melons son dificils a coneisser ».

Poden condemnar la vis ion musulmana de la femna, los Occitans, an pas lo cuòl mai pròpe: « Qu vòu batre sa femna, tròba pron d’excusas », « Femna de trabalh, cal que resta dins son ostal », « L’òme e s indigne de l’ estr e que de sa femna non es mestre », « Sòrti mon gau, dintratz vòstras galinas ». Queu darrier proverbi rapela la frasa de F. Mauriac « Il est entendu une fois pour toutes que les hommes ont le droit de chasse. Au gib ier f émi ni n de se g arder ».

Lo vele islamic es mas una aplicacion de quela concepcion deu rapòrt òmefemna. Lo machisme se pòrta plan dins la societat occitana d’auei. Josiana Ubaud l’a rencontrat tant chas los jòunes anima tor s de Radiò- Lengadòc coma chas los occitanistas -pas tots urosament- que pertant lauven l’epòca daurada deus Trobadors quora les femnas deus chasteus podian -parier coma los òmes – ess er trobairitz o Bonas Femnas. Mas au mitan de tota quela f anha, que risc aria b en de nos estofar de colera o de desgostacion, J os iana Ubaud nos por gis deus pitits joiaus de pròsa o de poesia d’autoras occitanas . Conegudas, mas subretot desconegudas per que pauc o jamai publiadas, quelas femnas parlen d’amor – de l’òme, de lor nena, de la natura, deu paòs- de la dolor d’es ser f emna, jama i d’aissa. Qu’es un bonur de legir quilhs textes: impression d’apartenenòa au monde vegetau, plaser d’embeure las odors e las colors de la terra, esmiraudiament davant l’espelida d’una flor.

Quela capacitat d’identificacion emb tota fòrma de vita es benleu mai fòrta chas las femnas; ‘las comprenen mielhs la necessitat de preservar la natura en luòc de la roinar. Lo besuenh de dominacion que butis los òmes a tortura r e esventrar la terra d’aicianta au darrier badalh es lo mesme que los butir a violar e tuar deus milierats de femnas dins los país en guerra coma dins quilhs en pa tz: una femna violada totas las doas oras dins l’exagòne, una femna tuada per son companh tots los dos jorns e mieg. Lo libre de Josiana e los sorires de femnas semnats de çai de lai dins sas pajas, aidaran quilhs que lo legiran a tombar lor vielha peu machista e a dintrar dins l’univers poet ic sub rebr ave d’autoras occitanas.

Danisa Urroz

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N°189 – EXPRESSIONS OCCITANAS

Sep 20, 2013

La pa rucion del D i c c i o n a r id’expressions e locucions occitanas de Maurici Romieu, Andrieu Bianchi e Loïs Gaubèrt es una de las melhoras novèlas per la lenga occitana.

L’obratge de 730 paginas, publicat a las edicions Vent Terral, anoncia un renovèlament en fons de la linguistica occitana. Jà, la parucion de Tot en Òc èra estada saludada coma una pèira blanca dins l’istòria de la lexicograf ia.

Vertat es que aviá ca lgut esperar aquel an 2000 per véser espelir lo primièr diccionari completament afranquesit de la situacion diglossica ont es l’occitan.

Tot en Òc propausava enfin de definicions en occitan e la lenga sort is siá a ital d’un sistèma de dominacion linguistica. A partir d’aquel eveniment , se podiá esperar o pensa r que la lexicografia anava progressar.

Ailàs siaguèt pas lo cas. Cap de trabalh scient ific siaguèt pas menat dins aquela pontannada ; ni mai i agèt pas cap de rect ifica cion a las publicacions de l’IEO que siá lo Tot e n Òc o l’A l i b è r t .

Sol, aquel Diccionari d’expressions e locucions o c c i t a n a s , novèl aplech, que tant fasiá besonh, ven confortar nòstra idèia d’un progrés esperat e tant necessari. Plan solide, i aviá los trabalhs d’Andrieu La ga rda que tantas generacions d’estudiants an fait servir, lo vocabulari de Florian Ver net tanben, mai recent , enriquesit.

Mas aquelas òbras plan ricas e plan concebudas, fornissián d’expressions e de locucions en ut ilisant lo francés coma lenga equivalenta. Jama i fins ar a, l’occitan èra pas estat la metaleng a ; jamai l’occitan arribava pas a se descriure, el meteis, sens passar per la lenga sucursalista e dominanta qu’es lo francés. A

queste còp, Romieu, Bianc hi e Gaubèrt nos donan una descripcion d’una brava part de la lenga viva -expressions e locucions- dins la lenga nòstra.

Un trabalh remirable

Aquel trab alh que compta quicòm coma 6000 expressions e locucions es remirable a mai d’un titol.

– La riquesa del fons : Los autors an r ecampat a quelas loc ucions e expressions dins una lenga viva, per d’enquèstas, de testimoniatges ora ls o literaris , un tra balh de formigas. I cal rendre omenatge. Es pas de trabalh de maganha mas un trab alh dobèr t sul territòri que d’autres podrián encarrar tan plan dins d’autres parçans d’Occitania. Per aquel obratge, la lenga torna trapar un moment de vida. Lo fach d’acampar aital la lenga viva balha un ima tge espontanèu de la vitalitat de la lenga e de sas capacitats a viure.

– Lo fons acampat l’es d’un biais s cient ific. Plan tr òp s ovent los tra balhs lexicogra fiques sus la lenga occitana son estats de trabalhs d’amators e de militants. Los renegam pas que an tengut lor plaça, son estats mai que necessaris. Mas, a un moment donat, cal saber passar al nivèl en sus. Los autors d’aquel Diccionari d’expressions e locucions occitanas, agregats de letras, i son arribats. Lo diccionari trob arà sa pla ça dins totas las bibliotècas mas melhor encara sus totas las taulas de trabalh, dins totas las cosinas, etc.

– La marca principala del trabalh se nòta a la lectura menimosa que s’en pòt far mas tanben a la presentacion e a las causidas d’edicion que son causidas dels autors. Aital, una t ipografia especialament causida rend compte del seriós del trabalh e de tot lo scientifisme que los autors an volgut portar a lor trabalh. – Pel cla ssament , i a un mot de dintrada qu’es lo mot referent de l’expression o de la locucion. Es seguit per una corta glòsa gramat icala sufisenta puèi d’una definicion. Venon darrèr las expressions o locucions en òr dre e cada còp definidas e illustradas d’exemplespreses dins la literatura amb las ref eréncias o dins la litera tura orala, o relevats per las enquèstas dels autors . Enfin seguís una explicacion de l’expression o de la locuc ion. Los autor s an tanben porgit una refleccion sus la definicion ela-memes. S on dona da s, quand n’i a, las refer éncia s als diccionaris consultats.

Tant val dire que lo D i c c i o n a r i d’expressions e locucions occitanas es un trabalh scientific remirable e d’una valor inestimabla per totes los que vòlon coneisser la lenga, ne pesar la valor, tornar trapar de locucions e las emplegar lo ma i possible per tornar a l’occitan son originalita t. L’indèx alfabet ic e l’indèx nociona l s on aquí per permetre de trapar l’expression que cal, que fa mest ièr, a is idament. Basta pas que de l’emplegar.

Lo suc e lo chuc de la lenga

Esperam qu’aquel obratge serà leg it e ut ilisa t per totes, los ensenhaires d’en primièr, que vòlon donar a lors escolans o estudiants una lenga de las melhoras, amb, coma dison los autors : lo suc e lo chuc. Ma s tanb en a totes los qu’aurián d’ambicions lexicogrficas que, benlèu – aquel domèni, que los autor s an sabut desb artas sa r, valorizar e metre a posito del public – es lo mai malaisit de coneisse e d’espleitar. Podèm pas qu’esperar que las paginas blancas reservadas a de nòtas personalas a la fin del volum seràn lèu negrejadas per de plumas qu’aur àn la volonta t de completar aquel inventari.

E quin sa p ? b enlèu que los autres cantons d’Occitania vendràn tanben enriquir del meteis biais, amb la meteissa rigor, l’inventari que Bianchi, Romieu e Gaubèrt n’an dubèrt lo talh.

Joan Thomàs

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N°189 – Entre doas mars e tres montanhas

Sep 20, 2013

• Midi-Pyrénées

* Pierre Fabre est décédé fin juil let à Lavaur.

Au dépa rt s imple pha rmacien à Cas tr es , Pierre Fabre a constitué en une vie un grand groupe pharmaceutique employant 10 000 personnes dans le monde entier, dont 4 000 en région. Très attaché au Sud-Ouest et au sud-Tarn en pa rt iculier, Pierre Fabre avait investi dans de nombreux secteurs de la région : Sud Radio, Avène les bains, le club de rugby du Castres Olympique… Côté polit ique Pierr e Fabr e penchait très clairement à droite ! Son côté « régionaliste » ne l’a pas poussé jusqu’à s e rapprocher du mouvement occitaniste, dommage ! Cependant, il a toujour s eu la volonté de maintenir le siège social de son entreprise « al país », et au moins pour cela, il mérite qu’on lui rende hommage.

* Audiovisuel en Midi-Pyrénées : Le Conseil régional a attribué 1,5 millions d’euros à Télé Toulouse qui semble connaître des difficultés.

Reste à voir à quoi servira vraiment cet argent ! D’autre part le conseil régional réuni en assemblée plénière a souhait é à l’unanimit é la demande de l’att ribution d’une chaîne télévisée de plein exercice pour la région. Cela signifierait que France 3 Toulouse ne se contenterait plus seulement de quelques dizaines de minutes de décrochage chaque jour, mais diffuserait des programmes régionaux t out e la journée. Mais attention, faut pas rêver : croyez vous que Paris nous donnera la permission ? • Pyrénées • A la mi- juin un déluge de pluie s’est abattu sur le massif Pyrénéen entra inant des inonda tions catastrophiques. Tous les ruisseaux et jusqu’aux plus grands fleuves sont sortis de leur lits. Des dégâts très importants sont à déplorer en Val D’Aran, à Bagnère de Luchon, ou à Lourdes qui a capté une grande part du regard médiatique.

* Quel avenir pour le Comminh11 ges?

Situé sur le piémont pyrénéen, le Comminges es t un t err itoire montagnard, de moins en moins peuplé, qui se cherche un avenir. François Arcangèli (conse iller régional Europe Écologie-Les v e r t s et maire d’Arbas, petite commune commingeoise) a récemment livré s on opinion dans la Gazet te du Comminges :

« Face à la métropole toulousaine, quel sera le poids du Comminges ? Le renforcement de la métropole se fera inévitablement au détriment du Conseil général. On es t tellement ha bitué à être sous sa tutelle. » Pour notre part, nous trouvons que le terme « tutelle » est lourd des ens. Il sous-entend toujours l’assistanat financier, matériel… et ce qui est peut-être plus grave psychologique. En effe t, pourquoi fer ait -on desefforts puisqu’on attend tout d’en haut ? ! Nous signalons également que le « pa ys de Comminges » peut se prévaloir d’être le seul « pays » de la région Midi-Pyrénées qui ne compte aucun salarié, secrétaire, animateur et évidememnta ucune direction ! Face à cette situation, le GER21 fait des propositions : la réduction du nombre de cantons du Comminges que prévoit la réforme territoriale e st une abe rration : comment imaginer de passer de 11 à seulement 2 ou 3 cantons ? Il faut au contraire rapprocher le pouvoir des c i t o y e n s . Si la commune peut paraître comme un cadre trop petit, il faut mettre l’accent sur les communautés de communes constituées par adhésion volontaire et non par voie autoritaire. Chaque communauté de communes élirait ensuit e de ux consei llers géénr aux communautaires (un homme et une femme, ou inverseme nt ) qui former aie nt a ins i l’os sature d’un futur « pays de Comminges ».

Enfin, ce nouveau « pays » serait doté de pouvoirs décisionnels sociaux, économiques et culturels étendus. L e Comminges a d’immenses possib i l i t é s . Nous avons sous les yeux une prise de position de J a c q u e s attali, économite et écrivain : « La France a tellement d’atouts, tellement d’énergie, telleemnt de richesses, de talents qu’elle peut s’en sort ir » Remplacez l e mot « France » par « Comminges » e t vous aurez tout compris ! (GER 21)

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