N°180 – Deux vitesses et un centre

Juil 17, 2011

Un peu partout en Occitanie on parle de projets de construction de LGV. Le réseau qui se dessine est le
réseau en étoile que l’on a déjà vu il y a plus d’un siècle. C’est le centralisme qui se trouve de nouvelles
voies. C’est le dossier de ce numéro de « Occitania ».

 

Tout se passe comme s’il y avait un malentendu entr e ceux qui disent qu’il faut des trains, et vite, et ceux qui comprennent ou veulent
faire semblant de comprendre qu’il faut des trains à grande vitesse. Il n’y a certainement pas de malentendu mais juste deux  conceptions de l’avenir qui s’opposent.

Le débat est complexe : parfois technique, parfois économique mais toujours politique. Derrière la façon de concevoir les tr ansports de demain ( on dit aujourd’hui la mobilité ) il y a un projet de société et une vision du développement. Ce débat est encore plus clair en
France en raison du centralisme qui a trouvé dans les TGV et autres LGV une façon de se revigorer. Il s’est trouvé un nouveau  dynamisme.
Il est une expression nouvelle de la distance qui nous sépare de la s olution à tous nos problèmes . Cette distance se calcule maintenant
en heures qui nous séparent de Paris. C’est la nouvelle mesure de vitesse et de distance que tout citoyen responsable doit avoir en
tête. À plus de trois heures, vous êtes loin de la civilisation et aucun salut économique social et culturel n’est envisageable. C’est la seule chose qui puisse compter et pourtant , nous sommes en Europe ; et pourtant , nous sommes à l’aube d’une révolution  indispensable dans le domaine des transports…pardon de la mobilité.

Les débats sur les TGV et les LGV voire le TRGV (Train Régional à Grande Vitesse) font rage. Sur la table on pose des milliards virtuels
et l’Éta t reprend la main en « contraignant » les collectivités à pas ser à la ca iss e. Mais la contrainte est douce puisque bon nombre  d’élus semblent si heureux qu’on leur dise comment dépenser l’argent de leurs contribuables. Ont-ils si peu d’imagination ?

Des trains il en faut ; on le sait. Demain ce ser a le moyen de transport terrestre le plus efficace et le plus économique et écologique. Mais que doit-on transporter ? Des fraises en urgence pour le marché de Hambourg en provenance de Murcia ? Des g ens qui v ont au travail chaque matin entre Aix et Marseille ou entre Marmande et Bor deaux ? Des hab itants du Limous in qui ne rêveraient que d’être à deux heures du Musée du Louvre et qui multiplieraient leurs s ort ies c ultur elles au point d’encombrer les trains de la future LGV  Limoges-Poitiers-Paris ?

Et qui paye ? Pour quoi et pour le bénéfice de qui ? Où est le service  public et le service au public ? Notre société, accusée d’être à deux   vitesses, met ce fameux débat sur les r ails . Il exis tera des transports ferr oviaires à deux vitesses en Europe si l’on n’y prend  pas garde. Il y aura aussi ceux qui prendront le train par ce qu’ils pourront se le payer et ceux qui le paieront sans pouvoir toujours le prendre.

Et le territoire occitan dans tout ça ? Il restera tourné vers le Nord. On lui refuse d’exister autrement qu’en regardant verticalement. Ça bouche l’horizon de ne pas avoir de  projet horizontal -Es t-Oues t- enmatière ferroviaire. À l’heure de la crise, de l’argent rare, des  grandes questions écologiques , les collectivités occitanes raclent leurs fonds de tiroirs pour être plus près de Paris. Voilà des det tes pour des années et des déficits en perspective. Et demain on dira que fr anchement, ces régions, ne savent vraiment pasgérer et qu’il faut leur serrer la vis. Partout où veulent passer des LGVil y a des associations pour tirer le signal d’alarme. Elles ont signé un texte commun qui est la déclaration  d’Hendaye en 20 10. C’es t une déclaration commune qui dit que, ici ou ailleurs il y a mieux à faire que des LGV.

Les a ssoc iat ions font des propositions alternat ives, contestent les chiffres officiels, dénoncent le passage en force et les conditions dans lesquelles sont signés les accords de financement a vec le privé. Elles manifestent aussi sur le terra in, du Pa ys Basque à la Provence et au Limousin en passant par le Nord de la Gascogne. Mais les élus ne sont pas tous à l’éc oute de c ette c ontesta tion. Certains n’entendent que la voix du pouvoir central et ne veulent suivre que la voie qui y mène.

David Grosclaude

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N°179 – Six revendications pour la langue occitane

Juil 17, 2011

Quand nous revendiquons l’autonomie pour l’Occitanie, cela signifie que c’est la réalité historique d’une aire linguistique qui est le fondement de la revendication. Cette réalité culturelle est attachée à une langue : l’occitan. Si nous perdons de vue langue et
culture, l’Occitanie n’a plus de sens et l’autonomie doit chercher ailleurs d’autres arguments.

Cependant, dès que l’on a borde le doma ine linguistique, il va de soi que l’on n’est plus dans un espa ce exclus ivement délimité ca r  l’occitan d’aujourd’hui est, par définition, langue de France, langue d’Europe et langue du monde. N’attendons pas trop d’une loi au devenir incertain qui, de toute façon, serait formatée par des élus toujours diff iciles à c onv aincre collect ivement . Profitons de l’imminence d’une Élection Présidentielle. Les cibles sont , ici, clairement ident ifiées ca r le nombre de candidats sera beaucoup plus réduit. Dans cette perspective, demandons-leur de se positionner sur des proposit ions concrètes dans le doma ine éducatif touchant à l’occitan, langue de France. Bien évidemment, ces object ifs néces sitent un plan de recrutement exceptionnel d’enseignants. La mise en plac e d’un éc héancier ne devr a pas exc éder la mandature présidentielle. Sans engagements précis, il faudra oser préconiser l’abstention.

• Première revendication : création d’un Secrétariat d’État aux Langues Régionales

Il faut demander aux candidats à la présidentielle de prendre l’engagement de créer un Secrétariat d’État aux Langues Régionales  rattaché au Ministère de l’Éducation Nationale. Pour le moment, il faut accepter la terminologie de ce seul article 75 de la Constitution
qui parle des « langues régionales » sans trop savoir si ces langues, dites régionales, peuvent être « non territorialisées », ce qui paraît  être une nécessité. Il est absolument indispensable qu’un tel ministère soit le garant et le maître d’oeuvre de l’enseignement de l’occitan.

• Deuxième revendication : création d’un organisme officiel, qui pourrait s’appeler « Conseil Pan- Occitan »

L’Occitan est la langue de l’Occitanie. Nous devons exiger la création, en coordination avec le Secrétariat d’Éta t et les Régions occitanes, d’un organisme regroupant des personnels de collectivités territoriales et d’associations représentatives pour défendre et promouvoir la langue occitane.

• Trois ième reve ndication : élaboration d’un référentiel pour un occitan « global »

Une des miss ions du Conseil Pan-Occitan sera de s’attacher à proposer un occitan « commun » avec la mission d’oeuvrer à la  réalisation d’un référentiel de formation. S’ il est général eme nt admi s que l’aire lingui stique oc ci tane couvre 32 dépar temen ts f ran  çai s, i l arr ive fréquemment que l’ on « réserve » à tel le région ou tel regroupement de départements une spécific ité dialec tale. L’État français joue habilement de ce registre – qui sous-tend la partition – en déléguant, souvent, aux divers rectorats le soin de ne valider les épreuves d’occitan que dans le dialecte le plus usité dans leur espace. Cela est inadmissible. Tout locuteur a le droit de s’exprimer, à  l’oral comme à l’écr it, dans le support linguistique de la variante qu’il privilégie. Cependant, il devient impératif de sortir par le haut – et sans exclusive dialec tal e – d’un e prat ique qui confor te la dialectisation en proposant un langage référent plus global. Ceux qui appren nent l’ oc ci tan e n deho rs des ai re s linguistiques histor iques de la langue – en Occi tanie ou ailleurs – sont les premiers  concernés par cette approche qui leur permet de communiquer plus facilement avec tous les locuteurs sans avoir à opter pour une variante géographique de la langue.

• Quatrième revendication : enseignement obligatoire de l’occitan dans tous les établissements scolaires

De la maternelle au lycée, il suffira, dans un premier temps, de s’appuyer sur les textes réglementaires ex istants déjà. Il va de soi que les Ca landretas obtiendraient le statut d’établissements privés sous contrat.

• Cinquième revendication : création d’un « Lycéedes Langues Romanes » dans chaquedépartement de l’Occitanie

L’Occitan est une langue romane. Il ne faut pas hésiter à le s ituer dans la continuité du latin et dans la pr ox imité des autres lang ues européennes d’aujourd’hui qui const ituent le « c roissant » géographique des langues romanes : le rouma in, l’italien, le corse, le  catalan, l’espagnol, le portugais. Nous devons revendiquer la création d’un lycée ouvert à toutes les langues romanes dans c haque «
département occitan ».

• Sixième revendication : création d’un « Lycée des Langues Régionales » dans tous les départements

L’Occitan est aussi présent en dehors de son aire historique et des locuteurs d’autres langues régionales se retrouvent partout, sur le territoire français. Nous devons revendiquer la création d’un lycée ouvert à toutes les langues dites régionales par département.

Claude Assémat

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N°179 – L’IPOPOTAM MESOPOTAMIAN

Juil 17, 2011

Amb un tal títol, se pensatz de vos procurar aqueste libròt per aprene quicòm
sus l’ipopotam mesopotamian a sa lectura, riscatz una brava decepc ion que s’i
parla de fòrças causas mas gaire d’ipopotam e encara mens de Mesopotamia : mas,
se los secrets existissián pas, qu’un plaser i auriá a envisatjar de los desvelar ?
Mas segur que los ipopotams legisson los Papieròts menerbés d’Alan Roch dins
La semaine du Minervois e ne fan la compilacion (37 cronicas del periòde de març
de 2009 a març de 2010).
E coma l’escriviá l’Ives Roqueta a prepaus dels libròts precedents : « Lo legeire
i farà rescontre amb un òme fin, una intelligéncia comola de bon sens e
d’invencion, umil coma la mauva e fièr coma Artaban, ferment e piment
d‘una pensada liura, deselitrinada, riscada e mai que ren pus risolièira.
Amb Alan Roch, tot fa ventre, tot fa fèsta, tot fa question, tot dona enveja
d’agir, de se batre, per un monde juste, dobèrt e frairal dins la jòia, la
colèra, l’umor de lònga renadiu.» (Cò de l’ADEO ; veire en p. 22)

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N°179 – SUC D’AURENJA / JUS D’ORANGE

Juil 17, 2011

Quand l’été est caniculaire en ce début de juillet et que vous décidez d’humer l’air de Provenc e, vous pouvez prendre la direction du Vaucluse. Et puis une nuit aux Chorégies d’Orange, après tout, pourquoi pas. Peu d’improvisation dans tout cela, car les places sont comptées.

Quant à dormir en un gîte, cela devient très problématique. C’est alors que la cigale se mit à chanter. Vous savez, le mat in, à 10h, quand une certaine température  ambiante est atteinte, la vie peut commencer. Et, des fraîcheurs montagnardes aux ardeurs  méditerranéennes,  le Partit Occitan se révèle. Non pas le PÒc des marathons électoraux qui se la joue grand seigneur parmi les princes, non, le PÒc réseau d’amitié sur le territoire occitan. Bref, le revers toujours caché de la médaille. À part qu’ici on se demande s’il n’y a pas des revers qu’il est agréable d’essayer. La médaille est un tout. Au diable les a priori. Le part i refoule ses affects à l’aulne des ambitions  personnelles. Ici, rien de tout cela, simplement, la vie.

Bref, Annie et Bernard nous accueillent dans la spontanéité des non-dits de l’intimité. Et puis, Dieu est aussi Occitan, il a inspiré pour
le lendemain une journée d’action pour le comité-Orange du PÒc, ce qui m’a permis, naturellement, d’y participer. Hardi camarade, quoi de plus agréable d’être dans ce qui  nous réunit au plus profond. Samedi matin donc, réunion du PÒc et du comité Orange- autrement, au local (gracieusement mis à disposition par la cheville ouvrière), à 9h. (9h15, en fait, parcequ’il ne faut pas confondre le temps et l’horloge). Anne-Marie Hautant a rriv e aus si ; il y a longtemps qu’elle ne confond plus le temps et l’horloge, mais on  comprend aussi très vite qu’il y a longtemps qu’elle donne au temps ce qu’elle prend à l’horloge.
L’ordre du jour est local ; l’intercommunalité, la politique de la ville, et puis le pratique ; le bulletin à définir, et puis l’a venir ; les municipales de 2014, déjà lancées, ici. Je ne comprends pas tout, forcément , mais un comité du PÒc à l’oeuvre, c’est estrambordant ! Huit  personnes ; c’est peu direz-vous ; que nenni, c’est déjà la révolution. Puis à 11h30 est prévue la réunion publique en plein air, sous les pins du quartier de l’étang. Les tracts d’invitation avaient déjà été distribués. Le but ? Dialoguer avec la population concernée, sur un projet  municipal (Bompart maire d’Orange) d’aménagement, béton, urbanisation, privatisation, de ce qui est un exceptionnel territoire naturel à un jet de fronde du coeur d’Orange. Bref, le pain quotidien pour nos comités. A.M. Hautant , Bernard Vaton juchés sur un rocher sont en prise de parole ; la leur, et la leur. Cela me fait penser aux rassemblements clandestins des protestants, dans
les “ déserts ”, au XVIIIe. L’homme dans l’action quand l’act ion doit passer d’abord par le verbe.

Une trentaine de personnes du quartier sont là. Le dialogue est fructueux. Une association de quartier se profile. Certes, l’heure de l’apéro arrive (quina calor !), mais le travail est  fait. Oui, l’object if le plus essentiel pour le PÒc, serait de tisser une toile dense de  comités actifs sur l’ensemble de l’Occitanie. Parfois il suffit de si peu de chose, mais toujours, de volonté.

En a ttendant , il n’y a pas de doute ; quand la chaleur, parfois vous accable, il n’y a rien de plus rafr aîchis sant qu’un bon jus d’Orange.
Travailler, militer, organiser, certes, mais vivre, avec.

Jacques Pince

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N°179 – Fukushima : la catastrophe est devant nous

Juil 17, 2011

Michèle Rivasi, eurodeputée EELV revenait de Fukushima. Elle a expliqué aux journées d’été de RPS que la situation n’était absolument pas stabilisée au Japon. La désinformation mêlée à la retenue des japonais à dire leur désarroi crée un mélange qui annonce des décennies difficiles pour le territoire. Au pays de Hiroshima et de Nagasaki l’avenir est radioactif.

 

— Vous dites que les Japonais ne sont pas informés sur le nucléaire alors que l’on pourrait penser que l es bombes de Hiroshima e t de Nagasaki ont créé une culture autour de cette question ?
— Moi, j’ai été très surprise de voir une population qui connaissait le nucléaire mais qui n’avait pas du tout l’idée de ce qu’étaient les part icules radioactives et les risques liés à une centrale nucléaire. On leur a tellement dit qu’il n’y avait aucun risque et qu’on avait pris  les mesures de sécurité à 100%, qu’ils ne s’étaient même pas imaginé une telle situation. Et en plus on n’a fait aucun exercice de simulation en cas d’accident et il n’y avait même pa s de s tockage de plaquettes d’iode en cas de contamination. On les a mis dans une  situation de désinformation totale. Et suite à l’accident ils ne se sont même pas protégés. On a évacué de suite des gens mais les autres continuent à vivre comme si la centrale n’avait pas explosé. Ils n’ont pas anticipé le problème. Les pouvoirs publics n’ont pas fait  d’information  en prétextant qu’ils ne voulaient pas alarmer les gens ; et en plus ils ont cette culture qui consiste à prendre sur eux toute émotion et à n’a voir qu’une c olère intérieure. Donc, à Tokyo, quand on manifes te dans une v ille de 35 millions d’habitants, et j’y étais, il n’y avait que 30 000 personnes. Ils n’ont pas cette culture associative que nous avons en Europe et où on manifeste comme chez nous. Ils prennent sur eux et c’est dramatique sur le plan démocratique parce qu’on leur a imposé un industrie comme le  nucléaire, dans un espace où il y a des séismes très importants. Et ils ne pensaient pas que ça pouvait leur arriver. Ils ne sont pas prêts à se protéger contre la radioactivité. J’ai vu des agriculteurs dans les champs sans masque alors que l’on était a un milliSivert par heure ce qui veut dire que, dans une journée, ils peuvent en prendre jusqu’à vingt. (…) Il y a des endroits très contaminés mais ils ne s’en rendent pas compte. Il faut donc créer des contre pouvoirs, des CRIRRAD bis, il faut qu’il y ait une sensibilisation pour les protéger parce que demain ce s era une cata strophe pour les générations futures.
— Dans ce pays qui manque d’espace, ils ont conscience que ce périmèt re es t condamné pour des années et de s anné es comme à Tchernobyl ?
— C’est exactement ça. Il y a très peu d’espace, le pays est très peuplé et tous les espaces agricoles sont utilisés. Et pour deux à trois  générations ce sont des espaces qui ne seront pas accessibles. Ils ne s’en rendent pas tous compte. Certains croient qu’ils vont revenir d’ici trois ou quatre ans ! Le gouvernement est complice avec le privé, TEPCO, pour désinformer.

— L’accident n’ est pas terminé ; Fukushima ça continue, l’accident est en cours, c’est bien ça ?
— On n’est pas après Fukushima, on est pendant ! À l’heure actuelle on n’a même pas pu avoir accès au réacteur N°1 et on ne sait pas à quel niveau le coeur a fondu. On sait qu’il a traversé la cuve mais on ne sait pas à quel niveau du béton il est. S’il atteint les nappes phréatiques qui sont en dessous, ça peut donner quelque chose de très alarmant et on n’est pas à l’abri d’une explosion s’il y a une bulle  d’hydrogène qui se forme. Donc on n’est pas du tout après mais on est pendant Fukushima.

 

David Grosclaude

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N°179 – Transformer l’essai, par Eva Joly

Juil 17, 2011

Les régionalistes ont été avec les écologistes des précurseurs. Nous devons maintenant transformer l’essai et proposer des solutions  pour mettre l’écologie au pouvoir dans les régions et à Paris.

Nous allons mener ensemble une belle campagne. Elle sera l’occasion de mettre en avant des thèmes communs comme par exemple la prise en compte des langues et cultures régionales. Si je suis élue, je reviendrai sur l’article 2 de la constitution. Au lieu de reconnaître la charte européenne des langues régionales, le gouvernement Sarkozy/Fillon a fait adopter une vague phrase ( » Les langues régionales
appartiennent au patrimoine de la France « ). En plus, le Conseil constitutionnel a considéré le 20 Mai dernier que cet article ne créait aucun droit en faveur des langues régionales. Si je suis élue, je revie ndrai sur cette injustice . Je proposerai la reconnaissance des langues et cultures régionales dans un paquet institutionnel instaurant la 6ème République avec le droit de vote des étrangers aux
élections locales, le non-cumul des mandats, la reconnaissance d’un statut de l’élu et la possibilité d’une organisation différenciée des pouvoirs régionaux.
C’est-à-dire un pouvoir législatif étendu pour les régions. C’est ce qu’ont obtenu les peuples gallois, catalan, basque, les lander allemands et c’est ce qui est en train de devenir la norme en Europe. C’est ce qu’on appelle l’autonomie politique des régions. Je ne
comprends pas pourquoi, en France, ce système de compétences nouvelles pour les régions, allant vers un système fédéral, est encore considéré comme un tabou. Celui-là, nous le ferons sauter ensemble (…).

Nous suivons une route commune depuis plus de deux ans et nous savons bien que notre projet fédéraliste doit s’inscrire dans une vision plus vaste de transformation écologique et sociale. Nous en avons fait l’axe de nos campagnes électorales, européenne en 2009, et régionale en 2010, avec les succès électoraux que nous savons. Notre responsabilité, désormais, est de convaincre les Français dans le cadre d’un scrutin présidentiel dont on dit souvent qu’il n’est pas favorable aux écologistes ou aux fédéralistes.

Eh bien, sachez que je suis décidée à faire mentir les sceptiques et à convaincre les électeurs que le vrai parti du changement, c’est  nous.

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N°178 – Las hemnas que son l’aviéner de la lenga occitana

Juil 17, 2011

Lo Partit Occitan qu’ei sovent c onf ronta t ad aques te dilèma : qu’afirma hòrt e clar estar favorable a la presa de responsabilitats politicas per las hemnas d’Occitània ; totun, aqueras ne truversan pas sonque rarament la linha fina que dessepara l’engatjament  associatiu e culturau (acte politic inconscient ) deu de l’engatjament politic afirmat (que cau compréner au bèth miei d’un partit e en  situacion,quan ei necessari, de se pres entar com candidat ). Atau, que fragilizan, bèthlèu shens se’n rendèr compte, lo pes politic deu  partit, e  donc la fòrça de las soas reïvindicacion.

Purmèra responsabilitat de las hemnas, en tot passar… Quiò, que parlam d’auta causa, lhèu mensh especific au Part it Occitan, tà  abordar la question de la transmission e de l’aprentissatge de la lenga occitana (bilingüisme precòç o mei tardiu, hens l’ensenhament escolar oficiau o associatiu). Que sembla evident uei que la reconquista lingüistica de cap a las navèras generacions, se reconquista que devè aver, ne passarà pas sonqueper eras . L’ev idéncia que s ‘amerita d’estar rebr embada a mantuns nivèus. Cèrtas, n’estón pas las  unicas responsablas de l’arrèst de la transmission familiau de la lenga ; quinestossi possible, finaument, d’escapar au discors  dominant, a non pas voler lo melhor per la soa hilhada e donc de non pas deishar de costat lo « patés » de la familha, « bolet » tà progressar sociaument.

Responsab le, mes non pas copablas, com ac cau díser ; ne son pas las unicas responsablas, que son uei en mesura de corregir lo passat e de tornar préner un ròtle positiu, quitament shens cambiar de punt de viste de cap a l’importància de formar individús adaptats ad aqueste monde mondializat. Òr, qu’avem tròp sovent confonut mondializat e uniformitat, o dens las nostas societats, que tornam doçament sus aqueste modèle, en tot s’apujan sus mantuas obligacions (ecologicas, economicas,…)

Que sabem que la temptacion deu     tot anglés qu’existeish… n’ei pas sonque lo perlongament de l’imposicion deu francés tau queresulta de las politicas de Jules   Ferry e deus s ons amics. Que justifica l’aprentissatge deu francés en tot utilizar concèptes de suprema cia economica despas sa ts ;       aquesta qu’ei uei anglo-saxona, quitament per la soa lenga, e donc la lenga deus escambis qu’ei l’anglés. Totun, apréner l’anglés, e lo bilingüisme francés-anglés que’n s eré l’illus tracion, qu’ei uei lo melhor mejan de se barrar a las autas lengas ; l’anglés que permet tot,      que sufeish per tot, mes dens un apr òchi iniciau a l’entorn de l’occitan, e deu francés ; n’ei pas mei lo bilingüisme, qu’èm dejà en  ua demarcha deu multilingüisme, e en ua obertura aus auts fin finau, e non d’excludida… Aqueste  monde en cons truccion, que ved tornar nèisher nocions de cooper acion, d’equitat , de recèrca d’escambis, que pòrta d’ua cèrta faiçon  aquestas medeishas valors, e lo lor resson qu’ei favorable.

Par alhors, las accions en favor de la transmission que s’adreçan a las familhas, mes en definitiva a las hemnas. Qui causeish     l’educacion, l’establiment escolarí, las opcions, la mair-popa o la ninèra ?… l’omi qu’ei de mei en mei implicat dens taus caus ida s, mes   las hemnas qu’an un ròtle d’autan mei important que lo dròlle qu’èi en las soas purmèras annadas : lo lig ader mariau qu’ei hòrt, las  hemnas que son sovent en responsabilitat deus pòstes e deus mestièrs a l’entorn de la petita enfança… qu’èm dens un environament  feminin.

A truvèrs las lors comunicacion, las institucions culturaus com los politics ne deven pas se desbrembar de s’adreçar en tot purmèr a  hemna s, pr’amor que son eras que’us cau convéncer en purmèr de la demarcha ac tiva en fa vor de la lenga occitana.

N’i a pas que las hemnas que poden sauvar la lenga ; aquesta responsabilitat, que la lor afirman ; mes que volem hicar en plaça tot çò que cau entà que la posquin partatjar e l’assumir serenament en tot s’apujar sus ua societat que rendi aques ta causida naturau  finaument,  com era, d’auts cops, « logic » de ne har ua causida contrari. Aquò que demanda ua socializacion pregonda de la lenga, e las   recentas iniciativas per la senhaletica (Pau, qu’arriba après Baiona totun) o d’oralitat de la lenga (lo metro a Tolosa) que son elements favorables.
Eva Joly, candidata declarada d’EELV a la presidenciau de 2012, qu’a la dobla nacionalitat francesa e norvegiana, sensibla a las  diversitats culturaus e a las lengas regionaus, qu’afirmava recentament aus delegats de R&PS qu’en Norvègia, entà sauva r la lenga Sami, las mairs que arrecebevan ua allocacion financèra de l’Estat. Ua idea tà los nos tes gover nants tà reconéisher lo ròtle sociau, dens lo quadre d’ua politica ambiciosa tà la nosta lenga, de las que s’engatjaràn cad dia en aquesta demarcha ? Que ne calerà discutir !

Sarbazan

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N°178 – Fédéralisme, Autonomie : la fin d’un tabou ?

Juil 17, 2011

Des citoyens qui veulent donner plus de pouvoir aux régions

6 personnes sur 10 pensent que les régions « ne disposent pas de budgets suffisants pour exercer leur mission », et plus de 8 personnes sur 10 estiment que les régions devraient « disposer de compétences nouvelles en matière » de transport, d’emploi, de logement ou d’enseignement. C’est un sondage réalisé pour l’Association des Régions de France (ARF) qui est venu conforter les prises de position de l’association sur un nécessaire acte III de la décentralisation, donnant plus de pouvoir aux régions. Il s’agit de « transférer un pouvoir normatif aux régions » comme cela existe déjà en France « Outre-mer, Alsace, départements mosellans, Corse, Massifs » et surtout ailleurs en Europe « Autonomies espagnoles, Régions italiennes, Länder allemands ».

Cela créera des inégalités crieront certains ? Au contraire, cela permettra de réparer les injustices de la réforme territoriale actuelle : le nouveau dispositif visant à remplacer la taxe professionnelle considère que l’Île-de-France est éligible à la solidarité nationale alors que son indicateur de richesse est supérieur de 45% à la moyenne ! Une étude menée par un cabinet indépendant démontre que d’ici 2020, la région Île-de-France touchera de 150 à 350 millions d’euros en provenance des autres régions. Il s’agit de faire financer le projet de Grand Paris par l’ensemble des régions. Paris nous les pompe toujours ?

La crise de la dette remet la question fédérale en selle

La chute des bourses européennes au cours de l’été a inquiété les gouvernements et fait naître de nouvelles propositions chez les économistes : créer une politique budgétaire au niveau de l’Europe et ne pas se contenter d’empiler les politiques de chaque État. Pour ce faire, deux conditions sont nécessaires.

Premièrement, il s’agit de déléguer de nouvelles compétences à l’Europe et, par conséquence, d’augmenter le pot commun au niveau de l’union (le budget actuel de l’Europe est d’environ 140 milliards, soit à peine la moitié du budget de l’État français !).

Deuxièmement, cela demande une nouvelle gouvernance dans les prises de décisions qui permette à chaque État de s’impliquer, de travailler en équipe. La crise de la dette publique ne peut plus être réglée État par État, mais bien d’une manière globale. C’est cette Europe fédérale que les experts amènent à créer.

La présidentielle marquée par le rôle des institutions, de la commune à l’Europe

Dans les forces socialistes, le fédéralisme européen et la décentralisation sont mis en avant dans les points clé du programme en sortie de l’université de La Rochelle. Question de mode ou question de réalité sociale ? Il est clair que le discours démagogique fourni par l’extrême droite, voire l’extrême gauche — sortie de l’Europe et de l’euro, centralisation des décisions sur le seul échelon de l’État-nation — ne séduit plus les citoyens.

L’Europe, les Régions se sont installées dans le paysage et bénéficient d’un ressenti positif auprès des populations. Ce n’est plus l’idéologie centraliste et unitaire de l’État français qui a le vent en poupe. Éva Joly, la candidate déclarée de l’écologie et du fédéralisme va plus loin : « la figure du préfet est une figure napoléonienne et il est temps de rentrer dans la modernité ».

La révolution autonomiste et fédéraliste est pour demain ?

Guilhèm Latruvèrsa

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N°178 – Escotatz los qui bolegan

Juil 17, 2011

Un moviment social dens la carrèra

Fortement inspiré du printemps arabe et berbère, le nord de la Méditerranée s’est mis en mouvement. C’est le sud de l’Europe, ce sud le plus rudement touché par les crises économique et financière qui s’est réveillé le premier. Là aussi, ce sont les jeunes, ce sont les  hyperdiplômé- e-s qui sont les plus indignés de rester dans la précarité.

Mais finalement, que veulent ces « indignados » ? Faire tomber les dictateurs, changer la société, dénoncer la confiscation du pouvoir par quelques uns ? Cette lame de fond a une ambition grande et une aptitude à utiliser les nouveaux moyens de communication. Internet et le téléphone portable seraient des outils hyper contrôlés ? Peu importe, ils permettent de diffuser en temps réel les infos, les vidéos des manifestations, les violences policières. C’est la cyber-révolution qui laisse de côté les s yndica ts, les associations, les pa rtis politiques.

Les indignés en ont assez des fausses alternatives avec les partis au pouvoir qui se partagent le gâteau. Reste à savoir quelle est la capacité de notre oligarchie à se réformer, et jusqu’où faut-il aller pour faire bouger les choses.

La novèla creacion artistica es sus l’empont

La période estivale est le meilleur moment pour  découvrir et redécouvrir les artistes occitans, et ceux venus d’ailleurs. Au milieu de tout cela surgit toute une nouvelle scène, un nouveau souffle, avec une incroyable énergie. Une envie de le faire en occitan, une envie de réinventer le traditionnel de demain, une envie d’échanger avec le public. Et le tout dans la débrouille de notre société : autoproduction, autodiffusion, collectif d’artistes, tout cela pour exister.

Créer en occitan doit devenir pour eux un acte « normal », décomplexé. Et le public est invité à les suivre.

E l’avenidor del discors politic occitan ?

Le monde évolue, l’Europe se transforme, Occitania bolega tanben ? Que recherche-t-on finalement : une Occitanie idéalisée,  conservée dans du formol ou bien une Occitanie qui sourit, qui souffre, qui vit tout simplement  Quelle différence entre l’occitaniste d’hier et le militant pour la société occitane d’aujourd’hui ? Quelles sont leurs objectifs, les priorités, les modes d’actions ? La société occitane doit rester en mouvement avec les autres sociétés de la planète si elle veut exister. Reste à bien écouter tous ceux qui bougent et construisent l’avenir.

 

Guilhèm Latruvèrsa

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N°177 – Ors, electoralisme e desresponsabilizacion

Juin 17, 2011

La decision de subersedir a la reintroduccion d’ua orsa en Vath d’Apsa qu’ei ua decision electoralista.

Un còp de mei que pròvan que non i a pas nada coëréncia en aqueth dossièr. Qu’ac hèn tot au còp per còp e que navigan a vi sta. Non i aurà pas arrés qui seràn acontentats per aquesta decision e lo dossièr que demorarà tau com ei dab las pelejas qui
coneishem. L’Estat que contunha de s’encuentar d’aqueth ahar shens nat seriós.

La question que’s poderà reglar sonque se i a dialògue e en har çò qui cau entà que la question sia presa en compte per las collectivitats territoriaus (regions e departaments pertocats). Dialogar que vòu díser que tot lo monde que’s deven trobar a l’entorn de la taula
e que non cau pas mei esperar que l’Estat eprenga un dia ua decision favorabla tà l’un e un aute dia ua decision qui agrade a l’aute.

Qu’ ei dens la descentrali zaci on deu debat que trobaram la soluc ion. Los el egits deus ter ritòr is que deven estar responsabilizats e, com aquò se hasó dens d’autas regions d’Euròpa, que deven assumir ua decision shens descargar-se a contunhar sus l’Estat, en esperar atau que poderàn díser que n’ei pas de la lor fauta mes que tot lo mau e vien de l’Euròpa o de París.

Qu’avem l’immensa responsabilitat e la grana escadença de poder mantiéner la preséncia d’aqueth animau dens los Pirenèus. Non la cau pas mancar. Los nostes mainatges non ns’ac perdonarén pas. Mes aquò ne’s harà pas shens assumir las decisions e las  consequéncias d’ua tau accion. Au dia de uei tot lo monde que son desresponsabilizats e la politica de l’ors qui s’ensegueish qu’ei  sonque la deus grops de pression. Un dia qu’ei òc e un dia qu’ei non. Lo resultat qu’ei quasi segur la disparicion de l’ors e los qui viven  en montanha, non vederàn pas pr’amor d’aquò, arribar la solucion a las lors dificultats.

L’ors n’ei pas per arren dens las dificultats de l’economia montanhòu e de l’agricultura prumèr.

David Grosclaude

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