N°174 – Vers la recomposition républicaine

Nov 17, 2010

Le vote de la loi sur les retraites en dépit d’une opposition populaire sans précédent n’y changera rien : la décomposition du régime poursuit son cours inexorablement.

Pour preuve, le feuilleton tragi-comique des querelles de succession à la tête du gouvernement, la pléthore des malversations qui continuent de s’égrener. Ainsi, E. Woerth ministre du Travail a réussi à faire passer sa réforme sans avoir à rendre compte des
accusations dont il est l’objet dans l’affaire Bettencourt. L’Élysée est talonné par les médias qui portent plainte à l’encontre de délits d’espionnage, son locataire par le juge qui enquête sur les responsabilités del’équipe de campagne du candidat Balladur dans l’attentat
de Karachi. Il est bien vrai que son prédécesseur s’en tire quant à lui à bon compte, dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris.

Avec la tentative d’OPA menée par le trio Sarkozy sur le système desanté, on peut légitimement nourrir des inquiétudes sur son avenir. En conclusion, l’État social et l’État de droit se fissurent à grande vitesse sous les coups d’une oligarchie qui cherche à privatiser la chose publique en  toute impunité . L’échec ponctuel de la mobilisation sur le dossier des retraites fait suite à d’autres, dont celle du monde universitaire et enseignant face au dispositif des réformes dans ce secteur. Il importe donc d’envisager la suite sous un angle plus global, celui de la défense des droits démocratiques. Pour exemple, en Italie, le berlusconisme est progressivement lâché par ses alliés catholiques et de droite et l’on parle de recourir à des  élections anticipées. Le néo-libéralisme autoritaire apparaît dans ces deux cas comme l’hégémonie d’une caste parasite, qui exploite sans vergogne les mécanismes et les effets de la crise systémique sur les peuples.
La recompos it ion républicaine en gestat ion ne pourra pas faire l’économie d’un examen de conscience sur les limites et lacunes qu’ont récupérées les équipes dirigeantes, au cours des dernières mandatures. La démocratie directe et authentiquement participative et agissante fait heureusement partie des nouveaux  concepts opératoires. À l’heure des réseaux de citoyens en ligne et des médias alternatifs, il n’est plus possible de déléguer aveuglément ses pouvoirs à des élus en soi faillibles, le contrôle de la gestion des affaires publiques s’impose comme l’a montré l’interpellation faite aux parlementaires sur leurs régimes spécifiques de retraites, indûment privilégiés.

La démocrat isat ion des rouages de la Fonction publique et le refus des corporatismes, singulièrement dans l’Éducation nat ionale, apparaissent comme un autre impératif de citoyenneté. La facilité de la mise en place du dispositif des contre-réformes s’explique à la fois par l’existence d’une hiérarchie à la botte de l’exécutif et par l’immobilisme de corporations qui sont certes dans l’opposition syndicale mais qui se suffisent au demeurant d’un statut d’exécutant de leur application. Seule actuellement, une minorité de professeurs en désobéissance préconise des pistes alternatives de remédiation aux problèmes sociétaux que doit
gérer le système d’éducation.

Au-delà, le sarkozysme ne fait qu’achever une tendance dominante au refus de la multiculturalité  pourtant de fait dans le pays, fruit de l’histoire des régions et des anciennes colonies ; en témoigne le caractère étrangement monocolore des manifestations de rue, tenues à l’écart des communautés d’immigrés dont les modes d’expression juvéniles sont souvent limités à la violence protestataire. Alors que les USA ont mis au pouvoir un métis héritier des combats pour les droits civiques des minorités ethniques, le pouvoirfrançais continue d’exploiter la vieille ficelle de l’étranger bouc-émissaire. Entre autres observateurs étrangers du déclin paroxystique des institutions de la 5e république, Achille Mbembe apporte un regard intéressant sur le risque de provincialisation du pays :

« Pourquoi, en ce siècle dit de l’unification du monde sous l’emprise de la globalisation des marchés financiers, des flux culturels et du brassage des populations, le France s’obstine-t-elle à ne pas penser de manière critique la postcolonie, c’est-à-dire, en dernière analyse, l’histoire de sa présence au monde et l’histoire de la présence du monde en son sein aussi bien avant, pendant, qu’après l’Empire ? Quelles sont les conséquences politiques, intellectuelles et culturelles de cette crispation et que nous dit-elle au sujet des limites du modèle républicain et de sa prétention à symboliser une manière d’universalisme ? Quelles sont les conditions intellectuelles qui pourraient faire en sorte que le vieil universalisme abstrait à la française fasse place à cette alternative que l’on n’a cessé de refouler : celle d’une nation véritablement cosmopolite, capable de poser en des termes inédits et pour le compte du monde dans son ensemble la question de la démocratie à venir ? »
Poser cette problématique permet d’apporter des éléments de réponse qui tombent en fait sous le sens. Le peuple, de gauche comme de droite, doit faire un travail de deuil narcissique à l’égard de la puissance passée, patriarcale et néo-coloniale. À défaut de quoi le ma int ien ana chronique de str atégies ego-ethnocentrées conduit désormais à des pertes significatives en matière d’acquis  civilisationnels. N’en déplaise aux thuriféraires d’une identité nationale figée, est bien réelle la régression de la langue française dans  ses statuts à la fois scientifique, culturel, littéraire, communica tionnel, s colaire. ..

D’une manière générale, les humanités et les sciences humaines et sociales sont rapidement laminées, du fait de l’instrumentalisation  abusive par l’appareil d’État des sciences,  techniques et de l’ économie, du fait de l’insuffisance également du recours à la seule laïcité, comme remède à tous les  maux.

La  promotion d’une francophonie des régions, des peuples et de progrès est l’un des recours stratégiques, sur lequel reconstruire des  appartenances linguistico-culturelles et des humanités plurielles et en phase avec la mondialisation. À rebours des démarches
d’« assimilation » et d’« intégration » d’individus isolés et déculturés, en souffrance citoyenne de ce fait, il s’agit de dialoguer avec les peuples et les diasporas et  de prendre en compte l’expression et la représentationmédiatisées des minorités culturelles et des phénomènes inter-subjectifs engendrés de ce fait.
« Entreprise d’expression, capacité de se donner une voix et un visage, la démocratie est, fondamentalement, une pratique de la représentation — une prise de distance par rapport à autrui aux fins d’imagination de soi, d’expression de soi et de partage, dans
l’espace public, de cette imagination et des formes que prend cette expression. De ce point de vue, l’on peutdifficilement prétendre que l’idéal français d’humanité civique s’est accompli alors même qu’une partie de ses citoyens sont littéralement exclus de la part d’estime
publique que nous dispensons quotidiennement (…) La reconnaissance des différences n’est guère incompatible avec le principe d’une société démocratique. Une telle reconnaissance ne signifie pas non plus que la société fonctionne désormais sans idées et croyances communes. En fait, cette reconnaissance constitue un préalable à ce que ces idées et ces croyances soient véritablement partagées. »

Pour conclure, Il s’avère important de relayer la mobilisation sociale par la politisation des enjeux écoculturels, sur le modèle guadeloupéen du Lyannaj . Deux enjeux de démocratie interculturelle se dessinent ainsi : celui de la construction de sociétés créoles au Sud, cosmopolites au Nord. La tradition occitane du  paratge peut trouver là matière à un précieux réinvestissement.

Martine Boudet

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N°174 – L’après-pétrole : pour une transition occitane

Nov 17, 2010

L’échec du « progrès » à l’occidentale remet en question tous les credos du 20ème siècle : l’utilisation intensive des ressources pour notre bien-être matériel, la massification de la production pour une consommation à la portée de tous, le gigantisme des réseaux énergétiques, des exploitations agricoles, ou des installations industrielles pour un meilleur rendement. Il faut désormais penser petit, local, économe, recyclable.

C’est ce que les gens faisaient avant les « révolutions » industrielles et agricoles et ce vers quoi la raréfaction des ressources naturelles et leur épuisement nous poussent inéluctablement. Mais la prise en compte de notre environnement ne sera une réponse efficace que si elle s’appuie sur la culture et les savoir-faire des populations autochtones. C’est ainsi qu’elle entraînera leur adhésion et élargira la base de la contestation écologique.

Exemples cubain et anglais

Un pays, Cuba, et une ville, Totnes i llustrent les réponses possibl es déjà données. Après la chute de l’Union soviétique, en 1991, l’économie cubaine, basée sur une agricul ture productiviste du t out pétrole impor tée d’URSS, s’ est effondrée. Comme, de plus, c’était une agr iculture d’expor tati on (agrumes, tabac, sucre), le pays importait 66% de ses denrées alimentaires. Une « période spéciale » très difficile a suivi, la population a perdu 15 kg en moyenne, et une révision complète des priorités s’est opérée. Il fallait d’abord se  nourrir.

On a choisi l’agriculture biologique puisqu’il n’y avait plus de pesticides, la t rac ti on animal e en l’absen ce de carburant, les fertilisants naturels pour remplacer les engrais chimiques. On a favor isé l ‘hor ticulture de pro ximité po ur pall ie r aux transpor ts quasi inexistants. Tous les terrains vacants o nt été di stribués à qui voulait l es cultiver et les jardins ont fleuri partout dans les villes, sur les terrasses d’immeubles, dans l es patios, des containers, des pneus. Les fermes d’État seso nt transfo rmée s en coo pé rative s’alimentant hôpitaux, crèches, écoles et vendant librement le surplus. Par tout des marchés paysans se sont installés au plus près des  consommateurs, des coopératives hor ticoles urbaines, des boutiques de graines et d’outillage avec conseils de spécialistes.
La recherche agronomique de pointe s’est orientée vers le vermicompostage, les bio-pesticides, la protection biologique des sols. Le manque de médicaments  à base de pétrochimie a consacré le retour des plantes médicinales cultivées dans de nombreuses fermes. La
population ne consomme plus que bio et  en retire d’énormes bénéfices: la mortalité infantile est inférieure à celle des USA et l’espérance de vie équivalente.

Les sols sont régénérés, l’eau et l’air plus sains, les déchets recycl és, les transports limités, l’emploi développé. Totnes est une petite ville anglaise du Devon où a démarré en 2006, le mouvement des « Ville s en trans ition ». Son initiateur, Rob Hopkins a réfléchi à
une strat égi e pour l ‘après-pé tro le, après avoir écouté plusieurs conférences sur le pic pétrolier, situé vers 2010 par les géologues.
Comment passer d’une soci été du tout-pétrole — il suffit de regarder la composi tion des objets de notre vie qu otidien ne po ur nou s en ren dre compte — à une so ci été sobre de l’économie et à une utilisation raisonnée des re sso ur ce s l ocal es ? Tout simplement en se réappropr iant l es techniques uti lisées avant le pétrol e, connues des personnes âgées. En les écoutant raconter l eur vie passée et
décrire les différents métiers d’alors, on apprend auprès d’eux, ou ils deviennent formateurs dans des ateliers d’apprentissage installés dans les écoles. On t ro uve ainsi de s so lut ion sjudicieuses car issues d’une connaissancean ci enn e et f ine du mi l ieu environnant. Et on associe toutes les couches de la population à la société detransition, le but étant de diminuer l’uti li sation d’énergi e fossi le par la
communauté mais aussi d’augmenter sa cohésion. Le groupe de convaincus regroupés autour de R. Hopkins sait que les mentalités n’évoluent pas en un tournemain. Il s font des conférences des projections de films, des réunions où chacun prend la parole, des fêtes.

Ils ont ouvert une université de la transition où on vient apprendre les savoirfaire anciens mais aussi les nouveaux : solaire, biomasse, éolien… La nourr itu re est notre premi er besoin, ils créent donc des potagers partout, même à la place de parkings, des jardins par tagés avec des personnes âgées qui ne peuvent plus faire le leur. Ils plantent des arbres utiles plutôt que décoratifs et réapprennent à  entretenir les vergers et conserver les fruits. Ils s’inspirent de Cuba par pragmatisme, sans adhérer au modèle politique. Ils réfléchissent : que peut-on fabr iquer soi-même, qu’est-on obligé d’importer ? Et la réflexion dans les pays anglosaxons est fac ilitée par l’habitude de compter sur l’individu, non sur l’État pour changer les choses. Les transformations se font de la base vers le sommet.

C’est l’inverse en France. L’État protège, prévoit, décide pour la population. C’est du moins ce que croient les gens qui attendent tout de lui et peu d’eux-mêmes et acceptent la contrepartie : un État centralisé jusqu’à la car icature qui a uniformi sé et tenté d’étouffer les cul tures et langues de l ‘h exagone. C’ est pour tant dan s la r ichesse de cette diversité encore vivante malgré des siècles de négation et
d’ oppre ssi on que l’ on trouvera no s réponses.

Agir ici…

En Limousin comme ai ll eu rs, l’habitat est né des matériaux locaux : granit et ardoise à l’est, schiste et tuile  à l’ouest, l’épaisseur des murs servant d ‘ i s o l a t i o n . « Ce modèle n’est pas tombé du ciel (…), c’est ce qu’on peut faire ici, avec l es maté riaux d’ici , pour l es be – soins des gens d’ici, tous les besoins »(1).
L’eau est présente partout, sources, ruisseaux, tourbières, marécages. Les paysans, reprenant les techniques des communautés rel igi euses du Moyen Age, ont mis au point un système ingénieux de canalisation de cette eau par un réseau de rigoles, « las levas », et de
rigoles secondaires, « las levadas ». Elles permettaient l’irrigation des prés, l’évacuation des eaux stagnantes et l’approvisionnement
de petits moulins. Cette i rr igation réchauffait la ter re après l ‘hiver, la fertil isait et ac cél érai t la pousse de l’herbe nécessaire aux troupeaux de brebis et de vaches limousines. Pas de forage pour pomper de plus en plus profond dans les nappes ph ré at iques aprè s avoir drainé ou épuisé et pollué les nappes de surface, pas de technologie lourde émettrice de CO2, pas de main-mise d’un particulier
sur un bien nécessaire à tous. Pourquoi ne pas se réapproprier ces savoir-faire « pour la mise en valeur et la gestion de tourbières et de zones humides » et « une gestion agri cole per tinente et r espectueuse de ces espaces » ? (2) …

Avec la langue

Mais cette appropriation sera un échange d’autant plus riche qu’elle se  fera avec la langue ou dans la langue. »Les langues sont en ef fet e ssentiell es  pour l’identité des groupes et des individus, et pour leur coexistence pacifique. Elles constituent un facteur stratégique pour la progr ession ver s un développement durable et pour une ar ticulation harmonieuse entre le global et le local ».

« Le s langu es , ce son t aus si , …, de s mod es u niqu es de pens é e et d ‘expression »  (3). La langue façonne l’action et la création : « il y a une architecture f rancophone , une cé ramique francophone parce que par la langue, on arrive à une sens ibi lité particuliè re » (un
écrivain sénégalais à la radio) »; « il y a une philosophie anglaise différente de la phi losophi e français e, à caus e de la l a n g u e  » (un éc rivain québécoi s). Non seulement la langue parle du paysage dans les noms de parcelles, de villages,de cours d’eau mais c’est avec elle  que les gens d’un pays inventent des outilspour s’abriter, s’habiller et se nourrir et c’est elle qui nourrit leurs rêves et leur imaginaire.
Une langue n’est pas seulement une suite de mots, c’est l’expression d’une identité, c’est une force créatrice quand on en est f ier , et un boulet quand on l ‘assimile à la honte de soi inculquée par la culture dominante.

Reconnaître la valeur d’un savoir-faire et de la langue qui l’a forgé c’est accepter la diversité  des formes de pensée, participer au génie   collectif d’une communauté et lui rendre ce qu’on lui a volé, l ‘estime d’ el le -même. De nou veaux venus, souvent du nord de  l’hexagone ou de l’Europe, se sont installés en Limousin comme dans d’autres régions occitanes, attirés par une nature plus ou moinspréservée et des vil lages dépeupl és.

Mai s sou ven t, comme les premi ers  Européens en Australie, ils se croient sur une terre vierge de toute cul ture préexistante. Ils forment des communautésexpérimentales, à la recherche de voies nouvelles. Et passent à côté des connaissances accumulées au cours
des siècles par les populations autochtones. Pour se rencontrer, il suffirait, comme le dit M.F Houdart à propos du Limousin, d’ac cepter « l ‘idé e d’u ne cul ture limousine » ( / o c c i t a n e )  » c o m m u n e assumée, revendiquée, non pas comme un conse rvatoire sc lérosé mais comme  une sourc e d’inspiration qui ne c raindrait pas de s’enrichir d’apports venus d’ailleurs » (4)

Viure al país

Beaucoup de jeunes occitans, après  avoi r été poussés à s’exi ler po ur   »réussir », ont compris que la réussite, c’était aussi le bonheur de vivre au  pays. La fierté de son histoire, de sa  langue et de sa culture donne l’envied’innover et de bâtir ic i. Il faut pour cela « interroger les mémoires, celles des hommes et des femmes, celles des lieux, … fouiller dans son passé pour prendre consci ence de ce qui est ar rivé, … le revendiquer et être ainsi capable de prendre le relais. Mais attention, pas po ur se c ramponne r à de vie il le s coutumes mortes et en faire du folklore, mais pour les faire siennes, les vivre et les faire vivre et y trouver les bases de la création » (5). C’est à eux de faire le lien entre le passé et l’avenir, de s’éloigner d’une société de gaspillage et de destruction des ressources, d’appauvrissement de tous au profit de quelquesuns pour construire un monde neuf où  chacun aura sa place, épanoui dans sa culture et respectueux de la nature.

Danisa Urroz

1 P. Eymard « Les maisons des paysans d’ici » p.9 in « Pays et Paysans du Limousin » M a r i e – F r a n c e
Houdart p.145

2 « Memòria de l’aiga. Enquête ethnolinguistique sur l’eau en montagne limousine. » Pascal Boudy, Jean-Marie Caunet, Jean-François Vignaud.
3 Message de M. Matsuura, directeur général de l’UNESCO, 2008.

4 « Compr endre le pays limousin …et y vivre …e l’i viure » Marie-France Houdart, p.66 5 id. p.83

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N°173 – 22 de setembre : Catalonha oficializa l’occitan

Nov 17, 2010

Jornada istorica per la lenga occitana

Lo 22 de seteme lo Parlament de Catalonha qu’a votat la lei qui oficializa l’occitan sus tot lo territòri catalan.

Qu’ei ua victòria a l’encòp deu costat deus aranés com deu costat deus catalans. Los uns que vienen d’obtiéner la reconeishença, per ua lei, de l’oficialitat de la lor lenga e los autes que vienen de marcar un punt en har de Catalonha lo prumèr territòri ont l’occitan (hòrt minoritari suu territòri catalan) e gaudeish d’un estatut unic au monde.

J.L Carod Rovira, lo vice-president deu govèrn catalan,qu’avèva rason de mentàver au Parlament de Catalonha que jamei l’occitan n’aurà « gaudit d’ua tau proteccion ». Aquò deveré portar las autoritats frances as a la reflexion…mes qu’ ei dab ua discrecion
legendària que l’informacion e circulè en França dens los mèdias ; alavetz que podem pensar que los responsables politics parisencs n’an quitament pas avut coneishença de l’ahar.

Qu’ei ua victòria deus aranés. Que son en medish temps per aquesta lei reconeguts en la lor identitat pròpia d’aranés e dens la lor identitat d’occitans. La lei que ditz l’unitat de la lenga en tot reconéisher la particularitat aranesa.

Daubuns qu’arregretaràn que la lei n’avosse pas instituit una oficialitat d’un occitan estandard. Mes d’on vien aquera idèa que serén los catalans qui deverén reglar ua question que los occitans non saben pas reglar sols ? Lo debat qu’a d’estar organizats a noste e pas endacòm mei.

Que cau saludar de segur lo tribalh realizat peu Govèrn d’Aran e peu son capdau, lo Sindic Paco Boya. Qu’a hèit la pròva de la soa capacitat a trobar un acòrd sus un tèxte en s’apear sus l’estatut de Catalonha qui ditz que la « lenga occitana, aperada aranés en Aran »
ei oficiau. La formula ei clara. Mes qu’ei l’ensemble de las formacions politicas aranesas qui an tanben participat a aquera victòria e
que se’n cau arregaudir. Tot n’ei pas ganhat. En Aran que comptan sonque quauques milierats d’occitanofònes.

Que demora un laboratòri au par de la realitat occitana. La lei marca la necessitat tà Catalonha d’obrir collaboracions dab las autas regions occitanas.  nosautes d’estar a la hautor de la lei adoptada peu Parlament de Catalonha qui vien a l’encòp de dar ua reconeishença a l’occitan sus lo son territòri e tanben de  méter en aplicacion de faiçon indirècta lo famós « dret d’ingeréncia ».

Pr’amor quitament se l’occitan ei oficiau sus tota Catalonha, quitament se occitan e catalan son lengas d’ua grana proximitat, los catalans non sauvaràn pas la lenga occitana en plaça deus occitans.

David Grosclaude

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N°173 – L’inadminssible silence

Oct 17, 2010

Le temps viendra-t-il, enfin, où une institution officielle prendra la parole pour dire haut et fort les quatre vérités sur notre réalité occitane, pour mettre le doigt sur les multiples discriminations, pour dynamiser les actions de reconquête ? Je me limiterai à la seule défense de notre langue et de notre culture occitanes. Le politique se nourrit aussi de l’anecdotique et je ne vois pas pourquoi on ne répondrait pas par des phrases assassines aux attaques contre notre statut et notre culture. Nous manquons d’une voix politique officielle et occitane pour porter cette dimension et pour donnerla réplique à ceux qui nous contestent, nous agressent ou nous insultent. Il faut apprendre à tacler nos ennemis. Il faut, aussi, être cohérent : ne pas chercher à accuser Paris quand on ne fait pas, au pays, ce qui serait en notre pouvoir.

Le temps viendra-t-il, enfin, où une institution officielle prendra la parole pour dire haut et fort les quatre vérités sur notre réalité occitane, pour mettre le doigt sur les multiples discriminations, pour dynamiser les actions  de reconquête ?

Je me limiterai à la seule défense de notre langue et de notre culture occitanes. Le politique se nourrit  aussi de l’anecdotique et je ne vois pas pourquoi on ne répondrait pas par des phrases assassines aux attaques contre notre statut et notre culture. Nous manquons d’une voix politique officielle  et occitane pour porter cette dimension et pour donner la réplique à ceux qui nous contestent, nous agressent ou nous insultent. Il faut apprendre à tacler nos ennemis. Il faut, aussi, être cohérent : ne pas chercher à accuser Paris quand on ne fait pas, au pays, ce qui serait en notre pouvoir.

Pas d’enseignement de l’occitan puisque le statut d’occitan ne constitue pas un handicap avéré ! Un Président de la République a
d i t : « Pour donner à tous les même s chances… il faut tenir compte de toutes les différences qui singularisent… » afin de les traiter comme des « handicaps qui doivent ê tre corrigé s par un ef fort particulier… Pour rétablir l’égalité des chances , la discrimination positive es t une nécessité…» ! Un Président de Région a dit : « La r égion francil ienne a toujours su accueillir les exilés de l’intérieur » à qui elle « a offert des escal es momentanées ou permis à des famil les entières…de r enaître… parfois dans l’oubli de leur
ter re d’origine… El le assume pl einement… d’avoir su s édimenter…et intégrer toujours plus d’habitants ».

Singulier consensus qui permit de c ré er des cours de c réol e (handi cap avéré des Créoles pour s’intégrer) et de fermer les cours d’ occi tan (handicap n on avé ré po ur l’ in tégrati on de s Occitans).

Silence des officiels  dans les rangs occitans !

Nul ne menace l’occitan qui demeure un patrimoine du passé ! Un Premi er Ministre a dit : « Le dérisoire débat sur les langues minoritair es de France oc cul te des questions plus importantes… C’est un sujet anodin… Ne perdons pas notre temps… Ce rtains pensent que leur pays a du temps à perdre pour vagabonder dans le passé… Le débat se situe entre ceux qui pensent que la France doit impé rativement se doter des armes adéquates pour s e proj ete r vers l e monde exté rieur e t c eux qui pens en t que l eur inté ri eur
national est à lui seul un monde. L’une des armes adéquate s, c’est la maîtr ise de la langue française. »

Silence des officiels dans les rangs occitans !

Hor s de mon coin d’Occitanie, point de salut ! Un Président de Région Occitane a dit : « Les Régions ont une compétence territoriale et ne peuvent interférer hors de leur territoire de compétence. Aussim’est-il impossibl e d’interveni r auprès de l’État afin de soutenir la question de l ‘ens eignement de l’oc citan en Îl e de France ».Vos problème s, dans la Talveraoccitane, je m’en lave les mains…Silence des officiels dans les rangs occitans ! La langue « tribale » occitane induit la xénophobie ! Un intell ec tuel – très largement
publié par un quotidien « national » – a di t : « La mul tipl i c ité de s idiome s constitue moins une r iches se qu’une
pau vr eté on to lo gique et pol i tiqu e.

D’aucuns célèbrent aujourd’hui l e parl er local comme l e fin du fin. Je songe aux « nationali stes », plus justement nommés « indépendantistes régionaux », qui font de la langue un instrument identitair e, un outil de fermetur e sur soi , une machine d e gu er r e anti – universelle, autrement dit un dispositif tr ibal… La langue r égionale exc lut l’étranger… elle fonctionne en cheval de
Troi e de la xénophobie, autrement dit, puisqu’il faut préciser les choses, de la haine de l’étranger… »

Silence des officiels dans les rangs occitans !

L’INADMISSIBLE SILENCE

À Paris, l’occitan « file à la française» Un quotidien « nati onal » a di t : « Selon un rapport de l ‘UNESCO, 26 langues meurent en France métropolitaine faute, notamment, d’un accès restreint aux médias… » Ce même journal ignorait, quelques temps plus tard, ce fait notable de société que constituait la manifestation de Carcassonne. Si, « à Bruxelle s – comme le dit ce journal – le français file à l’anglaise », le journaliste ne s’émeut guère qu’à Paris l’occitan file à la française…

Silence des officiels dans les rangs occitans !

Exit Saint -Louis et son (presque compère) Napoléon Passe encore que Louis IX s’affiche au fronton de certains édifices publics en France mais Saint-Louis peut choquer une saine sensibilité laïque et je comprendrais que l’on débaptisât le Saint ! Là n’ est pas, cepen dant , l’ objet essentiel du propos. Ce fut bel et bien ce Louis IX qui prit une place « de las bèlas » dans les massacres en pays occitan
et qui fut, pratiquement, le premier à faire porter une étoile de reconnaissance aux juifs. On peut s’étonner que l’on n’ai t pas e ncore dé boul onné ce symbole de la répression. Qui interdirait aux hommes politiques, en pays occitan, de poser un acte fort en trouvant d’autres noms aux édif ices, boulevards, ave nues, rues o u aut re s impasses !

Pe nsons à no s amis c ré ole s Antillais, autre culture et autre langue opprimée de France. Par solidarité de destin et d’oppression, supprimons, en Occitanie, toute référence à Napoléon qui promulgua pour eux ce cadeau de la mère patrie : le rétablissement de l’esclavage !

J’appelle de mes voeux des discours de reconquête pour des inaugurations hautement symboliques !

Silence des officiels dans les rangs occitans !

Le droit d’être Occitans ! La Républ ique, l es Insti tut ion s Régionales Occi tanes, de nombreuses Asso ciatio ns Régi onal es Oc c itane s con tinuen t à ê tre imprégné es parl’esprit du code de l’indigénat. Nous sommes f iers de l ‘Académie Française et nous oublions qu’ elle a  sorti de mémorables documents contre les langues dites régionales qu’elle veut reléguer au rang de langues « mortes »
de culture. Osons la c réation officielle d’une Académi e française de Langue d’Òc.

Comme Français, nous avons aussi le droit d’être nous-mêmes – c’est-à-dire occitans – et de revendiquer le droit au prosélytisme, ici comme ailleurs, al país coma dins la talvera ! Osons un hymne occitan fédérateur. Pourquoi pas le « Se canta » ? Hissons le drapeau occitan sur les édifices publics à côté de ceux de la République et de la Commu nauté Européenne.

Faire de la poli tique, c’est au ssi « dénoncer », défaire la trame d’un tissu qui nous a corseté. Cela ne coûterait rien aux collectivités de l’aire occitane. Faisons entendre notre langue dans lesespaces publics. Ne faire que cela, ce serait faire de la politique par le petit bout de la lorgnette. Ne pas faire cela, c ‘est, non seulement, faire la politique de l’autruche mais c’est, surtout, avaliser notre perte d’identité.

Claude Assémat
le 30 août 2010

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N°172 – Une étoile symbolique

Sep 17, 2010

De nombreux mil itants occi tanistes sont attachés au drapeau occitan composé à la fois de la croix du Languedoc et d’une étoile à 7 branches dans un coin. Passons en revue quelques-unes des raisons qui peuvent faire préférer ce drapeau à la seule croix occitane.
Tout d’abord, ce drapeau conserve en son centre la croix occitane, qui est la marque principale de notre rassemblemen t, de ce qui nous u ni t à travers n os dif férences (dialectales, culturelles,…) : c’est l’unité, dans la diversité, pour reprendre une formule bien connue. Il n’y a donc pas de négation ou d’opposition à la portée symbolique de la croix, aux différents combats politiques passés et futurs pour notre Langue et notre Culture.

Mais isolée, perdue dans l’immensité rouge, la croix, par sa seule présence, peut sembler nier en quelque sorte notre diversité, notre pluralité, auxquelles l’étoile viendrait en quelque sor te en contre-point. Cette Estela, qu’el le soit sainte ou non, marqueur de notre diversité au sein de la famill e occitane, serait alors également un marqueur du fédéralisme.

Ce besoin de représenter la multitude des territoires n’est pas isolée.

Déjà l es États-Unis d’Amér ique, et cela depuis l eur révolution, intègrent dans leur drapeau (Stars and strips) de petites étoiles. Mais dans une logique bien comptable qui l eur est propre, leur nombre augmente à mesure que de nouveaux États se fédèrent, ou sont  fédérés…

Plus proche de nous, les 12 étoiles du drapeau européen (Consei l de l ‘Europe et Union Européenne) représentent cette diversité des États en Europe. Mais depuis sa création, dans la recher che d’une « harmo nie » à t ravers l eu r dispositi on c irculaire (l e cerc le, objet géométr ique f ini, représentant l’unité), le lien direct avec le nombre d’États européens n’a jamais été souhaité, ce qui permet en quelque  sorte une expansion sans fin du ter ritoire européen par l’absorption de nouveaux États (expansion vers l’Europe de
l’Est et des Balkans), ou la création de nouveaux États en son sein (on pensera ici à la future scission de la Belgique). Créé ad nihilo en 1955, ce symbole, par sa géométrie simple et moderne, semble alors se suffire à lui-même. Ce n’est en fait pas réellement le cas du drapeau occitan ; la croix occitane, fortement chargée symboliquement depuis l e XIème siècle (et peut-être même plus tôt), dans notre mémoire collective.

Cependant, des territoires occitans ayant une identité culturelle forte, peuvent ressentir cette croix
utilisée seule comme un marqueur de « colonialisme intérieur », dépassant en cela la pensée et l’objectif de ceux qui soutiennent cette démarche. C’est ainsi le cas en Gascogne (et dans sa partie béarnaise), ou en Auvergne, sans parler de la Provence, où les questions liées à la graphie peuvent provoquer un rejet de la c roix occi tane.

Cette diff iculté est d’autant plus importante que :

– les territoires ont besoin de se singulariser. Georges Frêche,à la tête de la région Languedoc-Roussillon l’a bien compris ; malgré l’abandon du nom Septimanie pour SA région, il a imposé l’abandon des bandes catalanes et de la croix occitane pour le logo régional, et ainsi toute référence à la puissante Catalogne du Su d comme à la région voi sine de Midi – Pyrénées.

– la croix occitane seule peut-être à la fois le symbole d’un dialecte (le languedocien), d’une collectivité territoriale maldéfinie (la région Midi-Pyrénées), d’une ville (Toulouse). Cela peut poser un véritable problème identitaire, par exemple si l’on parle le provençal et que l’on habite Marseille, de devoir faire faire acte d’« allégeance » à Tolosa.

Il n’est pas nécessaire pour autant, en adoptant l’Estela à 7 branches, de rechercher, comme d’autres et peut-être ceux qui sont à l’origine de cette proposition, toute référence aux poètes Félibres, ou au nombre de dialectes. Nous pouvons également oublier les éventuels territoires qui composent l’Occitanie, une fédération étant un organisme vivant, elle peut voir apparaître ou fusionner des   entités territoriales en  fonction du besoin de ses citoyens.

Enfin non, ce n’est pas, ou plus, opposer la démarche autonomisme à celle de l’indépendance. Afin de convaincre ceux encore qui ne voient dans l’étoile qu’un abcès inutile qui souillerait le drapeau original, et ne comprendrai ent pas les réticences de certains à se placer symboliquement sous cette seule croix, la réponse nous vient peut-être de l’Inde et de l’analyse de Claudi Assemat dans l’opus Lo jòc de tolerància*. Si l’on reprend son vocabulaire mathématique : dans le référentiel global (le monde/R), qui permettrait l’étude de l’« objet » Occitanie (E), nous pourrions en effet associer à chacune des branches de l’Estela les aff irmations suivantes de la phrase de Siad-Vadà d’una  causa « E » (NDR : Occitània) se dirà :

1 : que se tròba que pòt èsser tala

2 : que pòt, tanplan, pas èsser tala

3 : que pòt arribar coma tanplan n’arribar pas que s iá ala

4 : que pòt èsser non formulabla coma tala o tala

5 : que pòt èsser tala e non formulabla coma tala o tala

6 : que pòt èsser non formulabla e a l’encòp pas èsser tala

7 : que pòt èsser, èsser pas tala e èsser non formulabla

L’Occitanie est un objet tangible, dont la construction et la reconnaissance sont nécessaires pour la survie de notre culture comme pour l’évènement d’une soc iété du mieux vivre ensemble. Mais elle peut également demeurer à l’état d’Utopie inachevée. L’Estela, qui porte l’ensemble de ces possibi lités à travers ces 7 « choix » , peut être donc là également pour nous rappeler les effor ts à fourni r pour atteindre l’objectif d’une Occitània fédérale et solidaire.

 

Waisale Crotz
* « Lo jòc de tolerància, apròchi critic de la logica binària » de Claudi Assemat,
colleccion « Ensages » 1, ADEO

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N°172 – Écolo toute !

Sep 17, 2010

L’écologisme est la tendance la mieux répartie, apparemment, dans le monde politique, voire dans la société.
Écologie environnementale, écologie sociale, écologie durable… Plus aucun parti politique (FN inclus) ne saurait
se passer d’un chapitre programmatique vert. Bref, l’homme planétaire se réveille : la bataille est gagnée.

 

Les écolosceptiques sont de sortie

Encore que… Si on va regarder derrière le mur d’affichage, il y a de quoi s’inquiéter. À l’occa sion du s ommet de Copenhague, on a bien vu les lobbies sortir tous les écolosceptiques of ficiels de leur s t iroirs , relayés par les médias démagogues pour freiner les vélléités révolutionnaires.

Tout le monde regrette, bien sûr, la disparition des espèces animales, mais c’est bien évidemment toujours à l’autre d’en a ssumer la
charge. De l’ours des Pyrénées à la commission baleinière internationale, sous la menace des groupes de pression, il est urgent de ne pas bouger. La démographie serait -elle un problème ? Et aussitôt, on donne du savant qui explique que la Terre peut nourrir 9 milliards d’humains, ce qui est une autre façon de dire qu’il ne faut pas remettre en cause le productivisme.

 

La patte blanche des Verts

D’ailleurs, les Verts ont montré patte blanche : l’écologie, c’est du développement « durable ». Comme ça , chacun y met ce qu’il veut y
compris le continuum de la croissance, remède à tous les maux. Chez nous, encore, amalgames aidant, on s’est joyeusement attaqué
au principe de précaution, g rand empêcheur de polluer en rond. Dans notre monde libéral, il a toujours mieux valu un modernisme
assassin et aveugle à un progrès choisi et responsable. L’extrême-gauche politique, qui n’a jamais été un fer de lance de
l’écologisme, croit s’en sortir en parlant d’écologisme social. C’est-à-dire un écologisme « humain ».

Comme si l’écologisme pouvait se concevoir hors de l’homme. M a i s l’écologie n’est pas le dernier avatar du s yndicalisme ouvrier, car ses objectifs et son point de vue sont plus globaux. L’injust ice s ociale n’est jamais qu’un des problèmes à résoudre.
Quant au capitalisme financier, on voit bien où il nous mène. Inéluctable. Toute la quest ion est de savoir quel sens a ce mot
pour l’humanité.

 

Sur notre territoire

Mais rev enons à notr e pet it t e r r i t o i r e . Quelles sont les perspectives politiques face aux enjeux e n v i s a g é s . Nicolas Sarkozy et la dynamique capitalo-libér ale ? Dominique Strauss-Kahn, dont on va nous expliquer par A + B qu’il est un homme de gauche ?  L’écologie politique officielle qui est déjà en train de négocier le nombre de sièges aux sénatoriales avec le PS ? On a l’impression que l’écologie politique a entamé son deuxième cycle.

 

L’évolution de l’écologie politique

Il y a d’abord eu Waechter qui, dans la sincérité du moment , a mené les Verts à plus de 12 % du corps électoral. Alors, sont arrivées les ambitions personnelles. E x i t Waechter et voilà Voynet, sénatrice (et cumularde). Pour ce faire, on passe sous les fourches caudines du PS et on porte l’électorat écologiste à moins de 5 %. Alors, une nouvelle bouffée écolopolitique arrive, s’ouvre et l’espoir renaît. Et les résultats électoraux repassent au-dessus de 12 % (c’est Europe-Écologie). Et l’on voit revenir les ambitions de quelquesuns.

On a l’impr es sion qu’aucune leçon du passé n’a été tirée. T o u t recommence. Qu’avancer ? L’écologisme aff iché es t -il condamné à se conditionner dans « la nature humaine » ? Inéluctable. Les mots ont-ils une réalité corporelle ? Et, au vent mauvais de nos  incohérences, n’avons-nous rien d’autre à avancer pour dépasser le postulat, que les notions puériles d’optimisme et de pessimisme ?

Jacques Pince

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N°172 – ALMERGE : LO FANTASTIC ALBUM

Sep 17, 2010

L’especialitat de Cristian A l m e r g e dempuèi M i l d i ó e M a s s e y – F e r g u s o n, version descalada d’Only you e Harley-
D a v i d s o n , es de prene aires e tèxtes coneguts e de los transformar a la salça occitana amb gost, umor e vam.

Es la recèpta seguida per la sortida a la rima de son F a n t a s t i c A l b u m q u e recampa un do tze nat de tèxtes que
passejan de Ciutat de Carcassona a Las Tors per destriar un monde fantastic ont lo vampir de la cobèrta (Lo vampir
de la Montanah negra) a un ai re de l ocatar i de l ’El isèu , su s l ’aire del s Daltons (amb Woorth dins lo ròtle d’Averel ?)

C r i s t i a n Almerge consacra un tròç de uèit minutas (sèm luènh dels formats estereotipats) a Balo mon fraire : L’an passat m’a calgut prene de somnif èris per dormi r. M’auràn pas ! Farai pas coma lo King Kong qu’acabèt sa corsa ennaut d’un gratacèl. Montarai a
M o n t s e g u r . A Montsegur, segur que me traparàn pas. Aquel monde es lo monde del diable. E ieu, soi vengut catar !

Lo pòr c de Dòn a Car càs t orna trapar vida e, vengut fantauma, rodeja per las muralhas de Ciutat : Segur que tot aquò es plan luènh, mas me soveni qu’un jorn me menèron ennaut de las muralhas e vegèri dins la plana una armada amassada, l’armada del rei de
França e tot d’un còp, sens explicas, me butèron debàs !

La maledic cion es suls trobadors que capi tan pas mai de jogar a Las Tors: Es pas acabada aquela crosada ! ont Trencavèl deguèt plegar : « T o r n a – rai pas de guèrra, soi dins mon castèl, en preson sus ma tèrra. »

Lo temps del baby boom es acabat.

Las causas an virat: « Ara lo Papy Boom : seissanta ans en plen bom ! Ambe pastís, spà o viagrà dais saràn los joves colhons. Longamai los faràn cagar per pagar las cotisacions. »

A se demandar se nos sarram pas de l’Apocalipsi : « Avèm passat l’an 2000 : sèm totis mai cons qu’abans e aur em l’Apocalipsi : nòstre monde espetarà. »

Mas tant que podèm rire, tant que sabèm rire que coma lo ditz Padena per clavar sos recitals : « Un pòble es adulte quand sap rire de se-meteis ». Per obténer aquela resulta, los disques e recitals del Cristian Almerge son una bona potinga.

Alan Roch
www.agorila.com

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N°172 – LA TALVERA : 30 ANS PER L’ÒC !

Sep 17, 2010

L’assoc iac ion « La Talvera » nasquèt a la fin de las
annadas setanta, dins un revolum occitanista marcat per un
ambient contestatari e antimilitarista. Tre la debuta, Daniel
Loddo e sos companhs s’afoguèron per la cultura tradicionala
orala dels terradors occitans. E aguèron l’intelligéncia d’o far
d’un biais etnologic, quasi universitari, en rencontrant musicaires
vièlhs, o en furgant dins los archiuss. Enregistrèron
menimosament contes, cançons, s’interessèron a çò que
foguèt la vida del monde simple del país nòstre.
La Talvera editèt puèi un nombre important de libres
acompanhats a la debuta de caissetas, e pus tard de CD per
balhar a legir e a ausir de pepitas de nòstra cultura tradicionala.
Aquel trabalh formidable e de granda qualitat sus la
memòria noiriguèt e noirís encara auèi un nombre important
de cercaires, de professors, de joves, o de curioses que vòlon
naturalament ne saber mai sul nòstre patrimòni.
Per aquela òbra pedagogica La Talvera farguèt de mòstras,
montèt d’ estagis, de col lòquis. La Talvera interven
regularament dins las escòlas, dubriguèt una botiga a
Còrdas (81), metèt en linha un site internet www.talvera.org
que podètz vistalhar per escotar de musica, consultar lo
catalòg, seguir l’actualitat de l’associacion…

Mas es pas tot ! Los de La Talvera se dubriguèron a
d’autras culturas : Brasil, Portugal… An tanben fargat de
ligams ambe de grops musicals coma Massilia, Nux Vomica,
Gacha Empega, Los Fabulós Trobadors… ambe de participacions
crosadas los uns als disques dels autres.
A l’escasença de sos 30 ans, La Talvera nos ven de porgír
un CD novèl « SOPAC e PATAC ». Son 17 cançons, la maja
part de creacions de Daniel Loddo ambe de tèxtes simpatics
mas pas gaire novators, escriches dins una lenga occ itana
blosa.
Dos tròces son particularament capitats a nòstre vejaire :
« Se i eu vali pas gair e » ont mari t e esposa escàmbian
paraulassas particularament suggestivas e caninas sus una
musica plan sautarela. E puèi encara « Al bal de La Talvera»
vertadièra convidacion a la dança, un domeni ont La Talvera
excèla mai que jamai !

Hugues Jourde

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N°172 – Crise du régime et contre-pouvoir territorial

Sep 17, 2010

La pléthore des affaires en France

Sous l’effet de la crise multilatérale du sys tème néolibéral, l’on assiste à la décomposition rapide du « modèle » républicain français.
À l’échelle de l’Europe, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, la Hongrie… sont autant de pays dont les acquis sont dramat iquement menacés
par les marchés et lobbies financiers, qui tentent d’imposer leurs diktats aux gouvernements en place.

En France, une véritable crise de régime s’est ouverte, à l’occasion du débat sur le projet de contreréforme des retraites : est-il légitime
que des sacrifices croissants soient imposés au plus grand nombre par la caste d’affairistes actuellement aux commandes ? Le combat pour la démocrat isation des institutions nationales devient une nécessité de l’heure. L’a ffa ire Woerth-Bettencourt semble concentrer en effet un ensemble détonnant de dér ives engendrées par la gouvernance néo-libérale : conflits d’intérêt ,fraude et évasion fiscales, trafic de biens publics et de récompenses honorifiques, prises illégales d’intér êt, financement occulte de campagnes électorales…

Hormis c et te actua lité, les affaires ont défrayé la chronique médiatico-judiciaire dans la dernière décennie, trop souvent étouffées.
Certaines ont fait l’objet de procès inaboutis, d’autres ont été rapidement écartées par les pouvoirs en place : financement de
certains partis politiques à Paris et en Île de France, caisse noire de l’UIMM, procès Elf, Angolagate et procès de Charles Pasqua, délits
d’init iés à Air bus, a ffair e de Karachi (rétrocommissions illicites), pour laquelle Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur pourraient
être mis en examen pour le financement de la campagne de ce dernier.

Sans parler de la tentative népot is te avortée de gest ion de l’EPAD par le fils du président. De manière générale, la délinquance
polit ico-financière au sommet de l’État impliquerait de nombreux dirigeants de l’UMP en exercice ou proches du parti-État,
que ce soit des ministres, des magistrats aux ordres, dont le premier d’entre eux… Leur arrogance à transgresser les limites de leurs
attributions et les lois en vigueur est proportionnelle à leur sentiment d’impunité face au manque d’indépendance de la justice.
En France, comme le savent bien les partisans de l’autonomie des r égions, le néolib éralisme s’appuie sur une lourde tradition,
atavique même, d’autoritarisme impérial intra comme extra muros. Omnipotence du gouvernement auservice de l’oligarchie financière et des réseaux lobbyistes ou maffieux, en particulier françafricains, destruction des solidarités sociales
acquises par les combats populaires et éducationnels, atomisation des individus : telle est la culture néolibérale à la française.
La collusion — pour ne pas dire la fusion et la confus ion — des équipes politiques et des milieux économiques, qui a conduit à cette
pléthore d’affa ires, peut- être inégalée à l’échelle de l’Union européenne et des pays occidentaux, est l’une des causes principa
les du déficit des budgets publics.

Depuis 2007, afin de préserver les privilèges d’une caste protégés par une législation complaisante (dépénalisat ion du droit des affaires, mise en place du bouclier fiscal, privat isation des services publics…), le régime Sarkozy  accumule les at teintes aux lib ertés publiques et aux acquis sociaux favorables à l’intérêt général ou au plus grand nombre. De leur côté, les réseaux françafricains, encore en activité cinquante ans après les indépendances africaines et qui ont organisé à l’occa sion du 14 juillet une parodie de commémoration, sévis sent toujours plus à l’encontre des intérêts vitaux des peuples du Sud. Pour exemple, le Niger qui accueille généreusement AREVA du fait de la richesse de son sous-sol minier, subit une nouvellecrise de famine de même que
le Burkina-Faso, voisin fr ancophone.

Au-delà des individus misen cause pour corruption, c’est toutun système politico-financier qui implos e désormais du fait de
l’acharnement à servir exclusivement les intérêts des plus riches. La société française en crise Par un phénomène assez classique
d’engrenage, se multiplient en contrepoint les phénomènes de violence urbaine dans les banlieues, lieu de relégation sociale : suite
aux émeutes de 2005, ce sont celles de Villiers le Bel en 2007, de Grenoble et de Saint-Aignan en 2010. Parallèlement, la répression est instrumentalisée au moyen de forces de police de plus en plus militarisées: multiplication des interpellations et poursuites, f ichage
généralisé, emploi d’ armes « non létales », stigmatisation inadmissible de la communauté des Rroms et des gens du voyage ainsi que  des communautés immigrées non européennes.

En a rrière-plan, les média s réperc utent les dysfonct ionnements répétés de la vie en collectivité, liés à la casse progressive
des services publics de proximité et à la destruction correspondante du lien social : violences récurrentes dans les établissements scolaires, l’Éducat ion nat ionale étant par ailleurs l’objet d’un dispositif massif de réformes anti-pédagogiques,épidémies de suic ide dans les entreprises et les services publics soumis à une réorganisation mana-gériale concurrentielle impitoyable, psychodrames vécus par une équipe na tiona le de footb all excessivement starisée…

De fait, il existe un lien entre tous ces phénomènes qu’engendre cette gouvernance, provoqués qu’ils sont par la crise morale et  symbolique  du néolibéralisme à la française, qui promeut une société individualiste entièrement vouée au profit immédiat via une compétition généralisée au bénéfice des hyper riches. L’auto-hypnose télévisuelle, médiatique et publicitaire ne vantait-t-elle pas jusqu’à il y a peu un modèle de réussite égoïste pa r l’arg ent fa cile et le suc cès médiat ique, s tar-s ystème dontnotre président ancien ministre de l’Intérieur est le modèle ident ificatoire affiché ?

 

Les forces de résistance

Cependant, dans de nombreuses sphères de la société, la légitimité de tels modes de gouvernance est  de plus en plus contestée, dans un contexte d’accroissement flagrant  des inégalités socio-économiques, des souffrances psychosociales qui s’ensuivent, et de prise de conscience progressive que le monde marche sur la tête, qu’on ne peut continuer comme cela. La paralysie progressive du système national procède de la dynamique selon laquelle « en bas on ne veut plus et en haut on ne peut plus ».

Des contrepouvoirs tels les jou naux en ligne (Médiapart ) jouent un rôle important pour, sur le modèle amér icain, remob iliser l’opinion et conduire à un sarkogate, notamment par la médiat isation de l’affaire Woerth-Bettencourt. La capacité de résistance du
peuple franç ais aux diversions populistes se traduit également par la mise en sourdine momentanée de l’extrême-droite : pour
combien de temps enc ore, en l’absence d’alternative démocratique clairement exprimée et unitaire ? Pour exemple, il serait
inconvenant que l’auteur du projet de loi sur les retraites reste en responsabilité quand pèsent sur lui des soupçons d’illégalité financière aussi graves et que peut instruire la justice. Sa démission s’impose tout autant que la création d’une commission d’enquête parlementaire, qui fasse la lumière sur les agissements des uns et des autres.

Dans un contexte aussi brouillé, un moratoire devra it enfin être arrêté concernant le projet de loisur les retraites.

 

Les territoires : un contre-pouvoir grandissant

Il est b ien sûr possible d’inverser cette orientation mortifère et ir responsab le, qui pourrait conduire à l’effondrement de la
démocratie dans notre pays. Cela nécessite une réflexion approfondie au plan institutionnel qui passe par la réduction des pouvoirs  centraux et la démocratisation de la vie des régions et de leurs prérogat ives, en matière linguist icoculturelle, polit ique, économique…

Le panorama électoral récent montre qu’un contre-pouvoir territorial discret mais pérenne et potentiellement puissant s’est construit depuis 2004 en réaction à la crise de l’État national : « Depuis qu’elle a repris l’Élysée à la gauche, en 1995, la droite a subi comme  autant d’échecs la plupart des élections locales. Ces défaites répétées ne l’ont pas empêchée de conserver le pouvoir, mais elles ont
peu à peu sapé ses assises territoriales, jusqu’aux plus anciennes,oeuvrant lentement à l’effondrement  d’un édifice : entre 1998 et
20 10, la dr oite a per du, en métropole, 744 cantons, 34 départements  et 18 régions.

Lors des municipales de 2001, elle cédait à la gauche deux villes emblématiques,  Paris et Lyon. Certes,elle croyait se consoler en gagnant, grâce à la cohabitation, 20 villes de plus de 30 000 habitants, mais elle en a perdu 26 lors des municipales de 2008 ! Même les élections législatives  de 2007, pourtant situées dans le droit-fil de l’élection de Nicolas Sarkoz y, se sont soldées par la disparition de 53 circonscriptions par rapport à la majorité  sort ant e. Cel a fait presque un millier de positions perdues. Les élections cantonales  de 2011 seront cruciales. Il y a toutes les raisons de penser qu’elles prolongeront le supplice de la droite. Or pour chaque canton perdu, chaque commune, chaque département , chaque région ou circonscription cédée à l’adversaire, c’est un pointd’appui, un réseau, des ressources,  autant de précieux leviers pour l’action publique comme pour la mobilisation des sympathisants et
des électeurs.(…)
La gauche a remporté un nombre suffisamment grand d’élec tions locales pour pouvoir espérer gagner le Sénat en 2011. » (1) Comme en Espagne, ce contrepouvoir territorial const itue une  rés erve de forces vives dans laquelle puiser pour réduire de manière significative, aux côtés du mouvement socia l, l’autocr at ie dans notre pa ys et pour que le peuple redevienne plus pleinement acteur de son histoire. Ce fait s’est confirmé à l’occasion de l’élection régionale de 2010 qui a vu la progression significat ive de RPS au
sein de la mouvance Europe Écologie. Autant de motifs d’espoir dans la tourmente des temps présents.

Martine Boudet

(1) Dominique Reynié, di recteur général de la
Fondat ion pour l’innova tion pol i tique et
pr ofesseur à Sc iences Pol itiques : « La droite
menacée d’un séisme en 2012 », Le Monde, édition
du 2 août 2010
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d r o i t e – m e n a c e e – d – u n – s e i s m e – e n –
2 0 1 2 1 3 9 4 6 8 6 3 2 3 2 . h t m l # e n s i d = 1 3 9 0 9 1 0 & x t o r =
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